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Africa Trek 1 & 2 de Sonia & Alexandre Poussin (Ed.Pocket-2007)



Remonter l'Afrique à pied en longeant la vallée du Rift, tel est le défi que se sont lancés Sonia et Alexandre Poussin.
Partis le 1er janvier 2001, ils ont mis plus de trois ans à réaliser leur rêve. De l'Afrique du Sud à Israël en passant par le Zimbabwe, le Mozambique, le Malawi, la Tanzanie, le Kenya, l'Ethiopie, le Soudan ou encore l'Egypte, ils ont parcouru plus de 10 pays sur les traces des premiers hommes. De cette expérience, il en résulte deux livres à succès (Laffont puis Pocket et aujourd'hui un film intitulé "Africa Trek" et un album photographique inédit (Actes Sud).
Les carnets de route d'Africa Trek racontent cette expérience hors du commun, à la découverte d'un continent aux multiples visages. Sonia et Alexandre ont voyagé à l'africaine, à pied le long des pistes, de village en village, et ont dormi chez l'habitant. Cette façon de voyager, lentement, au rythme africain, leur a donné l'occasion de vivre des moments rares, souvent exceptionnels. Ils nous livrent un témoignage précieux, un regard sur l'Afrique loin du funeste triptyque "guérilla/famine /épidémie".
Accueillis par des centaines de familles, ils nous font partager, en quelques heures, quelques jours, le quotidien des Africains, leurs peines, leurs joies.
Mais Africa Trek, c'est aussi un voyage symbolique dans les pas de l'Homme. En suivant la grande fracture du rift, ils ont remonté tout le continent en passant par les berceaux de l'humanité. Du Cap de Bonne Espérance au lac de Tibériade, ils ont rencontré des paléoanthropologues, des archéologues et des ethnologues. Dans les pas des premiers hommes, Alex et Sonia revivent la migration originelle hors du continent africain, trois millions d'années plus tard. Vaste programme !
Parmi les dix pays que vous avez traversés, lequel vous laisse un souvenir impérissable et pour quelles raisons ?
S'il ne fallait qu'en retenir un seul, ce serait la Tanzanie, car il rassemblait peuples et nature dans une belle harmonie. Les Tanzaniens ne mendient pas et ne blâment personne sur leur état. Ils sont dignes. La corruption y est moins forte qu'ailleurs. C'est un pays en paix avec lui-même et la nature y est belle et sauvage.
Que retirez-vous d’une telle expérience ?
Le secret espoir que l'Afrique s'en sortira si l'on peut endiguer la fuite de ses élites, c'est-à-dire si on leur propose un avenir dans leur propre pays, si on contraint les dictateurs à le leur donner et à assurer une alternance démocratique plutôt que de faire des affaires louches avec eux, sur le dos de leurs peuples. L'Europe apporte beaucoup de contre-pouvoirs à ces petits trafics, et c'est bien.
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Une semaine de vacances de Jean-Marc Aubry (Ed.Guérin-2002)

Randonneurs de tous bords ayez pitié de votre guide....

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Le long été de Lorenzo Pestelli (Ed.Zoé-2007)


 

