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REVUE ULTREÏA ! N°4

Ce numéro d’été ne parle de rien d’autre que de ce besoin insurpassable pour beaucoup d’entre nous : voyager, arpenter, se rendre vers. Mais vers où, au juste?
Pour Paul Watson, “capitaine courageux”, cet horizon sera la mer et la défense des baleines et de la faune marine. Sa rencontre avec Pierre Rabhi, chantre de la terre et de la modération, est, on s’en doute, pour le moins stimulante.
À ce que Baudelaire qualifiait métaphoriquement de “grande maladie, l’horreur du domicile”, ULTREÏA ! y consacre son dossier en compagnie de Jean-Yves Leloup, Michel Jourdan, Gaële de La Brosse, Marie-Édith Laval, Léo Gantelet et Éric de Kermel, s’interrogeant sur le cheminement, sur l’assise et la marche ou encore sur l’état méditatif qui lui sont attachés. Un nomadisme et des pérégrinations élevés au rang d’art de vivre, et même de discipline spirituelle.
On pourrait allonger la liste avec, le chaman sioux Black Elk et sa prodigieuse Vision rythmée par le galop de chevaux “aux crinières d’éclair” ; ou encore ces hommes et femmes ivres de Dieu que Jacques Lacarrière mit magistralement en scène.
De la Birmanie au mont Athos en passant par la Castille, l’Inde, la Bretagne, le Japon ou le Dakota, comme en témoignent toutes les rubriques de ce numéro, l’errance nous met à nu, là où le quotidien et la vie monotone n’engendrent que “fatigue, apathie” et jusqu’au “dégoût de soi-même” ( Bruce Chatwin ).

BLACK ELK LA GRANDE VISION D'UN PROPHÈTE SIOUX par Bernard Chevilliat

Afin de perpétuer l’esprit et la sagesse des Indiens des Plaines, et de satisfaire ainsi à la mission qui lui fut attribuée lors de sa Grande Vision, Black Elk, l’un des derniers grands hommes-médecine lakota, choisira de confier le récit de son histoire et de dévoiler les traditions de son peuple afin qu’elles soient transmises aux générations futures. Une invitation, pour chacun de nous, à faire “refleurir l’Arbre sacré” en s’inspirant de son universel message de paix.

Biologiste de formation, amoureux de la nature et de la beauté, Bernard Chevilliat a fondé puis dirigé l’entreprise Melvita pendant plus de trente ans.
Dans le même temps, fasciné de longue date par les sagesses et les savoirs traditionnels, il s’est immergé dans l’étude de la métaphysique, de la philosophie et des sciences tout en collaborant à la revue Connaissance des Religions.
Il est le directeur de la publication du magazine-livre Ultreïa! et le fondateur des Editions Hozhoni (2014).

ARUNÂCHALA LA MONTAGNE ROUGE par Xavier Accart


Du journal de voyage de Keyserling au Pèlerinage aux sources de Lanza del Vasto (1943), le voyage spirituel en Inde est devenu un topos de la culture occidentale.
Mais l’Inde elle-même a ses pèlerinages aux sources, telle la circumambulation autour d’Arunâchala, le grand lingam de feu du pays tamoul…

Xavier Accart a enseigné à Madras, ce qui lui a donné l’occasion de parcourir l’Inde. De son doctorat à l’EPHE, il a tiré un vaste récit historique retraçant l’influence intellectuelle de René Guénon en France (Guénon ou le renversement des clartés, Édidit).
Après avoir animé les Essentiels de l’hebdomadaire La Vie, il est aujourd’hui rédacteur en chef de Prier, un mensuel de spiritualité.
Il vient de publier une seconde édition revue et largement augmentée de Comprendre et vivre la liturgie (Presses de la Renaissance), un ouvrage sur les symboles et gestes liturgiques.

VERS ARUNÂCHALA, CARNET DE VOYAGE AU TAMIL NADU par Patrick Laude

Un premier voyage en Inde ne peut qu’être source d’éblouissements, de secousses et d’inspirations. Ces quelques notes inégales furent jetées sur le papier il y a huit ans déjà, lors d’un voyage qui n’avait d’autre but qu’une première rencontre vécue avec un monde culturel et spirituel cultivé par les lectures depuis l’adolescence.
Elles n’ont comme mérite que d’évoquer quelques facettes d’un monde immense où, selon l’expression d’un autre ami de l’Inde, “ce qui est tenu ailleurs pour réel est considéré ici comme irréel, tandis que ce qui passe ailleurs pour irréel n’est autre en ce lieu que le Réel” ; ce Réel indicible qui éclaire l’éternel regard du Maharshi.

