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L'Inde fantôme : Carnet de voyage de Louis Malle (Gallimard-2005)


 

Après un premier voyage en Inde en 1967, Louis Malle n'aura de cesse de retrouver ce pays. Il y retourne en janvier 1968, résolu à changer de cinéma, avec une équipe restreinte : un preneur de son, un cadreur.
La durée du séjour est indéterminée. Le projet : faire un film subjectif et libre sur l'Inde, sans scénario, sans fiction, et surtout sans idée préconçue, avec deux modèles puisés non dans l'histoire du cinéma mais dans celle de la littérature : le Journal de voyage en Italie de Montaigne, et L' Afrique fantôme de Michel Leiris.
Ce sera une plongée vertigineuse dans un continent qui sans cesse s'offre et se dérobe. Louis Malle filme tous les jours, jusqu'à l'épuisement, sans penser au montage, avec pour seul objectif de vivre intensément chaque instant, s'interrogeant sans relâche sur le voyage, la religion, la misère, l'exploitation, le système des castes - autant de thèmes qui formeront l'ossature de la série des sept films de L' Inde fantôme et celle du long métrage Calcutta.
L'année suivante, les films de Louis Malle seront accueillis chaleureusement par la critique française, mais susciteront la violente colère des autorités indiennes, qui reprocheront au cinéaste d'avoir donné une vision outrageante de leur pays.
Jour après jour, durant tout le tournage, Louis Malle a recueilli dans son carnet de voyage les impressions et réflexions que lui inspirait l'Inde. C'est ce document passionnant, fruit des interrogations, des inquiétudes et des révoltes d'un homme libre, que l'on peut désormais découvrir.
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En temps de siège de Githa Hariharan (Zoé-2006)

Une certaine idée du fondamentalisme....

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Une certaine idée de L'Inde d'Alberto Moravia (Arléa-2007)

 

En 1961, Alberto Moravia entreprend un voyage en Inde avec Elsa Morante, sa femme et leur ami Pier Paolo Pasolini. De ce voyage, la littérature gardera deux livres, deux récits complémentaires et éblouissants: celui de P.P Pasolini l'odeur de l'inde (Folio), et celui d'Alberto Moravia, jusqu'alors inédit en français, et qui participe d'une plus réelle objectivité.
Ce qui, en Inde, saisit Moravia, c'est, par-delà la violence du choc culturel, la vision d'un pays en plein bouleversement, d'un quasi-continent en train de relever un véritable défi social.
Tout en recherchant les cause de l'extrême pauvreté d'une grande partie de la population, il s'en entretient avec Nehru et n'hésite pas à dénoncer le système des castes. Il passe en revue aussi les différentes religions, décortique les nombreuses superstitions et relève les effets positifs et négatifs des colonialismes qui se sont succédé. Il décrit enfin la diversité et l'immensité des paysages.
Si le regard de Pasolini est toujours léger et humain, celui de Moravia traverse les siècles et les cultures avec un esprit de synthèse et d'analyse remarquable.
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Je n'entendrais pas le chant du rossignol de Khushwant Singh (Ed.Philippe Picquier-2005)


 

1942. Année charnière dans la lutte pour l'indépendance en Inde. Avec une ironie caustique teintée de tendresse, Khushwant Singh raconte les derniers mois de l’empire des Indes.
Père de famille, Buta Singh, haut magistrat à la cour de justice du Penjab, et fidèle serviteur de l'empire britannique, adopte la politique du double discours. Tout en ménageant les susceptibilités politiques de ses compatriotes, il reste soucieux de ses rapports avec l'occupant anglais et se prête à l'art de la pirouette. Pourtant, Buta Singh n'est pas un mystificateur et il sert la cause de l'auteur : souligner les mesquines préoccupations des gens ordinaires.
Par provocation, son fils Sher fonde un mouvement nationaliste et flirte avec le terrorisme dans l'espoir d'impressionner sa femme et de satisfaire un désir de gloire et de réussite sociale.
La mère, qui ne se préoccupe que de religion, refuse de voir la politique menacer l’harmonie de son foyer. Illettrée, mais sage, elle ne cédera jamais à la compromission. Bien qu’elle soit plus sensible à la loyauté familiale qu’à l’héroïsme politique, c’est elle, plus que tout autre, qui mériterait d’entendre chanter les rossignols…
Ce superbe roman nous plonge au cœur de la culture sikh à travers la découverte de ses rites religieux et l'histoire de cette communauté qui fut la première à souffrir de la partition de l'Inde.
Khushwant Singh s'est engagé activement dans les remous politiques de son pays, comme diplomate, sénateur et surtout journaliste. Il est sans doute, après quatre romans, des recueils de nouvelles et des ouvrages d'histoire sur sa communauté, l'écrivain indien de langue anglaise le plus célèbre dans le monde et le plus controversé dans son pays.
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Pondichéry blues de Sarah Dars (Ed.Philippe Picquier-2005)


