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Le Roi du monde de Kavita Daswani (De Fallois – 2016)

 
Unique fils de Bhagwan, un industriel du jean indien, Anil avait tout pour réussir : la fortune familiale, la beauté, un métier tout trouvé. Pendant son enfance à Singapour, les amies de sa mère s’extasiaient déjà sur ses grands yeux, ses longs cils, ses boucles brunes. Mais dès le Prologue du livre, nous comprenons que les choses ont mal tourné : nous le retrouvons dans l’ashram où il s’est réfugié pour échapper aux griffes de Sonia, sa femme, à sa vie factice à Dubaï, et aux banquiers qui le harcèlent depuis que son empire immobilier s’est effondré avec la crise financière.
À la différence de ses trois sœurs plus âgées qui ont bravé la tradition pour se mettre à travailler et mener leur vie comme elles l’entendaient, Anil est l’enfant gâté typique de la nouvelle génération indienne.
À l’école, il compte sur sa voisine pour lui donner les solutions qui lui permettent de passer ses examens sans encombre.
À l’université américaine où il passe quatre années pour obtenir un MBA, il fait ses gammes de séducteur.
Au retour, il s’ennuie dans l’affaire familiale, joue au golf avec sa bande de copains riches comme lui, fume des cigares, roule en Ferrari, voyage. Singapour, Hong Kong, Bombay. D’hôtels de luxe en hôtels de luxe.
A Hong Kong, il a retrouvé Ravina, sa voisine de classe. Elle organise des concerts, fait carrière. Et si c’était la femme de sa vie ? Mais les parents d’Anil mettent leur veto à cette mésalliance : le père de Ravina n’est pas son propre patron. Et Anil cède, comme il l’a toujours fait. Alors de partout, les prétendantes affluent, poussées par leurs mères et les traditionnelles entremetteuses, pour séduire le bel indifférent. La saison des mariages à Bombay est l’occasion de fêtes somptueuses.
C’est lors d’une de ces fêtes, que surgit une apparition : Sonia, une beauté radieuse, qui semble parée de toutes les qualités. Ce qu’Anil découvrira bien plus tard, c’est que la belle a tout manigancé pour envoûter le célibataire le plus convoité de la communauté indienne.
Après leur mariage, ils s’installent chez les parents d’Anil au grand dam de Sonia qui déteste sa belle-mère. Las de sa routine professionnelle, Anil s’est lancé à l’insu de son père dans un trafic de faux jeans de créateurs très lucratif. Pris sur le fait, il s’en tirera. Comme toujours. Poussé par Sonia, il quitte alors sa famille pour s’installer à Dubaï, et se lance dans l’immobilier grâce à l’argent donné par son père. Il achète, vend, vit comme un nabab. Jusqu’au jour où tout s’effondre. Son empire comme son mariage.
Anil pourrait bien être le petit frère de la Bombay Girl, l’héroïne du précédent roman de Kavita Daswani (De Fallois,2015) . Un séduisant mélange de tradition et de modernité. Comme Kavita Daswani elle-même. Cosmopolite, au fait de toutes les dernières tendances de la mode, mais fondamentalement indienne.
En plus d’une intrigue romanesque à souhait, le nouveau roman de Kavita Daswani est, cependant, un peu plus sombre que dans ses précédents romans même si on retrouve ici les couleurs de cette région du monde, les couchers de soleil, la beauté des vêtements traditionnels, les endroits les plus branchés de Singapour, Hong-Kong ou Dubaï. Et le parfum, la saveur de tous ces plats qui donnent envie de partir sur les traces de son héros, et dont on aimerait bien qu’un jour, Kavita Daswani nous donne la recette.

