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Journaux indiens d'Allen Ginsberg (Christian Bourgois – 2012)

 
Cette partie des journaux de Ginsberg (commencés en 1945) correspond au séjour qu'il fait en Inde en 1962 – 1963 avec son ami, le poète Peter Orlovsky.
Non destinés à l'origine au public, Il a fallu cinq années à l'auteur pour rendre publiables, en les remaniant, ces notes de carnets, ébauches de textes, dessins, fragments de rêve, pensées nocturnes, poèmes, débris de fiction, de réflexion politique, d'essais sur la littérature, clichés Kodak optiques et verbaux, hymnes à Kali, divagations politiques, pensée d'une ligne, description détaillée des fumeries d'opium de Calcutta et de Bombay et fragments de conversations avec des mendiants, poètes, Babas, vendeurs de journaux, amants, gourous.
Quelle extraordinaire curiosité dans ces pages. Ginsberg veut tout voir, tout noter, tout éprouver. Tantôt il passe des journées entières dans les temples à méditer avec les sâdhus, tantôt il erre dans le labyrinthe des rues de Bombay ou de Calcutta, écrivant un poème, photographiant un mendiant, réfléchissant à ce qu'il fait là dans cette chambre à écouter la pluie tomber.
Expérience exemplaire que ce séjour en Inde où, flottant entre les défonces diverses (morphine, Ganja), le corps, souvent défaillant de fièvres et de nausées, est parfois amené aux portes de la mort face au spectacle de la mort permanente, de la misère, de la faim, dans les parfums des terre-pleins crématoires.
Sans oublier des méditations à travers les fêtes, les images, la contemplation des gourous sacrés, l'initiation au rythme des mantras pour les apprendre et aux noms des dieux indiens pour les psalmodier, et accéder à une nouvelle forme de spiritualité.

Allen Ginsberg est né le 3 Juin 1926 à Newark dans une famille juive. Son père est professeur d'anglais et poète; sa mère, Naomi, milite au Parti communiste.
Adolescent, Allen découvre Walt Whitman. À Columbia University, il rencontre William Burroughs et Jack Kerouac.
Il publie Howl en 1956. Ce long poème en prose, qui relate les expériences de Ginsberg avant 1955 ainsi qu'une histoire de la Beat Generation, dont il est l'un des membres fondateurs, fait scandale à cause de son langage cru. Il est temporairement interdit à la vente pour obscénité avant qu'un juge ne reconnaisse l'importance de l'œuvre pour son époque.
En 1961, il publie Kaddish for Naomi Ginsberg, où il relate la maladie paranoïaque de sa mère et leur relation angoissée.
Dans les années 60, Ginsberg part en Inde en quête d'un guide spirituel (expérience qu'il relate dans les Journaux indiens). Le Bouddhisme Tibétain restera une influence importante.
Suite à la mort de Jack Kerouac (1969), il compose son élégie Memory Gardens.
En 1972, The Fall of America est récompensé par le National Book Award pour la poésie. Il figure ensuite parmi les finalistes du Prix Pulitzer avec Cosmopolitan Greetings.
Allen Ginsberg meurt le 5 Avril 1997 à New-York d'un cancer du foie.

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La Revue Long Cours N°2

La seconde livraison de cette revue de qualité.....

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Almanach des voyageurs sous la direction de Jean-Claude Perrier (Magellan & Cie - 2012)


Saluons la sortie d'un ouvrage original sur les écrivains voyageurs français sous la direction de notre ami Jean Claude Perrier, grand voyageur lui-même et journaliste littéraire à Livres-Hebdo.
Douze écrivains-voyageurs ont envoyé une lettre à un personnage du passé, à la fois pour lui rendre hommage et pour lui faire part de leurs sentiments.

C'est Jean-Claude Perrier qui ouvre ce recueil par une lettre à Joachim Du Bellay où il se réjouit de l'existence d'une littérature de voyage "made in France" en pleine santé.
Jean-Claude Perrier, né en 1957, est journaliste littéraire à Livres-Hebdo. Grand voyageur et écrivain, il a publié une trentaine de livres, dont plusieurs consacrés au voyage: Dans les comptoirs de l'Inde (Le Cherche-Midi, 2004), André Malraux et la tentation de l'Inde (Gallimard, 2004), André Gide ou la tentation nomade (Flammarion, 2011). Il vient de publier un "roman vrai", Le voyageur de papier (Héloïse d'Ormesson).

Jean-Luc Coatalem dans son "Éloge du petit dieu des carrefours" s'adresse au petit Hermès qui protégeait les carrefours, se conciliant d'abord les bonnes grâces des dieux, indispensables pour ce genre d'entreprise.
Jean-Luc Coatalem est écrivain et reporter, auteur d’un essai-voyageur sur Paul Gauguin, Je suis dans les mers du Sud / Sur les traces de Gauguin (Grasset, à reparaître en Cahiers Rouges), ainsi que La Consolation des voyages (Grasset, Livre de Poche). Il a signé cette année Le Gouverneur d’Antipodia (édition Le Dilettante)qui vient de recevoir le Prix Nimier.