 

On trouve dans les enquêtes du brahmane Doc que Sarah Dars publie régulièrement depuis 6 ans chez Philippe Picquier, une alliance très rare, jubilante et tonique, qui conjugue érudition et suspense. C'est pour cela que nous l'avons reçue à trois reprises et qu'elle est une amie de longue date.
Ses livres témoignent d'une connaissance approfondie des lieux, des modes de vie et de pensée, mais aussi d'une affectueuse connivence avec les infinies subtilités des usages et des codes qui régissent l'univers indien.
Sanskritiste ayant longtemps séjourné dans le sous-continent, après de grands périples en Asie, d'Oulan-Bator à Pékin, de Kaboul à Lhassa, d'Istanbul à Tokyo, Sarah Dars réussit le prodige, sous couvert d'énigmes criminelles à résoudre, de révéler bien d'autres mystères, notamment ceux qui tissent et structurent la réalité la plus chaotique qui soit.
Son héros n'est pas un policier ni un détective de métier, c'est un brahmane qui exerce à Madras la profession de médecin, d'où ce surnom de Doc qui le désigne familièrement et suggère en toutes circonstances une qualité d'observation hors du commun. Qu'il s'occupe de la santé de ses malades ou qu'il tente de découvrir le coupable d'un meurtre que le hasard a mis sur sa route, Doc n'oublie aucun détail, n'écarte aucune hypothèse. En outre, toujours imprégné par l'éducation traditionnelle qu'il a reçue, il ne cesse de stimuler sa réflexion en citant les traités de l'Inde ancienne. Ce personnage conjugue à l'évidence les qualités d'intelligence et de cœur, de séduction et d'humour, de courage et de modestie qui façonnent pour Sarah Dars une sorte d'Indien idéal. C'est un lettré, grand amateur de musique, expert dans l'art martial du kalaripayatt et qui, pour être brahmane, n'en est pas moins tolérant et sensible aux plaisirs de la vie.
Doc est à coup sûr l'enquêteur le plus véloce et le plus inspiré des faits et gestes, croyances, modes, survivances et réalisations de l'Inde d'aujourd'hui.
Grâce à lui, Sarah Dars peut livrer l'essentiel de ce qui l'a passionnée dans l'étude de la mythologie et des philosophies indiennes, tout en célébrant le pays réel qu'elle connaît intimement, tout en entretenant le feu d'une action soutenue. Elle n'hésite d'ailleurs pas à augmenter ses romans d'un glossaire, afin de n'égarer aucun de ceux qui voudront à sa suite partir à la découverte des textes fondateurs, voire des villes de Madras, Hyderabad, Mahäbalipuram, Bombay, Ooty ou Pondichéry. Car ses récits sont à la fois des invitations au départ, à l'aventure, et des viatiques. Ils s'affranchissent de la distinction confortable édictée par André Breton entre les livres de voyage et les livres qui font voyager. Avec Sarah Dars et son brahmane Doc, le désir de vivre ailleurs, dans une réalité autre, s'accomplit autant sur la terre des hommes que dans les fantasmagories ou les rêves.
Sarah Dars nous entraîne donc pour la 7ème fois dans les pas du Brahmane Doc à la découverte d'une nouvelle région de l'Inde: Pondichéry, ex-comptoir français de la côte Est, ville tranquille au charme suranné, une vraie sous-préfecture française, les tropiques en plus. Dans ce cadre idyllique, le Brahmane Doc et son habituel acolyte, Arjun font leur entrée pour soigner la maîtresse souffrante d'une riche maison et comptent bien profiter de leur séjour ensoleillé. Mais un grain de sable vient enrayer les rouages de ce petit Eden oriental: la mort soudaine d'Ashkar Kasi a tôt fait de paraître suspecte et sa chute d'une balustrade de dissimuler un meurtre crapuleux, passionnel ou familial.
À qui profite le crime? Sa satanée curiosité, qui se met à le tenailler dès que se présente la moindre énigme, incite Doc à s'improviser de nouveau détective pour mener rondement son enquête parallèle.
Sarah Dars porte sur l'inde, ses traditions, ses croyances et ses mystères un regard tendre où pointent de fines touchent d'humour au fil de ce roman. Le voyage est plaisant au cœur de cette Inde pittoresque et stylisée, lointaine mais familière, où les traces d'une culture coloniale encore prégnante se mêlent aux mythes orientaux.
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Le jardin des délices terrestres d'Indrajit Hazra (Le livre de Poche-2007)


