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Chârulatâ de Rabindranath Tagore (Zulma-2009)

 

Entourée de domestiques, maintenue dans la désinvolture de l'enfance, Chârulatâ s'ennuie.
Son mari confie à son cousin Amal, étudiant qu'il héberge, le soin de la distraire par des cours particuliers. Traditionnellement acceptée dans la société indienne, cette intimité avec le jeune homme prend peu à peu un tour passionné. Ensemble ils partagent leur envie d'écrire sans être lus.
Pendant ce temps, le naïf et probe Bhupati affronte l'adversité, on le spolie, son beau-frère en tête. Il lui faut déposer le bilan.
Amal part en Angleterre étudier le droit et manifestera dès lors à Chârulatâ tous les signes de la désaffection. La très exclusive Chârulatâ découvre l'ampleur de sa passion pour le jeune homme, tandis que son mari, rendu par la force des choses au gynécée, mais ignorant encore l'étendue de sa défaveur, se met pour lui plaire à lire de la littérature et à écrire.
Tagore montre admirablement l'évolution des sentiments et, de facto, la transformation des rapports: de l'enjouement gracieux de Chârulatâ à la passion dévoratrice, puis au désenchantement dans son "temple de chagrin", de l'insouciance du jeune homme jusqu'à sa découverte fascinée et manoeuvrière des sentiments qu'il inspire.
Chârulatâ scandalisera la bonne société bengalie à sa parution, au tout début du XXème siècle.
On admire aujourd'hui, outre une lucide critique des moeurs, la très subtile tension érotique dans la peinture de personnages qui se cherchent avec autant d'innocence que de perversité, et, plus singulièrement, les rapports clandestins rarement explorés, entre séduction et littérature.

Poète, romancier, dramaturge, musicien, acteur et peintre, Rabindranath Tagore (1861-1941) obtient le Prix Nobel de littérature en 1913. Il a lutté pour l'indépendance de l'Inde, contre la partition du Bengale, et a soutenu le mouvement de Gandhi. Trois de ces romans reflètent la complexité de la vie intellectuelle et politique du Bengale, région phare de l'Inde dans les années trente: La maison et le monde, Gora et Quatre chapitres, son dernier roman écrit en 1934.
Tagore avait 39 ans quand il écrivit Chârulatâ. Plusieurs de ses biographes ont vu dans ce court roman le souvenir des relations que le jeune Rabindranath avait eues avec la femme d'une de ses frères aînés. Elle n'avait que sept ans de plus que son beau-frère dont elle partageait les goûts littéraires. Elle se suicida à l'âge de 25 ans, quelque mois seulement après le mariage du poète.
Après Quatre chapitres (Zulma-2004), Chârulatâ est le deuxième roman inédit de Tagore traduit en français par France Bhattacharya. Satyajit Ray en réalisa un chef-d'oeuvre cinématographique en 1964.
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Les Bûchers de Bénarès - Cosmos, Eros et Thanatos de Michel Onfray (Galilée-2008)

Quand un philosophe voyage en Inde...

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Gandhi Express de Michel Monteaux et Fabrice Gaignault (Buchet-Chastel-2008)

 

Parti à pied de son ashram d’Ahmedabad (Gujarat), M. K. Gandhi, le "fakir à moitié nu", comme aimait l'appeler les anglais, entame le 12 mars 1930 à l’âge de 61 ans la marche du sel longue de 384 Km qui le conduit le 6 avril 1930 à Dandi, village symbolique de l’injuste taxation des Britanniques sur le sel que même les plus pauvres n’avaient pas le droit de ramasser. En brandissant une poignée de ce sel dans la mer, devant les fidèles qui l’avaient suivi, Gandhi brave ainsi le monopole d’état et ouvre la voix de l’indépendance de l'Inde.
Le 11 mars 2008, Fabrice Gaignault et Michel Monteaux, partent à pied de l’ashram d’Ahmedabad dans les pas de Gandhi jusqu’à la plage de Dandi qu’ils atteignent le 28 mars 2008. Hormis 50 kilomètres en voiture, tous les deux ont parcouru la Dandi Yatra, cette route du sel ainsi appelée par les Indiens.
Alliant un style alerte et généreux à un regard insolite que dévoilent de magnifiques photographies, ces deux voyageurs à la recherche des derniers témoins de cette page historique de l’Inde, traversent les bourgades, villages et villes de l’Inde.
Aujourd’hui tout en contraste, à la fois bucolique et polluée, surpeuplée et déserte, sublime et laide, colorée et grise, bruyante et silencieuse, millénaire et ultramoderne, bosseuse et rêveuse, ces villes et villages portent en eux une mémoire toujours à dépoussiérer.
Aussi, ce carnet de voyage reste traversé par une interrogation lancinante : que reste-t-il du Gandhisme aujourd’hui et qui peut encore se réclamer de la non-violence si souvent prônée au xxe siècle ?

