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1,2 Milliard de Mahesh Rao (Zoé – 2017)

 
Le titre se réfère à la population de l'Inde, la deuxième nation la plus peuplée dans le monde, et le livre traverse, avec une sorte de vertigineuse minutie, le pays dans la longueur et la largeur. Le fil conducteur du recueil, qui lie les treize histoires, qui prennent place dans autant d’États de ce vaste sous-continent, n'est pas la culture, la religion ou le langage, mais la violence.
Excellant dans l’art de la chute et à l’aise avec l’immense diversité des lieux, des atmosphères, des personnages et surtout des tons, Mahesh Rao parcourt ce pays dont la complexité s’étend bien au-delà du clivage des castes.
Il y a donc en Inde un milliard deux cents millions d’habitants, et autant d’histoires à raconter qui couvrent toutes les classes de la société, les protagonistes des deux sexes, de tous les âges, la modernité et le traditionalisme, et en utilisant une tonalité d’écriture allant du pathos au sarcasme.
Les histoires concernent un cultivateur de thé dans les collines de Nilgiri qui tombe amoureux de sa belle-fille, une enfant riche de Delhi qui noie un petit garçon dans un bain à remous, un lutteur en Uttar Pradesh qui laisse un ami à moitié mort, une fosse commune qui est découverte dans les terres appartenant à une famille féodale au Rajasthan, une vieille dame emprisonnée dans un camp d'internement en Inde centrale qui nourrit son corps affamé de vengeance, un instituteur soumis aux interdictions des autorités du Cachemire, etc.
Il y a le terrorisme, la jalousie, la brutalité policière, l'infidélité, la censure des livres scolaires, la corruption.
Mahesh Rao zoome, à travers ces histoires remarquables, sur des vies oubliées, ordinaires, extraordinaires, absurdes, tragiques, offrant un aperçu de l’Inde à travers les amours, les triomphes et les tragédies de la vie quotidienne dans un monde déchiré entre la tradition et le choc de la modernité.

D’origine indienne, Mahesh Rao est né et a grandi à Nairobi, au Kenya.
Après des études de droits et de sciences politiques et économiques en Grande-Bretagne, il a travaillé comme avocat, chercheur et libraire.
Il est désormais installé à Mysore en Inde, où il se consacre à sa passion, l’écriture.
Ses textes ont notamment été publiés dans le New York Times, The Baffler, Prairie Schooner et Elle.
Son premier roman, The Smoke is rising, a gagné le Tata First Book Award pour la fiction.
1,2 Milliard a été publié en Angleterre en octobre 2015.

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L’Aventure, le choix d’une vie (Le Seuil, collection Points Aventure – 2017)

Le nouveau titre inédit de la collection Points Aventure....

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Matsuo Bashô, le Maitre du Haïku de Naho Mizuki (Hozhoni – 2017)


Cette BD originale nous invite à découvrir la vie de Matsuo Bashô (1644-1694) unanimement considéré comme le plus grand poète japonais de tous les temps.
Maitre reconnu du Haïku, c’est lui qui initia cette forme minimaliste de poésie, qui, en seulement trois vers, s’attache à dépeindre l’essence et l’impermanence de la nature.
Soigneusement codifié, le haïku deviendra, sous son influence, l’expression reine de l’art poétique japonais, aujourd’hui enseignée aux élèves du monde entier.
Ce Manga, tout en fraicheur et en dépouillement, décrit le cheminement du grand poète-pèlerin.
Né dans la famille d’un modeste samouraï de la région d’Ueno, le jeune Kinsaku, qui s’appellera bientôt Jinshichirô et plus officiellement Matsuo Munefusa, avant que ses disciples ne le surnomment Bashô (Bananier), va perdre son père au printemps 1656, au moment même où il vient de découvrir l’art du haïkaï, un genre poétique raffiné et excentrique très en vogue parmi les samouraïs et marchands itinérants de l’ère Edo (1603-1868).
Il devient alors le page et l’ami d’un jeune seigneur local puis, à la mort prématuré de celui-ci (1666), part comme rônin, samouraï errant sans maître, avant de s’adonner à l’art de la calligraphie et de la poésie qu’il apprend à Edo (Tokyo) tout en travaillant au service des eaux de la ville.
Vivant en étroite osmose avec la nature et parfois en ermite, il se consacre peu à peu à la seule poésie, qu’il enseigne à un cercle de fervents disciples, puis à la méditation zen avec le révérend Butchô, tout en parcourant inlassablement le Japon et en rédigeant de nombreux carnets de voyage en prose parsemés de haïkus, genre qu’il initie à partir du haïkaï.
Soigneusement codifié, le haïkaï comporte 31 syllabes et deux parties : le hokkuqui est cadencé en trois vers de 5, 7 et 5 syllabes, puis un final de vers de deux fois 7 syllabes. Le haïku– contraction de haïkaï no hokku– deviendra, sous l’influence de Bashô, l’expression reine de l’art poétique japonais. Il comporte toujours un terme faisant référence à la saison que l’on appelle kigo (“mots de saison”) et certaines références à la nature ou à des lieux sont codifiées et investies d’une charge émotionnelle largement partagée.
Voyageur impénitent, notamment pendant les dix dernières années de sa vie, Bashô retourne régulièrement à l’un ou l’autre de ses Bashô-an (“Ermitage au Bananier”), petite maison de bois isolée en pleine nature et ornée d’un bananier en hommage au nom qui lui fut donné par ses disciples, en référence au détachement bouddhique que celui-ci incarne et à la protection qu’offrent ses larges feuilles lacérées par le vent.
En 1687, on le voit ainsi se rendre au sanctuaire shintô de Kashima pour y voir la lune des moissons, parcourir les monts Yoshino, réputés pour l’abondance et la beauté de leurs cerisiers, et marcher sur les traces du moine Saigyô (794-1192), son modèle spirituel. Deux ans après, il entreprend avec Kawaï Sora, l’un de ses élèves et ami, un long périple de 2.400 Km dans les provinces du nord dont il tirera son chef-d’œuvre, L’étroit chemin du fond, qui marie habilement prose et poésie.
L’âge venant et imprégné de méditation bouddhique, il conçoit de plus en plus le voyage comme une progression sans fin vers l’inapparent. Malade mais toujours en chemin, il mourra quelques années plus tard.
Au Japon, Bashô jouit aujourd’hui d’une réelle et fervente vénération – on dit de lui qu’il est haisei, le “sage du haïku”. Tout Japonais est à même de réciter l’un ou l’autre de ses tercets et il n’est pas rare de croiser une statue le représentant. Les peintres Hiroshige et Hokusai, pour ne citer qu’eux, se sont inspirés de son œuvre.