Philosophe de formation, Patrick Laude est professeur de religions comparées à l’université Georgetown. Rédacteur en chef de la revue Religions-Adyan, il est un spécialiste reconnu de la mystique, de l’imagination symbolique et de la littérature.
Il a publié de nombreux livres en langue anglaise : Pathways to an Inner Islam : Massignon, Corbin, Guénon et Schuon, The way of poetry, Frithjof Schuon : life and teaching (avec Jean-Baptiste Aymard), Music of the Sky : an anthology of spiritual poetry, Singing the way : insight in poetry ans spiritual transformation ou en français : Rodenbach : les décors de silence, Massignon intérieur, Prier sans cesse et codirigé le Dossier H Frithjof Schuon avec Jean-Baptiste Aymard.

PIERRE RABHI - PAUL WATSON LA RENCONTRE

On ne présente plus le célèbre chantre de la modération, de l’agroécologie et de la “sobriété heureuse”, Pierre Rabhi. Sa rencontre impromptue avec Paul Watson, le non moins célèbre samouraï des mers, “pirate” sauveteur de baleines et de phoques, n’en était que plus attendue.
Elle nous révèle une singulière complémentarité et une vraie complicité.

Pierre Rabhi, écrivain, philosophe et agroécologiste d’origine algérienne, est l’auteur d’une œuvre abondante dont on distinguera Du Sahara aux Cévennes (1984), Le Gardien du Feu (1986), Parole de terre. Une initiation africaine (1996), Graines de possibles. Regards croisés sur l’écologie avec Nicolas Hulot (2005), Manifeste pour la Terre et l’Humanisme (2008), Vers la sobriété heureuse (2010), Semeur d’espoir avec Olivier Le Naire (2013).

Le capitaine au long cours Paul Watson (1950) est né à Toronto, au Canada. Familier de la mer, il intègre le corps des garde-côtes canadiens en 1968 et participe à de nombreuses expéditions sur différentes mers du globe.
Cofondateur en 1969 de Greenpeace ( sous le numéro 007 ), il participe à la première campagne de protestation contre les essais nucléaires prévus dans l’île d’Amchitka et à plusieurs campagnes en mer contre la flotte baleinière soviétique.
Paul quittera Greenpeace en juin 1977 à la suite d’un différend stratégique. En 1979, celui-ci crée la Sea Shepherd Conservation Society ( “société de conservation du berger de la mer” ), qu’il dotera d’un vieux chalutier grâce à l’aide du Fund for Animals anglais.


Dossier: MÉDITATION ET CHEMINEMENTS. VERS OÙ ALLONS-NOUS?


« Je ne suis pas né pour un coin unique, ma patrie, c’est le monde tout entier », écrivait déjà au 1er siècle de notre ère le Latin Sénèque qui, né dans le sud de l’Espagne, voyagea de l’Égypte à Rome. Le philosophe estimait qu’on s’emmenait toujours avec soi et qu’une âme malade ne trouverait pas le repos même au bout du monde.
Nous avons aujourd’hui retrouvé les vertus de la marche et celles de la méditation, avec ses bienfaits physiques et psychiques. Mais Sénèque, en bon stoïcien, nous interpelle : si l’on n’est pas arrivé à la perfection, on peut être un sage qui marche pour y parvenir. C’est donc sur un « Vers où allons-nous? » que le magazine ouvre ce dossier d’été, en progressant aux côtés de théologiens, de philosophes, de marcheurs invétérés adeptes de la pérégrination ou encore d’un artiste plasticien.

Assieds-toi et va ! par Jean-Yves Leloup

Jean-Yves Leloup, théologien et prêtre orthodoxe, s’est construit sur la formule – qui deviendra une pratique – paradoxale : “Assieds-toi et va !”, entendue dans sa jeunesse, au mont Athos. Un mouvement pour se désaliéner et un autre pour éviter la dispersion.

Jean-Yves Leloup est écrivain, théologien et prêtre orthodoxe, philosophe, fondateur du Collège international des thérapeutes.
Ses derniers ouvrages sont : Les épîtres de Jean (Albin Michel, 2014) et De Nietzsche à Maître Eckhart (éd. Almora, 2014).

La nostalgie de l’absolu par Michel Jourdan

Cheminer comme métaphore de la vie “ qui doit être comprise comme un voyage ayant lui-même tout son sens ” : Michel Jourdan, qui a consacré l’essentiel de son œuvre à la marche, à la contemplation et à la vie érémitique, nous fait parcourir la littérature et les grands textes sacrés qui, tous, s’accordent sur un point : “ Qui s’arrête se trompe ”.