Assistant Réalisateur pour le cinéma, Michel Monteaux quitte Paris pour les États-Unis et s’installe à Los Angeles où il s’établie en tant que photographe. Après quelques années, il crée un studio à Santa Fé, au Nouveau-Mexique, qu’il quittera au milieu des années 90 pour rentrer en France et y continuer son activité photographique. Aujourd’hui il travaille pour la presse ainsi que pour de grandes entreprises qui lui confient portraits et reportages.
Fabrice Gaignault, journaliste et écrivain, est rédacteur en chef Culture du mensuel Marie Claire. Il est notamment l’auteur du Dictionnaire snob de la littérature (Scali, 2007) et de Les égéries sixties (Fayard, 2006).
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L'homme greffé de Sanjay Nigam (le livre de Poche-2008)

Par l'auteur du "charmeur de serpent"

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Gândhî de Rajmohan Gandhi (Buchet-Chastel-2008)


 

Qui était vraiment Gandhi ? Qui était ce petit homme timide, chaussé de lunettes, un sourire perpétuellement accroché aux lèvres, incapable à trente ans d’aligner trois mots en public mais qui a su, alors qu’il en avait cinquante, galvaniser plus de trois cents millions d’Indiens ? Comment était-il au cœur des rendez-vous que lui a donnés l’Histoire dans sa formidable volonté de libérer son pays et son peuple ?
Dans les trois grands combats de sa vie : l’intouchabilité, l’union des hindous avec les musulmans et l’autodétermination, comment lui est venu cet incroyable flair politique ? Et comment était-il dans l’intimité avec Kasturba, sa belle épouse? Et dans ses rapports avec ses quatre fils dont l’aîné, Harilal, a sombré dans l’alcoolisme ? Et dans ses relations avec Manu, sa petite-nièce, qui ont fait couler tant d’encre ?
Loin des biographes confits en dévotion et excessifs de la vie de Gandhi, Rajmohan Gandhi, son petit-fils, nous livre ici une magistrale biographie juste, sans pudeur et poignante car elle révèle enfin l’homme Gandhi mis à nu: " Je voulais que la réalité de cet homme soit connue, je voulais le présenter comme une personne réelle, au-delà du mythe, pour montrer l'être humain. Ce que je donne à voir, c'est à la fois le politicien, le stratège, le saint, et l'homme, tout simplement. Mon premier but était de trouver et dire la vérité sur cet homme. Et c'était enfin possible de le faire, car je disposais d'informations qui avaient fait défaut aux précédents biographes de Gandhi".
Aussi examine-t-il la personne de Gandhi très en détail, non pas seulement en tant qu'homme politique ou maître spirituel, mais comme un être humain, au même titre que nous tous, en lui donnant vie en tant que personne.
La biographie de son grand-père complète, honnête, abondamment documentée est, de surcroît, élégamment écrite.
Elle nous révèle les coins et recoins de la pensée de Gandhi, de sa quête, de ses certitudes et de ses interrogations. Elle ne passe sur aucune bizarrerie, sur aucune manie, sur aucun tabou, sur aucune faiblesse d’une personnalité complexe et dont la vie extraordinairement pleine fut toujours au coeur de l’actualité et au contact des acteurs de l’histoire.
Rajmohan Gandhi amène son lecteur à comprendre le secret derrière la puissance de cet homme qui avait renoncé à la richesse, au confort et à son rang pour toucher et transformer la vie de millions d’êtres, s’attaquer à des injustices sociales ancestrales et mener un combat héroïque, non-violent, pour la liberté de son pays.
Alors que certains se posent la question de savoir ce qui subsiste aujourd’hui de l’héritage de Gandhi, force est de constater que, malgré les critiques, malgré les milliers de morts de la partition, cet héritage semble fait pour préparer le monde du XXIème siècle à faire face à ses défis : la pauvreté, l’injustice sociale, la violence, le radicalisme religieux.

Né en 1935, Rajmohan GANDHI a écrit sur le mouvement de l'indépendance de l'Inde, sur les relations Indo-pakistanaises, sur les droits de l'homme et la résolution des conflits. Après un ouvrage sur l'un de ses grands-pères, Chakravarti Rajagopalachari, le premier indien gouverneur général de l'Inde, il livre aujourd’hui la bibliographie de son autre grand-père, le Mahatma Gandhi.
Membre du jury du prix Nuremberg pour les Droits de l'Homme, il travaille à une meilleure compréhension entre hindous et musulmans, au rapprochement entre Inde et Pakistan et entre les musulmans et l'Occident. Il est membre fondateur du Centre de Dialogue et de Réconciliation, association qui travaille au rapprochement du Pakistan et de l’Inde, notamment au Cachemire.
En 1963, prenant modèle sur son grand-père, il lance un appel pour « une Inde forte, propre et unie » à la faveur d’une marche à travers l’Inde qui touche et entraîne des milliers de personnes. De 1964 à 1981, il dirige l’hebdomadaire HIMMAT (« Courage ») qui joue un rôle important dans la défense des libertés lorsque le premier ministre Indira Gandhi proclame l’état d’urgence et restreint les libertés démocratiques. Il est ensuite élu à la chambre haute du parlement indien où il s’occupe particulièrement de la question des intouchables.
Auteur de plusieurs biographies et ouvrages sur l’Islam et l’Asie du sud-est, spécialiste de l’Inde moderne et contemporaine, il enseigne aux Etats-Unis, à l’université de l’Illinois.
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L'Inde sans les Anglais de Pierre Loti (éditions Phébus/Libretto-2008)

le plus grand écrivain exotique

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Le palais des illusions de Chitra Banerjee Divakaruni (Philippe Picquier-2008)