Christian Garcin dans "L'Intranquillité heureuse" célèbre Nicolas Bouvier et son humour.
Christian Garcin vit dans le sud de la France. Il a publié romans, nouvelles, essais et carnets de voyages. Derniers titres parus : En descendant les fleuves / Carnets de l’Extrême-Orient russe (éditions Stock, en collaboration avec Eric Faye) ; Le Minimum visible (photographies, éditions Le Bec en l’air) ; Les Papillons de la Lena (littérature jeunesse, L’école des Loisirs) ; Des Femmes disparaissent (roman, éd. Verdier) ; Borges, de loin (Gallimard, coll. « L’un et l’autre »).

Estelle Nollet dans "Partir" nous révèle quelques extraits de sa correspondance avec "Papa Hemingway".
Estelle Nollet est née en Centrafrique en 1977. La guerre civile y ayant éclaté, elle en est partie moins de trois ans après. Elle en a gardé une fascination pour le continent africain, et un constant désir d’ailleurs. Des voyages, elle n’a eu de cesse d’en multiplier, pour le plaisir vital de la découverte, et pour celui, plus récent mais tout aussi vital, de l’écriture. Auteur de deux romans publiés chez Albin Michel (On ne boit pas les rats-kangourous, Prix Emmanuel-Roblès et Prix de la Société des Gens de Lettres, 2009, et Le Bon, la Brute, etc., Prix Gironde Nouvelles écritures, 2011), elle écrit actuellement son troisième ouvrage.

David Fauquemberg dans "Réputé perdu en mer" nous fait (re)découvrir le très méconnu Joshua Slocum.
Né en 1973, David Fauquemberg est écrivain, traducteur (James Meek, Willy Vlautin, Annabel Lyon…), reporter pour Géo et XXI. Son premier roman, Nullarbor (Hoëbeke, 2007 ; Folio, 2009), inspiré d’un voyage en Australie, obtient le Prix Nicolas Bouvier. Mal Tiempo (Fayard 2009, 10/18, 2011), dans les pas d’un boxeur cubain, reçoit le Prix Millepages et le Prix des Hebdos en Région.

Guillaume Jan dans "Traîne-savane, cœur de roc" enfonce ses tongs dans les traces de Henry Morton Stanley.
Guillaume Jan est né en 1973, il vit à Paris. Il est reporter depuis quinze ans : il a connu des contrebandiers mongols dans le transsibérien, des cultivateurs de coca dans la jungle péruvienne et un fan des Beatles dans une prison afghane ; il a été chercheur d’or en Guyane et a essayé d’apprendre la boxe à Cuba, mais il n’avait pas trop la carrure. En revanche, il a descendu tout le fleuve Congo. Il a publié un récit de voyage (Le Baobab de Stanley, éd. Bourin, 2009) et un roman (Le Cartographe, éd. Intervalles, 2011).

Astrid Wendlandt dans "Autocratie" polémique avec le marquis de Custine sur sa vision de leur chère Russie.
Astrid Wendlandt, franco-canadienne, a été correspondante au Financial Times à Moscou et à Londres avant d’intégrer l’agence de presse Reuters à Paris en 2004. Elle a découvert la Russie à l’âge de vingt et un ans et travaillé dans les années 1990 pour le Moscow Times, un quotidien anglophone indépendant publié à Moscou. Elle est titulaire d’un diplôme de russe et de sciences politiques de l’université McGill à Montréal et d’une maîtrise en finances et relations internationales de la Fletcher School of Law and Diplomacy, une école rattachée aux universités Tufts et Harvard à Boston. Sa passion pour l’Oural et la Sibérie la conduit à entreprendre régulièrement des voyages au long cours à travers ces pays chez les derniers nomades de Sibérie. Astrid Wendlandt est l’auteur d’Au bord du monde, une vagabonde dans le Grand Nord sibérien (Robert Laffont, 2010).

Charles Poitevin dans "Je n'ai plus peur" se met dans la peau d'un frère de Louis-Ferdinand Céline.
Charles Poitevin est né en 1981. Il a publié un premier roman remarqué, Otary Club (éd. Rue Fromentin), en 2011. Auparavant, il a vécu pendant près d’un an aux îles Fidji, se passionne pour l’Arménie et prépare son prochain roman. Il est par ailleurs comédien et scénariste.

Antonin Potoski dans "Un peu par goût, un peu par nécessité" s'attache à Isabelle Eberhardt.
Antonin Potoski est né en 1974 à Nancy. Diplômé de l’école nationale supérieure de la Photographie, il vit en déplacement depuis 1996. Il écrit ses premiers livres au Sahel, en milieux peul et dogon (La plus belle route du monde et Les Cahiers dogons, en 2000 et 2001, éd. P.O.L.), réside au Japon (Hôtel de l’Amitié, 2004, éd. P.O.L.), puis dans la Corne de l’Afrique, au Myanmar, et sur les côtes indonésiennes chez les pêcheurs Bugis. Il construit aujourd’hui ses récits en étoile autour du sultanat d’Oman. Antonin Potoski a publié en 2011 Cités en abîme, aux éditions Gallimard.

