Par Alain et Christine Londner,
lundi 27 avril 2009 à 18:34.
La première partie du livre rassemble vingt-deux contes, illustrés par les peintures au couteau de l’artiste tanzanien Herman Msole, qui se réfèrent à des mythes fondateurs, des règles d’organisation sociale ou des questionnements plus universels.
La seconde partie allie photographies et textes. Elle relate l’existence d’un Maasaï de sa jeunesse à sa mort. Elle insiste sur les différents rites qui lui ont permis ou lui permettront d’accéder à une classe d’âge supérieure.
En 2005, Éric Fayet a eu la chance d’être le seul étranger invité à y participer, appareil photo en main. Maasaï. Légendes de Tanzanie traduit dans sa construction ce passage de l’imaginaire à la réalité.
Les contes, de tradition orale, ont été collectés en maa et en kiswahili dans les
villages maasaï du nord de la Tanzanie, enregistrés, traduits, puis adaptés à l’écrit en français et en anglais.
Journaliste, chroniqueur d’art, auteur, Éric Fayet vit à Clermont-Ferrand. Auparavant, il a travaillé deux ans en Tanzanie où il séjourne régulièrement pour réaliser les interviews et reportages photographiques nécessaires à la conception et la rédaction d’ouvrages sur ce pays.
En 2005, il avait déjà publié, Contes et légendes maasaï. Hadithi za kimasai, en partenariat avec l’Ambassade de France et l’Alliance Française d’Arusha. Ce recueil de 14 contes, bilingue français-swahili, fut distribué gracieusement dans les écoles. Une manière pour l’auteur d’exprimer sa dette aux enfants de Tanzanie, son pays d’adoption. Herman Msole est Tanzanien. Il habite Dar es-salaam. Avec son frère aîné, il fut le premier artiste de ce pays à peindre au couteau. Même s’il aborde parfois des sujets telles la puissance des règnes animal et végétal ou l’atrocité de la guerre, la vie quotidienne des peuples reste son thème privilégié.
À la demande de l’auteur, il a réalisé cinquante-deux tableaux, magnifiques, pour illustrer Maasaï. Légendes de Tanzanie. L’objectif de l’ouvrage est aussi de promouvoir les qualités de cet artiste.
Divertir, préserver une mémoire, inviter à la découverte, sensibiliser à une situation, actualiser une perception souvent erronée… Voilà déjà bien des objectifs pour un ouvrage qui demeure l’un des rares, sinon le seul, recueils de légendes maasaï en anglais ou en français.
Par Alain et Christine Londner,
jeudi 23 avril 2009 à 14:51.
Ce livre est l’autobiographie de celle qui fut surnommée "la petite fiancée de l’Atlantique".
Née le 28 octobre 1957 à Boulogne-Billancourt, elle s’intéresse pourtant très tôt au milieu de la voile, un milieu dans lequel se faire une place lorsqu’on est une femme, fille d’éditeur et parisienne de surcroît n’a rien d’une évidence.
À 19 ans seulement, elle s’engage dans sa première traversée, mais c’est en 1990 qu’elle gagne ses galons et devient l’une des figures incontournables de la voile française. Elle améliore de deux heures le précédent record de traversée de l’Atlantique Nord en solitaire, record jusque-là détenu par Bruno Peyron, et remporte la mythique Route du Rhum à peine quelques mois plus tard, reliant Saint-Malo à Pointe-à-Pitre en seulement 14 jours, 10 heures et 10 minutes.
Elle a depuis participé à de nombreuses courses, et notamment la Transpacifique, remportée avec Bruno Peyron en 1997, mais aussi la Transat Lorient-Saint-Barth ou encore l’Odyssée Cannes-Istambul.
Navigatrice hors pair, Florence Arthaud est avant tout une femme de conviction qui met ses talents au service de causes qui comptent pour elle, se faisant tour à tour ambassadrice de la paix et de l’environnement. En 2006, elle participe à la Route Elissa, une course en Méditerranée, pour la paix et pour les femmes. L’année précédente, elle s’était déjà lancé dans une aventure similaire, traversant déjà cette mer pour porter des messages de paix en Israël-Palestine.