Éternel voyageur se définissant lui-même comme un “ermite migrateur”, grand méditant adepte depuis ses 15 ans de la “vie sauvage” chère à Thoreau, Michel Jourdan est l’auteur d’essais, de poèmes, de journaux de voyages.
Il a reçu le Prix Alexandra David-Neel en 1991 pour son Journal du réel gravé sur un bâton.

Les pèlerinages circulaires et Tro Breiz, le tour d’une Bretagne intérieure par Gaële de La Brosse

Avancer vers la ligne d’horizon, soit, mais alors, quid de cette tradition quasi universelle des pèlerinages circulaires ?
L’écrivain-voyageur Gaële de la Brosse, qui a longuement arpenté les chemins de Compostelle, nous en décrypte le symbolisme, la circumambulation sacralisant et purifiant l’espace qu’elle circonscrit. Ainsi du tour de la Bretagne, ou Tro Breiz, qu’elle a accompli pour nous.
Pèlerinages d’Occident qui nous sont de plus en plus familiers mais aussi d’Orient extrême, qui nous le sont moins !

Née en 1965 dans le Finistère, Gaële de La Brosse nourrit deux passions : l’écriture et le voyage à pied.
Docteur ès lettres de l’université Paris IV-Sorbonne, elle travaille depuis vingt-cinq ans sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, qu’elle a souvent arpentés, et sur les autres routes de pèlerinage, dont elle est également familière.
Elle est cofondatrice de la revue et du réseau Chemins d’étoiles ( www.cheminsdetoiles.com ), responsable de la rubrique “Chemins de pèlerinage” à l’hebdomadaire Pèlerin, et éditrice au Passeur éditeur.
Elle est l’auteur du livre Tro Breiz, les chemins du Paradis. Pèlerinage des Sept Saints de Bretagne (Presses de la Renaissance, 2006), coauteur du guide Sur les chemins du Tro Breiz, le tour de la Bretagne (Lepère éditions, 2011) et du livre Voyageuses (Livres du Monde, 2012), et a dirigé le Guide spirituel des chemins de Saint-Jacques (Presses de la Renaissance, 2010).

Le chemin sacré de Shikoku et Les 88 temples de la Sagesse par Marie-Édith Laval et Léo Gantelet.

Deux henro (pèlerins) français – Marie-Édith Laval et Léo Gantelet – ont entrepris quant à eux celui de Shikoku, au Japon, un tour de l’île “initiatique” en 88 temples et 1 200 kilomètres, entre exaltation, rencontres et abattement. Mais à la clé, un avant-goût d’Éveil bouddhique promis aux plus audacieux. Et qui les a transformés.

Après des études de lettres, Marie-Édith Laval s’est orientée vers l’orthophonie, la sophrologie et la méditation de pleine conscience pour les enfants et les adolescents. Elle nourrit une passion pour le voyage et la marche en tant que découverte de l’ailleurs, mouvement vers l’altérité et cheminement spirituel.

Léo Gantelet fut homme d’affaires dans une “première vie”. À 44 ans, il ouvre une galerie d’art et commence à écrire. Il relate “son” chemin de Compostelle dans « En si bon chemin… vers compostelle ».
Pendant vingt ans, il réalise dans sa propriété un parcours initiatique jalonné de 33 sculptures, Le Chemin Idéal.

Mes pieds par Éric de Kermel

Arpenter, pérégriner, méditer, c’est solliciter l’esprit, le moral mais aussi… le corps. Éric de Kermel, journaliste-pèlerin, a tiré de son carnet de marche sur les chemins de Compostelle un poème sur les pieds, ces si fidèles auxiliaires du marcheur.

Éric de Kermel est directeur de Bayard Nature et Territoires. Né en Corse, il a grandi entre l’Amérique du Sud et le Maroc. Sa relation à la nature se vit quotidiennement dans son jardin provençal et très régulièrement sur les sentiers du monde. Il partage avec nous un extrait de son carnet de marche sur les chemins de Compostelle.


PORTFOLIO LA DOUCEUR BIRMANE de Christophe Boisvieux

Christophe Boisvieux a découvert la Birmanie il y a plus de vingt ans. Il s’est engouffré par la brèche alors entrouverte par le nouveau régime dans ce pays secret, resté à l’écart de la marche du monde.
Ce fut la révélation, la rencontre de la douceur, étonnant paradoxe dans un pays en proie à une dictature impitoyable.
Imprégné de culture bouddhiste, il n’a eu de cesse d’y retourner, heureux de recueillir, dans un autre rapport au temps, la précieuse leçon de sérénité que distillent ici hommes, sanctuaires et paysages.