Alexandre Poussin dans "Go for it " suit minutieusement la piste d'Ewart Grogan, son prédécesseur en Afrique.
Après Sciences-Po, Alexandre Poussin effectue en 1994 un tour du monde à bicyclette avec Sylvain Tesson. Ils en publient un livre On a roulé sur la Terre (Robert-Laffont, 1996) qui les lance dans la vie d’écrivains voyageurs. En 1997, Après un DEA de politique comparée, pour lui, et de géopolitique, pour Sylvain, ils traversent l’Himalaya. Cette aventure leur ouvrira les portes de la télévision grâce au film qu’ils en rapportent et à la publication de leur récit : La Marche dans le ciel. En 2001, il repart avec sa femme Sonia pour Africa Trek : trois ans et quatorze mille kilomètres de marche le long de la vallée du Rift. Ils en reviennent avec un long-métrage, une série de douze épisodes, un récit en deux tomes, et un bébé. En 2011, il a publié, toujours chez Robert Laffont, Marche Avant, un essai sur les vertus de la marche empreint d’aventures biographiques, de réflexions philosophiques et d’inquiétudes écologiques et énergétiques globales. Depuis, il restaure une vieille maison et prépare activement son prochain voyage au long cours, et en famille.

Élodie Bernard dans "La fin d'un monde" nous initie au maître soufi Rûmî, le "Sultan des savants".
Née en 1984, Élodie Bernard a étudié le persan à Téhéran et a longtemps séjourné au Moyen-Orient et en Asie dans le cadre de ses activités professionnelles. Elle est actuellement journaliste d’enquête. Son premier livre s’intitule Le Vol du paon mène à Lhassa, publié chez Gallimard en 2010.

Éric Faye dans "La terre fantôme" revisite l'âpre Sibérie en compagnie du pionnier Yakov Sannikov.
Né en 1963, Éric Faye est l’auteur de romans, dont Nagasaki (Grand Prix du roman de l’Académie française, 2010), mais aussi de recueils de nouvelles (dont Je suis le gardien du phare, Prix des Deux-Magots, 1998) et de récits de voyage (comme Mes Trains de nuit). Ses livres sont publiés aux éditions José Corti et Stock.

Julien Blanc-Gras dans "2099" imagine ce que pourrait être le voyage dans les temps futurs, tout en espérant que cela n'arrive jamais!
Né en 1976 à Gap, Julien Blanc-Gras est journaliste de profession et voyageur par vocation. Reporter pour M, le magazine du Monde, il a publié trois romans aux éditions Au diable Vauvert : Gringoland, qui conte un périple latino-américain (lauréat du Festival du premier roman de Chambéry) ; Comment devenir un dieu vivant, une comédie apocalyptique déjantée ; et Touriste, un tour du monde récompensé par le Prix J. Bouquin et le Prix de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon.

Tous ces "voyages de papier" sont un réel plaisir de lectures et l'occasion de découvrir que ces écrivains ont bien des points communs: le talent, l'ouverture à l'autre et au monde, la générosité, l'humour et l'enthousiasme.
Ces textes, écrits spécialement pour ce recueil, montrent que les grands travel-writers ne sont pas tous morts et anglo-saxons comme le pensent certains et qu'il y a bien une littérature-monde française et francophone.
Parmi ces écrivains-voyageurs, sept d'entre eux sont passés à Montpellier nous voir: Jean-Claude Perrier, Christian Garcin, David Fauquemberg, Guillaume Jan, Astrid Wendlandt, Alexandre Poussin et Élodie Bernard.
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Rivages de l’Est, En kayak du Danube au Bosphore, Lodewijk Allaert (Transboréal – 2012)

Une errance balkanique au rythme de la pagaie....

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Les aventures d'un gentleman - voyageur , carnet de voyage à bord du Queen Elisabeth de Simon Allix, Alain Dayan (Arthaud – 2012)


Ce récit d'un tour du monde en 54 escales, à bord d'un des palaces flottants les plus renommés, est l'occasion de présenter le Queen Élisabeth comme un îlot de luxe.
Imaginez un vaisseau maritime de 294 mètres de long, riche d’un théâtre, d’un casino, 8 restaurants, 12 bars et salons, tous magnifiquement décorés « Art déco » à la façon des transatlantiques d’autrefois. À son bord, il faut 1003 équipiers pour gérer 2092 passagers (au maximum), un véritable village flottant avec ses codes, ses us et ses règles, où se côtoient mécaniciens, cuisiniers et voyageurs.
Titanesque ! Quelles sont les motivations des uns et des autres pour réaliser un tel tour du monde? À quoi ressemble la vie à bord ? Des amitiés, ou des inimitiés, vont-elles naître ?
54 escales donc pour cette circumnavigation unique en son genre. De quoi humer l’air du temps et rencontrer ceux qui, à chaque étape, ont décidé de poser bagages.
En premier L'Atlantique (Le Havre, Southampton, New York, Caraïbes, Canal de Panama).

Puis le Pacifique (Puntarenas, Acapulco, San Francisco, Honululu, Fidji, Auckland, Melbourne, Sydney, Hong Kong).

Ensuite l'Océan Indien (Singapour, Kuala Lumpur, Bombay, Dubai).

Et enfin la Mer Rouge et la Mer Méditerranée (Muscat, Safaga, Athèes, Rome, Monte-Carlo, Lisbonne, Le Havre).