En Juillet 1965, flanqué de sa compagne et de leur deux filles, un paladin qui vient d'atteindre la trentaine et se nomme Lorenzo Pestelli s'apprête à entreprendre un imposant périple duquel émergera ce journal de voyage qu'est Le long été.
Fruit de 4 années de pérégrinations et de deux autres d'intense labeur, ce livre, réédité ce mois-ci, trente ans après sa parution, nous révèle un grand écrivain-voyageur et une inoubliable découverte littéraire.
Tout lecteur de cette œuvre est frappé avant tout par le foisonnement et la variété des registres de son écriture qui aboutissent à une œuvre d'une ampleur et d'un lyrisme à la fois envoûtant et baroque.
Pour mettre en valeur cette prose poétique, L.Pestelli va inventer des formes littéraires qui permettent de moduler, de rythmer les rapports du voyage et de l'écriture: piécettes, poèmes, haikus, scories, stèles, lettres, notes de voyage et notules qui s'articulent en une mise en scène audacieuse: "Je voudrais faire du Long été une sorte d'album musical et figuratif où il serait bon d'incruster même les odeurs, bonnes ou mauvaises, de chaque pays". Chine, Vietnam, Japon, Corée, Cambodge, Thaïlande, Malaisie, Bali, Java, Ceylan, Inde dravidienne, Népal, Tibet, Mer Australe…telles sont les étapes de ce jeu de massacre cruellement ponctué par d'heureuses exclamations tirées du livre des merveilles de Marco Polo.
Car L.Pestelli donne libre cours aux passions qui l'incitent à relever chaque détail et à la colère qui le suffoque. Nul trace de pittoresque, d'humour bon enfant mais plutôt un chant funèbre à la terre profanée, aux plaies qui défigurent, cruellement depuis des décennies déjà, ces latitudes qui l'auront tellement fait rêver: "Je dois tirer parti des immondices et des excréments, des doigts courbés et des tablettes votives. Tout peut servir au poème".
Ce voyage devenu itinéraire expiatoire lui permet de mêler ses thèmes les plus intimes aux affres de peuples menacés dans leur langue, leur culture, leur existence même, désarçonnés par un mal appelé dorénavant mondialisation.
Ce livre, véritable chant d'amour lucide et déchiré nous offre un point de vue des plus singuliers sur l'art du voyage: "Je continue à fuir pour échapper au spectre de la routine; même dans le mouvement perpétuel, la routine me persécute et les peines que j'endure me paraissent vaines. Et alors? Pourquoi me traînerai-je de temple en temple avec, au soir, ce problème de moustiques assoiffés de mon sang dès que le soleil s'effondre derrière l'horizon".

Mort accidentellement en 1977 sur une route marocaine, Lorenzo Pestelli a rejoint Nicolas Bouvier et Bruce Chatwin au panthéon des "étonnants voyageurs" et comme eux a contribué à enrichir cette littérature voyageuse par un style authentique et une vision du monde tout à fait singulière: "À la question: quand avez-vous commencé à voyager? Je ne puis que répondre: dans le ventre de ma mère, je fis déjà quelques beaux voyages et je dois ajouter que je n'ai jamais eu autant de confort pour voyager qu'en ce temps-là! À qui peut se le permettre, je conseille de voyager avant sa naissance!".
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Sylvain Tesson

le prince des aventuriers

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Œuvres complètes de Bruce Chatwin (Grasset-2005)


 

Bruce Chatwin est né à Sheffield en 1940. Il est mort en Janvier 1989 à Nice.
Après une enfance itinérante (la guerre et un père marin), il part à 13 ans seul en Suède. À 18 ans, il entre chez Sotheby's où il est surnommé "l'œil", car il ne se trompe jamais sur la rareté ou l'authenticité d'un objet.
Un matin, il se réveille à moitié aveugle. L'ophtalmologue ne décèle aucune anomalie organique et lui conseille d'aller "contempler de plus vastes étendues".
Ce qu'il fit jusqu'à la fin de sa vie, retrouvant la vue, en devenant le chef de file des écrivains-voyageurs, bien que lui-même ait récusé cette étiquette jugée trop réductrice.
Bruce Chatwin n'a cessé de publier essais, récits, romans, photographies, articles ou critiques en s'interrogeant sur le besoin incoercible de l'homme à bouger.
On retiendra, parmi ses nombreux récits: "l'Anatomie de l'errance", "Le Chant de pistes" et "En Patagonie" qui témoignent d'une écriture originale, porteuse d'un véritable humanisme.
On considère, à juste titre, Bruce Chatwin comme l'un des plus grands écrivains-voyageurs de ces dernières années.
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