Kavita Daswani est née à Hong Kong de famille indienne émigrée à la fin des années 40. Elle y vit, et fait ses études dans des collèges anglais, jusqu’à ce qu’elle parte en 2000 pour Los Angeles.
Kavita devient journaliste à l’âge de 17 ans. Après avoir écrit dans des magazines locaux, cinq ans plus tard, elle débute au South China Morning Post, le journal le plus important de Hong Kong. Ses articles portent aussi bien sur les affaires que sur la santé, la mode ou les VIP. Elle fait partie de la rédaction.
En 1993, elle décide de s’installer à Paris.
C’est à cette époque que sa famille, n’ayant de cesse de lui trouver un mari, la rappelle à Bombay. Elle y reste plus de trois mois. Beaucoup des expériences relatées dans son livre Mariage à l’indienne remontent à cette période.
Elle est correspondante de mode pour CNBC Asie, pour CNN International.
Depuis 1995, elle voyage à travers le monde pour couvrir des défilés de mode ou des événements de société.
Le Roi du Monde est son quatrième roman traduit en français après Mariage à l’indienne en 2003, Retour à Bombay en 2012 et Bombay Girl en 2015 (De Fallois et Livre de poche).
Mariée en 2000, elle vit avec son mari et son fils à côté de Los Angeles. Elle continue à travailler en journaliste indépendante pour des journaux et magazines américains et asiatiques.
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Un long regard sur l'Inde de Catherine Clément (Les Impressions Nouvelles – 2016)

Une passion indienne.....

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Le Jardin arc-en-ciel d’Ogawa Ito, Traduit par Myriam Dartois-Ako (Philippe Picquier – 2016)


Izumi, jeune mère célibataire, rencontre Chiyoko, lycéenne en classe de terminale, au moment où celle-ci s’apprête à se jeter sous un train.
Quelques jours plus tard, elles feront l’amour sur la terrasse d’Izumi et ne se quitteront plus.
Avec le petit Sosûke, le fils d’Izumi, elles trouvent refuge dans un village de montagne, sous le plus beau ciel étoilé du Japon, où Chiyoko donne naissance à la bien nommée Takara-le-miracle; ils forment désormais la famille Takashima et dressent le pavillon arc-en-ciel sur le toit d’une maison d’hôtes, nouvelle en son genre.
Izumi raconte la rencontre, la fuite, l’installation au Machu Pichu, le nom qu’elles ont donné à ce coin de campagne aussi difficile d’accès que la célèbre montagne andine.
Chiyoko raconte, elle, la construction de la famille, le projet professionnel des deux femmes, la possibilité de former un vrai couple.
Et les enfants à leur tour prennent la parole pour évoquer, à travers leur regard d’enfant, cette famille atypique, comment ils ont, eux, vécu cette différence et comment ils se projettent dans l’avenir.
Il y a quelque chose de communicatif dans la bienveillance et la sollicitude avec lesquelles la famille accueille tous ceux qui se présentent: des couples homosexuels, des étudiants, des gens seuls, des gens qui souffrent, mais rien de tel qu’un copieux nabe ou des tempuras d’angélique pour faire parler les visiteurs! Tous repartiront apaisés. Et heureux.
Ce roman, écrit avec beaucoup de finesse et de pudeur, est aussi un joli plaidoyer pour la vie familiale qui devrait être accessible à chacun quels que soient son sexe et ses mœurs.
Ogawa Ito expose son point de vue sur ce sujet sans militantisme forcené mais avec une grande ouverture d’esprit, n’éludant aucun aspect de la question, ne prenant qu’un parti, celui de la tolérance, de l’acceptation et du droit de chacun à disposer de son corps et du sens qu’il souhaite donner à son existence.
On réserverait bien une chambre à la Maison d’hôtes de l’Arc-en-ciel !

Née en 1973, Ogawa Ito est l’auteur de livres pour enfants et écrit des chansons pour le groupe de musique Fairlife.
Avec Le restaurant de l'amour retrouvé , son premier roman, elle a obtenu un grand succès auprès des critiques et du public. Le roman a remporté le Prix Étalage de la Cuisine 2011 et une version cinématographique est sortie sur les écrans japonais en 2010, adapté par la réalisatrice Mai Tominaga.
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Le Prodige de l'amitié, Petite équipée vers les sommets de la camaraderie de Brian Mathé (Transboreal, Petite philosophie du voyage – 2016)

Un livre écrit par l'un des membres de l'aventure "Solidream".......