Au cours des quatre mois de navigation à bord de ce paquebot, Simon Allix, notre gentleman - voyageur va faire escale dans des villes dont les noms font rêver : New York, San Francisco, Sydney, Hong Kong, Cochin, Alexandrie…
Ce voyage est avant tout une histoire d’hommes. D’hommes, qui depuis l’aube des temps ne cessent de se déplacer, de peupler et de métisser le monde.
Chaque escale est l’occasion pour notre Globe-Trotter de rencontrer d’autres voyageurs et de raconter leur histoire, comme par exemple celle des descendants d’émigrants Russes à New York, de Chinois à San Francisco, celle des Polynésiens d’Auckland, des Vietnamiens de retour à Saigon après l’exil de 1975, ou des Penjabis travaillant sur les chantiers de Dubaï.
Le récit, sous la forme d'un album, s'accompagne, également, de présentations diverses sur les pays ou les lieux géographiques traversés, de superbes dessins et illustrations de Simon Allix, de cartes marines dessinées, de considérations culturelles et de photographies de paysages, du personnel à bord et de l'intérieur du paquebot.
Une réelle découverte pour celles et ceux qui n'auront pas les moyens de faire ce tour du monde incroyable.

Tombé dans la marmite du voyage et des explorations au long cours depuis son plus jeune âge, auteur graphiste et réalisateur, Simon Allix a déjà usé ses guêtres à travers le sous-continent indien, l’Afghanistan, le Pakistan, les routes de la soie, l’Himalaya, le Mont Kailash et autant d’endroits « mythiques » qui nourrissent la quête de ceux qui sont passionnés par « l’ailleurs ».
Il manquait dans sa besace une grande aventure maritime, où l’océan ne serait plus une frontière mais l’occasion d’un nouveau départ à la découverte d’horizons encore inexplorés.
Immersion dans un paquebot dont la construction défie l’entendement, ce voyage est aussi, surtout ?, l’occasion de refaire le chemin parcouru par les premiers migrants qui auront tenté, quelques siècles auparavant, leurs chances au-delà des océans.

Auteur-réalisateur, grand voyageur, passionné par l’histoire des civilisations et l’aventure maritime, Alain Dayan développe une très importante collection de documentaires consacrée à la découverte du monde par les routes maritimes et fluviales. Ces films sont diffusés sur un grand nombre de chaînes de télévision dans le monde.




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Comédie du livre 2012 - Entretien littéraire du Dimanche 03 Juin - La rencontre audio



Entretien littéraire

avec:

Jean-Paul Delfino pour " Pour l'amour de Rio " (Éd.Le Passage)
De la déclaration d'indépendance du Brésil par Dom Pedro I à l'abolition de l'esclavage, Pour l'amour de Rio dresse un portrait haletant et méconnu d'une nation en marche vers son destin. Dans un respect scrupuleux des faits historiques, Jean-Paul Delfino dépeint, avec violence et tendresse, la naissance du Brésil au monde moderne: une réalité composée d'intrigues royales, d'aventures tumultueuses et de déchirements amoureux.

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Sept jours sur le fleuve David Henry Thoreau (Fayard –2012)

Un inédit de D.H.Thoreau....

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Une si jolie petite guerre de Marcelino Truong (Denoël – 2012)


La Revue Long Cours avait publié, dans son numéro 1, quelques bonnes feuilles de son roman graphique Une si jolie petite guerre. Nous pouvons, enfin, le découvrir dans son intégralité.
En 1961, John F. Kennedy devient le 35e président des États-Unis. Décidé à endiguer le communisme en Asie, il lance le Projet Beef-Up, destiné à renforcer l'aide militaire américaine au Sud-Vietnam. C'est dans ce contexte que Marcelino Truong et sa famille arrivent à Saigon. Sa mère est malouine, son père vietnamien.
Directeur de l'agence Vietnam-Press, Truong Buu Khanh fréquente le palais de l'Indépendance où il fait office d'interprète auprès du président Ngô Dinh Diêm, chef d'un régime autoritaire pris dans ses contradictions, entre nationalisme, rejet du passé colonial, influence chrétienne et antimarxisme virulent.

Fasciné par l'armement lourd débarqué des gros porteurs US, par la multiplication des attentats et des coups d'État, Marcelino pose un regard d'enfant sur cette guerre en train de naître qui ressemble à un jeu, une si jolie petite guerre d'une forme inconnue, où l'opinion mondiale prendra toute sa part.
Mêlant l'histoire familiale à la grande Histoire, il brosse un portrait intime de Saigon, redonne vie à une époque et à des événements qui ont fait basculer le cours du monde et réussit un roman graphique palpitant, où les causes de la plus humiliante défaite de l'Amérique sont examinées avec justesse et équité depuis le camp des vaincus.


