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Siam de Lily Tuck (Actes Sud- 2012)


Ce roman énigmatique, obsédant, celui d’une innocence perdue, se déroule en Thaïlande, alors que débute la guerre du Vietnam.
Claire, une jeune Bostonienne qui vient de se marier avec un conseiller militaire et un ingénieur américain qui construit les pistes de Nakhon Phanom, en Thaïlande du Nord, pour les bombardiers américains, James, un peu plus âgé qu’elle, débarque avec lui à Bangkok le 9 mars 1967, le jour même où l’aviation américaine commence à bombarder le Nord-Vietnam à partir de ses bases thaïlandaises.
Lors d’une soirée, peu de temps après leur installation, Claire rencontre Jim Thompson, un célèbre entrepreneur américain, fondateur de la Thai Silk Company.
La disparition de Thompson, quelques semaines plus tard, donne lieu à de nombreuses spéculations, aussi contradictoires que perturbantes pour elle. Car Claire est tombée sous le charme de cet homme, dont la distinction, l’élégance, la culture tranchent avec son quotidien.
Déstabilisée tout à la fois par les silences pesants de son mari (concernant son activité, la situation géopolitique et la disparition de Thompson), par un environnement violemment inhabituel, par le rapport à la vérité - pour le moins problématique à ses yeux - des gens qu’elle côtoie, et par une solitude plus subie que choisie (son mari s’absente beaucoup, et elle peine à nouer de véritables amitiés), Claire devient la proie d’obsessions et d’inquiétudes qui, toutes, la ramènent vers Jim Thompson.
À sa manière maladroite, inquiète, Claire se lance alors dans une sorte de quête naïve, éperdue, d’une vérité inaccessible. Basé sur un fait divers réel (Lily Tuck a elle-même rencontré Jim Thompson), moralement imprégné du désastre que représenta pour les Etats-Unis leur implication militaire en Asie du Sud-Est, Siam est un roman tranchant, tragique, élégant, dans la tradition de Graham Greene et de Joan Didion.
Cette juxtaposition de petits détails de la vie de Claire et James, avec les grandes manifestations politiques de l'époque, est cruciale pour le ton du roman. Lily Tuck capte à la perfection la désorientation des étrangers dans un pays étrange, l'insularité de communautés d'expatriés, et le fossé qui existe entre des étrangers privilégiés et les gens parmi lesquels ils vivent.

Entre sa France natale, le Pérou et l'Uruguay de son enfance, New York où elle réside avec sa mère, et la Thaïlande où elle s'installe après son mariage précoce, Lily Tuck trouve l'inspiration qui nourrit ses romans. Un sentiment de déracinement qui dessine les contours de ses personnages contrariés et complexes, souvent des femmes dont la vie change suite à un exil ou à une perte.
Diplômée du Radcliffe College, Lily Tuck, étudie la littérature américaine à la Sorbonne où elle commence à écrire. Mais c'est à New York qu'elle se consacre à l'écriture et sort son premier roman, Interviewing Matisse, or the woman who died standing up, dialogue sous forme d'appel téléphonique entre deux amis qui viennent de perdre un camarade.
Après un second roman, son troisième roman Siam, or the woman who shot a man lui vaut enfin l'attention des critiques, pour son évocation de la culture luxuriante et mystérieuse de la Thaïlande, nourrie de détails précis et d'images sensorielles.
Lily Tuck rédige également un recueil de nouvelles, Limbo, and other places I have lived, et la biographie de la romancière italienne Elsa Morante.
Paraguay, son quatrième roman, retrace l'histoire d'une courtisane de Paris devenue la maîtresse du tyran Solano. Le roman, acclamé par la presse outre atlantique, fait débat dans l'opinion publique par sa représentation d'un dictateur bien réel mais vaut à son auteur le National Book Award en 2004, le prix le plus honorifique aux Etats-Unis après le Pulitzer. Paraguay, son premier roman traduit en français, a paru en 2010 aux éditions Jacqueline Chambon.
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De monde en monde, Reportages 1934-1942 de Annemarie Schwarzenbach ( Zoé- 2012)

Une voyageuse hors du commun....

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Boy de Takeshi Kitano (Wombat-2012

Du cinéaste au conteur...