Navigatrice talentueuse et engagée, Florence Arthaud revient aujourd’hui avec Un vent de liberté, son autobiographie.
Elle projette de participer à la prochaine Route du Rhum (départ de Saint-Malo le 31 octobre 2010).
Par Alain et Christine Londner,
jeudi 23 avril 2009 à 14:41.
D’Alger au Sahara, en passant par les vieux ksour du Grand Erg Occidental, Ghardaïa fief de la culture Mozabite, Constantine avec les musiciens qui perpétuent la tradition du malouf, l’Oranie, les montagnes Kabyles ou encore à travers les somptueuses immensités sahariennes peuplées de Touaregs, Claire et Reno Marca nous font partager leurs découvertes au coeur d’un pays d’une rare beauté.
Mais plus qu’un voyage, ce récit illustré est avant tout une aventure intérieure et intimiste au cœur de l’Algérie d’aujourd’hui, fraternelle, chaleureuse et si hospitalière. Un livre témoignage fait d’une multitude de rencontres attachantes qui reflètent une richesse et une diversité culturelles loin des clichés et des plus sombres années du pays.
Claire et Reno ont voulu, avant tout, donner la parole aux algériens comme les anciens, derniers témoins de la période française, les femmes ou les jeunes qui incarnent l’espoir de lendemains meilleurs.
Enrichi de la participation de Maïssa Bey, écrivain algérienne, invitée de cet ouvrage, le livre offre un double regard sur le pays. Illustré de nombreux dessins et photographies, ce récit de quatre mois de voyage est un véritable reportage qui nous parle avec émotion de l’Algérie d’aujourd’hui.
Cet album confirme encore l'immense talent de ce couple attachant, artiste, voyageur et nomade dans l'âme, qui continue, par leurs écrits, dessins et photographies, de dresser, par petites touches, sinon un inventaire du Monde, du moins leur vision des pays qui le composent.
Respectivement auteur et illustrateur indépendants pour la presse de voyage et l'édition. Claire et Reno Marca ont fait de leur passion commune pour les livres et les horizons lointains un mode de vie. Leurs deux ouvrages précédents ont reçu de nombreux prix: "3 ans de voyage" a reçu une Mention spéciale à la Biennale du Carnet de voyage 2005, le Prix des 5 continents 2006, catégorie Beaux Livres, une Mention spéciale au Prix Amérigo Vespucci, au FIG 2006, et le Prix du Jury au FIDLAS 2007 et "Madagascar" a reçu le Grand Prix Michelin, à la Biennale du carnet de voyage de Clermont-Ferrand 2007.
Par Alain et Christine Londner,
jeudi 23 avril 2009 à 14:30.
Si Kenneth White sait traverser des territoires et habiter pleinement la terre, c’est aussi un aventurier de l’esprit qui évolue dans les espaces mentaux les plus exigeants, les plus rares – et les plus vivifiants.
Il évoque dans cet essai littéraire aussi passionné que poétique son rapport personnel à quelques écrivains de langue française qu’il estime être parmi les plus libres et les plus stimulants de cette fin de modernité : prosateurs hors des limites du roman, poètes qui dépassent la philosophie.
Kenneth White n'apprécie guère l'époque, qu'il juge plate, vulgaire, pesamment consensuelle. Comment lutter contre cette "médiocratie" généralisée ? Pour l'écrivain, le témoin de son temps, la tentation serait de se réfugier dans le mépris ou l'indifférence. Mais cette attitude hautaine ne saurait convenir à un homme aussi vivant, réfléchi, aussi habité par les choses de l'esprit.
Où trouver des modèles de révolte, de liberté intellectuelle, des exemples d'insoumission à la petitesse et à la trivialité contemporaine ?
Kenneth White s'avise qu'ils existent, tout près de lui, dans sa mémoire, sa bibliothèque, son expérience de lecteur passionné et de poète explorateur des "extrêmes". Ils se nomment Cioran, Delteil, Saint John Perse, Rimbaud, Segalen, Michaux, Céline, Breton.
En apparence, rien ne rapproche ce nihiliste, cet extravagant, cet anarchiste géographe, ce voleur de feu, ce surréaliste, cet imprécateur mais ils ont tous en commun d'avoir tenté d'atteindre les limites d'eux-mêmes et du monde, d'avoir entrepris leur voyage personnel au bout de la nuit.
