
Comment vivre envers et contre tout dans une ville prise entre les tentacules de la corruption et de la Camorra?
Les six nouvelles de
Valeria Parrella tentent de donner quelques recettes.
Ce sont six portraits, six voix dont cinq féminines, à la fois passionnées et désenchantées. Six manières de raconter la difficulté de vivre et d'aimer dans une ville comme Naples aujourd'hui, décrite avec ironie et passion par une plume, qui mêle vitalité, précision et sensualité.
Les personnages évoluent dans des milieux sociaux divers, et chacun lutte à sa façon, élaborant des techniques de survie pour affronter les petits ennuis de tous les jours qui dérivent du chômage, de la corruption et de tous les fléaux d'une criminalité diffuse.
Dans chaque nouvelle, l'auteur affronte un thème lourd et difficile comme peuvent l'être l'éducation, la corruption politique, le trafic de drogue, mais elle les traite à l'échelle microscopique qui est celle de la rue, de l'immeuble, de la famille. Et tout en racontant le ventre de Naples dans son aspect actuel, tout en suivant des parcours ou des destins de personnages radicalement napolitains, ces nouvelles nous disent beaucoup sur l'état du monde industriel, sur ses plaies et ses déséquilibres.
Les personnages, malgré la rapidité du tempo propre au genre de la nouvelle, sont toujours et d'entrée de jeu puissamment présents, vivants, dotés d'une psychologie complexe où bien et mal cherchent leurs contours.
Ainsi, grâce à son écriture sèche et précise, rapide et capable de brusques accès d'une ironie irrésistible, Valeria Parella rend à la fois la vitalité et l'effort que représente le quotidien napolitain.
Ces nouvelles sont en quelque sorte l'envers du décor de
Gomorra: on n'y parle jamais directement de Camorra mais du quotidien napolitain toujours soumis aux conditions de cette organisation mafieuse.
Valeria Parella est née en 1974 à Naples où elle vit et travaille.
C'est une des voix les plus novatrices de la littérature italienne, une de celles qui se sont emparées des réalités les plus sombres et de la violence qui traverse le pays, pour renouer un lien avec la politique et la société.
Elle renouvelle en cela une très belle tradition napolitaine qui raconte la ville, la vie quotidienne avec tous ses ennuis et ses ressources inespérées.