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FIN DE PARTIE



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La Presse et les radios locales

Les éditeurs et représentants

Les écrivains-voyageurs, les aventuriers, les dessinateurs et surtout les lecteurs et voyageurs, clients et amis qui nous ont fait confiance

Nous passons le flambeau à une jeune femme dynamique, passionnée de livres et de voyages, Magali Brieussel, à qui nous souhaitons bonne route et réussite.

Début Décembre “La Librairie Les Cinq Continents” deviendra “La Géosphère” ( www.librairiegeosphere.com ).

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N’oubliez pas que le prix du livre est unique: fixé par l’éditeur, le livre est vendu partout au même prix.

Lisez, voyagez, soyez curieux

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Christine et Alain
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Le Courrier, la courroie, ta bonne lettre de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet (Zoé – 2017)


Ce titre énigmatique est tiré d’une lettre écrite par Nicolas Bouvier à Thierry Vernet en Octobre 1954 : « Le courrier, la courroie, ta bonne lettre, trois objets de transmission, de communication, qui assurent le fonctionnement, la bonne marche d’une machine qui, sans eux, serait en panne… »
Depuis l’âge du collège, Nicolas Bouvier (1929-1998) et Thierry Vernet (1927-1993) ont rêvé ensemble d’accords majeurs avec le monde, par le voyage et par la création. L’un devient écrivain, l’autre peintre : en mots et en images, ils diront ce que l’on ne peut connaître qu’une fois.
La Correspondance des routes croisées (Zoé), l’ensemble des lettres que Nicolas Bouvier et Thierry Vernet se sont écrites dès le lycée à Genève jusqu’à la parution de L’Usage du monde en 1964 à Paris, a rencontré un vif succès.
Au cœur de cette correspondance, donc, l'Usage du Monde, son élaboration, sa genèse, le travail d'écriture et de peinture, le tout dans une liberté de conception absolue doublée d'une assurance inébranlable. Cette liberté qui sera sans doute pour beaucoup dans l'accueil enthousiaste que le public fait au récit, de nos jours encore.
De Cologny à Paris, de Kaboul à Colombo, de Tokyo à Genève, leur correspondance est un fil tendu entre deux vies mises en commun. Nourrie de l’expérience de la route, elle exprime aussi la beauté d’une aventure humaine, celle d’une amitié sans réserve.
Cette correspondance, exceptionnellement fournie, qui unit les deux compagnons voyageurs, témoigne de cette relation constante, intense et marquée au sceau d'une fidélité sans faille.
Afin d’en rendre l’accès plus large encore à ceux qui découvrent Nicolas Bouvier et ne souhaitent pas se lancer dans un volume complet de correspondance, les éditions Zoé publie, en poche, les lettres que s’écrivent les deux amis dès que leurs routes se séparent, à Kaboul, jusqu’au moment où ils se retrouvent à Ceylan, c’est-à-dire d’Octobre 1954 à Mars 1955. Dès lors, leurs lettres, qui se font « chronique », « journal » ou « récit », sont destinées à combler un manque, à rétablir le contact, à entretenir la relation.
La descente de l’Inde par Nicolas Bouvier, la découverte de Colombo et Galle par Thierry Vernet qui souhaite rejoindre sa fiancée Floristella Stephanie à Galles pour s’y marier, sont racontés dans le cadre de leur forte amitié et de leur stimulation mutuelle pour l'écriture du côté de Nicolas et l'image pour Thierry Vernet.
Vernet arrive le 26 Octobre 1954 à Colombo, où Floristella débarque le 16 Novembre. Ensemble, ils s’installent à Galle, dans le sud de l’île, logeant d’abord dans la famille de Nandadara, un Ceylanais qu’ils ont rencontré dans la capitale, puis à la Guest House du fort de Galle, au 22, Hospital Street. La date du mariage est fixée au 16 Mars 1955. Bouvier a prévu d’y assister et de rester quelques semaines avec le couple. L’enjeu, pour lui, sera de parvenir à temps à Galle pour être le témoin de la cérémonie. La « descente de l’Inde » se fait haletante….
Thierry et Floristella laisseront Nicolas Bouvier seul à Galle à partir d’Avril 1955.
Le cas des lettres de Ceylan (de mai à octobre 1955), passionnantes lorsqu'elles retracent, à son complice, de quoi sont faites ses journées à Galle, est sans doute le plus intéressant, parce que Bouvier les a utilisées pour l’écriture du Poisson-Scorpion, opérant des réécritures à partir des lignes qu’il avait envoyées à Vernet plus de vingt ans auparavant, et qu’il avait demandé à son correspondant de lui restituer dans ce but.
Les lettres de Bouvier à Vernet ne sont donc pas seulement des traces d’événements vécus, ou des sources de renseignements sur le contexte de production de l’œuvre, mais bien une ressource que l’écrivain a employée pour la composition de son œuvre littéraire, à l’instar de carnets de notes ou d’un véritable journal, dont elles ne sont, stylistiquement, pas si éloignées.
On peut dès lors mesurer l’écart qui sépare un texte appartenant à la sphère intime d’un texte plus strictement littéraire, destiné à la publication.
Cet ouvrage est un aperçu du « Making of » de L’Usage du monde de Nicolas Bouvier, l’oeuvre du XXe siècle choisie pour l’agrégation 2018.
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Norilsk de Caryl Ferey (Guerin – 2017)