White ne se sent bien qu'en compagnie de ces extrémistes de l'art, de la société, de l'espace intérieur.
Loin de tout dogmatisme, étranger aux modes intellectuelles de ce siècle débutant, cet essai littéraire se présente comme un manifeste libertaire, un guide d'indépendance d'esprit destiné au grand nombre de ceux qui résistent à la sinistre pensée unique de notre temps.
Poète, écrivain, essayiste, Kenneth White, d’origine écossaise, à choisi la France depuis longtemps. Son oeuvre immense et multiple écrite à la fois en anglais (poèmes, récits) et en français (essais) lui vaut d’être considéré dans le monde comme un des plus grands auteurs contemporains. Il a publié chez Albin Michel Le Visage du vent d’est, Le Rôdeur des confins, La Maison des marées et Le Héros effarouché.
Par Alain et Christine Londner,
mercredi 22 avril 2009 à 11:59.
"La carte nous conte un récit féerique, une fable ou un mythe, un graal ou une odyssée. Même sur l'écran G.P.S, c'est dans des terres de légende que la carte nous invite à entrer." écrit Gilles Lapouge.
L’histoire de l’homme est inséparable de la planète qu’il habite, des mers, des continents et des climats. Loin d’être une science exacte ou même une discipline, la géographie est avant tout de l’Histoire, et aussi du rêve, de l’imagination, de l’utopie, de l’imagination, de la fable, de la mythologie, de la tromperie, du vagabondage, de la philosophie, du roman, avec un peu de géologie et de mathématiques.
De Ptolémée et d’Hérodote à Vidal de la Blache et à Google Earth qui survole le toit de nos maisons, Gilles Lapouge raconte la prodigieuse aventure de la géographie, au gré des millénaires et des civilisations. La géographie, une passion qui sous-tend une grande partie de son oeuvre.
Lui-même vagabond endurci et écolier buissonnier amoureux de cartes et d’estampes, il s’est très tôt passionné pour ces savants, voyageurs navigateurs et autres traceurs de frontières parce que justement, ils ne savaient ce qu’ils cherchaient, ni où ils allaient, mélangeant routes et vents, et se perdant dans leurs songes.
Un essai éblouissant d’intelligence, de culture et surtout de non-conformisme dans la pensée et la manière de l’exprimer.
Dans les entretiens avec Christophe Mercier, Gilles Lapouge se dévoile véritablement, pour la première fois, parle de son enfance en Algérie, de sa famille tant aimée, de ses amitiés. Il raconte Paris après la guerre, le Brésil des années cinquante, la presse, la télévision et la radio. Il évoque chacun de ses livres.
Il explique sa façon de voyager, et pourquoi il ne se considère pas comme un voyageur tel que le sont ses amis du festival de Saint-Malo. Et, surtout, il parle de ce qui a été la passion de toute son existence – d’où le titre "La maison des lettres" : la littérature, consacrant de longs passages à ses grandes admirations : Stendhal, Rimbaud, Dickens, Knut Hamsun ou Jean Giono.
Gilles Lapouge est né à Dignes et a passé son enfance en Algérie, à Dellys puis Oran.
Après une licence d’histoire géographie obtenue en France, il est de retour en Algérie où il travaille comme journaliste. En 1950, il part pour le Brésil et devient grand reporter pour O Estado de Sao Paulo. Gilles Lapouge, qui "n’aime ni les pays chauds, ni les palmiers, ni les plages" restera leur correspondant pour l’Europe durant plus de quarante ans.
De retour en France il collabore au Monde, au Figaro littéraire et à Combat aux côtés d’Albert Camus. Dans les années 60, il fait la connaissance de Nicolas Bouvier et publie son premier roman.
En 1975 il crée “Apostrophes” avec Bernard Pivot.
Un peu par hasard, il découvre l’Inde (remplaçant au pied levé Jacques Lacarrière, grippé) et la Finlande. Et choisit de visiter l’Islande, en plein hiver, sans vraiment parler anglais... et encore moins islandais.