Illustrateur et peintre, né d’un père vietnamien et d’une mère française, Marcelino Truong porte le nom d’une rue de Manille, la calle " San Marcelino", où il est né en 1957.
Son enfance voyageuse le conduit des Philippines aux Etats-Unis, puis de Saigon à Londres. Un parcours atypique le conduit des bancs de Sciences Po à la bande dessinée.
Il se lance dans le métier d'illustrateur en 1983. Il signe, en 1991, un album "Le Dragon de bambou", mettant en scène André et Clara Malraux dans l’Indochine des années vingt (Albin Michel BD, épuisé). C’est dans les rayons de littérature pour la jeunesse que l’on remarque le plus souvent ses illustrations chaudes et lumineuses. En 1995, il obtient le Prix du Salon International du Livre de Jeunesse de Bologne pour “Enfants prostitués en Asie” (collection “J’accuse !..”, Editions Syros, 1994).
La fiction cohabite avec les pages documentaires dans un album très recherché par les collectionneurs : “Une Journée à Hanoi”(collection Demi-page, Hachette Jeunesse, 1997, épuisé).
En 2002, il signe "Fleur d’eau", aux Editions Gautier-Languereau, bientôt suivi de trois autres albums dans la même série. Ces histoires se déroulent au Vietnam, vers le milieu du XIXe siècle, à Hôi An, port ancien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. "La Voyante du temple", 4éme album de la série paraît en octobre 2005.
En 2003, ses illustrations, pour l’album de Lisa Bresner "Mélilotus et le mystère de Goutte-Sèche", aux Editions Actes-Sud Junior, sont très remarquées. Livre à succès bientôt suivi en 2005 d’un deuxième opus intitulé "Mélilotus et le cavalier sans visage".
Fort du succès de son premier film d’animation, "Petit Wang" (26 minutes, réalisateur Henri Heidsieck), Prix du Festival d’Annecy en 2006, il signe la conception d’un long-métrage d’animation "Mélilotus" en cours de fabrication.
Toujours se retrouve chez lui la fascination pour l’Asie. Il dessine et peint hors des clichés exotiques de la vieille Indochine coloniale, il nous montre ceux qu’il aime, peuple vivant mais pudique, prude parfois, dans un monde des sentiments codés. Il peint et dessine ces visages d’icône, le culte de la maternité, le bonheur des enfants, la sensualité de la rue, le luxe de la végétation, la caresse lourde de la pluie, une chambre presque nue, une femme endormie, la vitalité du dehors et l’intimité du dedans.
Croquis, dessins ou peintures…avec lui, on ne regarde pas seulement le Vietnam, pays magique, on le vit.

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Comédie du livre 2012 - Entretien littéraire du Samedi 02 Juin - La rencontre audio



Entretien littéraire

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Maxence Fermine pour " Noces de sel " (Éd.Albin Michel)
Fatum antique, faiblesses humaines, amours contrariées…, un conte tragique et romantique de Maxence Fermine avec, pour toile de fond, la cité médiévale d’Aigues-Mortes.

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Comédie du livre 2012 - Entretien littéraire du Samedi 02 Juin - La rencontre audio



Entretien littéraire

avec:

Jean-Claude Perrier pour " Le goût du rock'n roll " (Éd.Mercure de France)
Jean-Claude Perrier nous propose, dans cette nouvelle anthologie, des pages d’histoire, objets du culte, portraits souvenirs, paroles de rocker par eux-mêmes ou par d’autres, en compagnie de Nick Cohn, Greil Marcus, Antoine de Caunes, Iggy Pop, François Bon, Bob Dylan, Bertrand Cantat, Nick Cave, Leonard Cohen, Serge Gainsbourg, John Lennon, Freddie Mercury, Jim Morrison, Tommy Ramone, Keith Richards, Sting et bien d’autres.

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Les routes de la démesure, L'Asie à vélo couché T.2 de Nathalie Courtet (Phébus – 2012)

La suite des aventures des Courtet à vélo couché

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Comédie du livre 2012 - Entretien littéraire du Samedi 02 Juin - La rencontre audio



Entretien littéraire

avec:

Blanche de Richemont pour " Manifeste vagabond " (Éd.Plon)
" À trente-trois ans, je pose mes valises et m’interroge : cela fait des années que tu cours sur les routes après un sens ; existe-t-il? Partir encore. Mes longues marches dans le désert ont guéri des blessures mais le mot “ailleurs” est devenu une obsession. Comme si je ne pouvais jamais revenir. À chaque retour, il me faut de nouveaux rêves pour tenir. Le voyage est devenu un esclavage. Alors, j’ai compris qu’il devait servir une autre dimension : intérieure. Le véritable vagabond ne serait pas celui qui prend la route, mais celui qui part chercher son âme."
Le nouveau livre de Blanche de Richemont est l’écho de cette quête.

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Journal de la mer d'Arabie. Du Yémen à l'Inde dans le sillage des dhows de Claire et Reno Marca (La Martinière – 2012)


Revoilà nos chers et talentueux peintres-voyageurs qui nous proposent, comme pour leurs autres albums, un voyage littéraire et graphique magnifique.
Parti en 2010 sur l'île Yéménite de Socotra, Claire et Reno Marca découvrent par hasard les dhows, d'énormes boutres en bois qui assurent le transport marchand d'une rive à l'autre de l'océan Indien. Piqués par le caractère extraordinaire de ces vaisseaux qui demeurent, depuis le commerce des épices, les derniers héritiers des échanges séculaires entre l'Afrique, l'Arabie et l'Inde, ils décident de remonter leur route jusqu'en Inde où ils seraient, dit-on, fabriqués.
Ils remontent donc les côtes de l'Arabie, traversant le Yémen puis le Sultanat d'Oman pour arriver à Dubaï, où les dhows côtoient de manière surréaliste les gratte-ciel futuristes.
De là ils embarquent sur un cargo et traversent l'océan indien pour atteindre l'Inde, où ils découvrent enfin les fabuleux chantiers de dhows après six mois d'aventures.

Née à Neuilly-sur-Seine en 1973, Claire Marca a été élevée dans une famille où l’altruisme est une valeur fondamentale. Après avoir découvert plusieurs villes européennes puis l’Ouest africain à l’adolescence, elle part à 20 ans, seule, travailler dans une maternité de Bangui, en République centrafricaine. Un an plus tard en Inde, elle consacre ses vacances et ses économies aux missionnaires de la Charité, l’ordre de Mère Teresa.
À l’Institut supérieur des arts appliqués de Paris, elle rencontre Reno Marca, épousé en 2004, qui partage le même désir de faire du grand voyage une expérience de vie nécessaire.

