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Nous l'appelions Em de Jerry Pinto (Actes Sud – 2015/02)

 
Em n’est pas une mère ordinaire : elle souffre de troubles bipolaires ou peut-être de schizophrénie – le diagnostic n’a jamais été clairement posé.
Confronté depuis son plus jeune âge à l’énigme de cette pathologie, son fils parcourt des extraits de lettres et de journaux intimes pour enquêter sur le passé du couple formé par ses parents, aux temps heureux d’avant la maladie, dans le Bombay des années 1950 et 1960. Simultanément, il tient la chronique de la vie quotidienne de cette famille catholique, originaire de Goa.
Quand Em est en phase euphorique, le modeste deux pièces qu’ils occupent à Bombay ne cesse de résonner des propos qu’elle se plaît à tenir, sans tabou, sur l’éducation, la religion, la sexualité ou même la folie. Chacun sait pourtant qu’au-delà de cet humour licencieux souvent dévastateur, les saillies d’Em, aussi inattendues et provocantes soient-elles, préludent immanquablement à un nouvel épisode dépressif durant lequel nul ne peut entrer en contact avec elle.
Alors quand le trouble bipolaire la saisit, elle devient monstrueuse, parfois avec des conséquences désastreuses pour elle-même - comme des tentatives de suicide à répétition - et pour les autres.
C’est avec pudeur et justesse que Jerry Pinto met en scène la maladie mentale et l’inévitable ambivalence des émotions que celle-ci suscite chez ceux qui en sont les témoins. Il dresse ainsi l’attachant portrait intime d’une famille soudée dans l’épreuve, qui semble écrire à plusieurs mains un texte touchant – lettre d’amour à une mère et à tous ceux qui, comme elle, menacent à chaque instant de basculer vers leur monde insondable.
Certaines parties de ce roman, autobiographie à peine voilée, sont extrêmement drôles, et ses pages sont remplies de personnages attachants et excentriques. Jerry Pinto nous donne également un aperçu des différentes facettes, rarement vues, de la vie de Mumbai: le monde des Catholiques de Goa, les institutions de la ville pour les malades mentaux, des enfants qui lisent Adorno tout en faisant face à un parent suicidaire ...
Le roman de Jerry Pinto, profondément émouvant, écrit avec compassion et une authentique sincérité, est un beau livre qui oscille entre moments de tendresse et moments poignants mais sans aucune trace d’apitoiement grâce à une bonne dose d’humour .

Successivement enseignant en mathématiques, bibliothécaire dans une école et journaliste, Jerry Pinto travaille actuellement pour MelJol, une ONG qui se bat pour les droits des enfants.
Chroniqueur, écrivain, poète également, il est connu pour ses opinions fortes et tranchées sur la scène culturelle de la ville de Mumbai.
Nous l'appelions Em a été couronné du Hindu Literary Prize en 2012 et du Crossword Book Award for fiction en 2013.
Il est également l’auteur d’un livre sur le cinema et de deux anthologies sur les villes de Goa et Mumbai.

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Marche et invente ta vie de Bernard Ollivier (Arthaud – 2015)


La marche c’est l'effort, la persévérance, la rencontre, la confiance envers l'Autre qui l'accompagne, envers les Autres qu'il croisera, envers ceux qui constituent la cité, et surtout envers lui-même.
Dans ce recueil qui fait écho au livre précédent Marcher pour s'en sortir, nous rencontrons des jeunes en difficulté, des adolescents égarés, embourbés dans des conflits familiaux ou des séries de délits qui les ont conduits dans une impasse ou en prison, et qui ont décidé de sortir d'une spirale infernale grâce à la marche. En parcourant plus de 2.000 kilomètres à l'étranger, accompagné uniquement d'un adulte membre de l'association « Seuil », chaque jeune fait face à ses problèmes et son avenir.
Le contrat proposé est simple et brutal : marcher un peu moins de 2.000 kilomètres donc, sac au dos, pendant trois mois, par tous les temps et en toutes saisons, dans un pays étranger. Et avec une contrainte terrible pour eux : ni musique, ni téléphone, ni internet pendant 110 jours.
À ce pari fou, une seule règle : c’est le jeune qui est maître de dire « j’arrête » ou « je continue ». Dans tous les cas, c’est son juge qui arbitra. Ce qu’ils gagnent ? Une place dans la société qu’ils avaient rejetée.
La marche serait donc une tentative, une recherche, une conviction, une valeur qui dans sa simplicité et dans l'humilité de marcher sans autre prétention que d'arriver, permet de se sentir fort car on a réussi à faire un bout de chemin mais aussi un formidable outil pour ceux qui, un moment, l’ont quitté.
Douze ans après le premier départ, que sont devenus ces gamins perdus, ces possibles gibiers de potence ? Attention aux jugements hâtifs. Ceux qui «ratent » une marche ne ratent pas obligatoirement leur réinsertion, et ceux qui font une rechute ne ratent pas nécessairement leur vie. Pour savoir, il fallait les revoir, ceux qui ont « réussi » et ceux qui ont « échoué ».