À vrai dire, il y a chez Gilles Lapouge comme une fatalité dans le voyage, une envie de se laisser porter par les flux du monde, d’accueillir la surprise et l’inattendu avec bienveillance et malice.
Écrivain, journaliste, producteur à France Culture de l’émission "En étrange pays" et pilier historique du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo, Gilles Lapouge est un flâneur au style inimitable qui envisage le voyage comme un égarement, un passage dans une autre dimension.
Auteur de nombreux romans et recueils de nouvelles, il se passionne pour les sujets et thèmes les plus divers. Il vient de recevoir le Prix de la Société des gens de lettres pour l’ensemble de son oeuvre. L’encre du Voyageur a été récompensé du Prix Femina Essai en 2007. Ce livre nous conviait à une flânerie planétaire rappelant que, dans un monde qui court sans savoir où, on ne perd jamais son temps à perdre du temps.
Par Alain et Christine Londner,
lundi 20 avril 2009 à 17:02.
Transfusé à l'âge de seize ans, Julien Leblay arpente le monde à vélo avec dans ses bagages l'important message du don du sang.
Depuis quatre ans, l'auteur établit dans les pays qu'il traverse une vaste communication autour de ce geste encore trop peu pratiqué.
Longer la cordillère des Andes est un rêve devenu réalité. Durant six mois, Julien Leblay a côtoyé cette montagne au goût de merveilleux, traversant successivement le Pérou, la Bolivie, le Chili et l'Argentine. Des cités perdues incas aux glaciers de Patagonie, en passant par le désert d'Atacama et la route australe du Chili, laissez-vous porter par ce récit plein de vitalité, d'humour et de passion !
Ce voyage est le cinquième de son tour du monde débuté en 2004. Il porte à 28 800 le nombre de kilomètres parcourus en vingt-cinq pays.
Arrivé au bout du monde, à Ushuaia, Julien continue pourtant l'aventure avec les Voyageurs au grand Cœur. Ce sera en 2010, sur les routes d'Asie...
Par Alain et Christine Londner,
samedi 21 mars 2009 à 14:08.
On ne connaîtra sans doute jamais les raisons profondes qui ont poussé Rory Stewart, jeune diplomate de 28 ans, spécialiste du Proche et Moyen Orient au Foreign Office, à accomplir, en 2002, un tel exploit: traverser l’Afghanistan à pied, d'ouest en est, de Herat à Kaboul, à travers les montagnes, selon l’itinéraire emprunté au cours de l'hiver 1506, par Babour, le premier empereur Moghol de l'Inde. Lui aussi tenait un journal, mais il voyageait avec une escorte, et à cheval.
Mais une chose est sûre : le récit de son périple, qui connaît un formidable succès tant en Grande-Bretagne qu’aux Etats-Unis, est une véritable leçon de voyage et d’écriture qui l’inscrit parmi les plus grands auteurs du genre et notamment Robert Byron, dont le "chemin d'Oxiane"(Payot poche) relate un voyage à travers la Perse et l'Afghanistan dans les années 1930, sans oublier Paul Théroux, Bruce Chatwin ou Nicolas Bouvier par la démarche ou l'écriture.
Né à Hongkong, ayant grandi en Malaisie, Rory Stewart a étudié l'histoire de la région, l'islam, l'arabe et le persan.
Muni d'un sac à dos, vêtu comme un Afghan, avec une longue tunique et un pantalon flottant, il n'a pas de téléphone. Pas de carte détaillée non plus, qui pourrait le faire prendre pour un espion. Sa seule arme est un bâton. On lui impose au départ deux accompagnateurs, mais il réussira assez vite à s'en débarrasser.
Traversant des zones meurtries par vingt-quatre années de guerre, le voyageur note scrupuleusement ses observations, qu'il confronte à celles de Babour. Son récit de voyage avance pas à pas, à la cadence d'un marcheur. Mille détails en font un témoignage exceptionnel.
Rory Stewart n'a pas d'idées préconçues. Il regarde, simplement, tend l'oreille, essaie de comprendre ce pays complexe, à travers ses peuples multiples et ses paysages.
Il va rencontrer successivement des Tadjiks, des Aïmâqs, des Hazaras, en usant d'un dialecte local issu du persan.