Un grand auteur de la Série noire découvre la Russie dans un contexte extrême : une cité minière que l'on dit la plus polluée au monde et à -30°C...
Grand voyageur, Caryl Ferey n'avait pourtant jamais été en Russie. Encore moins en Sibérie. Il n'aime pas le froid. Mais il a dit oui à deux jeunes éditrices.
Et il s'est retrouvé embarqué dans une aventure sans égal : découvrir Norilsk, cité minière, considérée comme la ville la plus polluée du monde, la plus froide, à trois cents kilomètres au-dessus du cercle polaire. Un ancien goulag, fermé aux touristes et aux Russes, accessible uniquement sur autorisation du FSB. Et avec dans son bagage un livre de Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie.
Au retour de ce voyage pas comme les autres, Caryl Ferey livre un récit qui oscille entre l’enquête gonzo et le roman noir au ton très enlevé.
Avec « la Bête », son fidèle compagnon de voyage et incroyable personnage de roman, borgne muni d’un bandeau de pirate, grand buveur d’alcools, s’excitant volontiers dès qu’une femme est dans les parages, et guidés par leur jeune interprète affectueusement rebaptisée Bambi, ils montent sur les toits pour voir l’âcre fumée envahir la ville, écument l’unique bar de la ville, se découvrent de nouveaux amis auprès des mineurs de fond (dont certains se révèlent d’impressionnants artistes photo), recrachent du renne séché et se laissent envahir par l’ambiance émouvante de cette ville où tant d’âmes sacrifiées les entourent intensément.
Norilsk est un livre très drôle, un peu déjanté et franchement caustique. On y retrouve un Caryl Ferey au mieux de sa forme et de son écriture.

Dopé au rock Caryl Ferey se lance à 17 ans dans l’écriture d’une saga "romantico-destroy" : un pavé impubliable, sorte de road-movie à la Mad Max, magnifiant les aventures et les excès de son adolescence bretonne. L’excès est l’un des leitmotiv de sa vie : il en fera l’éloge en 2006 dans un court recueil de textes publié par Gallimard.
Méprisant le "confort bourgeois", avide de mouvement, de rencontres, Caryl Ferey s’embarque sitôt majeur dans un tour du monde qui le conduira en Océanie, sur les traces du grand Brel, autre figure importante de son panthéon personnel.
Il tombe alors amoureux de la Nouvelle-Zélande : le "pays du long nuage blanc" sera dix ans plus tard le décor des deux thrillers au lyrisme brutal et aux dialogues ciselés, Haka (1998, "ressuscité" chez Folio Policier en 2003) et Utu (2004), qui l’imposent dans le milieu du polar français. Loin des clichés édéniques, ces deux romans mettent en scène les durs à cuire Jack Fitzgerald et Paul Osbourne, flics des antipodes, en butte aux relents du passé colonial du pays du "kiwi" et aux violences du libéralisme à tout crin des années 1980.
Après le Prix SNCF du polar français reçu en 2005 pour Utu, Zulu, dont l’action se situe cette fois dans l’Afrique du Sud post-apartheid, lui vaut en 2008 une ribambelle de distinctions : Prix des Lecteurs des Quais du Polar de Lyon, Grand Prix du Roman Noir Français au festival du film policier de Beaune, Prix Nouvel Obs du roman noir, Prix des lectrice du magazine Elle... Une adaptation pour le cinéma est présentée a Cannes en 2013, gros succès.
Caryl Ferey sévit régulièrement sur les ondes : il écrit de nombreuses pièces radiophoniques pour France Culture. En novembre 2008, la station a notamment diffusé en direct sa fiction « Crevasses », une création post-apocalyptique mêlant théâtre, musique, rap et slam, à laquelle ont collaboré la rappeuse Casey et l’écrivain Jean-Bernard Pouy.
Friand d’expérimentations, Caryl Ferey s’est également frotté à Internet, en écrivant le texte de la web-fiction Muti proposé sur le site du Monde lors de la Coupe du Monde de football de 2010 : un véritable roman-feuilleton interactif entrainant l’internaute dans les bas-fonds de Cape Town...
Après Mapuche en 2013, un nouvel opus noir et déjanté sur la communauté indigène Mapuche en France et en Amérique du Sud, il publie une « suite » qui n’est pas une suite mais un prolongement de l’univers sud-américain avec un nouveau polar Condor (Gallimard – 2016), roman engagé entre résistance et poésie, écrit dans une très belle langue, transportant dans une enquête menée à tombeau ouvert dans les grands espaces chiliens…
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Aux sources du Nil, Carnet de voyages en Ouganda et en Éthiopie de Nicolas Jolivot (Elytis – 2017)

Une merveille de carnet de voyage....

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Voyage ordinaire de Christian Garcin, Denis Dailleux, Charles Fréger, Ambroise Tézenas, Jérôme Blin (Le Bec en L’Air – 2017/09) SORTI


Quatre photographes, Charles Fréger, portraitiste des communautés et de leurs signes d'appartenance (Yokainoshima, Actes Sud, 2016) ; Ambroise Tézenas, reconnu pour son travail sur les mutations urbaines et sociétales (Tourisme de la désolation, Actes Sud, 2014) ; Denis Dailleux qui poursuit un travail passionné sur l’Égypte (Mères et fils, Le Bec en l’air, 2015) ; Jérôme Blin, remarqué pour sa série « Les Adolescents » en 2013 et un écrivain, Christian Garcin publié en cette rentrée chez Actes Sud, livrent leur vision du « voyage ordinaire », de New Delhi au Caire.
Chaque jour, partout dans le monde, des voyageurs ordinaires se déplacent à pied, à vélo, à moto, en auto, en métro, en rickshaw… Ils ont inspiré quatre photographes et un écrivain qui interrogent la notion de « voyage ordinaire ».
Charles Fréger poursuit son inventaire des groupes sociaux et religieux en photographiant les rickshaws scolaires de New Delhi.

Ambroise Tézenas trace la route entre Bangalore et Bombay dont il fait émerger l’ordinaire beauté.

Denis Dailleux révèle la banlieue chaotique du Caire avec sa série de « portraits au tuk-tuk ».

Jérôme Blin dessine un Saint-Nazaire nocturne et mystérieux entre docks et lotissements.

