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L‘Âme du Gange, Un pèlerinage aux sources de Tanneguy Gaullier (Transboréal – 2016)

 
Le Gange est un élément important de la culture indienne. Il est Ganga Mata, Mère Gange, Mère Divine.
Plus de huit cents millions d’hindous le vénèrent et cent millions de musulmans le respectent. Pour les hindous, l'immersion dans le Gange lave le croyant de ses péchés et la dispersion de ses cendres dans le fleuve lui apporte une meilleure vie future.
Il n’existe pas un autre fleuve au monde pour lequel on ait imaginé autant de noms, près de mille : « Délectable pour les yeux », « Porteuse de chance », « Dissipant la peur », « Mère de tout ce qui vit » « Incarnation de l’esprit suprême », « Source de bonheur », « Mélodieuse »
Même pour l’agnostique Nehru, le fleuve avait son importance. Dans son testament, il écrivait : « Le Gange est le fleuve de l’Inde aimé de son peuple, autour duquel s’intègre ses souvenirs collectifs, ses espoirs et ses craintes, ses chants de triomphe, ses victoires et ses défaites… Le Gange a été pour moi un symbole et un souvenir du passé de l’Inde se précipitant dans le présent et s’écoulant dans le vaste océan de l’avenir. »
En sept mois, Tanneguy Gaullier a foulé sur 2600 kilomètres les rives du Gange, de l’océan Indien aux trois sources sacrées. Immergé dans l’Inde traditionnelle et poursuivant une quête spirituelle, le jeune pèlerin s’est laissé envoûter par la nature sauvage et les villes surpeuplées comme Calcutta ou saintes comme Bénarès et Bodhgaya en passant par les hameaux déshérités du Bihar…
« Ensuite, il y a la marche, la nature, les grands espaces, les rencontres. Cette pensée que marcher engendre l’autonomie et la liberté. Peu de besoins, peu de biens, donc peu de dépendances. L’homme se libère de la croyance en l’indispensable. Le resserrement des choix ouvre le chemin de l’essentiel et affranchit des interminables projections. Tenter de vivre véritablement l’instant. Goûter au débordement en soi de cette nature qui nous dépasse. Vivre la marche comme le luxe qui permet de ressentir fortement les découvertes, puisque l’effort procure l’émotion de la conquête et que la lenteur ouvre la profondeur des choses. Et, si le marcheur se rend vulnérable, il est aussi entièrement disponible pour la rencontre ».
Si la moitié du voyage fut nécessaire pour arpenter la plaine indo-gangétique, l’autre moitié fut consacrée à rencontrer les brahmanes, renonçants, sâdhus et yogis. Ainsi décrit-il les croyances et leur célébration mais aussi les textes et maîtres spirituels, mettant en regard les rites et leurs origines littéraires pour montrer la richesse d’une religion confusément perçue en Occident.

Né à Paris en 1976, Tanneguy Gaullier trouve, dès l’enfance, de fécondes opportunités d’évasion à travers la découverte de la nature ; ayant reçu de sa famille paternelle le goût du voyage et, de sa famille maternelle qui compte plusieurs officiers de marine, une propension à l’aventure.
Le scoutisme, des chantiers de rénovation de vieilles demeures et des vacances partagées entre la Bretagne, la montagne et une maison blottie au fond des bois en Sologne lui permettent d’entretenir le plaisir de la vie au grand air et de la marche. Benjamin d’une famille de cinq enfants, il profite des apports de ses aînés, en particulier des dons intellectuels et artistiques de son frère, qui lui facilitent la découverte, à l’âge de 14 ans, de Fedor Dostoïevski, Stefan Zweig et Hermann Hesse, les trois écrivains à l’origine de sa fâcheuse habitude de ne jamais sortir de chez lui sans un livre en poche.
Son anticonformisme flirtant parfois avec une forme de dilettantisme, il entreprend successivement des études de philosophie, d’histoire, de littérature, de cinéma, d’anglais et de soins infirmiers. Il s’oriente ensuite vers la recherche d’information et devient documentaliste.
Au cours de ses tentatives d’épanouissement manquées dans la vie en entreprise, Tanneguy Gaullier se laisse de plus en plus séduire par les promesses de renouvellement qu’offrent le voyage et la marche au long cours.
Son intérêt pour la spiritualité l’incite à effectuer le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle à partir du Puy-en-Velay. Et, cette aventure provoquant chez lui un fort engouement pour cette façon authentique de découvrir la terre, il arpente par la suite les chemins d’Écosse, des djebels marocains, des Pyrénées, des Alpes, des côtes françaises, du pèlerinage de Rome…
Préoccupé d’enjeux sociaux, il effectue trois missions de solidarité avec l’association Coup de pouce humanitaire (Mali, Cambodge, Pérou) et devient membre de l’action sociale de la Croix-Rouge française. Il tisse alors des liens avec les sans-abri de son quartier et tente de leur venir en aide.
Puis, le contraste entre ses lectures de récits d’aventure et une expérience professionnelle peu satisfaisante le pousse à démissionner et à se lancer dans une traversée de l’Europe à vélo de Paris à Istanbul. Le plaisir de la liberté, l’amour de la nature, l’apprentissage qu’offre le dépassement de soi et un art renouvelé de la rencontre lui donnent envie de réitérer l’expérience.
En novembre 2012, il entame la remontée du Gange à pied, attiré par l’aspect mythique du fleuve, les richesses culturelles du pays et parce qu’il pressent qu’il pourra y poursuivre son cheminement spirituel. Ces 2 600 kilomètres de marche et de nombreuses rencontres lui offrant un accès plus direct à la vie intérieure et une compréhension renouvelée de sa tradition chrétienne, il projette d’effectuer un autre voyage dans le sous-continent indien, certain que la quête religieuse permet de pénétrer plus avant dans le mystère de la vie.