 

Depuis plus de 20 ans maintenant, Chitra Banerjee Divakaruni raconte des histoires de femmes indiennes. Ses femmes sont désespérées, merveilleuses, complexes, lyriques, mémorables et même magiques. On se rappelle encore de La Maîtresse des épices et de La Reine des rêves.
C.B Divakaruni revient avec le Palais des Illusions à un monde fantastique, peuplé par des rois, des reines, des sorciers et des méchants.
Le roman nous ramène à l'époque de l'épopée indienne Le Mahabharata.
Le Mahabharata est une ancienne épopée, semblable à l'Iliade ou l'Odyssée d'Homère. Il s'agit d'une très célèbre histoire. Tous les indiens, même ceux qui ne savent ni lire ni écrire, connaissent l'histoire de cette grande guerre, car celle-ci est transmise oralement de génération en génération: "Un de mes défis était d'être fidèle à l'histoire originale tout en modifiant l'orientation et l'importance des actions et des personnages, de proposer différents axes, et de créer des moments intimes afin de donner une tout autre compréhension du caractère de Panchaali." précise C.B Divakaruni, qui par l'intermédiaire de sa narratrice, Draupadi ou Panchaali, l'épouse des légendaires cinq frères Pandavas, nous donne une rare interprétation féministe d'un récit épique.
Le Palais des Illusions conte donc l’histoire de Panchaali, née dans le feu céleste et vouée à un destin hors du commun dès sa venue au monde. Alors qu’elle était encore petite fille dans le palais de son père, le sage Vyasa lui a prédit son avenir : elle épousera les cinq plus grands héros de son temps et sera la maîtresse du plus magique des palais, mais elle déclenchera aussi une terrible guerre qui mettra fin au "Troisième Age de l’Homme".
Elle connaîtra la gloire, la solitude, l’infortune et le bonheur. Panchaali, fière et rebelle, suivra-t-elle le chemin que les dieux ont tracé pour elle ? Pour les défier, elle ne peut compter que sur ses propres forces, l’amitié qui la lie au mystérieux Krishna, et son attirance secrète pour Karna, le plus dangereux ennemi de ses cinq époux: " Bien que Panchaali soit mariée à cinq frères à la fois, et qu'elle prenne soin de chacun d'entre eux, elle est secrètement amoureuse d'un sixième homme, le grand et mystérieux roi-guerrier Karna. L'amour est très important dans le Mahabharata. Mais l'idée de l'amour que je voulais explorer est vaste et ne se limite pas à l'amour romantique, bien que certainement l'amour romantique est très important pour Panchaali, qu'elle tente d'atteindre avec son mari. L'amour pour son frère est très important également. Et en fin de compte le plus important est l'amour spirituel qu'elle découvre à la fin de sa vie".
Panchaali est une ardente voix féminine dans un monde de guerriers et de dieux: " Je voulais faire voir Panchaali aux lecteurs d'une manière différente: tempérée, très fière, têtue, machiavélique".
Mais si le Palais des illusions est un intime portrait féminin à la fois contemporain et intemporel, C.B Divakaruni installe au cœur de son intrigue épique une guerre civile sanglante entre frères: "Une des raisons pour lesquelles j'ai été attiré à nouveau par l'histoire du Mahabharata est que, malheureusement, nous continuons de vivre dans un monde déchiré par la guerre. La guerre est particulièrement difficile pour les mères: voir la vie qui est sortie de votre propre corps, mutilée ou être détruite, c'est dévastateur. Mais les femmes ne sont pas les seules victimes. Rappelez-vous, Panchaali souffre dans un sens, mais son mari ne souffre pas moins. Yudhisthir plonge dans une longue dépression quand il considère ce qui s'est passé sur la terre et dans la société à la suite du carnage qu'il a contribué à faire. Dans ce roman que je voulais mettre l'accent sur l'immense coût de la guerre, et combien il est facile de commencer une guerre et difficile d'y mettre fin. Dans le Mahabharata, comme dans la plupart des épopées, l'attitude à l'égard de la guerre est complexe. La mienne est plus simple. Comme le Mahatma Gandhi, un homme, que j'admire beaucoup, je crois en la non-violence comme la meilleure méthode de la résistance".
Ce roman foisonnant d’intrigues, de ruses, de magie et de passion est le roman d’une femme au cœur de l’Histoire, celle de l’Inde des anciennes légendes et des dieux tout-puissants qui se mêlent aux mortels.
C'est aussi, comme l'annonce le titre, le roman des illusions:"Panchaali a beaucoup d'illusions quant à elle ainsi que les autres personnages de l'histoire. Est-ce que les hommes ont des idées illusoires sur l'héroïsme et la guerre? Est-ce que Panchaali estime que son amour romantique relève d'une illusion? Je veux que les lecteurs tirent leurs propres conclusions et, je l'espère, examinent certaines de leurs propres illusions. En fin de compte le roman et la philosophie indienne suggèrent que tout ce monde est une illusion, et qu'ils invitent le lecteur à contempler le vrai, l'immuable, l'étonnante essence des choses".