Quant à Christian Garcin, avec une nouvelle inédite, il nous transporte dans les rues de Jaipur où il fait d’étranges rencontres…
Un livre de voyage original, qui met en avant les modes de transport quotidiens de différents pays avec 60 photographies en couleurs.


Né en 1975, Charles Fréger est diplômé des beaux-arts de Rouen. Il se consacre à la représentation poétique et anthropologique des groupes sociaux tels que les sportifs, les écoliers, les militaires, etc. Ses travaux proposent une réflexion sur l'image de la jeunesse contemporaine.
Fondateur du réseau Piece of Cake (www.pocproject.com) et de la maison d’édition POC.


Né à Paris en 1972, Ambroise Tézenas est diplômé de l’Ecole d’Arts Appliqués de Vevey (Suisse) en 1994. Basé à Londres puis Paris, il travaille en tant que photojournaliste pour la presse française et internationale, voyageant à de nombreuses reprises en Asie du Sud Est, en Amérique Centrale et Amérique du Sud.
À partir de 2001, il choisit de se consacrer à la photographie de paysage et commence un travail de longue haleine sur la ville de Pékin alors en pleine mutation à la veille des Jeux Olympiques de 2008.
Son livre Pékin, théâtre du peuple, reçoit le Leica European Publishers Award for Photography en 2006 et lui apporte une reconnaissance internationale.
Publié par plusieurs éditeurs européens et traduit en sept langues, ce projet fut exposé à de nombreuses reprises en Europe et en Asie, notamment au Rencontres d’Arles ou au Kunsthal Museum de Rotterdam.
En 2009, il reçoit le Nikon Story Teller Award lors du PDN Photo Annual (USA) pour ses photographies de Cuba, reportage commandé par le New York Times Magazine dont il est un collaborateur régulier depuis 2007.
Finaliste du Prix de l’Académie des Beaux Arts et nominé au Prix Pictet en 2012, le travail d’Ambroise Tézenas fait partie de nombreuses collections privées à travers le monde ainsi que de la collection publique de la Bibliothèque Nationale de France et du Musée Français de la Photographie de Bièvres.
Sa dernière monographie I was here, tourisme de la désolation qui explore l’intérêt croissant pour les lieux de drames à la lueur du monde contemporain, est publié en 2014 en coédition franco-anglaise chez Actes Sud et Dewi Lewis Publishing.
Représenté par la galerie Mélanie Rio, son travail est régulièrement publié dans la presse internationale dont le New York Times ou le New Yorker et apparait dans plusieurs ouvrages collectifs sur le paysage européen.


Denis Dailleux, né en 1958 à Angers, vit au Caire depuis une quinzaine d’années, une ville qui inspire inlassablement son travail photographique. Artiste représenté par l’agence VU’, la galerie Camera Obscura à Paris et la Galerie 127 à Marrakech, il a reçu de nombreux prix nationaux et internationaux (World Press Photo, Prix Hasselblad).
Il est l’auteur remarqué de plusieurs livres sur l’Égypte : Habibi Cairo. Le Caire mon amour (Filigranes, 1997), Le Caire (Le Chêne, 2001), Fils de rois. Portraits d’Égypte (Gallimard, 2008), Impressions d’Égypte (La Martinière, 2011), Égypte. Les Martyrs de la révolution (Le Bec en l’air, 2014), Mères et fils (Le Bec en l’air, 2014), Ghana (Le Bec en l’air, 2016).
Portraitiste confirmé, il travaille la plupart du temps au format 6 x 6, en couleurs ou en noir et blanc.


Né en 1973, Jérôme Blin vit et travaille à Nantes. Issu du monde paysan, il a travaillé quelques années dans le milieu industriel, avant de devenir photographe.
Il est co-fondateur du collectif de photographes bellavieza, qui oeuvre sur Nantes et sa région depuis 2008. Son travail photographique se développe autour de deux univers qui parfois se rencontrent.
Dans le quotidien et l'intimité de la cellule familiale, ses photographies interrogent la notion de filiation et sont des reflets sensibles pour chacun.
Il aime à mettre en scène et valoriser les "héros ordinaires", il parvient à faire émerger de ces personnes au quotidien « quelconque », une poésie et une singularité forte. Après avoir rendu hommage au monde rural, par son regard délicat et sensible, en photographiant ses parents, ses grands-parents et sa famille en général, il a effectué plusieurs séjours en Chine, au Québec, au Togo, au Sahara Occidental, qui furent l'occasion d'autres explorations photographiques.
Depuis peu, il revient travailler en milieu rural ou dans ces zones péri-urbaines, « ces non-zones » aux abords des grandes métropoles, pour y construire des histoires sensibles peuplées de sa propre histoire, des rencontres qu'il y fait. Sa photographie, alors, navigue entre réel et fiction. Le doux parfum de l'ennui ressort de ces adolescents que l'on croise, ses tableaux révèlent une certaine mélancolie, et de certaines images ou suite d'images, se dégage une tension liée aux lieux, aux objets qui construisent le récit.
Sa série Les adolescents a reçu le Prix du jury des Zooms 2013, a été projetée aux Rencontres d'Arles 2014 et a été exposée à au Japon.
Il a intégré le studio Hans Lucas en juin 2015.