Né à Saint-Brieuc en 1972, Reno Marca est un gaucher adroit, illustrateur passionné le jour, pêcheur inlassable la nuit. Il dessine depuis qu’il est en âge d’avoir des cahiers à noircir de croquis, une passion dont ses parents ne se réjouiront que bien plus tard.
Après des études d’architecture intérieure à Paris, Reno Marca se lance en 1998 dans un premier ouvrage, Esprit de Provence, chez Hachette, puis enchaîne les travaux d’illustration pour divers magazines et maisons d’édition (Minerva, La Martinière Jeunesse, Nathan, Le Lou du Lac, Michelin, Actes Sud, etc.).
À l’Institut supérieur des arts appliqués de Paris, il rencontre Claire.
En 2000, Claire part avec Reno, tout simplement : en mettant patiemment quelques sous de côté, en fermant la porte derrière eux et en prenant la route comme on prend la vie, à bras-le-corps. Or bien au-delà d’une quête personnelle, ce voyage est peu à peu devenu le miroir d’un monde différent de celui que le couple pensait connaître. De retour de trois années d’émotions à travers l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie centrale et le Pacifique, il publie le superbe album illustré Trois ans de voyage (Aubanel, 2005, La Martinière, 2011). Cet ouvrage exceptionnel a été plusieurs fois récompensé (Prix du jury 2007 au FIDLAS, Vallauris; mention spéciale Prix Amerigo Vespucci 2006 de Saint-Dié des Vosges; mention spéciale à la Biennale du carnet de voyage de Clermont-Ferrand en 2005; Prix des Cinq Continents 2006).
Leur deuxième ouvrage, Madagascar, 3 mois de voyage sur l'île rouge (Aubanel, 2007) a obtenu le Grand Prix Michelin à la biennale du carnet de voyage de Clermont-ferrand en 2007 et leur dernier ouvrage, Algérie "soyez les bienvenus" (Aubanel, 2008) est un magnifique succès.

Claire et Reno Marca ont fait de leur passion commune pour les rencontres, les livres et l’ailleurs un mode de vie. Ils travaillent en duo pour l’édition et la presse de voyage, toujours soucieux de mettre en avant, à leur manière, la poésie et l’humanité d’un monde trop souvent déprécié.

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Comédie du livre 2012 - Entretien littéraire du Vendredi 01 Juin - La rencontre audio



Entretien littéraire

avec:

François Garde pour " Ce qu'il advint du sauvage blanc " (Éd.Gallimard)
Ce sauvage, c’est Narcisse Pelletier, qui, abandonné par son navire sur une côte australienne, vit chez les aborigènes le désapprentissage de la civilisation occidentale pour acquérir une nouvelle culture, une nouvelle langue, un nouveau nom, mais qui sera reconduit en France au terme de 17 ans de vie sauvage, et confié à un savant chargé de le ramener à la civilisation.
Le roman a été couronné du Prix Goncourt 2012 du premier roman par les dix membres de l’Académie éponyme..

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Comédie du livre 2012 - Table ronde du Dimanche 03 Juin - La rencontre audio



Patagonie, histoires du bout du monde

avec:

David Lefèvre pour " Aux quatre vents de la Patagonie " (Éd.Transboreal)
De la steppe argentine aux épaisses forêts du Chili, de l’île de Chiloé aux confins du détroit de Magellan, David Lefevre est happé par une nature grandiose qui le modifie peu à peu, au point qu’il se trouve, au terme de dix-huit mois d’errance, confronté à l’impossibilité du retour. Marches solitaires et séjours prolongés du fait de l’hospitalité autochtone alternent avec des temps de réflexion sur la culture, le mode de vie ou les points de clivage des sociétés latino-américaines. .

Isabelle Autissier pour " L'amant de Patagonie " (Éd.Grasset)
Sur fond d’anthropologie naissante, de colonisation des terres patagonnes par les blancs, d’affrontements sanglants entre les tribus Yamara et Alakaluffs, de croyances scandées, le roman d’Isabelle Autissier puise à la fois aux sources du réel et de la fiction : qui connaît mieux que la navigatrice les mers du Grand Sud et leurs histoires ? Mais il fallait le talent de l’écrivain pour incarner ces Roméo et Juliette des terres australes, Emily et Anaki.

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La Convergence des alizés de Sébastien Lapaque (Actes Sud – 2012)

Un amour de Brésil.....

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Comédie du livre 2012 - Table ronde du Dimanche 03 Juin - La rencontre audio

J'ai eu l'occasion de participer, lors de la dernière Comédie du livre, à une table ronde sur l'avenir du livre.
L'arrivée sur le marché du livre numérique pose évidemment la question du devenir du format papier traditionnel et de notre rapport à la lecture.
Cette table ronde donne la parole à tous les intervenants de la chaîne du livre représentés par Denis Bouchain, éditeur aux éditions Plon, Olivier Larizza, auteur (La querelle des livres - Ed. Buchet Chastel - 2012), Guy-Noël Pasquet, rédacteur en chef de la revue Le Sociographe et responsable du développement aux éditions Champ social, Alain Londner de la librairie des Cinq Continents et enfin Pascal Wagner, directeur de la médiathèque de Saint Jean de Vedas et président de l'Association des Bibliothécaires de France.
Rencontre présentée par Cécile Jodlowski-Perra, directrice de LR2L, et animée par Nicolas Vidal, rédacteur en chef de BSC News Magazine.