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L’Odyssée amérindienne de Julie Baudin, avec des photographies de David Ducoin (Transboreal – 2016)

À la rencontre des peuples premiers.....

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Manuel
 érotico-culinaire
 judéo-japonais
 et Comment
 élever des loups de Jack Douglas (Nouvelles Éditions Wombat – 2016)


Les éditions Wombat ont une spécialité : l’humour. Nées en Janvier 2011, leur catalogue est encore petit, mais cocasse. L’intérêt étant quand même de ne pas proposer le « tout-venant » de l’humour, d’amener quelque chose de nouveau .
Aussi on trouvera un humour qui doit beaucoup au nonsense anglo-saxon, à la culture juive combiné à une volonté de transgresser les codes, les tabous et parfois même le bon goût.
Rappelez-vous le spectacle-lecture, que nous vous avions proposé en Septembre 2014, adapté du texte de Mykle Hansen : Au secours ! Un ours est en train de me manger ! un grand moment d’hilarité…
Et cette dernière parution de Jack Douglas est le parfait exemple de cet humour décalé et truculent.
Pater familias comblé, par sa charmante épouse japonaise, Reiko, ses deux fistons en bas âge, Bobby et Timothy, son puma de cent kilos, Pussycat, et bientôt ses magnifiques loups, le comique Jack Douglas s’en va vivre avec sa « petite famille », en ce début des années 1970, dans un chalet isolé au fin fond de la forêt canadienne. Sa mission : réapprendre l’autonomie à ses loups, nés en captivité, afin de leur rendre la liberté.
Tel un Woody Allen propulsé sans filet dans l’univers de Croc-Blanc, Jack voit alors débarquer, attirés par l’appel de la forêt, la bande de poivrots au grand cœur de l’association écologique qu’il a lui-même fondée : un couple d’antiquaires gays, un ivrogne fou du volant, ou encore un docteur zoologue et coureur de jupons… L’expérience collective dégénère vite en aventure rocambolesque et survivaliste – une aventure où il sera question de sexe (et de zoophilie), de cuisine (et de cannibalisme), et bien sûr de l’élevage des loups !
Étincelante satire des premiers « bobos » de l’écologie naissante, ce truculent récit autobiographique nous fait aussi partager, entre deux fous rires, la passion poignante d’un homme pour la vie sauvage.

Musicien itinérant, pionnier du stand-up dès les années 1930, pilote de course, auteur et acteur comique, l’étonnant Jack Douglas (1908-1989) collabore en son temps avec Bob Hope, Jack Paar, Jerry Lewis et Dean Martin, ainsi que le jeune Woody Allen.
Oublié aux USA, inconnu en France, Jack Douglas fut l’une des idoles de Woody Allen et l’un de ses auteurs de sketches à l’époque où il faisait du stand-up dans les bars new yorkais.
Grâce à ses apparitions télévisées, son deuxième livre, Ne vous fiez jamais à un chauffeur de bus nu (exhumé par Wombat en 2012), d’un humour très novateur, devient un best-seller aux États-Unis en 1960. Peu après, quittant sa vie de patachon hollywoodien, il s’installe loin de tout avec son épouse Reiko pour élever ses enfants, ses animaux et écrire une dizaine de titres de veine comico-autobiographique, dont le présent Manuel érotico-culinaire judéo-japonais et Comment élever des loups est un fleuron.
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Vers l’Inde de Jack Thieuloy (Arthaud – 2016)

Un écrivain voyageur aux marges de la littérature.....