Christian Garcin est né en 1959 à Marseille. Son œuvre, publiée essentiellement chez Gallimard, Stock et Verdier, est constituée de romans qui tissent entre eux de subtils liens narratifs, de recueils de nouvelles, de récits de voyage, de poèmes, d’essais ainsi que quelques livres inclassables (lexiques, évocations littéraires ou picturales…).
Au Bec en l’air, il est l’auteur d’un livre de photographies, Le Minimum visible (2011) et d’un texte qui accompagne les photographies de Yusuf Sevinçli (collection Marseille(s), 2014).
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De la ville à la jungle, une aventure au Pérou de Slovia ROGINSKI (Elytis – 2017/10) SORTI


C’est à un voyage sans concessions, au plus près de l’âme du Pérou, que nous convie Slovia Roginski.
Après avoir effectué un long périple de six mois en Asie du Sud-Est, pour saisir l’architecture des villages traditionnels, la carnettiste-voyageuse décide de s’immerger dans une culture dont elle ignore tout.
Son ambition est de vivre au contact de la population et de comprendre les méthodes de construction de l’habitat ancestral, en évitant toujours les sentiers balisés où le tourisme s’engouffre.
La carnettiste voyage à l’instinct, une boîte d’aquarelle et des feuilles volantes sous le bras. Elle aime prendre le temps d’observer, de s’éloigner. Il lui faut en effet partir explorer les lieux les plus reculés et difficiles d’accès pour découvrir ces maisons fascinantes et des traditions restées authentiques. Le dessin lui ouvre les portes des villages où les habitants lui offrent généreusement l’hospitalité, un repas au coin du feu, ou pourquoi pas de l’alcool de yucca servi dans une carapace de tortue !
Pourtant, rien ne se passera comme prévu. Le voyage la guide vers des chemins escarpés où les tourments seront nombreux. L’aventure est bien au rendez-vous.
De la descente hasardeuse des rivières à l’attaque de loup, des conditions climatiques difficiles dans les hauteurs jusqu’à une expérience chamanique déroutante en forêt tropicale, Slovia Roginski vivra un voyage intense où les rencontres humaines dépassent les frontières linguistiques et culturelles.
Slovia Roginski est une dessinatrice de grand talent alliant rigueur et sensibilité. Elle restitue ici avec crayons et couleurs toute la lumière de cette aventure péruvienne.

En 2012, son diplôme d’architecte d’intérieur de l’école Boulle de Paris en poche, Slovia Roginski part pour 6 mois en Asie du Sud-Est. Elle parcourt Malaisie, Thaïlande, Cambodge, Laos et Vietnam afin d’y étudier les différents habitats traditionnels. C’est avec un regard sensible aux usages qu’elle a tenté de restituer une architecture vernaculaire qui tend à disparaître, remplacée par la tôle ondulée et le béton. De ce voyage, elle a rapporté plus de 200 croquis et aquarelles, rassemblant architecture et habitants, instants de vie et traditions.
Un carnet de voyage a été réalisé à partir de cette expérience, « Au coeur du Laos », publié aux éditions Elytis en 2015. Il plonge le lecteur dans la vie quotidienne du pays et tente de saisir l’âme de ces maisons fascinantes, à l’aide de textes explicatifs, de croquis, de plans ou encore de photographies.
Slovia Roginski a reçu pour ce livre le Prix spécial du jury 2015 au festival du Carnet de Voyage de Clermont-Ferrand, puis le Prix Phileas Fogg de Pessac en 2016.
Installée aujourd’hui à Paris comme architecte d’intérieur, la globe-trotter a poursuivi son exploration des modes de vie en Amérique latine au cours de l’été 2015. Son carnet de croquis en poche, elle a traversé le Pérou et la Bolivie, loin des sentiers battus et dans des environnements contrastés, des hauts plateaux à la forêt amazonienne.
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Trois coqs sur la banquise de Dominique Potard (Paulsen Guerin – 2017)

La suite du "Port de la mer de glace"....

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Tokaido 53, À scooter, sur les traces de Hiroshige de Philippe Delord (Élytis – 2017)


Philippe Delord enfourche son scooter pour nous faire découvrir la mythique route du Tokaido et ses cinquante-trois étapes. Cette Route 66 du Japon qui relie Tokyo – anciennement Edo – à Kyoto serpente au centre du Japon sur près de cinq cents kilomètres.
Pèlerins, nobles et travailleurs journaliers qui empruntaient cette route ont été immortalisés dans deux ouvrages emblématiques de la culture japonaise à l’époque Edo que Philippe Delord emmène avec lui : le livre de Jippensha Ikku, À pied sur le Tôkaidô et le recueil d’estampes de Hiroshige, Les cinquante-trois vues du Tôkaidô.
Le vieux Tokaido est encore très présent dans la mémoire japonaise. Pourtant, sa trace physique se perd aujourd’hui dans le labyrinthe urbain.
Au fil de son voyage, Philippe Delord recherche les traces du vieux Tokaido dans le Japon contemporain, et dessine sur ses carnets les cinquante-trois étapes du trajet. Le carnettiste évoque sa perception du nouveau Tokaido sous forme de dessins réalisés au jour le jour.
Ces dessins accompagnés de textes nous entrainent sur le « chemin d'un monde flottant », entre la mémoire d'un passé qui s'efface et la réalité du Japon d'aujourd'hui. Entre reportage et journal de voyage, ces planches s’assemblent à la manière des meishozue ; ces guides des lieux célèbres illustrés de gravures, très populaires à l’époque Edo.

Philippe Delord est peintre et illustrateur, il travaille et habite à Tours. Il a déjà publié plusieurs ouvrages consacrés à sa région ou à ses voyages.
Carnettiste de grand talent, travaillant essentiellement sur le vif, il a réalisé de nombreux carnets de voyages et expose régulièrement.
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Wilfred Thesiger, Gentleman explorateur de Christophe Migeon (Editions Paulsen - 2017)

La biographie du dernier grand aventurier et explorateur du XXe siècle, sur les traces des dernières civilisations abyssiniennes....