Née en Inde, à Calcutta, Chitra Banerjee Divakaruni quitte son pays natal à l’âge de 19 ans pour y suivre des études d'anglais aux Etats-Unis.
Elle a poursuivi ses études jusqu'à l'obtention d'une maîtrise de l'Université d'Etat de Wright à Dayton, Ohio, et d'un doctorat de l'Université de Californie, Berkeley en 1985, deux ans avant la publication d'un premier recueil de poèmes "Dark Like the River".
Elle ressent le besoin d'écrire alors qu'elle est amenée à s'interroger sur ses origines indiennes et sa culture.
Sa production littéraire interroge la question du biculturalisme, de l'adaptation d'une culture à une autre, en s'appuyant sur sa propre expérience d'immigrée, tout en tâchant de renouer avec ses racines indiennes par la poésie.
Parallèlement à sa carrière d'écrivain, Chitra Banerjee Divakaruni enseigne à l'université de Houston, au Texas dans le cadre d'un programme de "Creative Writing".
Elle siège au conseil d'administration de Maitri dans la baie de San Francisco et au conseil d'administration de Daya, à Houston. Ces deux associations sont des organismes qui aident les femmes, originaires de l'Asie du Sud-Est, qui se trouvent dans des situations de violence familiale. Elle est également au conseil d'administration de Pratham, un organisme qui aide à éduquer les enfants (en particulier ceux qui vivent dans des taudis urbains) en Inde.
Récompensée à de multiples reprises pour ses romans et poèmes (le National Book Award et le Prix PEN Faulkner), elle est désormais un auteur reconnu dont l’œuvre a été traduite en treize langues.
Deux de ses livres, La maîtresse des épices et la sœur de mon cœur, ont été adaptés au cinéma ou à la télévision.
Divakaruni vit à Houston avec son mari Murthy, ses deux fils Anand et Abhay et Juno, le chien de la famille.
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Le Tigre blanc de Aravind Adiga (Buchet-Chastel-2008)/suite....

Un romancier indien, Aravind Adiga, remporte le Booker Prize 2008

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Inde de Shashi Tharoor (texte) et Ferrante Ferranti (photographies)-(Philippe Frey-2008)

 

"L'Inde est le produit d'une culture hybride. Comment aborder ce pays de sommets enneigés et de forêts tropicales, ce pays aux vingt-trois langues principales et aux vingt-deux mille dialectes (dont certains davantage parlés que le danois ou le norvégien), ce pays peuplé, en cette aube du XXIe siècle, par plus d'un milliard d'individus issus de toutes les ethnies connues sur terre ?
Comment aborder un pays dont quarante pour cent de la population est illettré mais capable de former un contingent de scientifiques et d'ingénieurs classé au deuxième rang à l'échelle mondiale, un pays dont les cités tentaculaires souffrent de surpopulation chronique alors que deux indiens sur trois gagnent encore leur vie en binant la terre?
Comment évaluer une culture qui a érigé la non-violence en principe moral actif, mais dont la liberté s'est acquise dans le sang et dont l'indépendance baigne encore dans ce même sang?
Quel portrait dresser d'une civilisation immémoriale qui a donné naissance à quatre religions majeures, à une douzaine de traditions différentes de danse classique, à quatre-vingt-cinq partis politiques et trois cents façons d'accommoder les pommes de terre?
La réponse est simple: c'est impossible."

Voilà défini, par Shashi Tharoor, l'objet de ce livre.
Des grandes métropoles - Bombay, Calcutta, New Delhi – à la "terre des dieux" du Kerala ; de l'usage du sari chez la femme contemporaine au foisonnement des jeux dans les rues ; des scènes religieuses ancestrales sur les bords du Gange aux exubérances colorées de Bollywood ; des vestiges bouddhistes d’Ajanta , Ellora ou Nalanda aux ateliers high-tech de Bangalore, voici une Inde vivante dont les auteurs de ce livre ont voulu révéler l’incroyable énergie.
Dans des textes variés et personnels, entre l'analyse et le récit, Shashi Tharoor témoigne de ce pluralisme constitutif. Tandis que les photographies sublimes de Ferrante Ferranti, à travers les scènes de rues de jour comme de nuit, le regard des gens, les manifestations religieuses, la beauté et la grâce de la femme indienne, les affiches bollywoodiennes, la sérénité des sites archéologiques et la vie des grandes métropoles, nous entraînent à la rencontre de ce qui fait la mystérieuse unité de l’Inde.