Né dans un village de la Manche en 1938 dans une famille de sept enfants, et d’un père ouvrier granitier, Bernard Ollivier obtient le baccalauréat en 1964 et le diplôme du Centre de Formation des Journalistes en 1965. Il signe alors durant quinze ans des articles sur la politique (ACP, Paris Match, Combat) et puis quinze autres sur des sujets d’économie ou de société (Première chaîne, Le Figaro, Le Matin).
Au moment de sa retraite qu’il vit très difficilement, il décide à la fois de se consacrer à l'écriture et de marcher jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il s’installe en Normandie, mais séjourne régulièrement dans la capitale, où il anime une association d’aide aux délinquants et marginaux : « Seuil ».
Bizarrement, c’est la marche à pied qui lui aura valu, à soixante ans passés, la célébrité la moins attendue : celle d’un écrivain-voyageur salué par toute la presse. Il a déjà publié chez Libretto La Longue marche (Traverser l’Anatolie, Vers Samarcande et Vent des steppes), récits de son voyage à pied sur la route de la Soie, qui révèlent sur le tard un très bel écrivain.
Il s’étonne un peu de voir que son aventure de marcheur impénitent le long de la Route de la Soie (près de 12 000 kilomètres au total), menée pourtant avec une exemplaire discrétion, ait fini par devenir un phénomène médiatique.
Après avoir signé en 2008 La vie commence à soixante ans, il publie en 2009 un nouvel ouvrage, Aventures en Loire, 1000 km à pied et en canoë, fruit de ses pérégrinations le long de celui que l’on surnomme parfois le fleuve royal.
En 2013, il publie son premier roman, Histoire de Rosa qui tint le monde dans sa main, un drame rural qui prend place dans la Normandie du début du XXe siècle. La jeune Rosa va tout faire pour résister au pouvoir des mâles.
Cette même année, la région normande reste au cœur de ses écrits puisque paraît Sur le chemin des Ducs. La Normandie à pied de Rouen au Mont-Saint-Michel. Récit qui retrace une promenade plus intimiste, une plongée dans ses souvenirs d’enfance. Il nous conte les paysages merveilleux qu’il explore et tente alors de remonter le temps et d’échapper à la modernité qu’il déplore parfois.
Toutes ses marches l'ont reconstruit et lui ont redonné l'envie de vivre.
Le succès de ses ouvrages lui permet de fonder plus tard l'association « Seuil » qui a pour objectif la réinsertion par la marche des jeunes en difficulté et propose à des jeunes un projet de trois mois de marche accompagnée, comme alternative à la prison.

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LE CONCERT-ANNIVERSAIRE DE LA LIBRAIRIE LES CINQ CONTINENTS - DIMANCHE 01 MARS 2015


À l’occasion des "Escapades en Librairies", les librairies indépendantes de Montpellier et l'association Cœur de Livres vous proposent une multitude d'événements, pour que les touts petits comme les plus grands puissent profiter de ce week-end festif ( 27, 28 février et 1er mars 2015).
Vous découvrirez ainsi concerts, quizz, murder party, ateliers, lectures ou encore performances, élaborés par vos libraires et entièrement gratuits.
La programmation sera conçue de façon à ce que le public puisse se rendre dans chacune des librairies afin de (re)découvrir ces lieux d'échanges et de transmission, et de mieux faire connaître leurs spécificités et le rôle essentiel qu'elles jouent dans le maintien d'une diversité éditoriale.

La Librairie les Cinq Continents vous propose dans le cadre de cette manifestation et à l'occasion des 20 ans de la librairie un concert.