 

Figure de proue de la jeune génération des écrivains indiens, Indrajit Hazra offre, avec cette fantasmagorie entre une Calcutta à l'atmosphère enivrante et une Prague froide et désincarnée, un petit bijou d'humour surréaliste, doublé d'une superbe réflexion sur les rapports de l'écriture et du mensonge.
Indrajit Hazra, âgé de trente-cinq ans, écrit pour son propre pays, dans son propre pays – il vit à Delhi, capitale de l’Inde. Il ne ressent pas le besoin de faire du roman anthropologique, qui consiste à expliquer sa culture à nous, occidentaux, une tendance chez d’autres écrivains indiens expatriés.Indrajit Hazra nous donne un roman éclaté comme on les aime, qui n’explique rien à personne, et qui part dans des dédales incroyables.
Calcutta. Hiren, un jeune homme avec beaucoup d’imagination mais peu de ressources matérielles, met son insomnie au travail. Puisqu’il dort très peu, il ouvre un bureau téléphonique dans un quartier louche, d’où des passants peuvent téléphoner à toutes les heures de la nuit. Hélas, les choses tournent au vinaigre. Un soir, un gang de travestis tous vêtus de saris met à sac sa boutique. Sont-ce des travestis, des eunuques ou les deux ? Qu’importe. Hiren profite du désordre pour mettre le feu à l’épave de la boutique, car il cache un petit secret : il est un pyromane de la pire espèce. Et Uma, sa pauvre fiancée, périra dans les flammes. Hiren part en cavale, muni de son briquet. Plus tard il incendiera une foire du livre en plein air, remplissant la ville de pages noircies par le feu.
Prague. Manik Basu est écrivain. Lassé d'attendre son nouveau roman, son éditeur engage des hommes de main chargés de l'enlever et de le séquestrer dans un château délabré pour le contraindre à écrire un nouveau roman. Les destins d'Hiren et Manik vont finir par converger de façon inattendue.
Personnage éclectique, Indrajit Hazra est à la fois rédacteur en chef du journal Hindustan Times à New Delhi, et musicien dans un groupe de rock'n'roll. Parallèlement, il écrit aussi des romans dont Max le maudit (Le Cherche-Midi-2005) et Le Jardin des délices terrestres (2006) , tous deux traduits en plusieurs langues.
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Sept mers et treize rivières de Monica Ali (collection 10x18-2006)

Du côté de Brick Lane à Londres

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Loin de Chandigarh de Tarun Tejpal (Le livre de Poche-2007)


 