Shashi Tharoor est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Le Grand Roman indien (1993), Show Business (1995), L'émeute (2002), Le sourire à cinq dollars (2005) et Nehru, l’invention de l’Inde (2008, tous parus au Seuil).
Ferrante Ferranti est né en 1960. Architecte diplômé avec une étude sur la scénographie baroque, il exerce aujourd'hui la profession de photographe. Compagnon de voyages attitré de Dominique Fernandez pour de nombreux beaux-livres, il a publié de nombreux ouvrages dont Lire la photographie (Bréal, 2003), Rome (en collaboration avec Dominique Fernandez, Philippe Rey, 2004), L'Esprit des ruines (Le Chêne, 2005), Les Pierres vivantes (Philippe Rey, 2005) et Mont Athos (Philippe Rey, 2007).
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La maîtresse des épices de Chitra Banerjee Divakaruni (Picquier-2002)

Un grand coup de coeur depuis sa parution

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Le tigre blanc de Aravind Adiga (Buchet-Chastel-2008)


 

Le roman a pour cadre une série de lettres que Balram Halwai, le personnage principal, adresse au Premier ministre chinois à la veille de sa visite officielle en Inde, dans lesquelles il raconte son histoire.
Ses lettres sont une sorte de confession. Balram raconte comment il est devenu, à l'endroit où il est maintenant, un entrepreneur prospère à Bangalore, capitale de l'Inde high-tech au Karnataka et aussi un homme recherché par la police…
Balram est né dans le nord de l'Inde, dans l'état du Bihar, l'état, sans doute, le plus pauvre de l'Inde, dans un trou appelé Laxmangarh où son père, un tireur de rickshaw, est mort de la tuberculose. Ses parents ne se sont même pas donnés la peine de lui donner un nom: il suffit de l'appeler "munna" (garçon). Il vit dans un village aux conditions quasi féodales, cela signifie que tout est contrôlé par un très petit nombre de familles de propriétaires puissantes.
En fait, ce garçon est remarqué par l’un de ses professeurs, impressionné par son intelligence aussi rare que ce félin exceptionnel qu'est le tigre blanc. L'inspecteur promet d'obtenir une bourse et une bonne scolarité pour le jeune garçon.
Mais, peu de temps après, il est sorti de l'école, par sa famille, trop pauvre pour lui permettre de terminer sa scolarité, et placé dans une de ces innombrables petites échoppes de thé qui essaiment le long des routes du pays.
Balram met de l'argent de côté afin de prendre des leçons de conduite, ce qu'il considère comme une grande chance - et qui s'avère en être une, quand il obtient une place de chauffeur pour Mr.Ashok, fils d'un gros propriétaire local, dans ce village et finalement à Delhi, loin de sa famille. En plus d'être chauffeur, Balram acceptent des fonctions subalternes de plus en plus humiliantes et qui nourrissent son ressentiment: le nettoyage de la maison de son maître, aller chercher des bouteilles d'alcool pour lui mais aussi être forcé par son maître à accepter la responsabilité juridique de la mort d'un enfant renversé, par la voiture de service, que conduisait Miss Ashok, ivre, ce soir-là.
Et tandis qu'il conduit, au volant de sa Honda City, M. Ashok et Pinky Madam, de centres commerciaux rutilants en banques avenantes, d’hôtels de luxe en restaurants à la mode, Balram se rend compte des nouvelles immenses richesses et multiples opportunités qui l'entourent et lui rappellent qu'il ne pourra jamais faire partie de cette Inde prospère et rutilante du 21e siècle. L’autre Inde, cependant, celle des trente-six millions et quatre dieux, celle des castes, des cafards, des taudis, des embouteillages monstres, des affamés, des éclopés et des laissés-pour-compte de la "Shining India", finit par avoir raison de son honnêteté. Car, de serviteur fidèle, Balram basculera dans le vol, le meurtre et pour finir... dans l’Entreprise.
Ce crime innommable sera celui de son maître afin de mettre la main sur les énormes sommes d'argent que celui-ci transporte dans sa voiture afin de corrompre des fonctionnaires.

Des villages sordides des berges du Gange au nouvel eldorado sudiste et high-tech de Bangalore, le tigre blanc nous raconte la vie et le destin d'un des laissés pour compte du miracle économique indien qui fascine tant l'occident, à travers un conte moderne, amoral, cynique, irrévérencieux mais profondément attachant, écrit au scalpel.
Le Tigre blanc est, aussi, beaucoup plus qu'une simple critique sociale. L'Inde se révèle comme une nation profondément viciée. Et Balram est un antihéros complexe: vain, droit, et prêt à sacrifier quoi que ce soit, même sa famille, pour lancer sa propre entreprise.
Le roman dresse également le portrait d'une Inde corrompue lors des élections locales, ou dans la description effrayante du système scolaire, où l'enseignant vole l'argent du programme alimentaire des enfants et vend les uniformes sans que personne ne dénonce cela, parce que son salaire n'a pas été versé depuis six mois et que c'est tout simplement la manière dont le système fonctionne.