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Berezina de Sylvain Tesson, Photographies de Thomas Goisque (Albums hors série, Gallimard – 2016)


Élu «Meilleur livre de voyage 2015» par le magazine Lire, Prix des Hussards 2105 et Prix littéraire de l'Armée de Terre - Erwan Bergot 2015, Berezina raconte de Moscou à Paris en side-car, une folle épopée de 4 000 km sur les traces de Napoléon...

Octobre 1812, Napoléon entre dans Moscou. Les Russes ont mis le feu à la ville, bientôt elle sera réduite à un tas de cendres. L'Empereur tergiverse, se décide à rebrousser chemin. Il donne le coup d'envoi de la Retraite de Russie, une page d'Histoire passée à la légende pour la somme de ses souffrances et de ses actes héroïques.

Deux cents ans plus tard, Sylvain Tesson décide de commémorer à sa façon le bicentenaire de la retraite de Russie. Réitérant avec ses amis (dont Cédric Gras, autre écrivain voyageur et Thomas Goisque, son photographe d’aventures), le périple de la Grande Armée, juchés sur des side-cars russes de marque Oural, ils rallieront Paris depuis Moscou, guidés par les récits des spectres de 1812.

Quatre mille kilomètres à la mémoire des soldats de la Grande Armée. Une équipée sauvage pour saluer les fantômes de l'Histoire, à travers les plaines blanches.

Cette édition du récit de Sylvain Tesson, grognard aux semelles de vent, est illustrée de près de 100 photographies inédites rapportées par Thomas Goisque et immortalisant les moments-clés du périple.
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La vie des autres de Neel Mukherjee, traduit de l’anglais par Simone Manceau (Piranha éditions – 2016)

Un saga familiale au coeur de l'Inde des années 70.....

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Algérie gourmande de Claire et Reno Marca et Ourida Nekkache (La Martinière – 2016)


En matière de gastronomie, qui dit Algérie, dit couscous. Du moins en France. Ce plat n’est-il pas devenu l’un des plus populaires dans l’Hexagone ? On ne peut que s’en féliciter, même si l’on regrette que cet engouement n’ait pas été accompagné d’une curiosité plus grande envers la cuisine algérienne.
Nourrie d’influences diverses (berbère, ottomane, andalouse, italienne, et, même, française !), elle est bien plus riche. Bien plus « plurielle », comme le soulignent en chœur Claire et Reno Marca.
Reporter photographe et auteure pour Claire et illustrateur pour Reno, ils ont sillonné tous deux le pays, d’Alger à Ghardaïa, d’Oran à Constantine, avec haltes à Sabra, Beni Saf, Mascara…
Multipliant les rencontres, parcourant les marchés, ils ont recueilli les secrets d’une amie sociolinguiste - qui vit à Oran depuis 25 ans, où elle enseigne le français à l'Université des Sciences Technologiques - grand cordon-bleu à ses heures : Ourida Nekkache.
C’est de ce périple qu’est né Algérie gourmande, un beau livre au sous-titre qui dit tout : « Voyage culinaire dans la cuisine d’Ourida ».
En compagnie d’Ourida donc et de nombreux amis, Claire et Reno ont passé les portes si difficiles à franchir des cuisines algériennes, à la rencontre des femmes un peu partout dans le pays (en Algérie la cuisine est une affaire exclusivement féminine) et de producteurs des différentes villes et campagnes du Nord de l'Algérie : Mourad, l’épicier oranais, Zit Ezitoun, le producteur d’huile d’olive de Sabra, les Benchekor, fermiers dans l’Algérois…

C’est toute cette richesse qu’ils nous livrent avec plus de 300 illustrations et photographies : des portraits de producteurs d'huile d'olive, de vin, des fermiers, boulangers, maraîchers, gérants de palmeraie et 60 recettes emblématiques traditionnelles et plus contemporaines, des recettes simples, savoureuses souvent rapides et riches d’innombrables produits accessibles à tous qu’Ourida a hérité de sa mère.