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Dans le désert de Julien Blanc-Gras (Au Diable Vauvert – 2017/09)

Julien Blanc-Gras au pays de l’or noir

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La légende des montagnes qui naviguent de Paolo Rumiz (Arthaud – 2017)


Huit mille kilomètres au fil des Alpes et des Apennins, cette colonne vertébrale de l'Europe. Paolo Rumiz nous embarque pour un voyage au long cours entre le printemps 2003 et l’été 2006.
De la baie de Kvarner en Croatie jusqu'au Capo Sud italien, il chevauche les deux grands ensembles montagneux de l'Europe, passant par les Balkans, la France, la Suisse et bien sûr l'Italie.
Parti de la mer, il arrive à la mer. Son récit vogue sur les cols et sommets dont les flancs plongent dans les ondes.
Rumiz, devenu capitaine, nous élève vers ces montagnes qui naviguent. Il nous fait découvrir des vallées sans électricité, des gares de chemin de fer habitées par des mouflons, des bornes routières de légende, des bivouacs sous la pluie au fond de cavernes ; et puis des curés braconniers, des gardiens de refuge, des chanteurs à la recherche de leurs racines comme Francesco Guccini ou Vinicio Capossela.
Des rencontres aussi avec l’alpiniste Walter Bonatti, les écrivains Ryszard Kapuscinski et Mario Rigoni-Stern, des politiques tels que Jörg Haider, précurseur des populismes européens.
Ce voyage, il le parcourt à bord d’un merveilleux véhicule de l’après-guerre, la Tipolino, la même qu’avait déjà utilisé Nicolas Bouvier lors de son périple conté dans l’Usage du monde. Comme lui, Paolo Rumiz voyage lentement, fuyant la plaine, les centres commerciaux, les autoroutes, les goûts et les modes de vie approuvés par la mondialisation et bien trop homogénéisés.
La légende des montagnes qui naviguent est aussi une analyse géographique, culturelle et sociologique de la péninsule italienne.

Paolo Rumiz est originaire de Trieste, l'ancien port de la marine austro-hongroise.
Les Triestins sont les derniers spécimens d'une civilisation engloutie, la Mitteleuropa, et d'une ville d'écrivains, de langues italienne, slovène, allemande, hébraïque: Umberto Saba, Italo Svevo, Boris Pahor, et aujourd'hui Claudio Magris. L'auteur du magnifique Danube est le voisin de Paolo Rumiz. Ils se croisent le soir, lorsque Magris sort son chien.
Trieste est une ville de province, mais elle a longtemps été le "sismographe de l'Europe". Paolo Rumiz en a ressenti les secousses. Il est né le 20 décembre 1947, le jour où la région fut coupée en deux zones pour stopper l'appétit de Tito. Le même jour, soixante ans plus tard, les accords de Schengen abolissaient les frontières intérieures. Paolo Rumiz ne s'en est pas remis, il a perdu ses marques. A ses yeux, elles garantissent les différences et sont une invitation au voyage.
Paolo Rumiz est atteint, chaque année, d'un étrange syndrome, l'inquiétude migratoire : « Chaque printemps, chaque automne, lorsque les couleurs et les odeurs changent, je suis saisi par une furieuse envie de partir. J'éprouve la même fébrilité que les canards de Sibérie, lorsqu'ils font leur toilette en ébouriffant leurs plumes, avant de filer vers le Grand Nord. Peut-être est-ce une nostalgie nomadique immémoriale? »
Paolo Rumiz est considéré comme un des plus grands écrivains italiens contemporains. Journaliste vedette à la Répubblica, il arpente l’Europe dont il a parcouru toutes les frontières, de l’Arctique à la mer Noire (Aux frontières de l'Europe – Folio, 2011). Reporter de guerre, il a traversé les Balkans ; écrivain-voyageur, il a franchi les montagnes à l’Ombre d’Hannibal (Folio, 2013), descendu le cours du Pô (Hoebëke, 2014) et a séjourné plusieurs mois sur une île de l’Adriatique (Le Phare, voyage immobile, Hoebëke, 2015).
Rumiz est l’auteur d’une douzaine de livres, tous best-sellers mondiaux.

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L'ascension du Mont Blanc de Ludovic Escande (Éditions Allary – 2017)


Ludovic Escande est plus habitué aux salons littéraires qu’aux bivouacs en haute montagne. Éditeur de profession (chez Gallimard, collection Blanche et directeur de L'Arpenteur), il rêvait depuis l'enfance de gravir le mont Blanc. Rêve impossible pensait-il.
Un soir (nous sommes au printemps 2014), il confie à son ami Sylvain Tesson qu’il traverse une période difficile alors qu’il est en pleine procédure de divorce. L’écrivain lui lance : « Mon cher Ludovic, on va t’emmener au sommet du Mont Blanc ! ».
Guidé par Sylvain Tesson (c’était avant sa chute) et Jean-Christophe Rufin, deux amis écrivains de longues dates, l'éditeur novice va ainsi effectuer l'ascension d'un sommet légendaire via la voie du Goûter, périlleuse pour un débutant. Mais c’est le plus court chemin pour retrouver goût au bonheur.
Entre temps, deux amis de Sylvain vont les rejoindre : le grimpeur Daniel Du Lac, montpelliérain, champion du monde d’escalade en 2007 et 2008, guide de haute montagne de part le monde et Christophe Raylat des éditions Guérin.
Ludovic Escande n’a jamais pratiqué l’alpinisme et souffre du vertige, de crises d’angoisse prononcées et de biens d’autres maux : « Je fume un paquet de cigarettes par jour, je m’endors grâce aux somnifères, je calme mes angoisses avec des anxiolytiques et je bois plus que de raison ».
Pourtant il accepte, sans réfléchir. S’il veut atteindre le toit de l’Europe, il devra affronter les glaciers à pic, les parois vertigineuses, la haute altitude et le manque d’oxygène.
Pari réussi malgré de dures et éprouvantes épreuves…
Mais Ludovic Escande n’en a pas fini avec les hauteurs car le récit se termine en haut des tours de Notre-Dame-de-Paris, après une escalade à 3h du matin, en compagnie de Sylvain Tesson, l’homme-araignée dont il trace un portrait attachant tout au long de ce périple.
Avec sincérité et humour, Ludovic Escande raconte cette folle ascension qui est aussi et surtout une formidable aventure amicale, littéraire et spirituelle.

