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Sur la route again, aux États-Unis avec Kerouac de Guillaume Chérel (Transboreal – 2013)


Cinquante ans après Jack Kerouac, Guillaume Chérel parcourt, dans le même esprit et avec un regard aussi décalé, la route qui rendit célèbre la figure emblématique de la Beat Generation. Durant trois mois, de New York à San Francisco, en passant par Chicago et Denver, en véritable « vagabond des étoiles » du XXIe siècle, il bourlingue, vibre, jouit, observe et note…
À travers ce remix, il établit un dialogue – grave ou comique – avec son illustre prédécesseur, auquel il se mesure dans une lutte littéraire et fraternelle. Jack devient ainsi ce que fut pour lui Neal Cassady : un compagnon de voyage « solaire », sauvage et frénétique, une source d’inspiration, de style et d’attitude.
Dans l’Amérique d’Obama et des homeless, le voyageur prouve qu’il est encore possible de tracer sa propre route, d’en goûter l’ivresse et d’en savourer l’immense liberté.

Né à Paris en 1964, Guillaume Chérel déclare qu’il s’est arrêté de grandir à 36 ans ! Sa devise est celle de Cervantès : « Il faut garder dans sa main celle de l’enfant que nous avons été. »
Quand il s’est rendu compte qu’il ne serait jamais footballeur professionnel, il décide de devenir écrivain – dès 20 ans –, ce qui pour lui voulait dire : être libre comme le vent, voyager.
Sa carrière d’écrivain ayant commencé par un livre sur les pas d’Hemingway à Cuba, Guillaume Chérel traîne ses guêtres, des années, au festival Étonnants voyageurs de Saint-Malo. D’abord comme journaliste, puis comme auteur invité, pour son livre sur Jack London. Il y rencontre Nicolas Bouvier, Jacques Lacarrière et Jacques Meunier. Mais si les grands de la littérature de voyage – de Melville à Stevenson en passant par Istrati – l’inspirent et le guident, il est surtout fasciné par la figure si particulière de Kerouac.
Journaliste indépendant pour Technikart, VSD, L’Humanité, critique littéraire pour Le Point, Guillaume Chérel a bourlingué un peu partout dans le monde (Afrique, océan Indien, Chine, Europe, États-Unis…) avant de poser son sac dans un village du côté de Toulouse en 2002.
Père d’une fille, il vit à nouveau à Paris depuis 2009, après son voyage sur la route de Kerouac durant l’été 2008.
Toujours sur le départ ou de retour de voyage, Guillaume Chérel rêve sans cesse d’une autre destination pour mieux revenir… afin d’écrire polars, romans, livres pour enfants ou récits de voyage. Histoire de « vivre intensément, comme un météore, plutôt qu’une planète endormie », ainsi que le disait London.


Entretien avec G.Chérel par Cid-Errant
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L'impertinent du Cambodge - Entretiens avec François Ponchaud, homme de foi de François Ponchaud, Dane Cuypers (Magellan & Cie – 2013)

Le Cambodge autrement.....

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À l’écoute de l’Inde, Des mangroves du Bengale aux oasis du Karakoram de Gérard Busquet, avec des photographies de Xavier Lecoultre & Bruno Morandi (Transboréal – 2013)

 
De la jungle des Sundarbans à la plaine Indo-Gangétique, des déserts du Rajasthan et du Béloutchistan aux vallées-oasis de l’Himalaya, vivent en marge de la modernité des hommes et des femmes qui sont les héritiers et les derniers dépositaires de métiers, de pratiques et de traditions séculaires.
Dans le but de les rencontrer, de les comprendre et de recueillir leur témoignage, Gérard Busquet arpente le sous-continent indien depuis les années 1960.
Qu’il s’agisse des pêcheurs à la loutre, des cueilleurs de miel ou des chasseurs de tigres, des gitans des eaux ou des pénitents de Shiva, des marbriers de Jaipur, des bardes du désert ou des centaures du Karakoram, il explore et raconte la vision du monde et la vie quotidienne, rude, dangereuse, de ces communautés uniques en voie de disparition, méconnues aussi bien des touristes que des élites locales occidentalisées.
Quel que soit leur cadre de vie – forêts luxuriantes, rizières fertiles, déserts âpres, d’une beauté stupéfiante, ou environnement urbain dégradé –, leur monde, qui constitue en quelque sorte « l’envers du décor », est dur, parfois cruel, mais empreint de solidarité, de résilience, de courage et de dignité.