Au niveau des recettes on navigue entre tradition et modernité.
Au chapitre des entrées: chorba frik (soupe à la viande et aux légumes comme on la prépare à Bordj Bou Arreridj, dans l’est de l’Algérie) ou chorba de l’Oranais (avec vermicelle), chekchouka (ratatouille algéroise), sardines chermoula (farcies aux oignons et à l'ail), bourek bel kefta (à la viande hachée et au fromage), hadjeb (crêpes fourrées aux oignons et à la tomate), Selq bel baïdh (blettes aux olives et aux oeufs).
En plats, Taâm bel Hout (couscous au poisson), Mfawar (agneau vapeur à la cocotte), Marqa't el besbes (mouton braisé au fenouil).
Et en dessert : Kaâb ghozel (cornes de gazelle), Dziri-Breizh (les algéros-bretonnes au caramel au beurre salé).
Les quelques recettes de fin rassemblées sous le titre "extras" sont des condiments, des boissons et des pains.

Les textes sont touchants et on sent l'attachement au terroir algérien, aux traditions du pays et surtout à la fameuse hospitalité de nos deux voyageurs.
Tout dans cet ouvrage, richement illustré de superbes dessins et photographies, n'est que sourire, générosité, partage et gourmandise et cela ne peut-être autrement quand on a eu le plaisir de connaître Claire et Reno Marca.
Livre de cuisine itinérant ou récit de voyage cuisiné, Algérie gourmande est à la fois une aventure culinaire vivante et riche et un portrait intimiste de l’Algérie.

Respectivement auteur et illustrateur, Claire et Reno Marca ont fait de leur passion commune pour le dessin, les livres et les horizons lointains un mode de vie.
Récit illustré, carnet de voyage, reportage graphique ou BD, leur travail qui mêle les genres est sans doute un peu tout cela à la fois...
Trois ans de voyage (Aubanel, 2005, Editions de La Martinière, 2011) est leur premier récit illustré. Cet ouvrage exceptionnel a été plusieurs fois récompensé (Prix du Jury 2007 au FIDLAS, Vallauris ; mention Spéciale Prix Amerigo Vespucci 2006 (Saint-Dié des Vosges) ; mention Spéciale à la Biennale du Carnet de voyage de Clermont-Ferrand 2005 ; Prix des Cinq Continents 2006 (catégorie beaux-livres)). Leur deuxième ouvrage, Madagascar, 3 mois de voyage sur l'île rouge (Aubanel, 2007), a obtenu le Grand Prix Michelin à la Biennale du carnet de voyage de Clermont-Ferrand 2007, leur troisième ouvrage, Algérie, « Soyez les bienvenus ! » (Aubanel, 2008), est un magnifique succès et le quatrième, Journal de la Mer d’Arabie (La Martinière, 2012) confirme le talent de ces deux voyageurs au long cours.
L’Algérie gourmande sera leur cinquième ouvrage commun publié aux éditions de La Martinière.


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Revue ULTREÏA ! N°9 - Automne 2016

Nouveau numéro de cette magnifique revue.....

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Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson (Gallimard – 2016)