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Géographie de l'instant de Sylvain Tesson (Les Équateurs – 2012)


Le début du mois de Novembre sera donc celui de Sylvain Tesson avec ce second ouvrage, après le très beau Moleskine Sibérie ma chérie, et avant les rééditions de ces Aphorismes à paraître éminemment sous peu.
Depuis 2006, Sylvain Tesson tient un bloc-notes dans le magazine Grands Reportages. Une chronique mensuelle qui est celle d'un écrivain et voyageur de son temps. Une mosaïque, un costume d'Arlequin, une matrice de son oeuvre en devenir où il trace les points cardinaux de sa géographie intime.
Ce bloc-notes est un miroir le long du chemin et des voyages de Sylvain Tesson où il parle bien évidemment de la Russie, de la Sibérie, de l'Afghanistan où il séjourne à plusieurs reprises, mais aussi de Haïti, de l'Islande qu'il parcourt à vélo ou de New York et Paris.
Nomade, il privilégie le dégagement, l'humeur, l'intemporel, la nature. Mais il aime aussi se confronter à son temps, à ses ridicules.
Il sait aussi plonger dans le volcan de l'actualité pour en faire jaillir les lignes de force, les tendances, le non-dit. Il s'engage pour la défense des femmes, contre l'excision et les violences qu'elles subissent. Toujours sensible, il met de la couleur à la tristesse du monde grâce à son énergie et à son humour.
Il dénonce sans se prendre au sérieux les ravages que commettent les hommes au nom du bien, de la religion, et de la société de consommation, contre la nature et la vie.
Géographie de l'instant qui rassemble, également des notes d'autres journaux, Le Figaro, Libération, La Croix, Air France Magazine entre autres, est un pamphlet poétique contre la lourdeur du monde, révélant la part secrète d'un voyageur et écrivain pour qui les retours sont des brûlures.

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Sibérie ma chérie de Sylvain Tesson, Thomas Goisque, Bertrand de Miollis et avec la participation d'Olivier Desvaux (Gallimard – 2012)


Thomas Goisque et Bertrand de Miollis sillonnent la Russie depuis la chute de l’Union soviétique. Entre le Pacifique et l’Oural, ils ont parcouru des milliers de kilomètres à pied, à cheval, en engin blindé, en canot, à motocyclette et en raquettes à neige.
Sylvain a vécu sur les bords du lac Baïkal dans une cabane d’ermite pendant six mois, recevant à l’occasion la visite de ses deux amis ; il en a tiré un récit : Dans les forêts de Sibérie (Gallimard – 2012).
Sibérie ma chérie est une déclaration d’amour à des terres méconnues où toutes les aventures sont possibles. Non, la Sibérie ne se réduit pas à une étendue de marais gelés, piquetée de goulags en ruine et de friches industrielles où divagueraient des moujiks qui se seraient ébroués du communisme historique pour s’acheminer vers l’alcoolisme.
Ce livre donne à voir une Sibérie vaste, sauvage, libre et capable d’accès de douceurs inattendus . Une terre où le voyageur n’est jamais à l’abri d’une belle rencontre : un ours brun, une escadre d’oies sauvages, un pêcheur à l’âme généreuse, une fillette nostalgique.
Ce carnet de voyage aux confins de la Russie fait vivre leur passion commune et redonne à lire quelques-uns des aphorismes dont Sylvain a parsemé ses nouvelles, récits et reportages, illustrés par les photos de Thomas et les peintures de Bertrand.
Ce Carnet se présente exceptionnellement sous la forme d'un grand « Moleskine » avec élastique si cher à Bruce Chatwin.


Né à Niort en 1972, Bertrand de Miollis est diplômé de l’ESC de Dijon. En 1998, lauréat d’une bourse de la Guilde européenne du raid, il se lance dans sa première aventure : rallier par la piste Hanoi à Rangoon sur une vieille moto russe. Il effectue là son premier carnet de voyage et expose ses aquarelles au retour.
Le virus du voyage l’a saisi. L’année suivante, il embarque à deux reprises sur la jonque Sao Mai menée par Michaël Pitiot. Durant quatre mois, dans le canal du Mozambique puis entre le Brésil et les Caraïbes, il est « matelot croqueur », dessine et peint tout ce qu’il voit. Ses travaux illustreront l’album De Saigon à Saint-Malo, Visions de la jonque Sao Mai (Transboréal, 2000).
En 2002, toujours avec son carnet de croquis, il fait le tour du Kirghizistan à bord d’un side-car soviétique. La chute qui lui fait frôler la mort ne calme pas ses aspirations aventureuses puisqu’il quitte alors son poste de chef de produits chez L’Oréal pour poursuivre dans la voie du voyage et de l’illustration.
Autodidacte en toute discipline artistique, il suit des cours pendant un an à l’École des arts décoratifs à Paris avant de repartir.
En mai 2003, il est l’un des illustrateurs de l’expédition maritime et littéraire « Portes d’Afrique ». Il illustre la vie à bord d’un magnifique monocoque de course géant ainsi que les escales de Dakar, Nouadhibou, Tanger et Alger. Dès son retour à Toulon, il repart pour l’« Expédition Paris-Kaboul » sur les routes de la soie. Italie, Grèce, Turquie, Iran, Afghanistan, les paysages et les gens changent au fil de son pinceau. L’Afghanistan, qu’il traverse à moto d’ouest en est, le marque particulièrement.
En février 2004, Bertrand de Miollis part en Irak avec le journaliste Arnaud de La Grange et le photographe Thomas Goisque et sillonne le pays. Simplement, il raconte en couleurs les peurs, les joies, les espoirs et la vie quotidienne de ce peuple meurtri par la guerre. Ses travaux ont donné lieu à l’ouvrage Irak Année zéro (Gallimard, 2003).
De 2004 à 2007, comme illustrateur, Bertrand de Miollis fait équipe avec l’écrivain Sylvain Tesson et le photographe Thomas Goisque pour effectuer des reportages pour le Figaro et le Figaro-Magazine, que ce soit au Rajasthan, sur la glace du lac Baïkal en Russie, sur le Mékong au Vietnam et au Cambodge ou au Chili sur la route des vins.
Mais Bertrand de Miollis ne se cantonne à l’illustration de voyage. Il se sent également homme d’entreprise et se plaît à remettre un pied dans cet univers. Il constate vite que l’état d’esprit d’ouverture, de rencontre et d’émerveillement qui l’anime lorsqu’il voyage a aussi un sens pour l’entreprise. Ses collaborations avec la Banque Edmond de Rothschild (communication), BNP Paribas (carnets de voyage d’entreprise) ou L’Oréal par exemple en témoignent. Il a aussi dessiné pour Dior et signé un packaging parfum, le book relations presse et mobilier merchandising pour Lancôme.