Tour à tour poignant et contemplatif, ce voyage narratif nous entraîne au cœur d’un pays écartelé entre nations hostiles, factions en guerre et idéologies rivales.
Au hasard de chemins incertains, de villages fantômes parfois rayés de la carte, on y croise talibans et occidentaux, héros et voyous.
Avec la précision d’un photographe, Stewart enregistre chaque détail et le restitue de son style simple et détaché : de la beauté des montagnes d’Hazarajat au martyre des zones bombardées, la justesse et la sincérité de son regard en disent plus long que tout autre document sur le sujet.
Rory Stewart est née à Hong Kong et a grandi en Malaisie. Il a brièvement servi comme officier dans l'armée britannique (le Black Watch), a étudié l'histoire et la philosophie à Balliol College, Oxford, puis a rejoint le service diplomatique britannique.
Il a travaillé à l'ambassade britannique en Indonésie, puis, dans le sillage de la campagne du Kosovo, comme représentant britannique au Monténégro.
En 2003, il devient vice-gouverneur de la coalition de Maysan et de Dhi Qar - deux provinces dans la région arabe des marais du sud de l'Irak. Il a écrit dans diverses publications dont le New York Times Magazine, le London Review of Books, le Sunday Times et Granta.
Il vit maintenant à Kaboul, où il est le chef exécutif de la fondation Turquoise Mountain, dont la mission est d'investir dans la régénération du centre commercial historique de Kaboul, en fournissant des services de base, œuvrer à la sauvegarde des bâtiments historiques et à la construction d'un nouveau bazar et de galeries d'artisanat traditionnel .
Par Alain et Christine Londner,
vendredi 13 mars 2009 à 18:11.
"En Sibérie, dans les glens écossais, les criques de l'Égée ou les montagnes de Géorgie, les héros de ces quinze nouvelles ne devraient jamais oublier que les lois du destin et les forces de la nature sont plus puissantes que les désirs et les espérances. Rien ne sert à l'homme de trop s'agiter dans la toile de l'existence, car la vie, même quand elle ne commence pas très bien, finit toujours mal. Et puis une mauvaise chute vaut mieux qu'une fin insignifiante".
Voici comment Sylvain Tesson présente son nouveau recueil de nouvelles, genre dans lequel il excelle après les récits de voyages.
On retrouve dans ces nouvelles le goût de l’écrivain voyageur Sylvain Tesson pour l’ailleurs, le dépaysement et les pratiques culturelles qui résistent en marge des grands flux de la culture globalisée.
Ainsi L’asphalte : en Géorgie, le conseil municipal de Tsalka exige une vraie route pour désenclaver leur village. En effet, le vieil Edolfius rêve de voir relier Tsalka à la vibrionnante station balnéaire de Batoumi. Un jour pelleteuses et cantonniers se mettent au travail et réalisent une belle voie asphaltée, large et sûre. De riches Russes acquièrent des résidences secondaires tandis que la jeunesse de Tsalka part chercher du travail à Batoumi. Ces changements déplaisent aux habitants qui regrettent la quiétude du passé. Leur exaspération atteint son comble quand ils apprennent la mort de la fille du vieux Edolfius dans un accident de la route…
Ou Le lac : après plusieurs décennies passées dans la solitude des confins de la Sibérie, Piotr décide de rejoindre la ville. Lorsqu’il se présente aux autorités, il dévoile sa véritable identité : celle d’un criminel ayant assassiné un officier quarante ans auparavant. Comme il y a prescription pour son crime, il peut désormais toucher sa pension d’ancien combattant. Mais le jour du chèque, Piotr est terrassé par un ours alors qu’il se promène autour d’un lac…
Ou encore La fille : en mer Égée, sur un yacht, Jenny la mannequin réalise une séance de photos de mode pour la marque Gucci. Mais alors qu’elle est seule sur le pont, une grosse vague la fait basculer par-dessus bord. Tandis que le bateau s’éloigne, elle trouve miraculeusement refuge sur un container à la dérive. Après une journée d’errance en pleine mer, Jenny est recueillie par un bateau de pêche. Les images de son retour miraculeux font le tour du monde et ironie de l’histoire, le container qui lui a sauvé la vie renfermait des sacs Gucci…
Ses dons de conteurs sont magnifiques. Son ton est sobre, il n'a nul besoin d'effets pour captiver son auditoire. Ce qu'il possède lui suffit : il détient dans sa plume des trésors d'imagination.