Voilà le grand retour de Sylvain Tesson, écrivain, aventurier et marcheur, aux fondamentaux, la marche, le silence, la solitude, l’éloignement de la civilisation technologique, avec, après l’Himalaya et la Russie, cette traversée à pied de la France, réalisée entre Août et Novembre 2015, à la rencontre d’un pays sauvage et méconnu.
L’écrivain-voyageur est allé écouter battre le cœur de cette « France de l’hyper-ruralité » souvent réduite à de froids rapports administratifs, commandités par Jean-Marc Ayrault, qui recensaient 40 bassins de vie hyper-ruraux en France, c’est-à-dire des zones mal goudronnées, pas assez connectées à Internet et trop éloignées des administrations publiques.
Pour Sylvain Tesson la définition du Paradis.
C’est aussi l’occasion d’une reconquête intérieure après le terrible accident qui a failli lui coûter la vie en Août 2014 : « L’année avait été rude. Je m’étais cassé la gueule d’un toit où je faisais le pitre. J’étais tombé du rebord de la nuit, m’étais écrasé sur la terre. Il avait suffit de huit mètres pour me briser les côtes, les vertèbres, le crâne. J’étais tombé sur un tas d’os. Je regretterais longtemps cette chute parce que je disposais jusqu’alors d’une machine physique qui m’autorisait à vivre en surchauffe. Pour moi, une noble existence ressemblait aux écrans de contrôle des camions sibériens : tous les voyants en alerte sont au rouge mais la machine taille sa route.
La Grande santé ? Elle menait au désastre, j’avais pris cinquante ans en dix mètres. À l’hôpital, tout m’avait souri. Le système de santé français a ceci de merveilleux, qu’il ne vous place jamais devant vos responsabilités. On ne m’avait rien reproché, on m’avait sauvé. La médecine de fine pointe, la sollicitude des infirmières, l’amour de mes proches, la lecture de Villon-le-punk, tout cela m’avait soigné. Un arbre par la fenêtre m’avait insufflé sa joie vibrante et quatre mois plus tard j’étais dehors, bancal, le corps en peine, avec le sang d’un autre dans les veines, le crâne enfoncé, le ventre paralysé, les poumons cicatrisés, la colonne cloutée de vis et le visage difforme. La vie allait moins swinger. »

Plutôt que de se refaire une santé dans un centre de soins, conseil de ses médecins, Sylvain Tesson décide de tracer une diagonale à pied, du Mercantour au Cotentin.
Il se reconstruira par la marche.
Cette longue marche ne répare pas seulement le corps meurtri de Sylvain Tesson, c'est aussi un chemin de reconstruction de l'âme, la quête salvatrice de soi.
Le voici donc en route, avec pour s’aider, de bonnes cartes IGN au 1/25.000 en papier, par les petits chemins que plus personne n’emprunte, en route vers ces vastes territoires non connectés, qui ont miraculeusement échappé aux assauts de l’urbanisme et de la technologie, mais qui apparaissent, sous sa plume, habités par une vie ardente, turbulente et fascinante : « Il fallait à présent me montrer fidèle au serment de mes nuits de pitié. Corseté dans un lit étroit, je m’étais dit à voix presque haute : « si je m’en sors, je traverse la France à pied. » Je m’étais vu sur les chemins de pierre ! Je voulais m’en aller par les chemins cachés, flanqués de haies, par les sous-bois de ronces et les pistes à ornières reliant les villages abandonnés. Il existait encore une géographie de traverse pour peu qu’on lise les cartes, que l’on accepte le détour et force les passages. Loin des routes, il existait une France ombreuse protégée du vacarme, épargnée par l’aménagement qui est la pollution du mystère. Une campagne du silence, du sorbier et de la chouette effraie. Des motifs pour courir la campagne, j’aurais pu en aligner des dizaines. Me seriner que j’avais passé vingt ans à courir le Monde entre Oulan-Bator et Valparaiso et qu’il était absurde de connaître Samarcande alors qu’il y avait l’Indre-et-Loire. Mais la vraie raison de cette fuite à travers champs, je la tenais serrée sous la forme d’un papier froissé, au fond de mon sac… »
Départ de la frontière franco-italienne, puis traversée du Var, des Pays du Verdon, de Valensole, de Lure et du Ventoux, passage du Rhône à Pont-Saint-Esprit, direction le Vivarais, puis le Mont-Lozère, la Margeride. Traversée de l’Aubrac avant de gagner la Creuse puis franchir la Loire, direction la Gâtine, la Mayenne, l’Avranchais pour arriver à la pointe du Cotentin.
Occasion, aussi, de retrouver, durant quelques jours, ses amis d'aventures de toujours: l'écrivain Cédric Gras et le photographe Thomas Goisque qui lui offrent des moments de partage et de réflexions existentielles hilarants....
Sur les chemins noirs est un superbe livre, personnel, attachant et salvateur, hymne à la beauté des terroirs et des paysages en danger, mais surtout le cri du cœur d’un écrivain qui n’a rien perdu de sa verve et de son mordant à l’égard de notre civilisation technocratique et technologique, de l’économie glorieuse et de l’agriculture industrielle, sans oublier l’urbanisme triomphant et ses zones périurbaines, toujours avec ses mots, ses formules littéraires, son humour, son autodérision, son talent, quelques aphorismes de son cru et son éternel pofigisme (ce mot russe désignant une attitude face à l'absurdité du monde et à l'imprévisibilité des événements).