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Ville, j'écoute ton coeur d'Alberto Savinio (Gallimard-2011)


La ville de Milan, son histoire, ses monuments, ses musées, ses places, ses habitants, célèbres ou inconnus, sont ici les prétextes choisis par Alberto Savinio avec le propos d’illustrer ces lignes du préambule qui ont valeur de manifeste : « Dans l’ambition de faire “une oeuvre”, il y a encore de la puérilité. Une fois cette puérilité comprise et dépassée, on n’écrit de livres, si on a encore envie d’écrire, qu’en forme de longue et tranquille conversation. »
Songeur et précis, Savinio porte, ici, à son point extrême de perfection cet art de la digression qui le caractérise et qui n’est possible que lorsqu’on possède, comme lui, une mémoire, une mémoire amoureuse et attentive à renouveler, à la moindre occasion, quelque pensée impérissable, une sentence ou un bonheur oublié.
À établir aussi les affinités reliant les oeuvres et les coutumes des hommes, et à souligner, à travers les siècles, les variantes de l’Esprit.
Aussi, dans sa promenade milanaise, à chaque coin de rue, à la vue d’une façade ou d’une statue, sa vaste culture – nourrie surtout d’Héraclite, de Platon, de Lucien de Samosate, de Voltaire, de Beethoven, de Stendhal, d’Achim von Arnim, de Nietzsche – s’éveille, créant tout un réseau d’échos autour de chaque sujet et de chaque thème, à peine est-il ébauché. Et touche après touche, la ville – contemplée pour la première fois dans son intégralité, juste avant les bombardements de 1943 – surgit à chaque page pour s’effacer aussitôt ; car, si l’auteur parle de son architecture, c’est toute l’architecture italienne qu’il passe en revue, et, s’il commente les tableaux de ses musées, c’est toute la peintre qui défile, tels Cimabue et Giotto qu’il analyse par rapport au cubisme et à Paul Klee…

Écrivain et auteur dramatique, musicien et peintre, Alberto Savinio (1891-1952), de son vrai nom Andrea De Chirico, est le frère cadet du peintre Giorgio de Chirico.
Après la mort de son père, il mène une vie errante avec les siens : élève de Max Reger à Munich en 1911, pour la composition musicale ; à Paris ensuite, où il se lie d’amitié avec Guillaume Apollinaire, qui le fait collaborer aux Soirées de Paris.
Il publie en 1914, en français, Les chants de la mi-mort, puis retourne en Italie au moment de la guerre et adhère au groupe néo-classique de la Ronda. En 1926, revenu à Paris, il s’adonne principalement à la peinture. Rentrant finalement en Italie vers 1934, il y mène de front ses activités diverses et fait aussi ses débuts d’auteur dramatique, avec décors et musique de son invention.
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Les bouts du monde de Roger Willemsen (Arthaud- 2012)

Une découverte....

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L'homme à la carrure d'ours de Franck Pavloff (Albin Michel-2012)

Dans une zone du Grand Nord, ignorée des cartes....

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Noces à Ceylan de Thierry Vernet avec 32 illustrations de Floristella Stephani et Thierry Vernet (L'Age d'Homme-2010)


En 1953, deux jeunes amis partent à la conquête du monde. Il en résultera un livre légendaire, véritable bible des voyageurs: L'Usage du monde.
Dans cet ouvrage, seule une voix se fait entendre, celle de Nicolas Bouvier, son compagnon de voyage, Thierry Vernet, se contentant d'illustrer ce carnet de route. Mais ce dernier envoyait des lettres à sa famille, publiées en 2006 à L'Age d'Homme dans un volume intitulé Peindre, écrire chemin faisant.
Peindre, écrire chemin faisant, livre désormais culte s’achevait en Afghanistan le 20 octobre 1954, sur la séparation entre Thierry Vernet et Nicolas Bouvier.
Noces à Ceylan débute trois jours plus tard à New Delhi. On y retrouve la même dévotion, la même joie du jeune peintre, alors âgé de 27 ans, face à son travail, avec une différence notable cependant: il pourra enfin partager son bonheur avec sa fiancée Floristella Stephani – la tendre môme –, peintre elle aussi, partie, en paquebot, le rejoindre à Colombo pour l’y épouser.
Ceylan, c’est aussi l’aboutissement du long périple indien de Nicolas Bouvier ; il y célébrera le mariage de ses amis genevois : ce sont eux, les « Paul et Virginie » pudiquement évoqués au début du Poisson-scorpion.
Le séjour de cinq mois environ, sur cette île enchanteresse, ne sera pas exempt de difficultés (matérielles, de santé), mais ce qui prédomine dans ces pages adressées à la famille de l’auteur, c’est la confiance lumineuse de celui-ci en l’avenir, et sa curiosité très plastique pour les êtres et les choses qui croisent son regard, transmise avec une verve et un naturel désarmants.
Cet important ouvrage est un témoignage culturel inestimable, comportant de nombreuses illustrations in-texte, qui propose un autre point de vue sur une même aventure, celui d'un peintre possédant un réel talent de conteur et d'écrivain.
En juin 2007, Floristella Stephani, la veuve de l'artiste, grande peintre elle-même, s'est éteinte à Paris. Elle a laissé dans ses affaires la suite des lettres postées de Ceylan, correspondant au Poisson-scorpion de Nicolas Bouvier.
Ce livre exceptionnel, de nouveau disponible, comporte de nombreux documents photographiques inédits, ainsi que des cahiers d'illustrations en couleurs dévoilant l'art pictural de Thierry et Floristella.