Aravind Adiga lui-même est né dans le sud de l'Inde en 1974 et y a vécu jusqu'à l'âge de 15 ans, au moment de son départ pour l'Angleterre, puis l'Australie et enfin New York avant de retourner dans son pays d'origine en 2003 comme correspondant pour le magazine Time. Il a été surpris de redécouvrir la réalité des classes inférieures: "Même dans la classe moyenne à Delhi, les gens ont trois ou quatre domestiques: un chauffeur, un cuisinier, quelqu'un pour s'occuper de vos enfants", explique Adiga. "Après mon retour, je suis allé dans un magasin d'alcool et ce fut une révélation. J'ai constaté que j'étais le seul gars qui achetait du whisky pour moi-même, tous les autres étaient des serviteurs qui venaient acheter pour quelqu'un d'autre". Aravind Adiga vit actuellement à Bombay.

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Autobiographie d'une travailleuse du sexe de Nalini Jameela (Actes Sud-2008)

Un témoignage d'une grande pudeur

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Sous l'œil de Krishna de Sunny Singh (Ed. Philippe Picquier-2008)


 

Krishnakali, dite Krishna, est étudiante en cinéma à New York. Descendante d'une noble dynastie guerrière du Rajasthan, la jeune femme fut la première naissance féminine de la famille après une malédiction de cinq cents ans.
Une rajpoute est à l'origine de la malédiction : Mira est devenue veuve très jeune, mais elle n'a pas respecté les conventions sociales qui veulent que, dans sa belle-famille, les veuves respectent le rite de la "sati" (immolation de la veuve sur le bûcher funéraire de son mari). Et pour qu'aucune autre femme n'ait à endurer les traditions, elle a lancé un sort pour empêcher la naissance de filles chez les descendants de ses frères. Krishna est née des siècles plus tard après les prières de sa grand-mère, sa Dadiji.
C'est elle qui l'a élevée et bercée depuis l'enfance de contes et d'histoires sur ses origines: des histoires, mélanges de réalité et de mythologie, de ces femmes rajpoutes qui, au moment des grandes invasions musulmanes et mogholes, ont préféré mourir plutôt que de tomber aux mains des envahisseurs ou qui attendaient le retour des cadavres de leurs maris pour se suicider.
Plusieurs mois après le décès de Dadiji, Krishna rentre dans son Inde natale pour obéir à un voeu de sa grand-mère chérie. Elle accepte de filmer Damayanti, avocate et femme de tête qui se prépare néanmoins, à la mort de son mari, à se faire "sati".
Le mari de Damayanti est mourant et elle a décidé de l'accompagner dans l'au-delà. Mais dans l'Inde d'aujourd'hui, le rite de la "sati" est un crime.
Qu’est-ce qui pousse une femme moderne, brillante, cultivée, riche, indépendante, à se jeter dans un bûcher à la mort de son mari? C’est la question posée par Krishna tout au long de ce roman. Car ce sacrifice va embraser toutes ses certitudes.
Et pendant qu'elle filme cette femme dont le mari se meurt. Krishna s’étonne, se révolte, se passionne, pleure, évoque d’autres femmes qui, elles, ont refusé de céder sous le poids de la tradition; voit passer celles qui manifestent contre «la barbarie».
Dans les derniers chapitres, la tension monte puisque Damayanti reste inflexible. Elle a fait un choix et rien ni personne, y compris la loi, ne peut la détourner du but qu'elle s'est fixé. Et en filmant dans un verger la scène finale du sacrifice par le feu, Krishna prendra conscience de son propre destin.
Le regard de la romancière se déplace sans arrêt entre deux mondes parallèles: New York, la passion pour cette ville, le sentiment de l’exil, l’échec des relations amoureuses (Krishna vient de rompre avec son petit ami); le Rajasthan, la conscience de l’appartenance à une ancienne lignée de guerriers, la redécouverte des liens avec un grand-père juge et un oncle renonçant, la force spirituelle, la fierté et la douleur.
Sous l’œil de Krishna est un beau roman sur la recherche de l’identité, sur la préservation d'une culture à l'originalité profonde et à sa force inaliénable dans un monde qui tend à l'uniformisation des systèmes de pensées.

Sunny Singh est née en Inde à Varanasi. Après avoir suivi brillamment des études, d’abord de Littérature anglaise et américaine aux Etats-Unis, puis d’Espagnol à New-Dehli et à Barcelone, elle s’installe, en 2005, à Londres où elle enseigne l'écriture créative à la London Metropolitan University.
Après avoir été successivement journaliste, professeur et cadre supérieur au Mexique, au Chili et en Afrique du Sud, elle décide de se consacrer à l’écriture et après trois livres et plusieurs projets en cours, elle continue de croire que c’était le bon choix. Elle écrit aussi des pièces de théâtre.
Sunny Singh s’implique aussi dans plusieurs associations : le club Masala à Barcelone pour la promotion de la culture de l’Asie du sud ; la Fondation Jhalak qui récolte des fonds pour les soins cardiaques des enfants démunis en Inde.
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Babiji de Abha Dawesar (Héloise d'Ormesson-2007)

Une écrivain indienne que nous adorons!

