Tibet, Mongolie d'Emmanuel Michel (Elytis-2011)
Par Alain et Christine Londner, lundi 24 octobre 2011 à 13:17.

Des premiers découvreurs, partis souvent en missions évangéliques et civilisatrices, aux ethnologues ou aux simples voyageurs, la fascination des Occidentaux pour le Tibet et la Mongolie n’est pas récente.
De grands explorateurs, pas toujours humanistes, ont tenté de pénétrer ces contrées reculées alors même que les interdits aux étrangers y étaient nombreux.
Avec le regard et les écrits de ces aventuriers, Emmanuel Michel, peintre de l’humain, ethnographe amoureux, met ici en scène cette partie de la terre où les hommes tutoient le ciel depuis toujours.
Et ils sont nombreux ceux qui ont foulé ces contrées lointaines à commencer par Evariste Huc (1813-1860). Il fut missionnaire en Chine et effectua, à partir de 1844, plusieurs missions d'exploration. Il relate ses aventures à travers la Chine, la Mongolie et le Tibet dans un livre publié en 1850 "Souvenirs d'un voyage dans la Tartarie, le Tibet et la Chine", qui rencontra un vif succès en Europe. De fait, il suscite l'intérêt des universitaires et ouvre la voie aux études asiatiques. Ce texte, composé en Chine de 1844 à 1846, a été réédité de nombreuses fois. Il rédige également "l'Empire chinois" en 1854, qui rencontra une large audience.
Officier d'infanterie, diplômé des lettres et des sciences, Henri d'Ollone (1868-1945) organise et participe à de nombreuses missions d'exploration en Afrique et Asie.En 1903, il devient membre de la Société de Géographie. Il est chargé de conduire une mission scientifique d'étude des peuples, des races et des cultures non chinoises de Chine ainsi que des minorités qui cohabitent dans l'empire du milieu. Il part en équipe, de 1906 à 1909, parcourt des régions encore peu, voire pas du tout, soumises au pouvoir central.
Il rapporte de ses voyages de nombreuses enquêtes géographiques, archéologiques, ethnographiques ou encore linguistiques et publie de nombreuses cartes, photos, articles et ouvrages dont "Recherche sur les musulmans chinois", en 1911.

Critique d'art, historien et écrivain britannique, Robert Byron (1905-1941) est l'auteur de nombreux récits dont il puise la matière lors de ses voyages en Inde, en union soviétiques, au Tibet et en Asie centrale.
Tout à la fois géographe, linguiste, ethnologue, explorateur et orientaliste, Jacques Bacot (1877-1965) est aussi un spécialiste reconnu du Tibet dont il étudie la langue dès 1908. Nommé directeur d'Études de tibétain à l'École pratique des hautes études en 1936 et Président de la Société asiatique de 1908 à 1954.

Explorateur, géographe et homme politique suédois, Sven Hedin (1865-1952) fait des études de géologie, minéralogie, zoologie et de latin dans diverses universités suédoises et allemandes. Particulièrement déterminé dans ses missions d'exploration, il frôle la mort à plusieurs reprises.
Ses connaissances en géographie lui permettent de produire les premières cartes détaillées de vastes parties du Pamir, du désert du Takla-makan, du Tibet, de l'ancienne route de la Soie et des Himalaya.
De 1892 à 1935, il retourne régulièrement en Asie centrale et publie les récits de ses explorations.
D'origine polonaise, Ferdinand Ossendowski (1876-1945), cet écrivain globe-trotter, professeur de physique-chimie à l'université de Tomsk, échappe à la Sibérie communiste en partant pour le Tibet et la Mongolie.
Orientaliste, tibétologue, journaliste, écrivaine et exploratrice, de nationalité franco-belge, Alexandra David-Neel (1868-1969) voyage durant toute sa vie en Chine, au Tibet et en Inde. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages de sciences humaines.
En 1924, elle est la première femme européenne à séjourner à Lhassa ce qui contribua fortement à sa renommée.
Voyageuse, écrivaine et photographe suisse, Ella Maillart (1903-1997) parcourt, pendant de nombreuses années, la Russie, le Caucase, l'Inde et l'Asie centrale russe, réalisant de nombreux reportages, y puisant ainsi la matière des divers récits qu'elle produira tout au long de sa vie.

Chaque texte est illustré des dessins, peintures en rapport avec la vie et les écrits de ces voyageurs et voyageuses, dans une mise en page magnifiquement réussie donnant vie à un nouveau style de carnet de voyage.
Né en 1970, Emmanuel Michel passe sa jeunesse à Lyon et étudie la restauration d'oeuvres peintes en Avignon. Il expose peintures, dessins et sculptures depuis 1992.
La reconnaissance du public lui est acquise dès 1997 avec sa première exposition personnelle en galerie, au Soleil sur la Place. Les expositions s'enchaînent régulièrement depuis, en France et à l'étranger.
Grand voyageur, il remplit des carnets de croquis qui se transforment dans les mois suivants en dessins, peintures et sculptures mêlant souvent plusieurs matériaux. Le tout réalisé avec une grande virtuosité. Il ne s'intéresse guère aux paysages, ce sont les populations rencontrées, leur culture et leur humanité qu'il nous donne à connaître. Son travail est visible en permanence au Soleil sur la Place à Lyon.
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