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La Fièvre blanche, de Moscou à Vladivostok de Jacek Hugo-Bader (Noir sur Blanc – 2012)

Au pays de Poutine.....

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Un Voyage en Inde de Gonçalo M. Tavares (Éditions Viviane Hamy – 2012)

 
À l'origine de ce roman, qui s'impose comme l'une des oeuvres les plus marquantes de la littérature européenne récente, il y a un défi : Gonçalo M. Tavaress a voulu écrire une épopée, en vers libres, sur notre époque. Le genre épique ne semble pourtant pas le mieux indiqué pour affronter les enjeux du XXI siècle.
Voici donc l’épopée, tour à tour lumineuse et sombre, d’un personnage, Bloom (c'est aussi le nom du héros d'Ulysse, de Joyce, autre remake de la geste homérique paru en 1922), qui part à la recherche du sens de la vie, et qui, comme Ulysse, reporte autant que possible son retour... Un texte qui allie habilement poésie, philosophie et suspense.
Un voyage en Inde nous conte l’histoire de Bloom. Pourquoi, en l’an 2003, Bloom a-t-il décidé de fuir Lisbonne ? Quel crime a-t-il commis ? A-t-il vraiment tué son propre père pour venger sa bien-aimée, Mary, morte en de bien mystérieuses circonstances ?
Bloom qui n’a rien d’héroïque gagne l’Inde pour l’oublier, et pour rencontrer un sage hindou qui le guide spirituellement, espérant surtout y trouver la sagesse... Le voyage s’étendra de 2003 à 2010.
Son voyage vers l’Inde lui permettra-t-il de se réconcilier avec lui-même et de trouver un sens à la (sa) vie?
C'est donc l'histoire de ce voyage qui suit le processus physique et par-dessus tout l'itinéraire mental de Bloom, que Gonçalo M. Tavares nous invite à découvrir.
Pour cela, il suffit de suivre Bloom, dans son périple aux escales incertaines (ll ne fuit pas en ligne droite, mais en zigzags, visitant Londres, Paris, Vienne, etc.), dans son errance, dans sa quête inlassable de l’humain.
Fiction ambitieuse, Un voyage en Inde raconte une errance pétrie de mélancolie et de fantaisie où le voyage accède à l’harmonie magique entre suspense, poésie et philosophie. On pourrait s'attendre à une oeuvre difficile, et l’on découvre une oeuvre claire et fluide, très facile à lire.
Les aphorismes sur la nature, la vie, la mort, la violence, l’ennui, la création, qui surgissent ici là, illuminent cette fiction : autant de phrases magiques qu’on souligne frénétiquement pour mieux les retenir.
À sa manière, Gonçalo M. Tavares a écrit son Livre de l’intranquillité sous la forme d’une fiction. Pour raconter l’histoire d’un homme commun, qui vit une situation extraordinaire, l’auteur a décidé d’utiliser le squelette du plus grand classique de la littérature, Les Lusiades de Camões, qui narre la découverte de la route maritime des Indes par Vasco de Gama.
La réponse que développe Tavares, à travers Bloom, ne surprendra pas : le salut ne peut passer que par le langage. Le langage protège de l'animalité : "Parler est la manière la plus civilisée d'instaurer une distance de sécurité ; les animaux grognent entre eux, les hommes devisent sur le climat et citent des auteurs classiques".
En 10 chants et 1102 strophes, l’auteur relève le défi de cet exercice littéraire ambitieux et nous livre l’histoire d’une errance, belle, mélancolique et divertissante à la fois.

Gonçalo M. Tavares est né en 1970. Après avoir étudié la physique, le sport et l’art, il est devenu professeur d’épistémologie à Lisbonne.
Depuis 2001, il ne cesse de publier romans, recueils de poésie, essais, pièces de théâtre, contes et autres ouvrages inclassables.
Ce roman avait déjà été distingué à plusieurs reprises : Prix de la meilleure Narration de Fiction 2010 de la Société Portugaise des Auteurs et le Prix Spécial de la Presse Meilleur Livre 2010.
Quant à l'écrivain, il accumule les prix depuis quelques années : Prix Ler/Millennium BCP (2004), pour Jerusalém ; Prix José Saramago (2005) ; Grand Prix du Conte de l'Association Portugaise des Ecrivains Camilo Castelo Branco (2007), pour Água, cão, cavalo, cabeça ; Prix Portugal Telecom (2007) ; Prix International de Trieste (2008) ; Prix Belgrad Poésie (2009) et le Prix du Meilleur Livre Etranger (2010), en France, pour Apprendre à prier à l'ère de la technique.
Gonçalo M. Tavares est considéré comme l’un des plus grands noms de la littérature portugaise contemporaine, recevant les éloges d’auteurs célèbres comme Eduardo Lourenço, José Saramago, Enrique Vila-Matas, Bernardo Carvalho et Alberto Manguel.
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Des oiseaux couleur de soufre d'Ilija Trojanow (Buchet-Chastel – 2012)

Une croisière en Antarctique.....