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L'Ile aux moines danseurs de Nadine Delpech (éditions Alphée-2006)

 

Huit cents kilomètres carrés de sable posés au beau milieu du Brahmapoutre. Située en Assam, au nord-est de l’Inde, Majuli est l'une des plus grandes îles fluviales du monde.
Elle est le refuge du Sattriya, danse sacrée interprétée par les Bhakat, ces moines à la fois artistes et paysans, à la longue chevelure antique.
Sous la houlette de Sri Bhabananda, obéissant aux injonctions des tambours khol et des cymbales tal, les moines, fardés et vêtus de leurs plus beaux atours, deviennent les incarnations gracieuses des divinités peuplant le Mahâbhârata et le Râmâyana. Le sattriya est teinté d’une simplicité virtuose qui symbolise notamment les actions de Krishna, dieu-héros au charme irrésistible.
Cette danse théâtralisée tire son nom des sattra, ces monastères hindouistes uniques en Inde, ouverts à la population et garants de l’héritage culturel et artistique de l’Assam. Ce mouvement spirituel krishnaïte, inconnu en Occident, compte environ 2000 moines.
Revenant, sac au dos, sur cette île qu'elle a découverte, il y a une dizaine d'années, Nadine Delpech partage le quotidien du satra d'Uttar Kamalabari. Nous faisant découvrir tout ce qui rythme les journées des moines hindous : spiritualité, travaux des champs, petits boulots dans les villages voisins, enseignement délivré aux enfants adoptés par la communauté, répétitions des spectacles. Libres de quitter le satra à tout moment, les moines vont pieds nus et continuent de suivre à la lettre les règles ancestrales de purification à brocs d’eau glacée.
Leur mode de vie est établi sur les principes de la famille : les adultes s’efforcent d’éduquer les plus jeunes, tout en prenant soin du "père" qui les a eux-mêmes adoptés.
Le livre est, à la fois, un récit de voyage initiatique, le récit d'une étonnante aventure sur une île où vivent 1.000 moines: des hommes superbes voués à l'art de la danse et qu'il est impossible de toucher, des moinillons remplis d'affection pour les plus vieux, si plein de bontés.
Pour la voyageuse commence alors une plongée savoureuse dans le monde du sensible, du mystique, de la beauté, de l'art.
C'est aussi le récit d'une histoire d'amour cachée avec Gopal, le séduisant moine danseur à la longue chevelure.
C'est également un document inédit sur une congrégation religieuse hindouiste inconnue en occident.
C'est aussi un témoignage précieux sur un peuple en sursis, exposé aux crues dévastatrices du Brahmapoutre: Tout à Majuli semble immuable, même si téléphones portables et postes de télévision ont désormais, ici aussi, fait leur apparition. Mais une menace bien plus lourde que la modernité menace cette île du bout du monde, celle des fureurs du Brahmapoutre. Grignotant la terre, les eaux du fleuve ont mangé en cinquante ans un tiers de la surface de l’île. Quatre-vingts villages et 45 monastères ont déjà été rayés de la carte.
En cours d'étude, son inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco au titre des biens culturels pourra peut-être la sauver par l'attribution de fonds publics et l'envoi d'ingénieurs spécialisés.
Et c'est enfin le regard généreux d'une femme sur l'univers intime de ces religieux qui, avec délicatesse et sensibilité, nous fait partager la vie et les secrets de ces hommes à la féminité hors du commun.

Nadine Delpech voyage depuis près de deux décennies loin des sentiers battus et avec lenteur.
Discrète, aventurière sur les chemins de l'ailleurs, pleine de bonté et de chaleur, Nadine a parcouru l'Asie en compagnie de ses deux enfants avant de se consacrer pleinement à faire connaître les moines danseurs de Majuli.
Elle a fait paraître deux autres récits: "Deux enfants sur le toit du Monde" en 1997 et "Deux enfants sur le Mékong" en 2000, occasion, pour nous de la recevoir à chaque fois pour de très belles rencontres et de beaux souvenirs. Nadine Delpech et Mathias Coulange ont fondé l’association : Préserver Majuli
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Le seul amant de Éric Deschodt et Jean-Claude Lattès (Points Seuil-2008)

Une fresque historique foisonnante

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La complainte du sentier de Bibhouti Boushan Banerji (Gallimard-2008)

 

Sans le savoir, beaucoup de lecteurs connaissent déjà ce roman, tous ceux qui virent au cinéma Pather Panchali, qui signifie « La chantefable, ou la complainte du sentier ».
Réédité en tirage limité, le roman de Banerji est ici accompagné d'un DVD du film.
La complainte du sentier raconte ce qu’est en pays bengali la vie des pauvres, c’est-à-dire la vie de presque tout le monde. De cette humble histoire contée au fil des jours et sans recherche formaliste, s’élève un chant qui justifie quand même le titre du roman. Il s’agit de la quête du bonheur, dans les pires conditions.
Le héros, Apu, est le jeune fils d’une famille de brâhmanes pauvres, qui a recueilli une tante, veuve et âgée, que la mère finira par chasser, ne pouvant plus continuer à la nourrir. Mais ce départ forcé, qui va provoquer la mort de la vieille femme, n’améliore en rien la situation de la famille. Un jour, tandis que le père est parti en quête de subsistance, Durga, la sœur aînée d’Apu, sa compagne de jeux et sa meilleure amie, meurt à son tour. Terrassée par la misère et le malheur, la famille se décide alors à partir pour Bénarès, la ville des pèlerinages, espérant y trouver une vie meilleure. Mais le père ne tarde pas à mourir, laissant Apu et sa mère sans ressources dans une ville inconnue. Tandis que la mère trouve un emploi de cuisinière dans une famille riche, Apu rêve de son village comme d’un paradis perdu…