Comme ses aphorismes dont il nous régala dernièrement , il se doit de consigner le soir, au bivouac, dans son Cahier, des histoires "à dormir debout" dont ces sept nouvelles tantôt rugueuses et âpres comme la steppe de la Sibérie, tantôt poétiques et lyriques comme l’horizon océanique.
Issu de la jeune génération d’explorateurs français, Sylvain Tesson est particulièrement apprécié pour les récits de ses expéditions qu’il relate avec talent. Géographe de formation et membre du comité directeur de la Société des explorateurs français, il a déjà réalisé plusieurs voyages au long cours, notamment en Asie centrale et en Haute Asie.
Né en 1972, il passe son enfance en ville, près de Paris.
À 19 ans, il effectue une traversée du désert central d’Islande en vélo. C’est à cette occasion qu’il découvre l’aventure et le plaisir de se déplacer à la fois lentement et par ses propres moyens. Plein d’énergie, il repart ensuite, en 1993 et 1994, pour un tour du monde à vélo avec Alexandre Poussin alors que tous deux terminent leurs études de géographie (On a roulé sur la terre, Pocket-2008).
Sylvain Tesson obtiendra en 1996 un DEA de géopolitique (La Guerre de l’eau en Israël, directeur Yves Lacoste).
Le sémillant duo repart dès 1997 pour une traversée de l’Himalaya à pied : 5 000 kilomètres en six mois du Bhoutan au Tadjikistan (La marche dans le ciel, Pocket-2006). C’est au cours de ce voyage que se renforce son amour pour cette région de la Haute Asie. Il aime ses immensités, ses peuples au caractère fort, sa culture nomade.
C’est à cheval que se déroule ensuite sa nouvelle aventure : il part en 1999 pour une traversée de l’Asie centrale avec, cette fois-ci, Priscilla Telmon — 3 000 kilomètres en cinq mois d’Alma Ata (Kazakhstan) à la mer d’Aral (La chevauchée des steppes, Laffont-2001). Sa monture lui permet de s’intégrer dans l’environnement et la culture d’un pays cavalier.
Après plusieurs voyages humanitaires et d’études archéologiques en Afghanistan (de 2001 à 2004), c’est en solitaire qu’il repartira, en 2003 et 2004, pour un périple de neuf mois sur les traces des évadés des goulags. Traversée de l’Eurasie sauvage qu’il raconte dans L’Axe du loup (Pocket, 2006) et qui aboutit ensuite à Sous l’étoile de la liberté (Arthaud, 2005), ouvrage illustré par les photographies de Thomas Goisque qui l’a rejoint sur place à différents moments du voyage.
Il a publié ensuite deux essais remarqués aux éditions des Equateurs : Petit traité sur l’immensité du monde (2005) suivi d’Éloge de l’énergie vagabonde en 2006, qui relate son dernier voyage sur le réseau des pipelines caspiens du sud de l’Aral à Bakou, puis de Bakou à la Turquie orientale, via l’Azerbaïdjan et la Géorgie.
Voyage à pied et en vélo qui lui inspirera, toujours sur le thème de l’énergie, L’Or noir des Steppes, ouvrage publié chez Arthaud en 2007 et illustré avec des photographies de Thomas Goisque.
Sans oublier son dernier récit d'une circumambulation du lac Baïkal, par voie de glace, qui aboutit à l'album de photographies qu'il co-signe avec son partenaire Thomas Goisque (Lac Baïkal - Visions de coureurs de taïga, Transboréal-2008). Une vie à coucher dehors n'est pas sa première tentative dans la littérature de fiction puisqu'il avait déjà fait paraître aux éditions Phébus deux brillants recueils de nouvelles: Nouvelles de l'Est en 2002 et Les jardins d'Allah en 2004.