Né à Paris en 1972, Sylvain Tesson est un écrivain, nouvelliste et voyageur qui ne cesse de parcourir le monde tout en le racontant. Il est l'auteur de nombreux récits de voyage, mais aussi de recueils de nouvelles et d'essais. Sylvain Tesson est géographe de formation.
Après ses premiers voyages, il décide de partir en 1993 durant un an autour du monde, à bicyclette, avec son ami de lycée Alexandre Poussin. Les deux jeunes hommes viennent de finir leurs études et n'ont qu'un budget restreint, mais parcourent plusieurs continents et 25 000 kilomètres. Ils en tirent un livre paru en 1996, On a roulé sur la terre (Pocket, 2008), qui reçoit le Prix de l'Institut national géographique.
Ils repartent ensemble en 1997 pour traverser l'Himalaya à pied, durant cinq mois. Suivra la publication de La Marche dans le ciel : 5 000 kilomètres à pied à travers l'Himalaya (Pocket).
En 1999, accompagné cette fois de la photographe et aventurière Priscilla Telmon, Sylvain Tesson parcourt à cheval les steppes d'Asie centrale et coécrit deux ouvrages avec cette dernière dont La chevauchée des steppes (Pocket, 2013).
De 2003 à 2004, il entreprend de suivre le périple d'évadés du goulag retracé dans le livre À marche forcée de Slawomir Rawicz. Il parcourt la Sibérie jusqu'à atteindre l'Inde et relate ce voyage dans L'Axe du loup (Pocket).
En 2010, il décide de vivre en ermite durant six mois en Sibérie, au bord du lac Baïkal. Il publie un essai tiré des notes de son journal, Dans les forêts de Sibérie (Folio, 2013), qui reçoit le Prix Médicis en 2011.
En plus de ses voyages et des récits, Sylvain Tesson est également l'auteur de nombreuses nouvelles : le recueil Une vie à coucher dehors, publié chez (Gallimard-Folio) en 2009, a reçu le Prix Goncourt de la nouvelle.
Son dernier recueil de nouvelles, S'abandonner à vivre, est sorti en 2014 chez Gallimard-Folio.
Sans oublier ses fabuleux recueils d’aphorismes sortis chez Pocket (2013 et 2014).
Berezina (Folio, 2016), son dernier récit de voyage, sur cette épopée Napoléonienne aux confins des steppes et de l’histoire, était, comme à son habitude, plein de fulgurances littéraires sur fond d’histoire et d’autodérision.


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Il était une fois l’inspecteur Chen de Qiu Xiaolong (Liana Levi – 2016)

La première enquête de l'inspecteur Chen......

