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Le choix de Goldie de Roopa Farooki (Gaïa-2011)

 
Le choix de Goldie est un roman mettant en scène trois générations d'une même famille, trois couples constituant cette famille : Henné et Rashid, leur fille Shona et son mari Parvez et les enfants de Shona, un couple de jumeaux, Omar et Sharif.
Le thème principal du livre est sur l'impact que le mensonge et la tromperie peuvent avoir sur une famille.
Tout commence très loin de la Grande-Bretagne. Au Bangladesh, Henné, jeune fille insolente et têtue de 13 ans, s'ennuie ferme à l'école. Elle n'a qu'une hâte, arrêter sa scolarité.
La faisant passé pour une jeune femme de 17 ans, Nadim son père, petit boutiquier, l'offre en mariage à Rashid "Ricky" Karim, le fils aîné d'une riche famille de Calcutta. Dès le soir des noces, Il ne faudra pas longtemps à Rashid pour comprendre qu'il a été dupé et que sa nouvelle femme n'est, non seulement pas la personne cultivée et instruite qu'elle prétendait mais qu'elle est, en plus, mineure et paresseuse.
Mais sa belle famille, une fois la supercherie mise à nue, l'obligera à suivre des cours. Henné, bien décidée à ne pas aller à l'université, fera tout pour rapidement tomber enceinte. Ainsi naîtra Shona, sa petite fille, dont elle se détournera très vite.
Les années passent. Shona grandit au Bangladesh et fait connaissance d'un lointain cousin pakistanais. Coup de foudre. Pour Parvez, elle part étudier à Karachi. Mais le couple doit rester discret. Les jeunes amants fuient le Pakistan pour voler de leurs propres ailes, à Londres. Shona et Parvez y fondent une famille en donnant naissance à Omar et Sharif. Shona est professeur, Parvez restaurateur. Tout semble aller pour le mieux. Mais ce n'est qu'une façade.
Passées l’exaltation d’un nouveau départ et les joies de la vie d’une famille qui s’agrandit, Shona se sent rattrapée par son passé. À l’image de sa mère, elle construit sa vie sur des mensonges, se risque à mener une double vie, jusqu’au jour où les secrets deviennent trop lourds à porter. Même la vitalité de ses jumeaux adolescents — Omar qui brille dans les études, et Sharif qui tombe les filles — ne suffit plus à compenser les non-dits accumulés au fil des années, des générations.
Lors d'un voyage d'affaires à Londres, Rashid, le père de Shona rencontre Veetie Truman. Follement amoureux, il l'épouse, oubliant de lui dire qu'il est déjà marié ailleurs et s'installe avec la femme qu'il aime en Angleterre, mais parfois, il doit rentrer à la maison au Bengladesh, où Henné est restée.
Ce roman est celui des doubles vies, des secrets de famille, des mensonges qui s'accumulent génération après génération. Au fil du roman, on découvre tout cela et c'est cette construction de l'histoire qui nous tient en haleine.

Le choix de Goldie est le premier roman de Roopa Farooki, une auteur britannique de mère bangladaise et de père pakistanais. Elle est née au Pakistan en 1974 et grandit à Londres.
Après des études de philosophie, de politique et d’économie à Oxford, elle travaille un temps dans la publicité.
Depuis 2004, Roopa se consacre à l’écriture. Elle a écrit Le choix de Goldie alors qu'elle était enceinte et rénovait une maison dans le sud-ouest de la France. Depuis, elle a écrit trois autres romans.
Roopa Farooki partage sa vie entre la France et l'Angleterre avec son mari anglo-irlandais et leurs quatre enfants.
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"SÂDHUS, Un voyage initiatique chez les ascètes l'Inde" de Patrick Levy (Pocket-2011)

Rencontres avec les ascètes de l'Inde...