Loin de Chandigarh parle de l'amour et du désir, de la fin de l'amour et de la fin du désir, et du déchirement quand l'un s'est évaporé et que l'autre est toujours là. C'est un roman où on trouve de très belles pages sur les aubes et les orages, des passages très drôles sur les gargotes de village et le chaos des routes indiennes.
Mais Loin de Chandigarh est avant tout un livre qui raconte comme rarement la passion et le manque, l'attraction des corps et la jouissance des femmes.
Le titre anglais de ce roman envoûtant, The Alchemy of desire (« l'alchimie du désir »), dit de manière plus crue et plus juste le mystère, la force de ce tumultueux récit qu'encadrent deux phrases symétriquement opposées. Tarun J. Tejpal ouvre son histoire par l'amour n'est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C'est le sexe et le clôt par Le sexe n'est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C'est l'amour... Entre ces deux bornes que séparent quelque six cents pages, Tarun J. Tejpal raconte la vie d'un couple.
Le narrateur, journaliste que son métier indiffère, est fou de Fizz, sa compagne. Elle répond à cet amour très charnel avec passion ; et tout aurait pu aller ainsi indéfiniment... Fizz donne des cours lorsque les caisses sont vides ou quand son fougueux compagnon renonce à gagner sa vie pour écrire le grand livre qui fera de lui l'écrivain que l'Inde et le monde attendent. Mais devant la page blanche sur laquelle il doit accoucher de son chef-d'oeuvre, le narrateur perd peu à peu le fil, s'essouffle. Peut-être n'a-t-il rien à dire, rien à écrire. Il noie ses pannes de plume dans les bras accueillants de Fizz. Merveilleux amant, piètre écrivain.
Mais un jour, à la lecture de carnets intimes d'une certaine Catherine, morte il y a longtemps dans la maison qu'il vient d'acheter, le narrateur perd ses moyens. Est en panne de sexe et d'imaginaire. Son désir de Fizz l'a quitté. Le chemin sera long avant de retrouver l'amour et les mots pour l'écrire...
L'auteur de ce premier roman, Tarun J. Tejpal, a 42 ans. Il est journaliste à Delhi et est devenu célèbre dans le monde entier début 2001. A l'époque, il était rédacteur en chef d'un site d'information, Tehelka.com, qui a dénoncé, preuves à l'appui, la corruption dans le gouvernement indien et fait tomber le ministre de la Défense, George Fernandes. Cela a valu à Tehelka la haine du gouvernement d'alors et un harcèlement impitoyable. Journalistes et investisseurs sont jetés en prison, Tejpal, menacé de mort, se retrouve avec vingt gardes du corps et des sacs de sable devant sa maison et son bureau. Il y aura quatre ans de bagarres sordides, au bout desquelles Tejpal décide de relancer Tehelka.com. Aujourd'hui, le site est ouvert et Tehelka est aussi un hebdomadaire culturel et politique, haut de gamme qui a 100 000 lecteurs.
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Le tapis rouge de Lavanya Sankaran (Mercure de France-2006)


 

Lavanya Sankaran (née en 1968) vit à Bangalore, la ville-mirage qui, dit-on, serait la Silicon Valley asiatique: équipements de luxe, médecine de pointe, légions d'ingénieurs surdiplômés, campus à l'américaine. De cette mégapole fascinante, dont les rejetons de Bill Gates sont désormais les maîtres, Lavanya Sankaran dévoile un autre visage dans les huit nouvelles du Tapis rouge: si ses héros travaillent pour la plupart dans l'informatique, s'ils ont troqué le turban contre la console, s'ils écoutent du rap et lisent Salman Rushdie, ils restent prisonniers de traditions bien plus pesantes que leurs MP3.
Quand il s'agit de se marier, par exemple, les garçons doivent filer doux et obéir aveuglément aux injonctions maternelles. Et quand les jeunes femmes apparemment libérées dénichent un job de rêve, quand elles vont pouvoir réussir en affaires, les vieux démons de la culpabilité leur coupent cruellement les ailes.
Toutes les nouvelles de Lavanya Sankaran sont construites sur les mêmes paradoxes: à Bangalore, la capitale futuriste du Karnataka, le passé continue à ramper sournoisement entre les buildings de verre. Et c'est avec une éminente finesse et beaucoup d'humour, que Lavanya Sankaran croque cette société syncrétique.
Ancienne analyste à Wall Street et citoyenne de Bangalore, elle en est d'ailleurs le plus beau spécimen.
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La Reine des rêves de Chitra Banerjee Divakaruni (Éditions Philippe Picquier-2006)

Où l'on retrouve le fil enchanté de la "Maitresse des épices"

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Le pays des marées de d'Amitav Ghosh (Éditions Robert Laffont-2006)

Le maître indien du réalisme magique

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Le cuisinier,la belle et les dormeurs de Radhika Jha (Editions Philippe Picquier-2006)