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Revue Long Cours N°8




Lancée en 2012, la revue de voyage Long Cours publie son 8e numéro en coédition avec Le Point.
Au sommaire de ce « mook », comme on surnomme les publications à mi-chemin du magazine et du livre : l'exploration polaire.
« Avec le réchauffement climatique, les pôles sont devenus un sujet d'actualité. Ils symbolisent les enjeux auxquels sont confrontées nos sociétés », explique Tristan Savin, fondateur de la revue.
Une trentaine de journalistes et de romanciers contribuent à ce numéro qui explore l’aventure des pôles.
Sylvain Tesson et Cédric Gras son complice d’épopées, partent vers la lointaine Terre de Baffin au temps des navigations hauturières, François Garde fait escale aux Kergelen, le merveilleux Gilles Lapouge poursuit son plaidoyer pour la géographie et Douglas Kennedy retrouve l’outback de ses débuts littéraires, quand le désert australien lui inspirait « Cul-de-sac », son premier roman.
C’est encore l’analyse d’Arni Thorarinsson, l’auteur de polars islandais, sur son pays atteint par une nouvelle corruption révélée par les Panama Papers, ou Caryl Ferey au Chili, dans les coulisses de son roman "Condor".
Le cinéaste Luc Jacquet, Oscar du meilleur film documentaire en 2006 pour La Marche de l'empereur, évoque son amour de l'Antarctique et sa rencontre avec le glaciologue Claude Lorius, dont les recherches ont permis de comprendre le réchauffement climatique.
Les photographes Thomas Goisque et Tiina Itkonen publient des portfolios sur Sakja, la plus septentrionale des républiques russes de Sakha, ainsi que sur le quotidien des Inuits au Groenland.
Le dessinateur Frédéric Tonolli nous livre le carnet de croquis qu'il a réalisé pendant son séjour de quatorze mois chez les Tchouktches de Sibérie. Le journaliste André Trentin nous raconte la guerre larvée qui oppose les grandes puissances pour prendre le contrôle du pôle Nord et de ses riches sous-sols.
Entre ces pages qui traversent des territoires aujourd'hui menacés, on croise également Bruce Chatwin raconté par Jean-Claude Perrier, Jean Malaurie vu par Michel Onfray, des baleines, des ours, les derniers chamans racontés par Olivier Truc et même Michel Rocard.
Du pôle Nord au pôle Sud, de la Laponie aux lointaines îles Kerguelen, en passant par la Patagonie, Long Cours vous propose de découvrir les facettes kaléidoscopiques de ces mondes à part sur les traces des peuples qui y vivent, des scientifiques qui y travaillent et des écrivains-voyageurs qui y ont séjourné.
Une manière de découvrir les enjeux géopolitiques et sociaux, les défis économiques et les spécificités culturelles de ces régions arctiques et antarctiques à travers des récits, reportages et analyses de grandes plumes.
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Rencontres autour du monde de Stéphanie Ledoux (Elytis – 2016)

Une peintre-voyageuse de grand talent....

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Le grand jeu de Céline Minard (Rivages – 2016)