La caméra sur l'épaule, Christophe Raylat va suivre deux jours durant l'ascension de la joyeuse cordée recueillant les témoignages émouvants de ces auteurs en quête de hauteurs...
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Les huit montagnes de Paolo Cognetti (Stock – 2017)


Il y a une filiation naturelle entre Le garçon sauvage : carnet de montagne (Zoé, 2016) qui reparaît en 10/18, la chronique d’une retraite volontaire dans un chalet d’alpage du Val d’Aoste qui nous avait tellement enthousiasmés (une excellente raison pour recevoir Paolo Cognetti en Mai 2016), et Les huit montagnes, roman d’initiation situé lui aussi dans ce coin des Alpes et qui célèbre à travers des souvenirs à la première personne, la montagne et les montagnards.
L'histoire se déroule des années 80 à nos jours.
L'ouvrage de Paolo Cognetti relate l'histoire de Pietro, un jeune garçon solitaire et rebelle. Il vit à Milan avec sa mère, qui travaille comme conseillère sanitaire en banlieue, et son père, chimiste. Des parents unis par une passion commune, fondatrice: les montagnes, où ils se sont rencontrés et mariés.
L’été de ses 11 ans, ses parents louent une maison à Grana, dans le Val d’Aoste, la vallée que surplombe le majestueux Mont Rose. Là-bas, Pietro se lie d’amitié avec Bruno, un jeune vacher, qui n'a jamais quitté ces hauteurs et qui l’initie aux secrets de la montagne. Tous deux parcourent inlassablement les alpages, forêts et chemins escarpés, explorant les maisons abandonnées et les sentiers secrets de la montagne. Des marches source d’une indéfectible amitié, reprise à l'âge adulte, après une longue interruption d'une bonne quinzaine d'années, sans qu'elle ait rien perdu de sa ferveur ni de son intensité.
Cette parenthèse estivale est aussi l’occasion de découvrir une autre facette de son père : homme taciturne et colérique à Milan, celui-ci se transforme en père attentionné et montagnard passionné dès qu’il franchit le col du Grenon.
À 16 ans, Pietro passe un dernier été à Grana avant de prendre ses distances avec son père, Bruno et la montagne pour aller chercher d'autres montagnes et d'autres défis à travers le monde.
C'est après la mort de son père, qui lui a légué un terrain dans la montagne, que Pietro construira une maison traditionnelle en compagnie de Bruno devenu maçon. L'occasion pour lui de marcher et grimper dans les traces de ce père qu'il va redécouvrir au gré de ses pérégrinations dans ces belles montagnes du Val d'Aoste.
Ce texte d’inspiration autobiographique, hymne à l’amitié et à la nature, nous plonge au cœur de la montagne, personnage à part entière, devenue refuge pour ceux qui rejettent le monde moderne.
Dans une langue à la fois lyrique, précise, poétique, évocatrice et dépouillée, Paolo Cognetti mêle l’intime à l’universel et signe un magnifique roman d’apprentissage et de filiation qui touchera le cœur de tous ceux qui, un jour, ont cherché leur place dans le monde.
Un texte aussi beau que ceux de Mario Rigoni Stern, à qui on pense en le lisant et dont Paolo Cognetti parle avec ferveur, souvent, dans ses interventions publiques.

Né en 1978 à Milan, Paolo Cognetti est un des plus prometteurs représentants de la nouvelle génération d’écrivains italiens.
Après des études de mathématiques, il s’oriente vers le cinéma et produit plusieurs documentaires littéraires et sociologiques. C’est en 2004 qu’il se tourne résolument vers l’écriture et publie son premier recueil de nouvelles : Manuale per ragazze di successo.
Souvent parti en vadrouille, le jeune Milanais a deux points de chutes favoris, pourtant très différents : Aoste et ses montagnes, où il aime passer de longues périodes loin de la vie urbaine et de la modernité, et New-York, décor final de son premier roman et ville à laquelle il a consacré un guide et un récit de fiction.
Paru en italien en 2012 et finaliste du prestigieux Prix Strega, Sofia s’habille toujours en noir est publié en France par les éditions Liana Levi en 2013. Au cours de dix chapitres qui sont autant d’instantanés autonomes de la vie de Sofia et de son entourage, l’écrivain joue avec son lecteur en changeant systématiquement de point de vue, l’invitant à suivre cette femme complexe, angoissée et fascinante, dressant également le portrait contrasté de l’Italie des 30 dernières années.
Le garçon sauvage : carnet de montagne aux éditions Zoé est résultat de l’une de ces fuites en montagne qui ponctuent la vie de l’auteur. Paolo Cognetti, 30 ans, étouffe dans le quotidien stressant de la vie milanaise, et décide de s’échapper : paysages de printemps, sommets enneigés, solitude méditative et rencontres de montagne constituent les étapes de ce court récit et nous invitent à une évasion bienvenue, une respiration d’une grande beauté.
Pour les italianophones impatients, Paolo Cognetti a récemment publié un art poétique de la nouvelle, une réflexion sur l’acte d’écriture: A pesca nelle pozze più.

Un jury de 400 jeunes âgés de 16 à 18 ans a décerné le Strega Giovani, l’équivalent italien du Goncourt des lycéens au livre Les huits montagnes de Paolo Cognetti en Juin dernier, suivi du prestigieux Prix Strega, l’équivalent du Goncourt en Italie, le 6 juillet. Un sans faute pour ce magnifique livre.
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Ils ont fait le chemin de Compostelle. 28 portrait de Mathilde Giard (Éditions La Martinière - 2017)

Portraits de pèlerins sur le Saint-Jacques......