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La Nuit de l'indigo de Satyajit Ray, traduit par Éric Chédaille (Les Belles Lettres – 2012)

 
Les onze nouvelles composant ce recueil révèlent la diversité du talent de Satyajit Ray écrivain.
Leur coloration irréelle agrémente avec bonheur l'observation de la réalité indienne à laquelle le célèbre cinéaste nous a habitués dans ses films.
Il s’agit, pour la plupart d’entre elles, de petites histoires fantastiques. Les personnages croisent des animaux intelligents : un chien qui rit dans Le chien d’Ashamanja Babu ou un oiseau qui écrit dans Corvus ; ils rencontrent des revenants (La nuit de l’indigo, Le duel) ou sont confrontés à divers phénomènes surnaturels.
Khagam fait froid dans le dos: un homme tue par bêtise un serpent, il se retrouvera quelque temps plus tard dans la peau de ce serpent. Dans Patol Babu, un vieil acteur dépassé par les progrès du cinéma se berce de ses dernières illusions.
La nuit de l'indigo, nouvelle qui donne son titre au recueil, s'inspire des souvenirs de jeunesse de l'auteur pour dériver vers un étrange récit de réincarnation et de dédoublement de personnalité.
D'autres textes pourraient encore faire songer à Conan Doyle ou Wells, s'ils n'étaient rehaussés par la fantaisie, la magie du "regard " indien. On retrouve aussi là l’influence de Jules Verne dont Satyajit Ray nous dit dans la préface qu’il le lisait dans son enfance.
Comme toute nouvelle réussie, il est difficile de résumer celles de Satyajit Ray, dont tout le charme tient à une couleur, une manière, un rythme originaux.

Satyajit Ray (1921-1992) est né à Calcutta. Après un bref passage par la publicité, il commence une carrière dans le cinéma.
Son premier long métrage, Pather Panchali (1955), est considéré comme un grand classique. Ses films Charulata, Les joueurs d'échecs et Le salon de musique sont des chefs-d'oeuvre.
Parallèlement à son oeuvre de cinéaste, Ray a publié des centaines de nouvelles. Elles n'avaient jamais été traduites en français.
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La table des autres de Michaël Ondaatje (L'Olivier – 2012)

Souvenirs du Sri-Lanka.....

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Sensorium d'Abha Dawesar (Héloïse d'Ormesson – 2012)

 
Lors d’un voyage sur sa terre natale, Durga, jeune plasticienne indienne, est conduite par son cousin chez un devin.. Celui-ci lui prédit que tant qu’elle n’aura pas expié les péchés de ses vies antérieures, elle ne parviendra pas à accomplir son destin. Celle-ci est troublée par les prédictions formulées. Lui faut-il expier le lourd péché qu’elle aurait commis lors de sa vie antérieure ? Son esprit cartésien se rebelle, mais son cœur balance entre les croyances hindoues et la raison occidentale.
Cette jeune femme aux facettes multiples, scindée entre l’Inde et les États-Unis, l’Orient et l’Occident, met à profit son séjour dans une résidence d’écrivain en Flandre pour explorer son identité multiculturelle et tente de déchiffrer les mystères de sa psyché.
Au gré des réminiscences, la pensée de l’artiste vagabonde de la métaphysique du temps à la gestation de l’éléphant, de son appartement de Madison Avenue à la campagne des Flandres. Jonglant avec les concepts et les anecdotes, la facétieuse Durga jette des ponts entre art et science. Telle la déesse éponyme chevauchant un tigre, elle nous entraîne dans un prodigieux périple sous l’égide de Ganesh.
En détective de l’âme, elle analyse ses émotions. En exploratrice, elle traque la muse et explore le processus de création. En chercheur, elle tente de déchiffrer les clés de notre cerveau. Elle n’hésite pas à recourir aux dessins et croquis pour éclairer son propos. Ses souvenirs d’enfance et l’évocation de sa vie d’artiste sont autant de chemins qui la guident dans cette fascinante introspection.
Avec ce roman choral, où l’histoire de Durga est ponctuée de réflexions métaphysiques et scientifiques, Abha Dawesar surprend le lecteur. L’originalité de son écriture, ses propres illustrations, le caractère pluriel de son récit subjuguent.
D’inspiration autobiographique, sous le signe du dieu Ganesh, Sensorium nous entraîne dans un voyage prodigieux, qui relève de la quête spirituelle: « Du Je en Moi découlent Mon Peuple, Mon Sexe, Mon Pays, Ma religion, Ma Race. Sur l’autre face de la même pièce, se trouvent Mon Art, Ma Vie, Mes désirs. Si ce sentiment d’appartenance lui est enlevé que reste-t-il d’elle ? »

