Cavalier des steppes, À travers les montagnes d’Asie centrale de Nicolas Ducret (Transboréal-2010)
Par Alain et Christine Londner, mercredi 31 mars 2010 à 14:59.
Cavalier émérite amateur de voltige cosaque, Nicolas Ducret s’est lancé le défi de traverser l’Asie centrale à cheval. Parti seul des contreforts de l’Altaï avec un étalon et un hongre de bât, il chemine sur plus de 3 000 kilomètres, franchissant les monts Célestes et les chaînes du Pamir et de l’Hindu Kush. De l’aridité des steppes kazakhes aux riantes montagnes kirghizes, des plateaux tadjiks balayés par le vent aux vallées afghanes baignées de soleil, il s’aventure sur des terres mythiques marquées par les conquêtes successives, et découvre des peuples à la fois généreux, aguerris et libres
En mai 2007, le printemps s’annonce tardivement. Les grandes transhumances ont repris, entraînant familles et troupeaux dans les alpages. Nicolas Ducret, pas encore trentenaire, s’installe chez un Russe dans un petit village à quelques heures d’Oust-Kamenogorsk, au pied des montagnes de l’Altaï, dans le nord du Kazakhstan. En quelques semaines, il rassemble deux chevaux : Tsigane et Musicien des steppes, puis part sur les pistes en direction de Kaboul avec l’ambition de se lancer dans une longue dérive dans laquelle il côtoiera des hommes, traversera des steppes et des montagnes, et peut-être découvrira-t-il alors le cœur de l’empire des steppes.
Il parcourt d’abord les vastes steppes du Kazakhstan, couvertes de folle avoine aux reflets argent qui ondoie et scintille à l’infini. Ensuite la caravane s’enfonce dans les Tian Shan. À plusieurs reprises, elle est arrêtée et contrainte de prendre des voies parallèles. Au son des joueurs de dumbra et du chant des conteurs, sous les cascades de thé et les litres de vodka, le cavalier des steppes partage la vie de ces peuples et écoute leurs histoires mouvementées.
À la fin de l’été, il arrive sur les hauts plateaux du Pamir tadjik qu’il parcourt dans la solitude la plus complète. Ses chevaux intriguent : certains villageois en voient pour la première fois.
Après trois jours de négociation avec les douaniers, il entre en Afghanistan. Le pays n’est pas sûr. Depuis l’été, il a de nouveau plongé dans le chaos, et les enlèvements d’étrangers se multiplient. Les seigneurs de guerre lui délivrent un laissez-passer et un berger accepte de le guider jusqu’à Kaboul. La caravane s’agrandit et reprend la route à travers les vallées isolées de l’Hindu Kush. Les chevaux peinent sur les sentiers de muletiers. La nourriture est rare. Dans les villages où ils se réfugient la nuit, ils rencontrent des hommes, comme sortis d’une autre époque. Au seuil de l’hiver, après six mois de marche, la caravane descend la vallée du Panjshir et entre dans Kaboul. Dans quelques jours, se tient le premier bouzkachi de la saison. Le cavalier venu du Kazakhstan y participe. Et le hurlement des tchopendoz résonne de nouveau dans la plaine de Chamali, là où Ouroz, le tchopendoz des Cavaliers de Joseph Kessel, disputa le « jeu du Roi ».
Né à Nantes en 1980, Nicolas Ducret, diplômé de l’École supérieure de commerce de Dijon, a été auditeur au sein du cabinet de commissariat aux comptes Deloitte. Il prend goût au voyage après une traversée motorisée de l’Europe de l’Est avec ses parents en 1996, puis un tour du monde de 18 000 km à vélo en 2002-2003, voyage durant lequel il parcourt vingt-six pays, sur les cinq continents.
À l’automne 2005, en tant que bénévole, il assiste Jacqueline Ripart lors du festival At-Chabysh, qui vise à réhabiliter le cheval kirghize et les traditions équestres au Kirghizistan.
En Russie, où il étudie, il monte des akhal-téké et, en Inde, visite les élevages de marwari des maharajas du Rajasthan. Dans chacun de ces pays, sa passion du cheval et des cultures équestres le conduit à rassembler une large documentation et à rencontrer les éleveurs, les cavaliers et leurs montures. En 2007, Nicolas Ducret se lance le défi de traverser l’Asie centrale à cheval, du nord-est au sud-ouest. À cette occasion, il réalise un film et commence à écrire le récit de son expédition.
En juin 2008, il traverse l’Atlantique à la voile et, en mars 2009, part au Darfour comme administrateur de Médecins du monde. L’année 2010 le verra repartir au Kazakhstan dont il étudie la constitution étatique et la situation géopolitique.
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