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Au détour du Caucase de Clara Arnaud (Gaïa – 2017)


Voyager ne sert à rien. Pourquoi choisir les chemins de traverse, s'engager dans les replis accidentés du Caucase ?
En parcourant à pied et à cheval l'Arménie et la Géorgie, Clara Arnaud revient à l'essentiel.
Au rythme de la marche, les pas claquent, ceux du cheval répondent, et la pensée chemine, loin de la cacophonie et de l'urgence du monde : « Que va-t-on chercher en se traînant à pied par tous les temps en compagnie d’un cheval ? Il y aura des escales, des rencontres, de la pluie drue, des jours de froid et du soleil ravageur. On tanguera parfois, on piétinera, on filera au vent les jours allègres. Les semaines dureront une éternité, comme les étés de l’enfance, puis tout sera déjà fini. Au fond, on se moque de collectionner les rencontres et les paysages, les kilomètres et les courbatures. Partir n’est qu’un prétexte, et l’on pourrait tout aussi bien le faire au pied de chez soi si l’on était plus sage. L’important c’est le rythme, les pas qui claquent, ceux du cheval qui leur répondent, ces fragiles instants où l’on coïncide avec l’exacte pulsation du monde. On se dit que l’on tient là un alibi. »
Avec ce second récit de voyage qui est, aussi, une petite philosophie du voyage à l’usage de celles et ceux qui parcourent le monde, Clara Arnaud nous entraîne, en compagnie de ses chevaux de bât achetés pour l’occasion, Boy pour la partie arménienne, et Davaï pour la partie georgienne (même les chevaux peuvent être interdits de passage de frontière !), à travers des paysages sauvages, à la rencontre de personnages hauts en couleurs, rencontrés le long de ce périple entre Arménie et Georgie : « J’ai toujours eu une infinie tendresse pour les régions occultées, les zones grises de l’imaginaire collectif, ces territoires dont l’on ne sait rien, ou si peu. Une lubie qui m’avait menée dans les recoins du Pamir, entre Kirghizistan et Tadjikistan, à travers l’ouest de la Chine, étendues infinies du Xinjiang et du Qinghai, sur les pentes vertes du Lesotho et dans certaines vallées ariégeoises où les villages attendent qu’on vienne les repeupler. »
Malgré l’accueil extraordinaire des arméniens, Clara Arnaud ressentira le poids du génocide turc sur ce pays et la haine des musulmans, notamment à l’égard du pays voisin l’Azerbaidjan avec lequel une guerre larvée perdure à cause de l'enclave arménienne du Haut-Karabagh, en Azerbaïdjan.
La Georgie se fera plus bucolique même si le climat est rude, faisant souffrir nos deux pérégrins à travers cols de haute altitude et rencontres pastorales.
Comme dans ses précédents livres, les aventures, les rencontres s’enchainent au rythme de la marcheuse et le lecteur prendra beaucoup de plaisir à découvrir ces contrées peu fréquentées grâce à une écriture stylée et encore plus affinée qu’auparavant : « Il y a dans l’écriture ce même geste vain et magnifique. Quelque chose de la lutte contre l’effacement. Un travail d’apprivoisement du réel, que l’on approche, tente de retenir par les mots alors qu’il est déjà hors d’atteinte. Comme le mouvement du perchiste qui croit échapper durant une fraction de seconde à la pesanteur, alors que son corps ne s’élève que pour retomber. On écrit pour modeler ses souvenirs, leur injecter un peu de poésie. On construit des châteaux de sable : on se croit prince bâtisseur alors que l’on n’est qu’un corps pantelant face à la puissance de l’océan. »
Sans oublier ce rapport si personnel qu’entretient Clara avec ses chevaux : la nuit, elle se réjouit d’entendre sa monture malaxer la ration de luzerne, au matin sa première pensée s’adresse à son cheval et le soir elle cherche la meilleure pâture pour sonner la halte.
Saluons aussi les éditions Gaia pour l’intégration de cartes qui retracent avec facilité le cheminement de l’auteure car un récit de voyage ne peut se passer d’au moins une carte afin de rendre hommage à la géographie des lieux parcourus et permettre de suivre le périple aisément….Avis aux éditeurs qui oublient encore les cartes quand ils éditent des récits de voyage !

Née à Fontainebleau en 1986, Clara Arnaud grandit à deux pas de la forêt, entourée de chevaux. La lecture de récits d’aventure exacerbe ses rêves de voyage et, à 15 ans, elle découvre la langue chinoise. Une langue où les mots « oui » et « non » sont intraduisibles et où il est de mauvais ton d’émettre des arguments contraires à la pensée de son interlocuteur.
Quelques années plus tard, sur les bancs de l’Institut de géographie, Clara Arnaud prend conscience de la démesure du territoire chinois et s’interroge sur son unité : à quel prix administrer de si vastes espaces ?
Mais son premier voyage en Chine n’est pas pour tout de suite : à 16 ans, elle traverse l’Europe en train, du sud au nord ; à 17 ans, elle pédale seule au Québec et réitère l’expérience cycliste dans l’Ouest irlandais un an plus tard.
Puis, c’est au Kirghizistan que la porte sa farouche passion pour les montagnes et les chevaux. Elle atterrit à Bichkek chez la cavalière émérite Jacqueline Ripart, avec pour projet de chevaucher dans les monts Célestes. Elle passe finalement l’été sous la yourte d’un berger, en toute liberté, à se nourrir de lait de jument et de poisson pêché dans les torrents.
En 2008, après une année de préparation durant laquelle Patrick Fortier lui apprend la maréchalerie, Clara Arnaud s’envole seule pour la Chine avec pour projet de cheminer en compagnie de chevaux de bât, des monts Célestes jusqu’aux confins orientaux du plateau tibétain. Durant cinq mois, ce pays lui offre une expérience bouleversante qui culmine au Tibet et dont elle tire un récit aux éditions Gaïa : Sur les chemins de Chine qui lui vaut le Prix Terres Insolites 2010, le Prix littéraire de l'Asie 2010 de l'Association des écrivains de langue française, le Prix René Caillé des écrits de voyage 2011 et le Prix littéraire des grands espaces 2011.
Clara Arnaud travaille depuis sur des projets de développement international, et ses premières missions l’amènent au Sénégal, au Bénin et au Ghana, avant la République Démocratique du Congo.
Elle consacre son premier roman, L’orage (Gaïa - 2015), à Kinshasa, la capitale congolaise où elle restera deux ans et recevra pour cet ouvrage en 2016 le Prix ENS Cachan et le Prix de la ville de Quimper.
Elle séjourne actuellement au Honduras.
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Chroniques de Roumanie de Richard Edwards (Transboreal, Collection Voyage en poche – 2017)