Née en 1974 à Delhi, Abha Dawesar est diplômée de philosophie à Harvard.
"L’Inde en héritage", sélection du Médicis et du Femina étranger, est désigné comme l’un des 20 meilleurs livres de l’année 2009 par Le Point.
Elle a publié chez Héloïse d'Ormeson: Babyji (2007), Dernier été à Paris (2008) et L’Agenda des plaisirs (2011).

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Peste et Cholera de Patrick Deville (Seuil – 2012)


Quand Louis Pasteur expérimente avec succès le vaccin contre la rage, il ouvre de nouvelles et formidables perspectives à la biologie et à la médecine. Il chargera plus tard ses élèves ou disciples de prolonger ses recherches à travers le Monde.
Les jeunes pasteuriens partent pour de longs périples. Parmi eux, Alexandre Yersin, d'origine Suisse, naturalisé français pour les besoins de la science, qui se forme sur le tas et part très vite en Indochine, où il passera le plus clair de sa vie, loin des brouhahas parisiens et des fracas guerriers.
Il est médecin à bord d'un cargo qui relie les deux capitales coloniales Hanoï et Saigon, puis médecin des pauvres, "Ong man", comme le surnomment les "Annamites", ces vietnamiens qu'il soigne gratis à Nha Trang, où il a élu demeure et où il s'éteindra à l'âge de 80 ans.
Il multiplie là-bas les observations épidémiologiques mais aussi bien géographiques, astronomiques ou météorologiques. C'est que ces jeunes gens sont curieux de tout, Yersin en particulier.
Ami du politicien Doumer, Yersin se trouve à l'origine de la ville de Dalat, "la ville de l'éternel printemps", dans l'actuel Vietnam.
D'une curiosité insatiable, il étudie les "Moïs", les peuplades montagnardes des Hauts-plateaux du Vietnam; il adapte la culture de l'hévéa au climat indochinois; il s'intéresse à l'élevage bovin, à la culture des orchidées, à la quinine: il pourrait faire fortune mais tout va au financement des recherches et de l'institut Pasteur créé entre-temps.
La science l'observe, il n'aura ni femme ni enfants. Parfois il revient en Europe, mais c'est le plus souvent de loin, à la radio ou par les journaux, qu'il reçoit l'écho des conflits mondiaux et de leurs atrocités.
Mais c'est à Hong-Kong, en 1894, ville frappée par la peste, que Yersin va laisser son nom à la postérité grâce à la découverte du bacille, à l'origine du fléau, dans le bubon d'un malade. Il élaborera un vaccin plus tard à Canton qui sauvera un séminariste chinois atteint par la maladie.
Il meurt en 1943, conscient mais pas tout à fait amer que son nom n'aura pas la même gloire posthume que son maître, Louis Pasteur.
C'est cette formidable aventure scientifique et humaine que raconte Patrick Deville en croisant les périodes et les personnages autour de la figure de Yersin, à la fois chercheur, médecin et explorateur et cela de manière sensible, voire sensitive.
On retrouve dans ce nouveau récit, la passion de Patrick Deville pour l'Asie du Sud-est, le Mékong et les peuples qui habitent ces lieux et pour les aventuriers, explorateurs dans les traces desquelles il aime à se perdre, carnet et stylo à portée de main.

