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Autobiographie d'une travailleuse du sexe de Nalini Jameela (Actes Sud-2008)

Un témoignage d'une grande pudeur

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Sous l'œil de Krishna de Sunny Singh (Ed. Philippe Picquier-2008)


 

Krishnakali, dite Krishna, est étudiante en cinéma à New York. Descendante d'une noble dynastie guerrière du Rajasthan, la jeune femme fut la première naissance féminine de la famille après une malédiction de cinq cents ans.
Une rajpoute est à l'origine de la malédiction : Mira est devenue veuve très jeune, mais elle n'a pas respecté les conventions sociales qui veulent que, dans sa belle-famille, les veuves respectent le rite de la "sati" (immolation de la veuve sur le bûcher funéraire de son mari). Et pour qu'aucune autre femme n'ait à endurer les traditions, elle a lancé un sort pour empêcher la naissance de filles chez les descendants de ses frères. Krishna est née des siècles plus tard après les prières de sa grand-mère, sa Dadiji.
C'est elle qui l'a élevée et bercée depuis l'enfance de contes et d'histoires sur ses origines: des histoires, mélanges de réalité et de mythologie, de ces femmes rajpoutes qui, au moment des grandes invasions musulmanes et mogholes, ont préféré mourir plutôt que de tomber aux mains des envahisseurs ou qui attendaient le retour des cadavres de leurs maris pour se suicider.
Plusieurs mois après le décès de Dadiji, Krishna rentre dans son Inde natale pour obéir à un voeu de sa grand-mère chérie. Elle accepte de filmer Damayanti, avocate et femme de tête qui se prépare néanmoins, à la mort de son mari, à se faire "sati".
Le mari de Damayanti est mourant et elle a décidé de l'accompagner dans l'au-delà. Mais dans l'Inde d'aujourd'hui, le rite de la "sati" est un crime.
Qu’est-ce qui pousse une femme moderne, brillante, cultivée, riche, indépendante, à se jeter dans un bûcher à la mort de son mari? C’est la question posée par Krishna tout au long de ce roman. Car ce sacrifice va embraser toutes ses certitudes.
Et pendant qu'elle filme cette femme dont le mari se meurt. Krishna s’étonne, se révolte, se passionne, pleure, évoque d’autres femmes qui, elles, ont refusé de céder sous le poids de la tradition; voit passer celles qui manifestent contre «la barbarie».
Dans les derniers chapitres, la tension monte puisque Damayanti reste inflexible. Elle a fait un choix et rien ni personne, y compris la loi, ne peut la détourner du but qu'elle s'est fixé. Et en filmant dans un verger la scène finale du sacrifice par le feu, Krishna prendra conscience de son propre destin.
Le regard de la romancière se déplace sans arrêt entre deux mondes parallèles: New York, la passion pour cette ville, le sentiment de l’exil, l’échec des relations amoureuses (Krishna vient de rompre avec son petit ami); le Rajasthan, la conscience de l’appartenance à une ancienne lignée de guerriers, la redécouverte des liens avec un grand-père juge et un oncle renonçant, la force spirituelle, la fierté et la douleur.
Sous l’œil de Krishna est un beau roman sur la recherche de l’identité, sur la préservation d'une culture à l'originalité profonde et à sa force inaliénable dans un monde qui tend à l'uniformisation des systèmes de pensées.

Sunny Singh est née en Inde à Varanasi. Après avoir suivi brillamment des études, d’abord de Littérature anglaise et américaine aux Etats-Unis, puis d’Espagnol à New-Dehli et à Barcelone, elle s’installe, en 2005, à Londres où elle enseigne l'écriture créative à la London Metropolitan University.
Après avoir été successivement journaliste, professeur et cadre supérieur au Mexique, au Chili et en Afrique du Sud, elle décide de se consacrer à l’écriture et après trois livres et plusieurs projets en cours, elle continue de croire que c’était le bon choix. Elle écrit aussi des pièces de théâtre.
Sunny Singh s’implique aussi dans plusieurs associations : le club Masala à Barcelone pour la promotion de la culture de l’Asie du sud ; la Fondation Jhalak qui récolte des fonds pour les soins cardiaques des enfants démunis en Inde.
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Babiji de Abha Dawesar (Héloise d'Ormesson-2007)

Une écrivain indienne que nous adorons!

