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Vladimir Vyssotski, Un cri dans le ciel russe d’Yves Gauthier (Transboreal, collection Compagnons de route – 2015)

Un chanteur, compositeur, acteur inoubliable.....

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Bien comme il faut de Sandip Roy, Traduit de l’anglais (Inde) par Marie Antilogus (Les Escales – 2015/09)

 
Après des décennies Romola revient aux États-Unis s’installer chez son fils et sa famille à San Francisco. Son fils Amit découvre une vieille lettre d'amour qu'il croit lui être adressée, de l'amant de sa mère, suppose-t-il ? Romola est abasourdie quand Amit lui remet celle-ci. Maintenant, veuve dans la soixantaine, que devrait-elle avouer à son fils? Car les apparences sont parfois trompeuses et les secrets ont leurs propres secrets.
Toutes ces questions sont traitées dans les chapitres suivants quand l'auteur plonge plus profondément dans les racines, l’histoire et les personnalités des trois personnages centraux du livre : Romola, l'épouse, Avinash, le mari et Amit, le fils.
Des personnages attachants que Sandip Roy cherchent à présenter au-delà des distances entre les continents, les générations et à travers une mosaïque de portraits touchants, à différents stades de leur vie en Inde, à Calcutta et aux États-Unis.
Amit ne sait pas qu’Avinash, son père dévoué, surfe à l’occasion sur les sites gays, incapable de refouler son attirance de toujours pour les hommes. Avinash, lui, ne se doute pas que sa femme, si docile, a été courtisée jadis par un bel acteur de Bollywood, dont elle garde le souvenir dans les pages de son journal intime, caché parmi ses saris de soie et Romola, après avoir appris le secret du passé gay de son mari, se conforme, malgré cela, à sa situation d’épouse indienne traditionnelle.
Le roman est une enquête sur la façon dont nos secrets nous façonnent, et comment, à son tour, nous nous redéfinissons en permanence pour éviter d'être pris au piège des secrets.
L’argent et le mariage, l'amour et le désir, l'ambition et le destin. Tout est là, vu à travers le prisme de ces vies souvent contrariées.
Bien comme il faut marque l’arrivée d’une voix forte sur la scène littéraire indienne. Une ode à la famille et aux sacrifices que l’on fait pour ceux qu’on aime.

Sandip Roy est né en Inde. Il vit à San Francisco avant de s’établir à Calcutta. Il écrit régulièrement pour des publications indiennes et américaines telles que le Huffington Post et est en charge de la rubrique culture du site Firstpost.
Bien comme il faut est son premier roman.

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Confidences cubaines, Claude Marthaler (Transboreal, collection Voyage en poche – 2015)

Le nouveau périple de Claude Marthaler....

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Un mauvais garçon de Deepti Kapoor, traduit de l’anglais par Michèle Albaret-Maatsch (Seuil – 2015)

 
Idha est encore étudiante à l'université, elle a vingt ans et nous sommes en 2000. Elle vit avec sa tante maternelle et son oncle, sa mère étant décédée et son père (parti vivre à Singapour) ayant oublié qu'il avait une fille en Inde. Ses souvenirs heureux, elle les a laissé à Agra où elle vivait avec sa mère, aujourd'hui elle doit s'acclimater à Delhi.
Sa tante, est désireuse de la marier à un divorcé indo-américain.
Elle brûle d’une énergie qui n’a nulle part où aller, alors elle se plie aux conventions et garde ses pensées pour elle-même.
Il est difficile pour elle de comprendre une ville dans laquelle elle a été placée presque avec violence; son aliénation, la confusion et l'angoisse existentielle qui l’habitent sont les résultats naturels de sa situation.
Tantôt héroïne, tantôt narratrice, cette jeune bourgeoise « intacte » précise-t-elle, rencontre un jour, dans un resto de New Delhi, un type plus vieux qu’elle, laid, foncé de peau, en qui elle décèle « quelque chose d’animal ».
Elle va succomber, puis tomber vraiment amoureuse, se donner, s’abandonner car elle le trouve irrésistible parce qu'il représente tout ce que sa tante méprise.
Le garçon a 28 ans. Il est orphelin, riche, oisif, intéressant, a vécu 7 ans à New York. Mais il brûle son temps et son argent dans les lieux les plus interlopes de la ville, surtout ses dealers et ses junkies, en particulier de nombreux jeunes israéliens, en route pour Goa, concentrés à Paharganj.
Il l’initiera au sexe, à l’alcool, aux drogues ; aux plaisirs du corps et à la noirceur de l’âme. Elle bravera les interdits et découvrira avec lui un New Delhi aussi dangereux qu’enivrant, où se côtoient l’ancestral et l’ultramoderne, la richesse et la putrescence, le profane et le sacré, et où pulse une rage de vivre que rien n’arrête.
Devenu une épave, le garçon meurt sous les roues d’un camion – accident ou suicide ? – et ses cendres sont dispersées à Rishikesh, capitale himalayenne des babas mondiaux.
La jeune femme, contaminée, va devenir à son tour une camée, plus ou moins prostituée, maitresse entretenue d’un businessman. Il lui faudra des années, apparemment, pour raconter son histoire, de manière elliptique, nerveuse, en petits fragments, comme autant de flash sous extasy.
Mêlant des souvenirs de son enfance nomade (Agra, Bombay, Delhi) et solitaire à ceux de sa triste idylle avec son « mauvais garçon », le roman est une spirale d’amour et de destruction virtuose, une étude du désir, un appel à la liberté porté par une prose qui vibre de désir et de révolte, jusqu’à l’incandescence.
C’est aussi un hommage à New Delhi, à sa violence et à sa beauté, où Deepti Kapoor nous entraîne, à travers les entrailles de cette ville avec sa pollution, son sur-entassement, ses bruits et ses odeurs.

Deepti Kapoor a grandi en Inde du Nord. Elle s’est installée à New Delhi en 1997 pour y étudier le journalisme et la psychologie.
Pendant une dizaine d’années, en tant que journaliste, elle a sillonné la ville et recueilli ses histoires.
Elle vit maintenant à Goa.
Un mauvais garçon est son premier roman.


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