A MUSICA BRASILEIRA
Concert

Avec

Verioca: Guitare, voix, percussions, percussions vocales,
Aurélie: Voix, percussions

La librairie Les Cinq Continents vous propose 1h30 d’immersion dans la musique brésilienne, telle qu’elle a été vue, ressentie, et étudiée par deux françaises, passionnées et enthousiasmées par tant de richesses harmoniques, rythmiques et poétiques.
Loin des clichés, Aurélie & Verioca évoluent d’un rythme à l’autre, du baião à la samba en passant par la bossa nova ou le maracatu, empruntant, en chansons et en contrepoints, ce pont tissé entre la France et le Brésil, délivrant leur saudade dans une langue nouvelle qui va du français au portugais.
Présentation de leur album "Além des nuages"..

Dimanche 01 Mars 2015

à 16h00

Salle Pétrarque, 2 Place Pétrarque, Montpellier

Affiche de la rencontre


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L'hiver aux trousses, Voyage en Russie d'Extrême-Orient de Cédric Gras (Stock – 2015/02)


C'est à un joyeux exercice de « géographie narrative » que nous invite Cédric Gras.
Cédric Gras est un écrivain géographe. Ou plutôt un écrivain de la géographie, et aussi un arpenteur, un baroudeur érudit, l’un de ceux qui n’hésitent pas quand il faut tracer un trait entre Yakoutsk et Vladivostock, et parcourir l’Extrême-Orient russe.
Une pérégrination glacée où, six semaines durant, il a arpenté le pays de l'« avenir lumineux » à la poursuite d'un automne sans fin.
À trois reprises, entre les 56e et 43e degrés de latitude nord, entre Irkoutsk et Vladivostok, la « chasse aux feuilles rouges » a scandé et guidé ses pas. Chemin faisant, il a remonté le cours du temps et côtoyé les Bouriates et les Manchous jadis égarés en ces contrées où « on mourrait d'y résider ». Il a dialogué avec les fantômes encombrants d'un passé marqué à l'enclume d'un goulag inavouable et échangé avec une population éthique abandonnée par le grand cycle de l'histoire.
Au coeur de la Yakoutie, le long des rives du fleuve Amour, au plus loin de l'île de Sakhaline, il a surtout emboîté le pas de Joseph Kessel et Blaise Cendrars eux-mêmes égarés un temps dans cet Eldorado rêvé, taches blanches définitives d'une littérature qui ne supporte rien moins que les frontières bornées.
Il confirme avec ce récit, tout le talent qu’on lui reconnaît depuis son premier récit.

Né à Saint-Cloud en 1982, Cédric Gras débute ses études de géographie à Paris, avant de les poursuivre à Montréal puis en Inde. Parallèlement, il s’adonne à sa passion pour l’alpinisme et la marche dans divers massifs montagneux : Andes, Caucase, Népal, Karakoram pakistanais.
En 2002, il relie les plaines mongoles au plateau tibétain lors d’un voyage à cheval et à pied.
Quand un accident refroidit ses ardeurs himalayennes en 2006, il découvre la Russie pour sa dernière année de master, à Omsk, en Sibérie. Séduit par l’est de la Fédération, il accepte l’année suivante d’enseigner le français à l’université d’État d’Extrême-Orient de Vladivostok avant, finalement, de rester deux années supplémentaires en tant que volontaire international afin d’y créer une Alliance française.
À l’issue de cette mission, il obtient une bourse du Centre franco-russe de Moscou pour étudier l’Extrême-Orient sibérien où il retourne fréquemment.
Cédric Gras a eu l’occasion d’apprendre le russe et de sillonner la Fédération, de la Iakoutie au Kamtchatka en passant par les rives du fleuve Amour, Magadan sur la mer d’Okhotsk, la Transbaïkalie, la république de Touva, etc.
Il vit, actuellement, en Ukraine. Il a participé à la création des Alliances françaises de Vladivostock, de Donestsk et maintenant de Kharkov et il est l’auteur de trois ouvrages, « Vladivostok », « Le Nord, c'est l'Est » et « Le cœur et les confins », publiés chez Phébus.
il est aussi le partenaire de voyage et d'aventure de Sylvain Tesson avec qui il entretient une amitié de longue date. Il est d'ailleurs l'un des principaux protagonistes du dernier récit de Sylvain Tesson "Berezina" (Guérin, 2015).

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La Mer d’innocence de Kishwar Desai, traduit de l'anglais (Inde) par Benoîte Dauvergne (L’aube, Collection Aube Noire – 2015)

 
Femmes violées à mort, forcées à avorter ou enfermées dans des hôpitaux psychiatriques pour les réduire au silence... Ces histoires, la pimpante quinquagénaire Kishwar Desai, originaire du Penjab, les connaît par coeur. Journaliste reconnue, elle a recueilli des centaines de témoignages au fil de sa carrière. Aujourd'hui, elle les restitue dans des romans qu'elle écrit comme autant de cris de colère. Kishwar Desai excelle à tirer les ficelles du suspense pour dresser un état des lieux consternant de la condition des femmes en Inde.