Né à Enghien-les-Bains en 1937, Gérard Busquet a été dès son enfance attiré par les récits de voyage, et particulièrement par ceux qui se rapportaient à l’Inde.
Son premier grand périple en dehors de l’Europe remonte à 1957, date à laquelle il entreprend un tour du Moyen-Orient en stop, à l’époque de la guerre d’Algérie où les sentiments antifrançais rendaient tout voyage en Turquie, en Iran et en Irak quelque peu inconfortable et mouvementé.
L’année suivante, il part en stop jusqu’en Inde en compagnie de Gilles Caron, le célèbre photographe tragiquement disparu au Cambodge. C’est à l’occasion de ce voyage qu’il découvre avec émerveillement le sous-continent indien, dix ans après la naissance de l’Inde et du Pakistan.
À cette époque, ces deux pays étaient encore des sociétés très rurales, sans véritables routes, ni infrastructure touristique, mais avec une qualité d’accueil exceptionnelle malgré le traumatisme des luttes pour l’Indépendance et les sanglants affrontements qui avaient opposé hindous et musulmans en 1947. Ce voyage a marqué un tournant décisif dans sa vie. Revenu brièvement en France, il est plus déterminé que jamais à repartir pour le sous-continent et à s’y établir.
Au début des années 1960, Gérard Busquet décide de s’installer à Rawalpindi, petite ville de garnison du Punjab pakistanais, où il s’était fait beaucoup d’amis lors d’un premier séjour. Il y enseigne tout d’abord le français dans un lycée huppé, mettant à profit ses nombreux congés pour explorer inlassablement la région frontalière et les hautes vallées de Swat, Chitral, Gilgit et Hunza. Puis il dirige une galerie à Rawalpindi, participant aux nombreux colloques qui réunissent les peintres abstraits renommés du Pakistan. Il collabore également à divers quotidiens et revues pakistanais de langue anglaise pour arrondir ses fins de mois.
Trois ans plus tard, en 1965, Gérard Busquet décide de s’établir à Dhaka, la capitale provinciale du Pakistan oriental, où il comptait de nombreux amis peintres. Il y ouvre une nouvelle galerie de tableaux tout en consacrant l’essentiel de son activité à la production de films documentaires en partenariat avec un cinéaste bengali. Il est présent à Dhaka lors du déclenchement de la guerre civile en 1971, et du massacre de la population par la soldatesque pakistanaise. Il est l’un des seuls étrangers à y vivre pendant toute la durée de la guerre qui fit des centaines de milliers de victimes. C’est alors qu’il est recruté comme correspondant par l’AFP. Il travaille également pour le Daily Telegraph de Londres. Il est ainsi amené à diverses reprises à prendre contact dans les environs de Dhaka avec les maquisards bengalis qui luttent contre l’armée pakistanaise. S’il lui est facile d’établir ces contacts, il court néanmoins de lourds risques en cas de rencontre avec les soldats punjabis ou pathans qui patrouillent rivières et canaux.
Présent à Dhaka lors de la reddition des troupes pakistanaises, Gérard Busquet assiste avec une grande émotion à l’explosion de joie qu’elle provoque au sein d’une population martyrisée. Cette expérience de la guerre resserre encore les liens qui l’unissent à ses nombreux amis bengalis. Mais la période qui s’ensuit est pour lui, comme pour beaucoup de Bangladais, un moment de déception en raison de l’atmosphère de corruption effrénée qui suit l’indépendance et la trahison des promesses faites par les architectes mêmes de celle-ci. Il consacre de plus en plus de temps, en dehors de son métier d’agencier, à des reportages dans les Sundarbans, les îles du littoral et les collines des Chittagong Hill Tracts.
En 1975, Gérard Busquet décide finalement d’émigrer à Delhi où il devient correspondant du Figaro pour l’Asie du Sud. Mais la couverture des événements politiques et économiques de cette vaste région, pour aussi intéressants qu’ils soient, ne le satisfait pas.
Il désire par-dessus tout travailler sur le terrain, être en contact avec les millions d’Indiens humbles et anonymes qui ne figurent jamais dans les pages des journaux, sauf à l’occasion de catastrophes, connaître d’un peu plus près leur réalité, hors de la bulle climatisée de son bureau. Après sa rencontre, en 1978 à Delhi, de Carisse, sa future femme, il décide de s’établir à Katmandou et de se consacrer, avec elle, traductrice, à la rédaction de reportages et à l’écriture de livres sur l’Asie du Sud.
Gérard Busquet partage désormais sa vie entre l’Inde, le Népal et la Provence.
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Le club des gourmets et autres cuisines japonaises / Collectif (P.O.L – 2013)

