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Pourvu que ça brûle de Caryl Ferey (Albin Michel – 2017)

Le récit autobiographique de Caryl Ferey....

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Baïkal-Amour d’Olivier Rolin (Paulsen, collection « Démarches » - 2017)


Le voyage d’Olivier Rolin a été réalisé au printemps 2016, un périple de 5 semaines, une vraie aventure, des rencontres et des surprises.
Il a traversé la Russie, où s’ancrent ses fascinations d’écrivain. Dans ce grand voyage, l’auteur retrouve la poésie des trains russes et croise des vies tellement vraies qu’elles parlent, à chacun d’entre nous, d’un proche qu’on ne connaît pas.
Le BAM (Baïkal-Amour Magistral) est une voie ferrée de près de cinq mille kilomètres, doublant au Nord la partie extrême-orientale du Transsibérien. Elle s’en sépare à Taïchet, juste avant le lac Baïkal, et finit sur le détroit de Tartarie, en face de la grande île de Sakhaline que visita Tchekhov en 1890, non loin des bouches du fleuve Amour.
Des milliers de détenus du Goulag débutèrent sa construction, dans des conditions terribles, dans les années trente. La guerre contraignit à arrêter les travaux, qui reprirent dans les années soixante-dix, devenant un des grands thèmes de mobilisation de la jeunesse d’URSS.
Prendre cette ligne de chemin de fer, c’est voyager dans l’histoire de la Russie, dans sa géographie démesurée, du coeur du continent sibérien au Pacifique, mais peut-être surtout retrouver des noms magnifiques, Baïkal, Amour, Tartarie.
C’est découvrir des villes de pionniers à demi abandonnées dans l’immensité, des vies si humaines qui ne savent plus où elles vont, la mémoire enfuie mais ineffaçable des centaines de milliers de déportés qui construisirent cette ligne et ces villes au prix de leur vie, la grandeur et le malheur, la mélancolie russes…
Il y a tout cela dans ce livre qui traverse pourtant, né de l’espace sans bornes, un sentiment de liberté : « Tout fuit, tout glisse, on se dit qu’on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, et que c’est pour ça qu’on voyage »
On est au coeur des thèmes qui fascinent le plus Olivier Rolin : la Russie, son histoire, les grands espaces et les voyages lointains, qui sont une façon de succomber à la magie des noms et des lieux.
« Outre la géographie, la force dramatique de l’histoire de ce pays m’intéresse. Et bien évidemment la littérature. Quand on est romancier, le grand roman russe tient une place incontestable. »

Né en 1947, Olivier Rolin est un auteur largement traduit. Son oeuvre est constituée d’une vingtaine de romans, dont les très remarqués L’Invention du monde (1993), Port-Soudan (1994, Prix Fémina), Tigre en papier (2002, Prix France Culture) et Le Météorologue (2014, Prix du Style).
Il est également auteur de récits de voyage et de nombreux reportages, notamment en Amérique du Sud.
Il a découvert la Russie en 1986. Depuis, il y est retourné une vingtaine de fois.
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Stupéfiants d’Alexandre Kauffmann (Flammarion – 2017)

Le premier vrai roman policier d'Alexandre Kauffmann....

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La Mer des cosmonautes de Cédric Gras (Paulsen, collection « Démarches » - 2017)