Le manga de Naho Mizuki est une œuvre d’éveil destinée aux jeunes. Tout en fraîcheur et en dépouillement, elle se présente comme une initiation à la vie et à l’univers poétique et métaphysique du maître du haïku.
Avec finesse et légèreté, le manga nous immerge dans l’univers de celui qui savait « se fondre avec le vent et les nuages », ne faire plus qu’un avec la réalité invisible et éternelle et décrire à merveille la richesse et l’intime beauté du monde.
De plus, il comporte en annexe une présentation détaillée de la technique du haïku, de l’époque de Bashô, de ses compagnons et de sa descendance poétique.

Lauréate du Prix Athena du jeune auteur débutant en 1992 pour son manga « Ami, petit ami et moi » (inédit en France), Naho Mizuki est une illustratrice spécialisée notamment dans le manga pour les adolescentes.
Elle a publié, entre autres, des biographies : « Matsuo Bashô », « Grace Kelly » (éditions Poplar), « Hula girls » (éditions Hakusensha).
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Dans un temple zen de Sébastien Ortiz (Arléa – 2017)


À l’âge de 20 ans, suite à une déception amoureuse, le narrateur part pour Taiwan sans trop savoir que faire de sa vie.
Il se laisse séduire par l’accueil d’un bonze dans un temple zen du nord de l’île.
Seul étranger à y être accueilli, alors que rien ne l’y préparait, il découvre, avec le regard ingénu et confiant de la jeunesse, le quotidien des moines et des nonnes bouddhistes, rythmé par la méditation et l’étude des textes. Il apprend le chinois, la méditation, épouse peu à peu leur existence tissée de passions simples, en harmonie avec une nature qui fait écho à l’imaginaire poétique de la Chine. Il se lie d’amitié avec celles et ceux qui ont choisi la voie monastique et lui livrent des bribes de leur histoire et devient ainsi Maître du tambour et donc Maître du temps.
C’est l’occasion de dresser des portraits savoureux de ces hommes et femmes voués au bouddhisme et de décrire les très beaux paysages qui entourent le monastère.
Ce bel équilibre sous l’hospice des « Quatre Nobles Vérités » est rompu avec une grâce soudaine par sa rencontre avec le livre de poésie « Alcools » de Guillaume Apollinaire, oublié dans la poche latérale du sac à dos du narrateur.
Les vers vont se substituer, peu à peu, aux soutras de méditation marquant le retour du narrateur à la polyphonie du monde bien plus attirante que son impermanence.
Cela sera le moment du départ…

Sébastien Ortiz est né le 28 avril 1972. À l’adolescence, il manifeste un goût prononcé pour la littérature et les voyages. À partir de 1991, il se rend régulièrement en Asie, pour des périodes plus ou moins longues. Il séjourne notamment un an dans un temple bouddhiste à Taiwan (1992-1993), avant de travailler comme coopérant en Inde (Calcutta, 1995-1996).
Des études de science politique et de chinois le conduisent à entrer au Quai d’Orsay en 1996, où il est d’abord en charge de l’Afghanistan et du Pakistan.
De 1999 à 2002, il est Premier Secrétaire à l’Ambassade de France en Indonésie, en charge des questions intérieures.
En disponibilité à sa demande de 2002 à 2005, installé à Digne-les-Bains, Sébastien Ortiz se consacre à l’écriture et aux voyages (Ethiopie, Yémen, Brésil, Inde, Iran, Afghanistan, Etats-Unis, Japon…).
Il réintègre le Ministère des Affaires étrangères en 2005, où il est en charge de la coopération française avec l’Asie.
De 2008 à 2012, il occupe les fonctions de Conseiller de coopération et d’action culturelle en Birmanie, où il dirige également l’Institut Français.
De 2012 à 2015, il exerce les fonctions de Consul général de France à Calcutta.
Il vit actuellement dans un village de Haute-Normandie.
Ecrivain cosmopolite, il publie en septembre 2002 aux éditions Gallimard un premier roman, « Tâleb », qui sera en lice pour plusieurs prix littéraires (dont le Médicis et le Femina) et traduit dans plusieurs langues. Suivent « Mademoiselle Cœur Solitaire » (Gallimard, 2005) puis « Fantômes à Calcutta » (Arléa, 2009) et « Portraits birmans – Dix-neuf vues de la Shwedagon » (Arléa, 2012).
Il a participé à cinq ouvrages collectifs dont une petite anthologie du voyage à Bali (Le Goût de Bali, Mercure de France, 2005).

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La collection "Ticket to" (Éditions de La Martinière – 2017)

Une collection de guides branchés.....

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