Gourmandise littéraire et japonaise.....

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Chowringhee de Sankar, Traduit du bengali par Philippe Benoît (Gallimard – 2013)

 
Chowringhee, paru à l'origine en 1962 et constamment réédité depuis, qui nous parvient aujourd'hui en français, est considéré comme le chef-d'œuvre de Sankar.
Pour son amplitude, sa multitude de ses personnages hauts en couleur, ses intrigues, et cette évocation nostalgique d'un monde disparu, le Calcutta des années 60, vu à travers le microcosme d'un grand hôtel, où l'on tente de maintenir le lustre et l'élégance d'autrefois.
Et aussi pour Shankar, le héros-narrateur, un personnage attachant, symbole de toute une jeunesse indienne qui se bat pour vivre en dépit de l'adversité.
Shankar est un jeune brahmane pauvre qui a été clerc chez un avocat anglais, puis marchand de corbeilles à papier et chômeur, avant qu'un de ses amis ne le fasse embaucher à l'hôtel Shahjahan, l'un des plus grands, des plus anciens et des plus renommés hôtels de Calcutta, situé dans le centre de la ville à Chowringhee.
D’abord homme à tout faire, il vit sur place, sur le toit de l’hôtel.
Il grimpe vite les échelons, d'abord comme secrétaire de l’énigmatique directeur M. Marco Polo, un orphelin grec sauvé par des prêtres italiens (des décombres d'un tremblement de terre au Moyen-Orient), élevé par eux dans un monastère et envoyé en Inde pour étudier la gestion hôtelière. C'est un despote fantasque, un peu ivrogne, qui attend désespérément des nouvelles de sa femme, Susan, disparue, de qui il aimerait bien divorcer.
Shankar apprend vite, est apprécié de tous, surtout de Mr.Bose, le réceptionniste, qui l'initie à sa fonction, vitale dans un palace de 500 chambres. Il se retrouve ainsi au centre de mille intrigues, témoin de petites et grandes trahisons, et observateur discret mais perspicace des hôtes de l’établissement.
L'hôtel est un vaste caravansérail qui ne dort jamais, où le jeune homme côtoiera, entres autres, Rosie la secrétaire qu'il a remplacée et qui réapparaît un jour, Connie, une danseuse de cabaret escortée du nain Harry, le "mini-sahib", un pochard qui s'avère être son frère, ou Phokla Chatterjee, un voyou alcoolique qui deviendra le conseiller tout-puissant du nouveau patron, après le départ de Marco Polo.
Parmi le personnel, outre son ami Bose, il fréquente M.Gomez, le chef-d'orchestre mystique fan de Mozart, Sharab-ji – c'est son surnom, qui signifie "alcool" en hindi - , le bar manager dont l'établissement est interdit aux femmes seules, Karabi Gucha, la malheureuse "geisha" préposée à la suite de lux N°2, réservée à l'année pour des businessmen en goguette, ou encore Juneau Sahib, le chef parisien snob et râleur, pour qui Calcutta est un "trou à cloportes" et les bengalis "des radins, comme les écossais".
Il y a aussi Nityahari, le blanchisseur de l'hôtel, bavard, puritain, affligé d'un tel sens aigu de la souillure et de la pollution qu'il se glisse hors de l'hôtel avant l'aube, tous les matins, pour une ablution purificatrice dans le fleuve sacré.
Mais lorsque ses deux protecteurs quittent l’hôtel, l’un pour s’installer en Afrique avec sa fiancée qu’il ne peut épouser en Inde, l’autre pour se marier avec une hôtesse de l’air – rencontrée dans l’hôtel bien sûr – sa vie prendra un autre tournant, sur l’esplanade Chowringhee…
Chowringhee possède l’énergie narrative d’un grand roman-chorale, d'une saga cocasse et mélancolique, mettant en scène des morceaux de vie, des personnages tragiques ou comiques, tout autant qu’un regard très délicat sur la comédie humaine universelle.
Une découverte majeure d’un auteur injustement oublié en Occident.