Né au Grand-Saconnex en 1927, Thierry Vernet s'est initié aux arts plastiques auprès du décorateur Jean Plojoux et du peintre Xavier Fiala. Après sa formation, il entreprit un grand voyage en Orient en compagnie de l'écrivain Nicolas Bouvier, dont il illustrera L'Usage du Monde.
Pour assurer sa vie matérielle, il réalisa les décors d'innombrables spectacles, à la Comédie de Genève, pour les spectacles estivaux de l'Opéra de Chambre de Genève, au Grand Théâtre, au théâtre du Jorat ou à la Comédie Française, notamment.
Artiste sensible à la fois à la beauté et au mystère du monde, Thierry Vernet est de ces peintres qui, très à l'écart des allées de la mode et de la renommée factice, travaillent dans l'enthousiasme et la persévérance à une oeuvre essentiellement personnelle et cohérente.
Poète infiniment délicat dans sa perception de la réalité sensible, Thierry Vernet est également un artiste au métier accompli, dont la splendide liberté, suppose une longue expérience.

La peinture de Floristella Stephani apparaît comme une profonde méditation picturale sur le monde qui nous entoure, dispensatrice d'émerveillement intérieur, de reconnaissance et de paix. Art de patience évoquant celui des vieux maîtres hollandais : d'attention aux paysages, aux fleurs, aux animaux (de sublimes chats lovés comme dans un songe de poète) et aux êtres solitaires; mais art, aussi, de décantation secrète, d'ellipses poétiques et d'audaces formelles, où se réconcilient et se fécondent les acquis de la tradition et les élans d'un incessant renouveau.
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Le Jardinier d Otchakov d'Andreï Kourkov (Liana Levi-2012)

Le nouveau Andreï Kourkov...

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Les quatre journées d'Amerigo Vespucci d'Olivier Ikor (Laffont-2012)

De l'homme qui donna son prénom à l'Amérique...

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Malta Hanina de Daniel Rondeau (Grasset-2012)


Après Tanger, Alexandrie, Istanbul et Carthage, Daniel Rondeau pose ses valises à Malte. Et poursuit ainsi son pèlerinage méditerranéen.
Des années qu’il explore, au hasard de ses passions, les côtes ensoleillées. Si, chaque fois, ces villes ont une saveur particulière, l’île de Malte est de ces lieux sans équivalence, à l’aura renversante. Elle est l’autre terre élue.
Il faut dire que l’auteur y a occupé le poste d’Ambassadeur de France. Il a été, pendant deux ans, le témoin privilégié de ce patrimoine d’exception.
Au fil d’une promenade éclairée, nourrie d’art, de religion, de littérature, de paysages, et de destins d’hommes, il restitue, par une prose à la beauté classique, l’irrémédiable charme maltais. Dans un jeu entre passé et présent, il parvient à dresser de l’île un portrait exhaustif et nuancé. Un tableau vivant gravé dans la roche et tourné vers l’avenir.
Comme à son habitude, Daniel Rondeau livre, dans une langue à l’impeccable élégance, un texte dense et détaillé et un hymne savant à la gloire de Malte: "Le destin m'a jeté dans une carrière qui n'était pas la mienne. Accroché au rocher maltais par mes lettres de créance, ouvrier de la diplomatie française sur une île perdue au milieu des eaux et du temps, j'ai vu tourner les saisons, et fleurir trois fois les orangers. Il y a longtemps que j'attendais d'avoir ma chaise au banquet méditerranéen. Jusqu'alors je n'étais qu'un oiseau de passage. Malte a tenu ses promesses. J'ai été accueilli, d'une certaine façon délivré, admis dans la confidence d'une vieille civilisation".
Ce livre est le dernier volet d’une saga méditerranéenne.

Daniel Rondeau est écrivain. Éditeur, il a été critique littéraire et grand reporter.
Il a fondé les éditions Quai Voltaire.
Il est l’auteur d’une oeuvre importante et a notamment publié chez Grasset Dans la marche du temps (2004) et Les vignes de Berlin (2006).
Il a reçu, en 1998, le Grand Prix Paul-Morand de l’Académie française pour l’ensemble de son oeuvre.

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