Patrick Deville, grand voyageur, esprit cosmopolite, ressent très vite le besoin de voyager, et enchaîne les postes de coopérant puis de professeur à Oman, au Maghreb ou encore à la Havanne.
C’est en 2001 que Patrick Deville décide de revenir en France, à St-Nazaire, dans sa région natale. Il prend alors la direction de la MEET, "la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs".
Fourmillant d’idées pour faire vivre la littérature de voyage et favoriser les rencontres littéraires, il crée une revue littéraire, "MEET", une maison d’édition du même nom, et enfin un prix littéraire Latino-Américain.
Malgré ses nombreuses activités, Patrick Deville trouve très tôt le temps d’écrire. De Cordon-bleu, en 1987, à Ces deux-là, en 2000, ses premiers romans, minimalistes, sont salués par la critique et le public, mais aussi par les milieux universitaires.
Ce n’est que plus tard, en 2004, qu’il renoue avec ses premiers amours. Il publie alors Pura Vida : Vie et mort de William Walker (Seuil – 2004), un livre hybride mêlant chronique, journal de voyage et roman, puis La tentation des armes à feu, avant de quitter le continent sud américain pour les rives du fleuve Congo avec Equatoria (Seuil – 2006).
C’est finalement sur un autre fleuve, le Mékong, que se déroule son dernier récit, Kampuchéa ( Seuil – 2011). Avec en trame de fond la folie meurtrière du "Kampuchéa démocratique", Patrick Deville oscille entre l’histoire de la découverte des temples d’Angkor par Henri Mouhot, chasseur de papillon, et le procès de Douch, directeur de prison sous le règne de terreur de Pol Pot.
À mille lieues d’un angélisme colonial, Patrick Deville invite le lecteur à plonger au coeur de l’histoire des Suds, bâtie à force de coups de feu, mais traversée de belles aventures.

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Le dernier homme de la tour d'Aravind Adiga (Buchet-Chastel – 2012)

 
À Mumbai, tout le monde sait que la Tour A de la société coopérative immobilière Vishram est un immeuble de bonne qualité, absolument, irrévocablement de bonne qualité… Et ce depuis cinquante ans qu’il existe, malgré les bidonvilles qui l’environnent et la proximité de l’aéroport. Mais la ville a changé en un demi-siècle, et pas seulement de nom. Bombay, devenue Mumbai, est aujourd’hui une ville vouée au développement et à l’argent, où ceux qui ont fait fortune à l’étranger sont de retour.
Et voilà qu’un promoteur plein d’ambition, Dharmen Shah, projette de construire en lieu et place de la Tour A un immeuble de grand luxe " Le Shanghai ", qui nécessite bien sûr l’expropriation des copropriétaires actuels.
Dharmen Shah est parti de rien pour créer un empire. Shah est l'incarnation de la mobilité sociale et de l'aspiration mondiale. Après avoir décidé de ne pas rester dans le village de sa naissance dans le Gujarat, il est parti à la ville et a fait son chemin dans le monde de la construction: "Dans la ville en pleine expansion de Mumbai, où les nouveaux bâtiments poussent comme des mauvaises herbes, l'entreprise de construction n'est pas juste une façade pour des activités illégales, c'est une raison d'être."
Mais sa santé se détériore, "le Shanghai " est destiné à être son héritage, un bâtiment qui promet d'être l'une des adresses les plus élitistes de la ville.
Même si Dharmen Shah se montre très généreux envers les résidents, leur offrant 250 fois ce que leurs petits appartements valent en fait, certains montrent de la réticence à partir. Shah est peut-être impitoyable, mais aussi impartial: son prix est plus que juste.
Et comme personne ne touchera rien tant que l’unanimité ne sera pas obtenue, la tension monte, les pressions s’intensifient. Bientôt un seul résiste encore, Masterji, un instituteur à la retraite, autrefois respecté de tous, qui vit seul après la mort récente de sa femme et la mort de sa fille, éjectée d'un train trop plein et contre lequel ses voisins et amis, aveuglés par la cupidité et la fausse promesse d’un avenir radieux, vont se liguer, prêts à tout pour empocher leur argent…
Masterji, le héros du dernier livre d'Aravind Adiga n'est ni Gandhi, ni le Christ, mais l'unique symbole irrésistible de l'intégrité et de la persévérance tranquille. Pour Masterji, c'est le désir de vouloir rien d'autre que mourir à l'endroit où résident les souvenirs de sa famille.
Il se retrouve isolé et mis au ban de la société. Ce faisant Aravind Adiga parvient à créer un personnage qui est à la fois sympathique et intolérant – ce qui n'est pas une chose facile à faire.
Aravind Adiga élargit sa toile pour nous donner un récit captivant sur l'argent et le pouvoir, le luxe et la misère sociale dans la ville en plein essor de Mumbai.
C'est son œuvre la plus étonnante d'autant plus, qu'il puise dans les vies et les esprits de cette classe moyenne en pleine ascension qui habite la sphère géographique entre les bidonvilles fétides de la ville et les plus luxueux gratte-ciels, en comparant la nouvelle Inde et son avenir technologique radieux avec les derniers vestiges de l'empire britannique.
Bouleversements immobiliers, pratiques mafieuses des promoteurs, corruption généralisée, rêves illusoires de promotion sociale, Aravind Adiga décrit les désordres qui secouent la société indienne actuelle.
Le roman s'interroge sur le prix qu'une société est prête à payer pour la croissance, quand l'avidité d'un grand nombre devrait l'emporter sur les souhaits de quelques-uns, et où la vertu devient égoïsme.
Qu'est-ce qui arrive à un homme qui n'est pas à vendre dans une société où tout le monde a son prix? C'est le sujet de ce roman habile, impitoyable et qui donne à réfléchir.
À travers la destinée de personnages hauts en couleur se dessine le portrait sans concession d’une ville d’exception, Mumbai-Bombay, ville sans limites, où des gens ordinaires vont être poussés au bout des leurs…