Simran Singh, 40 ans, la narratrice, héroïne récurrente des romans de Kishwar Desai, est une assistante sociale décomplexée, une rebelle, très loin de se conformer aux codes sociaux indiens. Elle boit bières et whiskies, et pour ses vacances à Goa (où cette aventure plutôt sombre se passe) voit la lenteur du gouvernement indien comme une bénédiction pour une fois, car une interdiction de fumer sur la plage n'est pas encore entrée en vigueur. Elle se décrit comme athée, mais peut être amenée à allumer une bougie à l'église pour une jeune fille disparue.
Femme libre, elle a adopté une fille appelée Durga – qui a maintenant 16 ans, suite à sa première enquête (dans Témoin dans la nuit, l’Aube poche).
Son travail implique qu’elle soit aussi profondément préoccupée par le sort des femmes en Inde.
La troisième enquête de Simran Singh, se déroule donc à Goa, ancien paradis hippie et nouvelle destination à la mode pour les jeunes du monde entier. Simran y passe ses vacances avec Durga, quand elle reçoit une vidéo sur son téléphone portable qui va donner une tournure totalement inattendue à son séjour : une jeune touriste britannique y est agressée par des Indiens. Elle est depuis portée disparue. Commence alors une longue enquête pleine de rebondissements et la découverte pour le lecteur d’un Goa assez terrifiant ! Trafics de drogue, disparitions inexpliquées de touristes, meurtres, mafia... Kishwar Desai s’attache une nouvelle fois à dénoncer la violence et la corruption qui sévissent en Inde, et sa maîtrise du suspens ne fait que se confirmer !
Avec ce nouveau roman, Simran Singh plonge dans le ventre sordide des plages de Goa, étendues idylliques de sable sur lesquelles de nombreux occidentaux choisissent de prendre leur plaisir, mais autour desquelles un trop grand nombre de femmes, locales ou touristes, sont prises contre leur volonté.
Le roman est dédié à « Jyoti, Scarlett et les milliers de femmes qui ont été violées et assassinées en Inde - dans l'espoir qu'un jour elles obtiendront justice. »
Jyoti était le nom de la jeune fille violée dans un bus à Delhi. Nul doute que cette affaire a dominé les manchettes pendant que Kishwar Desai écrivait son livre. Quant à Scarlett Keeling, elle était l'adolescente britannique violée et assassinée à Goa, en 2008 (sa mort fut classée comme accidentelle jusqu'à ce que sa mère trouve des preuves de l’assassinat).
Comme à son habitude, la part de la fiction, dans les romans de cette Indienne qui, désormais, vit une partie du temps en Angleterre, reste marginale. Ses scénarii sont inspirés d'histoires vraies, bâtis avec des fragments de réalité glanés dans les journaux, dans son entourage ou au hasard de ses rencontres.
C'est pour susciter l'empathie qui remue chacun au plus profond de son être que Kishwar Desai est devenue la première romancière à aborder la condition de la femme en Inde sur le mode du polar.

Journaliste, animatrice de talk-show et productrice de télévision en Inde pendant plus de vingt ans, Kishwar Desai, née en Inde en 1956, s'est confrontée jour après jour à l'injustice dont souffrent les femmes en Inde.
Son premier roman, Témoin de la nuit, est un best-seller publié dans une dizaine de pays. En France, ce livre a été sélectionné pour le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2014 et le Grand Prix de Littérature Policière 2014.
Les Origines de l’amour, deuxième volet de la série, a été publié en France en 2014. Sa publication en poche intervient en même temps que celle du troisième volet de la série, La Mer d’innocence.

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Paradis éphémères à travers l'Orient de Donald Richie (Arthaud – 2015)

Un amoureux du Japon et de l'Asie.....