Cédric Gras aime la Russie et les climats difficiles. Il a vécu cinq ans en Russie, puis cinq en Ukraine avant que la guerre entre révolutionnaires de Maidan pro-européens et séparatistes pro-russes ne vienne mettre fin à une aventure qui l’a mené de Vladivostok à Donetsk en passant par le fleuve Amour, les rivages d’Odessa et les steppes du Donbass.
Par une chaude journée de Décembre, Cédric Gras débarque en Afrique du Sud, au Cap, pour rejoindre un brise-glace russe. Sa destination ? Le plus froid des continents : l’Antarctique.
L’expérience est unique. Premier écrivain français à bord de l’Akademik Fedorov, bateau hérité de l’ère soviétique, il va affronter les Quarantièmes rugissants et franchir le 60è parallèle pour atteindre enfin les rives de la Pravda, ou rive de la vérité. Cédric Gras aime et connaît admirablement la Russie et ses climats difficiles.
Après la Sibérie, le voici naviguant parmi les icebergs pour assurer le ravitaillement des bases russes : Progress, la capitale et Mirny, la plus soviétique, y déposer les candidats à l’hivernage et récupérer l’équipe qui vient de passer un an dans la base antarctique Vostok qui est une station de recherche russe.
Une expédition russe partie ravitailler une ex-base soviétique sur laquelle flottent les drapeaux russe et ukrainien. Beau symbole pour cet amoureux de Vladivostok et de Donetsk.
Bercé par la navigation, notre écrivain a trouvé des trésors dans la bibliothèque de bord, avant de séjourner à terre avec ceux qui luttent contre le froid et le blizzard au nom de la science.
Durant trois mois, Cédric Gras a partagé le quotidien des passagers du brise-glace, scientifiques, marins, techniciens en partance ou de retour et femmes affectées aux tâches ménagères, dans le bateau et sur les bases. Il a vécu aux côtés des Poliarniks, ces hommes sélectionnés pour leurs capacités physiques, leur sang-froid face aux dangers. Ces hommes qui, enfants, rêvaient soit de s’envoler dans le cosmos, soit de participer aux expéditions du pôle Sud.
Car la Russie, qui leur promettait de voir le vaste monde, a ceci de particulier que ses aventuriers en herbe rêvent d’étoile ou de grand froid. Ces hommes qui, durant de longues années délaissent leur famille pour le pôle et mènent parfois une double vie (une femme à terre et une à bord).
Embarquer pour l’Antarctique, c’est pour eux l’occasion de découvrir le monde, loin des contrées de Russie : Singapour, l’île Maurice, Le Cap, Hobbart.
Cédric Gras a parcouru avec ces hommes ces rivages, baignés par la mystérieuse mer des Cosmonautes.
Et la mer des Cosmonautes ? C’est celle des Poliarniks, située près du continent antarctique, et qui leur offre ses paysages lunaires depuis le pont de l’Akademik Fedorov.
Cédric Gras livre un palpitant récit de cette aventure hors-norme, décrivant à merveille le quotidien lancinant du bord où l’on perd la notion des jours, dressant le portrait haut en couleur de ces conquérants des glaces, qui ont marqué l’imaginaire de l’URSS presque à l’égal des cosmonautes. Certains de ces hommes ont passé jusqu’à trente ans dans les glaces, vivant dans un « petit communisme au frais de l’État ».
Il décrit la fascinante histoire de la conquête russe en Antarctique, mais aussi son déclin, celui de l’URSS, et la nostalgie qui s’ensuit.
Aujourd’hui la Russie entretient 5 des 8 bases de l’époque soviétique.

Cédric Gras est un écrivain arpenteur. Ses envies de voyage lui viennent peut-être de son enfance. Avec ses parents, il aimait prendre la route dans un combi Volkswagen : Suède, Ecosse, Autriche, ils visitent l’Europe.
Cédric Gras a besoin de grands espaces. Il se lance dans des études de géographie qu’il finance en bossant comme barman, puis part à la découverte du monde, sac au dos. Il obtient une bourse d’études au Canada, puis traverse l’Amérique du Sud avant de se faire payer un billet d’avion pour l’Inde par une assistante sociale, et de finir son master au fin fond de la Sibérie, à Omsk. Il trouve un job de prof de français avec une paie de 800 roubles (250 euros) par mois. «Je vivais au jour le jour, j’étais heureux. Quand s’est présentée cette offre de fonder une Alliance française à Vladivostok, j’ai dit oui tout de suite.».
Lui, qui rêvait de bout du monde, il est servi. Cette ville portuaire se trouve à l’extrémité orientale de la Russie, bien plus proche de Séoul, Tokyo ou Pékin que de Moscou. Là, avec ses rudiments de russe, il doit créer une structure associative sous l’égide des autorités locales.
A Vladivostok, il rencontre un autre écrivain voyageur, Sylvain Tesson (avec qui il partage d’avoir survécu à une chute vertigineuse), qui l’embarquera, bien plus tard, dans sa traversée de la Russie en side-car sur les traces de Napoléon. Une épopée racontée dans le superbe Berezina (Guérin,2015) et réédité en Folio.
Quand son contrat prend fin, il part à Moscou. Et réalise qu’à 27 ans, il est temps de gagner sa vie. Il postule au Quai d’Orsay où on lui dit qu’un poste est libre à Donetsk : «Je ne savais pas situer cette ville sur une carte ! Donetsk, c’est des corons qui ont fini par devenir une agglomération, puis une ville moderne financée par les oligarques. Je n’aurais jamais imaginé y passer cinq ans !». Il finira par trouver beau ce paysage industriel. Et même par l’aimer. Et même par écrire son premier roman Anthracite (Stock), paru en 2016 qui relate les derniers évènements qui se sont déroulés en Ukraine.
Il a publié, en 2011 chez Phébus, le récit de ses années passées à Vladivostok.
En 2013, il publie Au Nord, c’est l’Est, un récit fascinant dans lequel il invite le lecteur à envisager que le Nord russe se situerait en réalité...à l’Est ! Pour écrire cet ouvrage Cédric Gras a parcouru des milliers de kilomètres, bravant les intempéries, échangeant avec les autochtones, à la découverte de ces territoires austères et reculés.
Après la publication en 2014 d’un recueil de douze nouvelles nourri par ses aventures à travers le globe, Le Cœur et les Confins, toujours chez Phébus, il revient un an plus tard avec un récit lyrique de ses voyages en Russie L’hiver aux trousses, cette fois chez Stock, réédité en Folio.

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Journaux de voyage de Bashô, traduction de René Sieffert (Verdier-2016)

Le plus illustre poète japonais....

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