Aravind Adiga, né en 1974, est le chef de file de la jeune littérature indienne.
Son premier roman, Le Tigre blanc, a obtenu en 2008 le prestigieux Booker Prize (Buchet/Chastel, 2008).
En 2011 est paru chez Buchet/Chastel Les Ombres de Kittur qui paraît en 10x18 fin Septembre.
Aravind Adiga vit actuellement à Bombay.
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Rencontre du Vendredi 28 Septembre 2012


La Médiathèque Municipale de Teyran programme un café littéraire avec l'écrivain Haïtien Lyonel Trouillot.
La librairie les cinq continents s'associe à cette soirée en proposant une sélection d'ouvrages de cet écrivain.

Romancier et poète, Lyonel Trouillot est né en 1956 à Port-au-Prince. Issu d’une famille d’avocats, il entame des études de droit, mais très vite se fait remarquer par ses écrits. Il apporte sa contribution à différents journaux et revues d’Haïti et de la diaspora dans lesquels il publie de nombreux poèmes et textes critiques.
Il est très engagé dans la résistance à l’oppression dans son pays, qu’il a toujours refusé de quitter. Dans les années 1990, il anime Cultura, une revue littéraire lancée dans le cadre du projet franco-haïtien de promotion du livre et de la lecture. Aujourd’hui il vit et travaille toujours dans sa ville natale.
Professeur de littérature à l’institut français d’Haïti et à l’université Caraïbe, il poursuit parallèlement ses activités littéraires en publiant une oeuvre poétique et romanesque de première importance, des poèmes composés en créole et des romans écrits en français.
Ses derniers livres sont parus chez Actes sud : Thérèse en mille morceaux (2000), Les Enfants des héros (2002), Bicentenaire (2004), L'Amour avant que j'oublie (2007), Yanvalou pour Charlie (2009).
Lyonel Trouillot est président de l’association Etonnants Voyageurs Haïti.
Son dernier roman, La Belle Amour humaine, également chez Actes Sud, a obtenu le Grand Prix du Roman Métis 2011. .

Rencontre animée par Jean-Louis Vidal et Régis Couder.

Vendredi 28 Septembre 2012

à 20h 00

Médiathèque Municipale de Teyran, Place du ballon

Réservation et inscription indispensables au 04 67 16 19 13 ou courriel: mediatheque@ville-teyran.fr.
Une participation de 6€ par personne sera demandée pour le buffet.


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la revue Long Cours N°1

Une nouvelle revue très proche de la littérature de voyage.......

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La vallée des masques de Tarun Tejpal (Albin Michel – 2012)