Mani Shankar Mukherjee, alias Sankar, est né en Décembre 1933 à Bongaon au Bengale. Il est un des écrivains indiens contemporains les plus importants. Mais comme il écrit en bengali et non en anglais, il est assez peu connu en dehors des frontières de son état natal, le Bengale.
Son premier roman, Koto Ajanare, est sorti en 1955.
Deux de ses romans, Seemabaddha (Company Limited) et Jana Aranya (The Middleman) ont été portés à l'écran par son concitoyen Satyajit Ray.
Prolifique et immensément populaire, Sankar est, à soixante-sept ans, l'auteur de plus de soixante-dix livres qui comprennent trente-sept romans, cinq livres de voyage, des livres pour enfants, des essais et des ouvrages de dévotion. Il serait difficile de trouver une maison instruite au Bengale qui ne possède pas au moins un de ses livres.
Chowringhee, sans doute son livre le plus populaire, a été publié en bengali, en 1962, et en anglais, seulement en 2007.
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Pour trois couronnes de François Garde (Gallimard – 2013)

Le nouveau roman du Prix Goncourt du premier roman 2012

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La fille de nos rêves de Buddhadeva Bose (Pocket – 2013)

 
Par une froide nuit de décembre, quatre voyageurs d'un certain âge sont bloqués à la suite du déraillement d'un convoi de marchandises dans la gare d'une petite ville du coeur de l'Inde, Tundla, à proximité d'Agra.
Ils s'étaient croisés plus tôt dans la journée: dans les jardins du Taj Mahal, sur l'escalier du mausolée de Sikandra et, de nouveau, au départ d'Agra.
Ils ont fait la première partie du voyage dans le même compartiment où ils avaient discuté. Ces échanges avaient révélé que l'homme à forte carrure était un entrepreneur, le deuxième, un vieux et loyal fonctionnaire de Delhi, très haut placé dans l'armée, le troisième, l'un des médecins les plus connus de Calcutta enfin le quatrième semble être un écrivain.
Aussi décident-ils de se tenir compagnie jusqu'au matin dans une salle d'attente de première classe.
Alors qu'ils boivent un café, un couple apparaît quelques instants à la porte de la salle d'attente. Émus par l'amour évident qui lie les jeunes mariés, ces hommes, qui ont du temps à tuer, en viennent aux confidences.
Tour à tour, chacun va évoquer l'histoire d'amour qui l'a marqué à tout jamais.
Et ce sont quatre récits que chacun d'eux va raconter, quatre histoires aussi délicieuses qu'émouvantes où les rapports amoureux et de mariages entre les indiens vont se dévoiler à nos yeux.

Figure éminente du mouvement moderniste du Bengale, Buddhadeva Bose (1908-1974) a écrit de nombreux romans, nouvelles, pièces de théâtre, essais, ainsi que des recueils de poèmes. Il a également traduit Baudelaire, Hölderlin et Rilke en bengali.
La Fille de nos rêves a été publié en 1951.
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Traité du Zen et de l'entretien des motocyclettes de Robert M.Pirsig (Seuil, Points Aventure – 2013)

Le livre qui, avant publication, a essuyé le plus de refus d'éditeurs: 121! C'est désormais un best-seller....

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