Romancier et nouvelliste bengali, Bibhouti Bhoushan Banerji (1894-1950) est né à Murapitur, dans le Bengale-Occidental. Il passa son enfance dans un village du delta du Gange avant de faire des études supérieures à Calcutta. Tantôt enseignant en milieu rural, tantôt exploitant forestier, il partagera sa vie entre Calcutta et sa région et l’État voisin du Bihar. En 1922, il publie sa première nouvelle, qui lui vaut une renomme immédiate. La complainte du sentier (Pather Panchali) paraît en 1929.

Le film : Pather Panchali, de Satyajit Ray est un film indien, le premier du réalisateur bengali, sorti en 1955.
Réalisé avec peu de moyens, un casting et une équipe technique essentiellement d’amateurs ou de débutants, complètement à la marge de l’industrie cinématographique indienne d’alors, Pather Panchali rencontrera pourtant le succès au Bengale, et ouvrira également à Ray la porte d’une carrière internationale. Révélation du Festival de Cannes 1956, cette oeuvre possède la puissance documentaire du néoréalisme italien.
La musique originale, signée Ravi Shankar, sera également très remarquée. L’histoire d’Apu, débutée dans Pather Panchali, se poursuit dans L’invaincu, sorti en 1957, puis dans Le Monde d’Apu (1959) : ces trois œuvres forment La trilogie d’Apu.
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Un libertin dans l'Inde moghole. Les voyages de François Bernier (Chandeigne-2008)

L'Inde Moghole

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L'Inde : Une introduction à la connaissance du monde indien de Jacques Dupuis (éditions Kailash-2007)

 

L'étendue de l'Inde est comparable à celle de l'Europe. Il en est de même de sa diversité et de ses contradictions. Mais la complexité de l'Inde n'a pas empêché qu'elle soit considérée, depuis une haute antiquité, comme une entité culturelle, dont l'unification politique ne s'est réalisée historiquement, qu'une seule fois : dans l'Inde anglaise.
Jacques Dupuis, historien, géographe et anthropologue de terrain, a tenté d'expliquer les civilisations et les sociétés indiennes dans leur évolution, depuis la préhistoire jusqu'au XXe siècle. Son propos n'est pas de faire ou refaire l'histoire.
Il montre que si l'Inde est un pays de mystique et de traditions philosophiques, elle est aussi un grand pays moderne qui tient une place de premier plan sur la scène internationale.
L'originalité de ce petit ouvrage est que les traits de civilisation et de société y sont constamment présentés comme éclairés, nourris par le passé. C'est l'indianité vivante qui apparaît ici, dans son ensemble, pour la première fois.

Jacques Dupuis, né en 1912, agrégé d'histoire et de géographie, docteur ès-lettres et diplômé de hindi de l'école des Langues Orientales a consacré sa vie à l'étude de l'Inde. Enseignant au Collège Français de Pondichéry , il mit au point un enseignement adapté à la culture indienne, puis aux universités de Tunis et de Paris-Nanterre.
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L'idée de l'Inde de Sunil Khilnani (Fayard-2005)


 

L'Inde fascine et intrigue l'Occident. Mal connu, le pays est tantôt décrit aux couleurs de la spiritualité éternelle, tantôt comme une région vouée à la pauvreté et à la violence. Pour tous, il est vrai, l'Union indienne reste la "plus grande démocratie du monde", d'autant plus méritante qu'elle est déchirée par des forces contradictoires, laïques d'un côté, religieuses et nationales de l'autre. Et là, en effet, réside le vrai secret de cette formidable puissance en passe de devenir une force économique majeure sur la scène internationale : comment, à l'intérieur d'un système aussi rigide que celui des castes, la démocratie, fondée sur l'égalité et la liberté, a-t-elle pu s'enraciner ?
Sunil Khilnani répond avec brio à cette question, en brossant l'histoire de l'Union indienne depuis son indépendance en 1947. Il démonte une à une les idées reçues, analyse les grands phénomènes, souvent paradoxaux, qui ont façonné l'Inde moderne pour montrer comment l'Etat indien s'est réellement constitué, comment il a su réinventer et donner corps à l'idée de démocratie.
Salué en Inde et dans le monde anglo-saxon comme une œuvre lumineuse, cet essai est appelé à devenir la référence de tous ceux qui aspirent à comprendre l'esprit des lois indiennes.

Ancien professeur de sciences politiques à l'université de Londres, Sunil Khilnani, né à New Delhi, est directeur du programme des études de l'Asie du Sud à l'université Johns Hopkins, Washington D. C.
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