 
Depuis ces deux premiers romans, Tarun Tejpal traite toujours le même thème: l'histoire d'un individu – intellectuel victime d'une vendetta ou ici assassin repenti d'une redoutable secte himalayenne – menacé par une collectivité, voire par le reste du monde. Expérience inspirée à l'auteur par son propre vécu, sans doute, puisque le fondateur et directeur de l'hebdomadaire indépendant Tehelka a failli payer très cher sa dénonciation de la corruption endémique qui règne dans son pays, l'Inde.
Dans sa démarche, la vallée des masques constitue un sommet: un grand huis clos paranoïaque, confession nocturne d'un certain Karna, un fanatique, qui raconte son histoire et celle de son peuple, une communauté qui vit recluse dans une vallée inaccessible, selon les préceptes d'un gourou légendaire: Aum, le pur des purs, le porteur de vérité. Et cela juste avant que ses anciens frères Wafadar ne viennent le liquider, pense-t-il.
Les Wafadar, auxquels il a lui-même appartenu, sont les tueurs sauvages de la secte Aum. Ils vident leurs victimes de leur sang à l'aide d'un siontch, objet qui peut provoquer une mort subite ou prolonger l'agonie de la victime aussi longtemps que désiré par le Wafadar selon les ordres reçus.
La secte Aum, du nom de son gourou né en 1888, est une redoutable organisation nichée dans une vallée de l'Himalaya, qui n'hésite pas à piller, massacrer ou réduire en esclavage les paysans alentour. Chacun de ses membres, intégré à un système suprêmement hiérarchisé, voue sa vie à Aum et à ses successeurs, dirigés par le Grand Bienfaiteur et ses Grands Timoniers. Il se soumet totalement, corps et âme, à leurs ordres, et dans un souci d'égalité absolue, n'a pas de nom mais un matricule, comme C963, ZZ9 ou QT2, pas de visage mais un masque, identique pour tous, l'Effigie, signe de sa renonciation à son identité de naissance.
La cruauté impitoyable du récit souligne la cruauté de l'entreprise. Dans la vallée des masques, il n'y a pas de place pour les émotions comme l'amour, ou les plaisirs comme la musique: " le pur ne doit pas succomber aux larmes ou au rire, à la tristesse ou à la joie. Ce sont des illusions. "
Au terme d'années d'une initiation impitoyable, dont seuls les plus forts et les "purs des purs" triomphent, le novice prend toute sa place dans la secte, et peut même espérer gravir les échelons.
C'est justement au fur et à mesure qu'il s'élève dans la hiérarchie, jusqu'à en devenir un des chefs, que Karna découvre les écueils de cette utopie, ses perversions, sa cruauté envers ceux qui, au nom de la pureté, n'hésitent pas à éliminer chaque grain de sable. Un de ces grains de sable, une jeune femme, finira par ouvrir les yeux du héros sur ce qu'il est réellement: un bourreau aussi féroce que les autres.
Alors il fuira vers le monde extérieur "l'outre-monde" où il découvrira la musique, la lecture, le rire, l'amour…et la beauté salutaire du doute.
Le Wafadar va alors tenter d'échapper à la secte. Mais échappe-t-on jamais à son passé?
Sa dernière nuit, cet amateur de thé et de musique, qui a refait sa vie modestement avec l'humble Parvati et gagne son riz en sculptant des Ganesh pour un patron musulman, la passe à dicter sa confession à un magnétophone, seul trésor qu'il lègue à sa compagne. Un exercice d'hygiène, afin de soulager sa conscience avant de mourir.
La vallée des masques, roman foisonnant et complexe dans sa structure, est une réflexion profonde et sans aucune complaisance sur les questions fondamentales qui agitent les sociétés humaines: l'individu face au groupe, les maladies du pouvoir, les perversions du dogme, la dictature de la pureté, les dangers de la rhétorique, et l'inhumanité de toute quête de la perfection absolue.
Il peut se lire comme un acte d'accusation contre les fondamentalismes de toutes sortes ou de toute autre structure où l'individu est broyé, décérébré, embrigadé. Le devoir de chaque homme libre étant bien sûr de rentrer en résistance; Surtout s'il est journaliste et écrivain.
Entre politique-fiction et fable philosophique, le nouveau roman de Tarun Tejpal est un roman brillant, dérangeant, à l'imaginaire luxuriant, porté par une langue baroque - inventant son propre vocabulaire - qui lui donne sa dimension mythique, comme un Mahâbhârata des temps modernes.

Fondateur et rédacteur en chef du magazine d’investigation Tehelka, qui a bâti sa réputation sur ses enquêtes contre la corruption, éditeur et romancier, Tarun Tejpal est l’une des grandes figures de la littérature indienne contemporaine.
Loin de Chandigarh (Buchet Chastel, 2005), son premier roman, a été traduit dans une quinzaine de langues et a été un immense succès en France, finaliste du Prix Femina et Prix des Libraires en 2007. Histoire de mes assassins, son deuxième roman, est paru également chez Buchet Chastel en septembre 2009.
Tarun Tejpal vit à New Delhi avec son épouse et leurs deux filles.

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Le voyageur de papier de Jean-Claude Perrier (Héloïse d'Ormesson – 2012)

Un voyage dans le monde de la littérature....

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