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Le festin indien de Chitrita Banerji (Hoebeke-2011)

 
Un pays ne se révèle jamais mieux que par sa cuisine, l’histoire de ses produits, les cultures qui s’y rattachent — la manière dont il a su magnifier par des plats l’infinie diversité du monde : nous ne mangeons pas seulement des légumes ou une viande, nous mangeons d’abord un imaginaire, des récits, des manières d’être ensemble, des rapports singuliers à la nature. Et l’on montrerait aisément que tous les grands problèmes philosophiques se jouent déjà à notre table.
Chitrita Banerji nous invite à un merveilleux voyage à travers une douzaine de régions du continent indien et plus de trois années sur les routes de l’Inde au hasard des rencontres, des plus simples gargotes dans les villages tribaux aux palais, des échoppes des marchés aux cantines des temples.
Chitrita Banerji élargi son champ d'application aux régions aussi disparates que le Pendjab, le Gujarat et le Kerala, et aussi explore les habitudes alimentaires des différents groupes tels que les Juifs de Cochin, la communauté anglo-indienne de Calcutta et les peuples autochtones tribaux de l'Inde Nord-Est.
On découvrira ici que la civilisation indienne a toujours eu une insatiable, presque enfantine curiosité pour l’étranger et les nouveaux produits qu’il amenait avec lui et c’est pourquoi elle propose une telle variété de cuisines distinctes, formées par les vagues successives d’arrivées, d’invasions, de conquêtes et d’assimilations où se croisent les influences des Perses, des anciennes tribus aryennes, des Juifs du Moyen Orient, des Mongols, des Arabes, des Européens aussi, chacun apportant des techniques nouvelles, trouvant du coup de nouvelles manières d’associer l’infinité variété des épices, des graines, du safran à la moutarde, aux légumes, aux céréales, aux poissons qu’ils découvraient.
Récit d’aventures humaines, de découvertes, conjuguant l’humour et la poésie par la grâce d’une prose qui vous met l’eau à la bouche à chaque page, avec un art subtil, tout de légèreté, de faire ressurgir, à travers l’histoire de ses produits, l’histoire même de l’Inde, ce livre est une merveille !
Qui sans y paraître nous fait découvrir un pays en pleine mutation, et pose quelques questions : que signifie « l’authenticité » à une époque de grandes migrations, de flux incessants de populations, quel sens peut avoir la « tradition » dans un pays dont l’histoire même est celle d’un perpétuel métissage et dont pourtant l’identité est extrêmement forte ? Tous les enjeux des temps présents, dans les plus simples des plats…
La tradition culinaire du pays se dévoile à nos yeux avec ses richesses, son éclectisme, et son raffinement, que Chitrita Banerji décrit avec un plaisir bien visible.
La littérature de voyage à son meilleur, où la saveur des mots exalte la saveur des mets.
Un festin de couleurs, de saveurs et d’épices qui donne envie de se mettre à table !

Après avoir passé son enfance à Calcutta, Chitrita Banerji part à vingt ans faire ses études à Harvard. A la suite de son premier mariage, elle vit sept ans au Bangladesh. Elle habite aujourd’hui à Cambridge (Massachusetts).
Couverte de prix en Inde et aux Etats-Unis, elle est principalement connue pour son travail sur la gastronomie, l’histoire et la culture du Bengladesh, et pour ses nombreuses traductions depuis le bengali. Elle est considérée comme la plus importante autorité mondiale sur l'alimentation bengali et auteur de plusieurs ouvrages classiques de la cuisine bengali.
Elle s’est imposée tout à la fois comme écrivain-voyageur et historienne de la cuisine mondialement reconnue. Festin indien est aujourd’hui un best-seller, tant aux Etats-Unis qu’en Angleterre.
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Le plaisir ne saurait attendre de Tishani Doshi (Buchet Chastel-2011)