Christophe Boisvieux est photographe et auteur. Il arpente le monde depuis plus de vingt ans et collabore à de nombreux magazines et ouvrages de voyage ayant comme objet central le rapport entre l’homme et le sacré.
Il a notamment écrit et illustré Enfances du monde, et réalisé les photographies de Lumières du Bouddha (avec Olivier Germain-Thomas), aux éditions De Lodi/Edl.



PORTRAIT de JACQUES LACCARIÈRE, PASSEUR D'HORIZONS par Florence M.-Forsythe

Jacques Lacarrière se percevait comme un “Homme traversé” et un “demi-Grec”, mais aussi un oiseleur du temps, un compagnon de l’errance, un arpenteur des routes. Il est celui qui ne cesse de cheminer et nous convie à sa table afin de nous faire partager sa connaissance du monde.

MATSUO BASHÔ LE MAÎTRE DU HAÏKU - ÉPISODE 2 RÉCIT GRAPHIQUE - MANGA par Naho Mizuki


Ce manga de Naho Mizuki nous entraîne sur les pas du poète pèlerin Matsuo Bashô (1644-1694), unanimement considéré comme le plus grand poète japonais.
Lors du précédent épisode, après la mort de son père, il devient page d’un jeune seigneur féru tout comme lui de haïkaï, Yoshitada Tôdô. Celui-ci lui ouvre les portes de l’École de haïkaï Teimon et lui donne le nom de plume Sôbô. Les poèmes de Sôbô acquièrent vite une certaine notoriété.
À la mort prématurée de son jeune maître, Bashô se rend à Edo (Tokyo) pour perfectionner son art…

Lauréate du Prix Athena du jeune auteur débutant en 1992 pour son manga « Ami, petit ami et moi » (inédit en France), Naho Mizuki est une illustratrice spécialisée notamment dans le manga pour les adolescentes.
Elle a publié, entre autres, des biographies : « Matsuo Bashô », « Grace Kelly » (éditions Poplar), « Hula girls » (éditions Hakusensha).

LA QUÊTE DES FRONTIÈRES par Olivier Weber

Quand le voyage devrait vous inciter à l’apaisement, à la sérénité, il vous contraint parfois à l’énervement. Non pas pour des histoires de tracasseries administratives, d’auberges qui n’existent pas, de pistes transformées en sentes improbables : à ces déboires, on finit par s’habituer, et c’est là tout le charme des périples. Les caravansérails fantômes et les gabelous obtus existent après tout depuis Marco Polo.
Non, il s’agit plutôt des frontières ! On nous assure que le monde est ouvert, globalisé, devenu un hypothétique village planétaire. Las ! On se cogne à des murs, on s’empale sur des barbelés, on se frotte à des cohortes de gardes.

Olivier Weber est écrivain-voyageur et grand reporter. Il a écrit vingt livres dont Le faucon afghan, La Bataille des anges, Le Barbaresque, et remporté plusieurs prix de littérature et de reportage dont le Prix Joseph Kessel, le Prix Albert Londres et le Prix de l’Aventure.
Correspondant de guerre, il a couvert une vingtaine de conflits et a séjourné avec une quinzaine de mouvements de guérillas. Il a été ambassadeur itinérant auprès des Nations unies pendant cinq ans.
Ses livres et récits de voyage ont été traduits dans une dizaine de langues.

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Adieu Calcutta de Bunny Suraiya, traduit de l’anglais par Dominique Vitalyos (Albin Michel – 2015)