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De haute lutte d’Ambai, nouvelles traduites du tamoul (Inde) par Krishna Nagarathinam & Dominique Vitalyos (Zulma – 2015)

 
Depuis sa plus tendre enfance, Cempakam vit dans la demeure d’un grand maître du chant traditionnel. Héritier d’une longue lignée de musiciens, il l’a accueillie, l’a formée à son art comme il l’a fait avec son propre fils, Shanmugan, au mépris des bonnes âmes qui voudraient que le chant soit réservé aux hommes.
Devenus adultes, Cempakam et Shanmugan se marient – mariage d’amour entre deux artistes déjà reconnus. Mais le sentiment d’infériorité de Shanmugan face à l’éclatant talent de sa femme l’emporte insidieusement sur les valeurs transmises par son père. En bon époux hindou, il la cantonne peu à peu à la maison et l’éloigne de la scène…
Avec De haute lutte, et à travers les trois autres longues nouvelles qui composent le recueil, Ambai explore avec un regard singulier et une étonnante liberté de ton, demi-teintes soudain balayées par un trait percutant, toute la complexité du statut des femmes dans l’Inde d’aujourd’hui.

Ambai, nom de plume de C.S. Lakshmi, est une femme de lettres, originaire du Tamil Nadu, au sud de l’Inde. Écrivain, traductrice, universitaire reconnue, Ambai compose patiemment une œuvre d’une grande finesse littéraire, récompensée par de nombreux prix.
L’œuvre d’Ambai est une immense découverte, inédite en français.
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Vers Compostelle, drôles de rencontres d'Antoine Bertrandy (Transboreal poche – 2014)

Un apprenti marcheur en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle...

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Quand j’étais vivant d’Estelle Nollet (Albin Michel – 2014)


Dans un lieu indéfini, antichambre du néant, quatre personnages liés par leur décès simultané se retrouvent et revisitent leur vie.
Quatre à avoir vécu sur la même réserve africaine, à l’avoir vue se transformer d’éden touristique en lieu de massacre. Quatre à découvrir que ni l’amour ni l’amitié n’empêchent la violence et la trahison. Quatre à être liés pour l’éternité.
Il y a Harrison, l’homme blanc qui a hérité de la réserve africaine de son père, Juma le jeune albinos persécuté, amputé d’un bras et recueilli par Harrison, N’Dilo l’ami d’enfance de Harrison, braconnier puis devenu le bras droit d’un chef de guerre et contrebandier sanguinaire, et Pearl une éléphante très attachée à Harrison depuis qu’il a sauvé un de ses petits.
La tragédie qui les tient là tous ensemble va peu à peu se dévoiler, nourrie des massacres des éléphants, de la mort de la femme de Harrison, Travis, de la persécution des albinos, du trafic de l’ivoire et de la manne guerrière qu’ils représentent.
Par des descriptions précises, singulières, impitoyables, Estelle Nollet scrute la brutalité des rapports de force, la violence sans manichéisme, la beauté des émotions (celles des humains ou des animaux). Elle sait rendre le rythme du monde, ses ravissements comme sa cruauté, aussi à l’aise à évoquer la vie sauvage qu’à décliner l’avidité et la bassesse, par son verbe dur, énergique, efficace, sans complaisance.
Ce troisième roman est une vision à la fois majestueuse et implacable de notre humanité, l’Afrique qu’elle évoque étant tout à la fois le berceau et le fantasme d’un monde édénique et le lieu symbolique et réel de toutes les atrocités.
Quand j’étais vivant est à la fois une vision du monde crue et tonique, imprégnée de réalisme magique et un roman dénonçant la mainmise des braconniers sur des pays entiers, et leur responsabilité dans nombre de guerres civiles.

Née en Centrafrique, Estelle Nollet a travaillé dans la publicité en France, en Australie et en Nouvelle-Zélande, pratiqué la plongée sous-marine au Mexique, arpenté l’Afrique du Sud et Madagascar avant de retourner en Nouvelle-Zélande. À 36 ans, elle est de retour à Paris.
Entretemps elle a publié On ne boit pas les rats-kangourous (2009) et Le bon, la brute, etc. (2011) qui ont reçu un accueil enthousiaste de la critique et des lecteurs.
Elle a été Lauréate de la Bourse Thyde Monnier de la SGDL mais aussi du programme "Missions Stendhal", Prix Emmanuel Roblès, Prix Gironde (Conseil général de Gironde), double prix littéraire de Chatou, Prix Obiou (Conseil général de l’Isère). Et aussi Finaliste du Prix du premier roman, du Prix ELLE Belgique, du Prix des Grandes Ecoles, du Prix métro Goncourt.
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L’Opéra alpin, À pied de la Bavière à Bergame de Gérard Guerrier (Transboreal, collection Voyage en poche – 2014)

Un périple à travers les Alpes.....

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