Dans ce nouveau roman, dense et radical, qui interroge l'être humain dans son rapport au monde et à ses semblables, Céline Minard fait le récit d’un isolement volontaire dans un refuge en haute montagne.
Elle nous offre l'aventure tout à la fois physique et ardemment spirituelle d'une narratrice qui a choisi de se retirer dans la solitude de la haute montagne, pour de mystérieuses raisons, dans un abri dernier cri, sur une terre qu’elle a achetée.
Installée dans un refuge technologiquement avancé, accroché à une paroi d’un massif montagneux, elle s'isole de ses semblables pour tenter de répondre à une question simple : comment vivre ?
Fibre de verre et PVC haute densité, isolant dernier cri, panneaux photovoltaïques, tout a été pensé, conçu pour supporter les conditions climatiques extrêmes et assurer à la femme un nid d'où elle pourra « observer et respirer le monde ».
Ce tube high-tech n’est pas sans rappeler d’une certaine façon une forme contemporaine du tonneau de Diogène : « Ma narratrice est une nouvelle Diogène, mieux vêtue, mieux logée, plus équipée, mais elle cherche à vivre « selon la nature », comme tous les Grecs de l'Antiquité. »
Outre sa solitude, elle s’impose un entraînement physique et spirituel intense.
Au programme de cette retraite : lecture (une bibliothèque dans l'habitacle), cuisine, musique (elle a fait venir son violoncelle), jardinage (la femme compte se nourrir grâce à la pêche et à sa production de légumes que lui fournit son potager), longues marches, escalades, activités de survie, sa vie est réglée sur le temps de la montagne. Elle s'installe, commence à explorer l'espace environnant, à retourner la terre dans son potager, à s'organiser.
La narratrice consigne l'expérience en commençant la rédaction d’un journal de bord : Compte-rendu auquel elle ajoute ses réflexions métaphysiques essentiellement articulées autour de la question des rapports humains. Peut-on s'en passer ? Sont-ils irrémédiablement voués à être des rapports de domination ? Peut-on réellement vivre hors-jeu ? Et si oui l'isolement mène-t-il à « la paix de l'âme »? Ces questions jalonnent le roman, et resteront sans réponse.
Descriptions méticuleuses, voire maniaques de ce projet de vie extrême. Céline Minard transcrit la brutalité d'un environnement hostile, les conditions de vie extrêmes, la beauté des paysages, les efforts, les réconforts, les accidents. Mots choisis, phrases tranchées, une économie de moyens en adéquation avec la situation : pas de fioritures, pas de superflu à l’image de la conception de son habitacle.
Céline Minard passe ainsi de remarques très concrètes sur le quotidien plutôt rude de son héroïne à des considérations philosophiques sur la solitude, liant le physique et la métaphysique (l’auteure a fait des études de philosophie).
Mais, Robinson suppose Vendredi. La narratrice a tout calculé, tout prévu, sauf l'apparition dans son environnement, d'un autre être humain, une ermite « chinoise », un petit caillou dans les rouages de cette folle aventure, sensée lui apporter la sérénité d'une vie sans rapport avec ses semblables, hypothèse que la narratrice tentait de vérifier.
Il s’en suit pour elle, une multitude d’interrogations sur la rencontre et la place d’autrui.
Avec son style acéré, Céline Minard nous offre un texte magnifique sur les jeux et les enjeux d'une solitude volontaire confrontée à l’épreuve des éléments.

Après avoir étudié la philosophie, Céline Minard s'attache au travail d’écriture, collaborant parfois avec des plasticiens, comme Scomparo.
Son œuvre marquerait « le retour de la fiction pure et dure dans le paysage littéraire français ».
Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis en 2007 et 2008 et de la Villa Kujoyama en 2011.
En 2008, son 4e roman, Bastard Battle, est récompensé d'une mention spéciale par le jury du Prix Wepler – Fondation La Poste.
En 2011, elle reçoit le prestigieux Prix franco-allemand Franz Hessel pour So Long Luise.
Avec Faillir être flinguée, elle est récompensée par plusieurs prix dont le Prix du Livre Inter en 2014.

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Rencontre du Vendredi 28 Octobre 2016

La Librairie les cinq continents et les Éditions Gallimard

vous proposent

Une rencontre

Avec

Sylvain Tesson

Le Vendredi 28 Octobre 2016

à 19h00

Salle Pétrarque, 2 place Pétrarque (Hôtel de Varennes), Montpellier

Entrée libre


Voilà le grand retour de Sylvain Tesson, aux fondamentaux, la marche, le silence, l’éloignement de la civilisation technologique, avec, après l’Himalaya et la Russie, cette traversée à pied de la France, réalisée entre Août et Novembre 2015, à la rencontre d’un pays sauvage et méconnu.
C’est aussi l’occasion d’une reconquête intérieure après le terrible accident qui a failli lui coûter la vie en Août 2014.
Le voici donc en route, par les petits chemins que plus personne n’emprunte, en route vers ces vastes territoires non connectés, qui ont miraculeusement échappé aux assauts de l’urbanisme et de la technologie, mais qui apparaissent, sous sa plume, habités par une vie ardente, turbulente et fascinante. 
Toujours avec ses mots, ses fulgurances littéraires, son humour, son talent et quelques aphorismes de son cru.

Affiche de la rencontre

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Hiver à Sokcho d'Elisa Shua Dusapin (Zoé – 2016)

Un beau premier roman d'une auteure suisse prometteuse....

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