Au pays des Carpates.....

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La Nostalgie du Mékong, Chronique heureuse du Laos de Marie-Claire Jacq (Transboreal, Collection Voyage en poche, 2017)

Un beau récit de vie au coeur du Laos.....

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Le rêve de Ryôsuke de Durian Sukegawa, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako (Albin Michel – 2017)


Après Les Délices de Tokyo, porté à l’écran par Naomi Kawase, et sélectionné dans la catégorie « Un certain regard » du Festival de Cannes 2015, Durian Sukegawa signe un second roman tout aussi poétique, lumineux et original.
Le jeune Ryôsuke Kikuchi, 28 ans, manque de confiance en lui, un mal-être qui trouve ses racines dans la mort de son père lorsqu’il était enfant.
Après une tentative de suicide, sans repères, sans famille et sans emploi, le jeune homme plaque tout pour venir s’installer sur la petite île d’Aburi, au large des côtes japonaises, où son père a passé ses dernières années. Une île réputée pour ses chèvres sauvages où il va tenter de réaliser le rêve paternel : confectionner du fromage.
Une activité peu banale pour ce citadin habitué à la gastronomie nipponne… Mais ce n’est pas le plus difficile. Son plus gros challenge va être de s’intégrer auprès des locaux profondément ancrés dans leurs traditions… ce qui est loin d’être gagné…
Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour réaliser nos désirs ?
À travers les épreuves de Ryôsuke, Durian Sukegawa dépeint la difficulté à trouver sa voie et à s’insérer dans la société, et souligne le prix de la vie, humaine comme animale.
On retrouve dans Le Rêve de Ryôsuke toute la délicatesse et le charme des Délices de Tokyo.
Comme pour son premier roman, Durian Sukegawa nous montre une réalité qui est navrante, qui commence avec des questionnements. La vie n’est pas parfaite, mais nous ne devons pas rester sur nos échecs et avancer.
Le rêve de Ryôsuke est un très beau roman initiatique et poétique qui raconte l’histoire d’un homme en quête de rédemption.

Durian Sukegawa, nom de plume de Tetsuya Sukekawa, est un romancier et poète japonais.
Homme atypique, diplômé de philosophie, musicien et artiste de rue, il a de nombreuses fois défrayé la chronique, notamment avec son groupe l’Association des poètes qui hurlent – groupe de punk rock déclamant de la poésie contemporaine – ou une émission de radio prisée des jeunes qui trouvent en lui un interlocuteur à qui se confier.
Après Les Délices de Tokyo, Le Rêve de Ryôsuke est son deuxième roman traduit en français.
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En Chine d'Alexandre Trudeau (Editions Paulsen – 2017)

Quand un canadien donne la parole aux chinois.....

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Denali de Patrice Gain (Le Mot et le Reste – 2017)


Bienvenue au pays du nature writing, cette revanche de l'Ouest, loin, très loin de la côte Est où cette littérature s'épanouit entre Rocheuses et Montana.
Dans les territoires immenses du Montana donc, Matt Weldon, adolescent livré à lui-même et maltraité par l’existence, tente de renouer avec ses origines et fouille le passé d’un père décédé dans l’ascension de la montagne Denali (nouveau nom autochtone du Mont McKinley, le plus haut sommet d’Amérique du Nord, en Alaska, avec 6 194 mètres) et d’une mère internée. Il découvre au fil des jours une vie qu’il ne soupçonnait pas, partagé entre l’admiration et la stupeur.
Incontrôlable et dévasté, son grand frère Jack est habité par une rage qui le mettra en travers de sa quête et le conduira à commettre l’irréparable.
Comme Matt, le lecteur est aux prises avec la rudesse du monde rural et autarcique qui habite cette aventure, ne trouvant du répit que dans les instants où l’osmose avec la nature grandiose du Montana est salvatrice.
L’écriture acérée de Patrice Gain et sa capacité à immerger le lecteur dans son univers permettent le contraste du récit, entre réalisme cru et évasion poétique même si, à aucun moment, la tension ne retombe jamais.
Dans la lignée de Thoreau ou d'Emerson, ou d’auteurs comme Pete Fromm, John Haines, David Vann ou Rick Bass, Patrice Gain se fait l’observateur subtil du monde naturel. Comme eux son roman ne prend pas simplement la nature pour cadre : il en fait un élément central de la narration, qui marque profondément le destin des hommes en nous entraînant au cœur des ténèbres de l'âme humaine, avec en filigrane, une relation fraternelle tiraillée entre l’amour et l’autodestruction.

Patrice Gain est né à Nantes en 1961 et habite un chalet dans la vallée du Giffre, en Haute-Savoie.
Professionnel de la montagne, ingénieur en environnement, les territoires d’altitudes et les grands espaces l’attirent depuis toujours. Des voyages pour voir plus large. Du blues pour écrire, comme une béquille.
Aux éditions Le mot et le reste il est déjà l’auteur de La Naufragée du lac des Dents Blanches.
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