 
Tout a commencé en août 1968 quand Babo Patel avec ses cheveux bouclés et ses belles dents fut le premier membre d’une famille jaïn de Madras à prendre l’avion pour Londres afin de parfaire son éducation. Le matin de son départ, Prem Kumar, son père qui avait, cette nuit-là, fait le seul rêve de sa vie, un rêve où toute sa famille s’était perdue, aurait pourtant dû sentir venir le grabuge…
Mais Babo est déjà loin ! Dans un appartement de Finchley Road, il fait l’amour avec frénésie à Sian Jones dont il est tombé fou amoureux à la vue de sa robe mini toute blanche et du ruban rouge dans sa chevelure auburn de belle Galloise, oublieux du mariage arrangé qui l’attend en Inde. Au grand dam de Trishala, sa mère, qui feint l’accident cardiaque pour le faire rentrer. Ce que Babo apprécie moyennement… en faisant savoir qu’il épousera Sian quoiqu’il arrive, en dépit de toute tradition et de toute convention.
L'amour qui unit Babo et Sian est la voie sur laquelle le récit se développe, en les plaçant comme personnages principaux, avec les parents de Babo, sa grand-mère Ba et plus tard, leurs filles Mayuri et Bean, résultat d'une union de deux personnes différentes, de religions, de races, de cultures et de pays.
Ba, en particulier, est un personnage remarquable. C'est une veuve vivant à Anjar, habitée d'une aura de sagesse éternelle, et qui vit entourée par les femmes du village et un eunuque. Elle a également le pouvoir de "sentir" l'avenir et incarne la figure centrale pour toute la famille Patel: tout le monde se tourne vers elle pour tout type de problème.
De nombreux thèmes sont explorés à travers la vie des Patel: l'amour, les questions raciales et la question de l'identité, l'acceptation sociale, l'innocence perdue, la mort, les ajustements auxquels nous devons faire face quand un être aimé prend une autre direction, de façon inattendue, laissant un vide insupportable, et la patience.
Le plaisir ne saurait attendre, inspiré par l’histoire des parents de l’auteur, est la chronique chatoyante, à la fois légère et grave, tendre et inhabituelle d’une famille indo-galloise bruyante et chamarrée, en Inde, sur quatre générations. Et ce, pendant qu’ailleurs les Beatles triomphent puis se déchirent, que le prince Charles et Diana se découvrent, qu’Indira Gandhi tombe sous les balles de son garde du corps sikh et que Madras devient Chennai.
Le langage merveilleux de Tishani Doshi et son esprit joyeux créent un monde fictionnel où les sons de la souffrance se convertissent en sons d’amour et de mariage.
Tishani Doshi a si bien réussi le tour de force de capturer par une écriture poétique, lyrique et vive, les excentricités et les calamités de ce drôle de clan que Salman Rushdie et Roddy Doyle ont chaleureusement acclamé ce roman exceptionnel.

Tishani Doshi, est née en 1976 et vit à Chennai, anciennement Madras (Tamil Nadu).
Le curriculum vitae tortueux de cette jeune écrivain indienne le démontre : Tishani Doshi est une touche-à-tout. Quittant à 18 ans la ville de Madras où elle a grandi, elle suit des études de Business Administration aux Etats-Unis au Queens College (New York) et à la John Hopkins University (Baltimore). En 1999, elle déménage à Londres où elle travaille comme assistante du service publicité du fameux magazine de mode Harper’s & Queen.
Vite lassée de sa vie londonienne, elle réalise que "le confort, c’est la stagnation". Elle décide alors de regagner l’Inde avec le projet vague de se reconvertir en monitrice de plongée.
Une rencontre imprévue la fait encore bifurquer : Chandralekha, figure iconoclaste et grande chorégraphe indienne, la prend sous son aile. Tishani Doshi commence ainsi à 26 ans une improbable carrière de danseuse. Parallèlement, elle fait du journalisme en freelance, balayant des sujets aussi divers que les identités transgenres ou le cricket, sport qui la passionne.
L’écriture n’est toutefois jamais absente de ce parcours sinueux. Séduite aux Etats-Unis par la littérature du Sud, Tishani Doshi s’inscrit aux séminaires d’écriture de l’Université Johns Hopkins de Baltimore.
C’est par la poésie que la jeune femme entre en littérature. En 2006, elle remporte le Prix All-India Poetry avec son poème, The Day We Went to the Sea. Elle publie la même année un recueil de poésie, Countries of the Body, qui lui permet de remporter le prestigieux Forward Prize for Best First Collection. Le jury parle alors d’un auteur « prêt à prendre des risques, en quête d’une poésie sensuelle, engagée sur le plan émotionnel et passionnel ».
Son premier roman, Le plaisir ne saurait attendre, est né du souvenir d’une découverte d’enfance dans une cache secrète: la correspondance amoureuse de ses parents. Dans ces dizaines de lettres échangées, dans les années 60, entre sa mère, galloise, et son père indien, Tishani Doshi a trouvé le point de départ d’une saga familiale tendre et pleine d’humour. Influencée notamment par Salman Rushdie, qui salue "un roman captivant, délicieux", Tishani Doshi, apporte sa touche de fraîcheur aux conventions du roman post-colonial indien.
Publiée dans différents journaux, magazines et revues littéraires, Tishani Doshi travaille actuellement à la biographie du joueur de cricket sri-lankais Muttiah Muralitharan et prépare un second recueil de poésie.



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