Thomas Goisque est né à Surennes en 1969. Il est diplômé en 1995 de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (section photographie).
Depuis plus de quinze ans, de Valparaiso à Irkoutsk, de Saigon à Bagdad, de Kaboul au Cap de Bonne-Espérance, il parcourt le monde pour la presse magazine et ses reportages sont publiés en France comme à l’étranger, aboutissant à de nombreux livres notamment en collaboration avec ses amis Bertrand de Miollis et Sylvain Tesson.
Thomas Goisque vit aujourd’hui dans une ferme picarde avec sa femme Geneviève et leurs quatre enfants.
Mais laissons à Sylvain Tesson le plaisir de présenter son ami Thomas Goisque: " Pour avoir beaucoup voyagé avec lui, pour l’avoir longtemps observé sur le terrain et pour avoir regardé quelques milliers de ses photos, je crois pouvoir être en mesure d’avancer deux ou trois commentaires sur le personnage de Thomas Goisque, en demeurant objectif (ce qui est la moindre des politesses lorsqu’on dépeint un photographe).
Sa formation artistique (les Arts Déco) et son goût pour le métier des armes font de Thomas Goisque l’étrange produit d’une nuit de noces entre un officier prussien et un peintre sensible…
S’il aime la photographie, c’est parce qu’elle lui donne le loisir de courir le vaste monde et de se réserver une place aux premières loges de son spectacle.
Il aime volontiers asséner qu’il est incapable de prendre une photo si rien ne se passe devant l’objectif. Il se réduit par modestie à un photographe de l’action, un de ces cueilleurs d’instants qui se contentent de se trouver au bon endroit à l’instant propice, avec leur filet à papillon en main. Mais je l’ai vu courir après le soleil pour capter une ombre propice sur le velours d’un versant, s’extasier devant l’acier d’une aube mercurielle, s’épanouir au spectacle d’un miroitement vif-argent dans le sillage d’une jonque. Et se passer très bien de toute espèce d’événement en célébrant d’un déclic la beauté éphémère des choses intangibles : l’air, l’eau, les couleurs...
Sa géographie mentale (cet ensemble de lieux chers à nos coeurs et qui finissent par constituer un planisphère intérieur, une carte du tendre) englobe l’Asie du Sud-est où il a contracté le mal jaune, la Yougoslavie où il a servi comme casque bleu, la Russie d’après l’époque rouge, l’Afrique dont il a fait le tour à la voile, la mer enfin…
S’il lui fallait serrer quelques livres au fond d’une caisse en partance pour l’île déserte, il y aurait Kessel, Monfreid, Saint-Exupéry, Hergé, et des récits de batailles épiques. Bref l’essentiel pour ne jamais s’ennuyer et comprendre que la vie n’est pas faite pour ressembler aux huîtres…
Mais on ne court pas le monde sans attaches. Les équipages les plus intrépides finissent par rentrer au port. J’ai rarement connu de voyageurs si fidèles à l’endroit d’où ils viennent. Thomas Goisque a plus que l’amour de sa terre natale : il a la conscience d’en être partie intégrante. Comme si le fait d’avoir grandi en un lieu, d’être de quelque part finissait par vous attacher au sol par la grâce de liens mystérieux invisibles entre la terre et son propre organisme. Quand il s’est installé dans une ferme picarde il y a quelques années Thomas a accompli ce qui pourrait bien ressembler à la définition d’une vie réussie : le séjour dans un bel havre ancré dans une terre puissante d’où on peut larguer les amarres pour les horizons lointains, certain que, quelque part dans l’immensité du monde, un foyer vous attend peuplé de ceux qui vous aiment."



Quant à Sylvain Tesson, il suffit de lire tous les articles que nous lui avons consacrés pour connaître son parcours de l'aventurier qu'il était à l'écrivain qu'il est désormais, un écrivain avide d'aventures personnelles.

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