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L'Ile aux moines danseurs de Nadine Delpech (éditions Alphée-2006)

 

Huit cents kilomètres carrés de sable posés au beau milieu du Brahmapoutre. Située en Assam, au nord-est de l’Inde, Majuli est l'une des plus grandes îles fluviales du monde.
Elle est le refuge du Sattriya, danse sacrée interprétée par les Bhakat, ces moines à la fois artistes et paysans, à la longue chevelure antique.
Sous la houlette de Sri Bhabananda, obéissant aux injonctions des tambours khol et des cymbales tal, les moines, fardés et vêtus de leurs plus beaux atours, deviennent les incarnations gracieuses des divinités peuplant le Mahâbhârata et le Râmâyana. Le sattriya est teinté d’une simplicité virtuose qui symbolise notamment les actions de Krishna, dieu-héros au charme irrésistible.
Cette danse théâtralisée tire son nom des sattra, ces monastères hindouistes uniques en Inde, ouverts à la population et garants de l’héritage culturel et artistique de l’Assam. Ce mouvement spirituel krishnaïte, inconnu en Occident, compte environ 2000 moines.
Revenant, sac au dos, sur cette île qu'elle a découverte, il y a une dizaine d'années, Nadine Delpech partage le quotidien du satra d'Uttar Kamalabari. Nous faisant découvrir tout ce qui rythme les journées des moines hindous : spiritualité, travaux des champs, petits boulots dans les villages voisins, enseignement délivré aux enfants adoptés par la communauté, répétitions des spectacles. Libres de quitter le satra à tout moment, les moines vont pieds nus et continuent de suivre à la lettre les règles ancestrales de purification à brocs d’eau glacée.
Leur mode de vie est établi sur les principes de la famille : les adultes s’efforcent d’éduquer les plus jeunes, tout en prenant soin du "père" qui les a eux-mêmes adoptés.
Le livre est, à la fois, un récit de voyage initiatique, le récit d'une étonnante aventure sur une île où vivent 1.000 moines: des hommes superbes voués à l'art de la danse et qu'il est impossible de toucher, des moinillons remplis d'affection pour les plus vieux, si plein de bontés.
Pour la voyageuse commence alors une plongée savoureuse dans le monde du sensible, du mystique, de la beauté, de l'art.
C'est aussi le récit d'une histoire d'amour cachée avec Gopal, le séduisant moine danseur à la longue chevelure.
C'est également un document inédit sur une congrégation religieuse hindouiste inconnue en occident.
C'est aussi un témoignage précieux sur un peuple en sursis, exposé aux crues dévastatrices du Brahmapoutre: Tout à Majuli semble immuable, même si téléphones portables et postes de télévision ont désormais, ici aussi, fait leur apparition. Mais une menace bien plus lourde que la modernité menace cette île du bout du monde, celle des fureurs du Brahmapoutre. Grignotant la terre, les eaux du fleuve ont mangé en cinquante ans un tiers de la surface de l’île. Quatre-vingts villages et 45 monastères ont déjà été rayés de la carte.
En cours d'étude, son inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco au titre des biens culturels pourra peut-être la sauver par l'attribution de fonds publics et l'envoi d'ingénieurs spécialisés.
Et c'est enfin le regard généreux d'une femme sur l'univers intime de ces religieux qui, avec délicatesse et sensibilité, nous fait partager la vie et les secrets de ces hommes à la féminité hors du commun.

Nadine Delpech voyage depuis près de deux décennies loin des sentiers battus et avec lenteur.
Discrète, aventurière sur les chemins de l'ailleurs, pleine de bonté et de chaleur, Nadine a parcouru l'Asie en compagnie de ses deux enfants avant de se consacrer pleinement à faire connaître les moines danseurs de Majuli.
Elle a fait paraître deux autres récits: "Deux enfants sur le toit du Monde" en 1997 et "Deux enfants sur le Mékong" en 2000, occasion, pour nous de la recevoir à chaque fois pour de très belles rencontres et de beaux souvenirs. Nadine Delpech et Mathias Coulange ont fondé l’association : Préserver Majuli
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Le seul amant de Éric Deschodt et Jean-Claude Lattès (Points Seuil-2008)

Une fresque historique foisonnante

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