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Katmandou, des temples et des hommes de Sonia Privat (éditions Magellan & Cie - 2016)


Sonia Privat. On connaît depuis longtemps son talent d'artiste peintre, installée dans une magnifique maison-atelier au cœur de la ville de Rodez, celle d’un autre grand peintre Soulages.
On connaît aussi son amour des portraits mais celle qui guide la main de nombreux apprentis dessinateurs (enfants et adultes) s'adonne de plus en plus à son nouveau violon d'Ingres, le carnet de voyage.
Reconnue par les critiques et les éditeurs, elle l'est aussi par le public qui vient une fois de plus, après l’édition 2012, de lui décerner le Prix du Public Nouvelles Frontières au 16ème Rendez-vous du Carnet de voyage de Clermont-Ferrand, il y a à peine trois mois.
«Les gens aiment les visages qui leur parlent, qui les touchent, surtout après toutes ces catastrophes», confie Sonia Privat.

Sonia Privat, au fil de ses publications, poursuit donc son travail de témoin du monde par la peinture de voyage. Aquarelliste et professeur de dessin, l’artiste a présenté à Clermont-Ferrand son quatrième ouvrage aux Éditions Magellan & Cie. Après Silhouettes, Les fées de Zanzibar et India express, voici Katmandou, des dieux et des hommes.
Il a été réalisé au lendemain des terribles tremblements de terre qui ont meurtri le Népal et raconte «l'histoire d'un pays en souffrance».

Ce qu’elle a su saisir par son pinceau a, pour l’essentiel, disparu. Il reste ici une émotion qu’elle souhaite partager avec le plus grand nombre…
Légendes du pays, scènes de la vie quotidienne, détails de vêtements ou de bijoux, architecture et religion, regards et moments intimes… Alternant, images, textes et photos, esquisses et grandes toiles, dessins rapides ou tableaux léchés, Sonia Privat offre une plongée dans ce pays mythique et mystique, porte d’entrée de l’Himalaya et symbole, avec le Tibet fantasmé, du voyage absolu pour tous les inconditionnels de l’Asie.

Lieu de rêveries enfumées dans les années 70, point de départ des treks et des ascensions himalayennes, terre de spiritualité, Katmandou et le Népal font toujours rêver. Et en attendant de s’y rendre sur les traces de Kipling, Alexandra David-Néel ou Muriel Cerf pour constater de visu que le pays panse ses plaies et attend plus que jamais les touristes pour poursuivre sa route millénaire, ce carnet de voyage est une étape incontournable.

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Rencontre du Lundi 15 Février 2016

La Librairie les cinq continents et la M.J.C André Malraux de Castelnau-Le-Lez

vous proposent

Dans le cadre de la Quinzaine " Au coeur de la forêt tropicale" du 8 au 19 février 2016

Une rencontre

Avec

Françis Hallé

Le Lundi 15 Février 2016

à 19h30

M.J.C Centre André Malraux, 10 Av.de la Moutte, Castelnau-le-lez

Entrée libre



Botaniste et biologiste, Francis Hallé est spécialiste de l’architecture des arbres et de l’écologie des forêts tropicales humides. Il a dirigé les missions scientifiques du « Radeau des cimes » sur les canopées tropicales de 1986 à 2003.
Il a publié Eloge de la plante (Le Seuil, 1999) et, avec D. Cleyet-Marrel et G. Ebersolt, Le Radeau des cimes. L’exploration des canopes forestières (Lattès, 2000).
Il a dirigé la publication des 2 volumes Aux origines des plantes (Fayard, 2008).
Chez Actes Sud, il est l’auteur du Plaidoyer pour l’arbre, 2005, Plaidoyer pour la forêt tropicale, 2014, La Condition tropicale (en Babel), 2014 et Il était une forêt avec Luc Jacquet, 2013.

Affiche de la rencontre

Télécharger, en cliquant ici, le programme de cette Quinzaine



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