Ses aventures ont fait l’objet de plus de 400 conférences (sur l’Himalaya et l’Asie centrale notamment). Il co-réalise aussi une dizaine de documentaires : « Ils ont marché dans le ciel » (co-auteur Alexandre Poussin, France 3, Toison d’or 1998), « Les Chemins de la liberté » (co-auteur Nicolas Millet, diffusion Voyage, 2004 et Paris Première, 2005).
Il signe régulièrement des articles dans Paris-Match, VSD, Trek Magazine, Grands Reportages, ou encore Le Figaro et Le Figaro Magazine, qui le font connaître d’un très vaste public.
Sylvain Tesson ne voyage pas pour se connaître lui-même. Il est attiré par les autres cultures, l’environnement, le monde et son histoire. Il prend ainsi un grand plaisir dans des déplacements à dimension humaine, c’est-à-dire sans utiliser d’engin motorisé : à pied, à cheval, à vélo. Mais ses voyages lui ont surtout appris que le bonheur passe par l’action : selon sa formule, il n’attend pas d’être heureux pour agir mais le devient en agissant.
Aujourd’hui, il se consacre à de nouveaux projets d’expéditions, de films et d’écriture. Lorsqu’il ne voyage pas, il est basé à Paris, mais il est rare qu’il y soit !
Par Alain et Christine Londner,
samedi 7 mars 2009 à 11:10.
Il existe deux versions des Sept piliers de la sagesse. La première est rédigée en 1919 à la demande de l’All Souls College, puis perdue dans une gare. Découragé, Lawrence en réécrit cependant de mémoire 95% en l’espace de trente jours. Mécontent de son travail, il retouche le texte, rend le manuscrit à la Bodleian Library, puis le fait imprimer à 8 exemplaires, après des centaines de corrections.
Cette édition originelle et non expurgée, que Phébus publie pour la première fois en France, est aujourd’hui considérée comme la version de référence.
La seconde version, seule disponible chez nous jusqu’alors, résultait des coupes effectuées par l’auteur entre 1924 et 1926 pour suivre la demande de ses premiers lecteurs (dont l’écrivain G.B. Shaw) et limiter les coûts d’impression. Ces deux versions rendent compte
de la Révolte arabe et du rôle prédominant de Lawrence entre 1916 et 1918, mais restent essentiellement différentes – la première étant plus longue d’un tiers.
La version complète des Sept piliers de la sagesse révèle aussi bien des réflexions philosophiques que des anecdotes plaisantes, des détails pratiques sur la vie quotidienne, des portraits de l’entourage direct de Lawrence, des maximes de son cru, ou encore une géographie d’Aqaba digne des chroniqueurs de l’Antiquité (Xénophon) et du Nouveau Monde (Cortès, Las Casas), sans se limiter au strict discours militaire.
Lawrence ne mâche pas ses mots et n’épargne personne dans son premier jet. Il évoque aussi l’homosexualité sans les circonlocutions qu’il a utilisées plus tard. On sait que Lawrence est à lire entre les lignes.
Or, portés par le souffle de cette version foisonnante, plus authentique, moins inhibée, au style délié et chatoyant, il nous semble que l’on peu enfin approcher le mystère de l’homme.
Archéologue formé à Oxford, passionné de littérature classique ou médiévale, T. E. Lawrence (1888-1935) vit quatre ans en Syrie et en Palestine avant le début de la guerre. Il s’engage au service cartographique de l’armée britannique au Caire puis est transféré au Service des Renseignements militaires. Panarabisme et acuité géopolitique font rapidement de lui le héraut de l’indépendance arabe.
Artisan de la victoire, il est pourtant déçu par le traité de Versailles. Il s’engage sous un pseudonyme dans la R.A.F. Changeant plusieurs fois d’identité et de postes dans l’armée, cet écrivain pétri de doutes meurt d’un accident de moto dans le Dorset.
Par Alain et Christine Londner,
samedi 28 février 2009 à 15:40.
Dresser le portrait de la Rue Jacques Cœur à Montpellier: telle est la mission que la chaîne de télévision locale "7L" a eu la bonne idée de confier à Jean Cahn.
Occasion pour nous de vous présenter, chers lecteurs, le lieu où la librairie est installée, au cœur de la ville, occasion également d'en apprendre plus sur le personnage historique qui donna son nom à cette rue et de revoir notre librairie sous un angle différent.