 
Calcutta, 1959. Douze années se sont écoulées depuis la proclamation de l’indépendance de l’Inde mais l’ancienne capitale de l’empire britannique n’a rien perdu de son dynamisme légendaire. Elle est l'une des villes les plus dynamiques et cosmopolites d'Asie, ville à l’avant-garde, avec ses clubs, ses restaurants chics, ses promenades, son élite cultivée et cosmopolite.
Indien d’origine anglaise, Robert Ryan occupe un poste important dans l’un des meilleurs cabinets juridiques de la ville. Avec sa sublime épouse Grace et leurs deux ravissantes filles Paddy et Shirley, il réside dans l’un des beaux quartiers de la ville, dans Sharif Lane, à une bonne quinzaine minutes de rickshaw de la très prisée Park Street.
Leurs filles ont grandit, ne sont plus des enfants mais de très belles jeunes femmes. Elles sont en train de découvrir de nouvelles émotions et nouvelles relations. Shirley a les traits d'une anglaise pure souche avec ses cheveux blonds, ses yeux bleus et sa pâleur. Elle a trouvé un travail comme chanteuse dans une boîte de nuit très prisée de la ville et est en train de se faire un nom dans le milieu. Paddy, la plus jeune, aux cheveux couleur ébène et à la peau sombre, est secrétaire dans les bureaux d'un hôtel des ventes d'un ami de son père. Elle est éperdument tombée amoureuse d'un homme originaire du Rajasthan, Karambir Singh, le jeune descendant d'une famille hindoue aristocratique.
Pourtant, Ryan est profondément malheureux. Depuis que les Anglais ont laissé le pays aux mains des « maudits autochtones », il n’a qu’une idée en tête : retrouver sa chère Angleterre (où il n’a jamais mis les pieds). Les lettres de ses sœurs lui rapportant les difficultés quotidiennes et la misère des classes moyennes anglaises ne sont pas parvenues à altérer sa vision idyllique du pays de ses ancêtres.
Le ménage Ryan possède deux domestiques, Ayah et son mari Apurru, des indiens musulmans qui font leurs propres plans pour rentrer à la maison, au Pakistan oriental, qu'ils n’ont jamais vu et qui est né de la partition du Raj en deux pays en 1947.
À l'agence où Robert travaille, son patron est un jeune Anglais, Peter Wilson, qui a quitté l'Angleterre depuis environ quatre ans, laissant derrière lui une vie morne et jouissant en Inde avec sa famille d'un train de vie tout à fait plaisant. Pour lui et sa femme Alice - qui vit la vie d'une dame occupée à ses loisirs tandis que des domestiques efficaces s’occupent de sa maison et prennent soin de ses enfants - la pensée de revenir dans une sombre Angleterre d'après-guerre est une perspective peu envisageable. Aucun d'eux ne peut comprendre l'obsession de Robert Ryan à aller vivre en Grande-Bretagne, un pays qu'il n'a jamais visité.
Depuis peu, Robert s'est vu attribuer un nouveau collègue de vingt ans son cadet, Ronnen Mukherjî, le fils anglicisé d'un avocat qui appartient à l'aristocratie terrienne bengali. De plus il s'entend merveilleusement bien avec Mr Wilson, ce qui met Robert en rage d'autant plus que c'est un "autochtone".
Cependant lorsque sa femme et ses deux filles refusent de l’accompagner, il doit faire face à ce dilemme : rester auprès d’une famille qu’il aime, dans un environnement familier et confortable, ou partir pour une contrée froide et lointaine où il ne sera jamais traité comme un citoyen anglais à part entière.
Robert pourra-t-il réaliser son rêve ? Comment Grace voit-elle son avenir en Angleterre ? Est-ce que les filles Ryan voudront suivre les rêves de son père ou rester en Inde où elles sont nées, grandies et où elles ont leurs repères ?
Dans ce premier roman à la fois drôle, émouvant et captivant, Bunny Suraiya fait revivre avec éclat le Calcutta cosmopolite des années 1960-1970 et pose cette question essentielle : qu’est-ce que la patrie ? La patrie est-elle le pays de nos origines familiales ou le pays où nous sommes nés, avons grandi et fondé une famille ?

Bunny Suraiya est née et a grandi à Calcutta. Après une brillante carrière dans la publicité, elle s’est tournée vers l’écriture et le journalisme. Elle est mariée au célèbre chroniqueur Jug Suraiya.
« Je voulais juste écrire l’histoire de cette ville dans laquelle j’ai grandi et qui fut un foyer pour tant de gens qu’ils soient arméniens, juifs, portugais originaires de l’état de Goa, britanniques, chinois et surtout anglo-indiens, avant de devenir une terre si étrangère pour eux qu’ils n’aient d’autre choix que l’exil, comme ce fut le cas pour moi. Il y a tant d’expatriés de Calcutta disséminés dans le monde aujourd’hui, en Angleterre, au Canada, en Australie, en Amérique, et dans de nombreuses villes indiennes, dans lesquelles ils se sont installés et ont pris l’habitude de se retrouver pour partager leurs souvenirs d’une ville qui fut autrefois la plus grande cité d’Asie, la seconde ville de l’Empire juste derrière Londres. »
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Un long printemps d'exil, de Petrograd à Saigon, 1917-1946 d’Olga Ilyina-Laylle et Michel Jan ( Seuil, collection Points Aventure – 2015)

Un ouvrage inédit de cette excellente collection.....

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