 

Après "l'Éléphant et la Maruti", paru l'an dernier, Radhika Jha nous propose à nouveau trois nouvelles. Son regard acéré et brillant d'intelligence sur l'Inde contemporaine est soutenu par une langue dopée d'énergie et enrobée de sensualité.
"Le cuisinier" nous rappelle l'univers des arômes et des saveurs de son premier roman "l'Odeur". L'histoire se passe dans un restaurant italien à Genève où un chef est confronté aux problèmes de son entreprise et à ceux de sa famille.
"La belle" est une nouvelle toute empreinte de sensualité. Elle raconte l'histoire de deux jeunes filles qui découvrent leur beauté et leur féminité et surtout leurs désirs réciproques et cela dans une Inde en pleine mutation.
"Les Dormeurs" raconte l'histoire d'un fonctionnaire envoyé au fin fond de la campagne où il découvre une immense pauvreté, des conditions de vie terrifiantes et surtout des luttes intestines entre hindous et chrétiens.
Cette façon qu'a Radhika Jha de saisir ce microcosme de la société indienne, pour en étudier les travers, est toujours remarquable.
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Les neufs visages du coeur d'Anita Nair (éditions Philippe Picquier-2006)


 

Anita Nair a trente-six ans et vit en Inde, à Bangalore. Elle est auteur de nouvelles, poète, et éditorialiste. Son premier roman "The Better Man" la révéla au grand public comme une voix singulière parmi les grands noms de la littérature indienne d'aujourd'hui.
Après donc "Compartiment pour dames" et "Un homme meilleur", également aux éditions Philippe Picquier, voici le roman le plus ambitieux d’Anita Nair, qui puise aux racines profondes de l’Inde pour donner forme aux émotions de ses personnages et accompagner leur quête du sens de la vie et de l’art.
Quand un jeune écrivain anglais débarque dans le sud du Kerala pour rencontrer Koman, un célèbre danseur de kathakali, il pénètre dans un monde de masques et de sentiments réprimés. Koman et sa nièce Radha sont vite séduits par le charme de l’écrivain-voyageur avec son violoncelle et ses incessantes questions sur le passé. Un triangle qui exclut rapidement Shyam, le mari de Radha, qui n’a su gagner ni l’amour ni l’estime de sa femme. L’arrivée de Chris va révéler la vérité des êtres sous les masques et entraîner les personnages dans un maelström d’émotions. Ces émotions qui sont au fondement du kathakali, l’exigeant et vibrant théâtre dansé du Kerala, et que Koman appelle les neuf visages du cœur.
Anita Nair a écrit un roman où les harmoniques de l’art tissent et irriguent le drame de la vie en des liens complexes et inextricables, et son roman a l’intensité et la richesse d’un de ces spectacles de kathakali qui durent toute une nuit et dont on émerge dans la pâle lumière du petit matin, la dernière page du roman refermée, avec au cœur le neuvième navarasa - la paix.
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Regards littéraires sur l'Inde


l'Inde ne va pas tarder à jouer le premier rôle sur la scène internationale:
prête à rafler la mise sur le plan industriel, économique, stratégique mais
surtout sur le plan culturel et notamment en France où l'Inde était l'invitée d'honneur du Salon du livre de Paris en Mars 2007, après l'avoir été du Salon professionnel de Francfort en Octobre 2006, sans oublier la ville de Lille qui, du 14 Octobre au 14 Janvier 2007, lui rendait hommage à l'occasion d'une grande manifestation culturelle: "Bombaysers de Lille".
Et cela n'est pas fini, puisque les "rencontres photographiques d'Arles" mettront à l'honneur, durant tout l'été, de nombreux photographes indiens.
Occasion donc de découvrir toute la richesse de la littérature indienne durant ces salons et dans notre librairie où depuis plus de douze ans nous mettons en avant cette littérature incroyablement universelle, diverse et d'une qualité d'écriture et de narration de plus en plus remarquable au fil des ans.
Cette rubrique vous donnera donc quelques conseils de lecture et coups de coeur pour des écrivains remarquables qui ont su appréhender cette Inde multiforme, paradoxale, surprenante.
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