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Coup de pouce à une photographe de talent


Marcelle Huguet est une amie de longue date. Médecin par vocation et photographe par passion, cette voyageuse saisie, à travers le prisme de son objectif, la réalité du monde, peuples ou nature.
Sa prochaine exposition rassemblera son travail sur ses thèmes de prédilection: "Ma passion de la photo – raconte l’artiste photographe - est né d’un premier voyage au Tibet en 1989. Je voulais témoigner du pays et de ses habitants. Ont suivi de nombreux voyages en Asie et retour au Tibet avec une prédilection pour les portraits. Depuis, les centres d’intérêt se sont élargis au carnaval de Venise, aux graffitis, aux écorces d’arbre et surtout aux reflets dans l’eau et sur les surfaces vitrées, pur moments de magie."
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Requiem pour un autre temps de Krishna-Baldev Vaid, traduit de l'hindi par Annie Montaut (Infolio-2011)

Le grand roman de la partition de l’Inde

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Delhi Noir, recueil de nouvelles rassemblées par Hirsh Sawhney, Traduit de l'anglais par Sébastien Doubinsky. (Asphalte – 2012)


Après Londres, Paris, Los Angeles, Rome, Brooklyn et Mexico, et en attendant Barcelone et Haïti, les éditions Asphalte nous font faire un tour en Inde avec ce recueil de nouvelles consacré à Delhi.
Quatorze histoires ordonnées selon trois grandes parties dont les titres sont tirés de trois slogans publicitaires de provenances bien variées.
La première, Avec vous, pour vous, toujours, devise de la police de Delhi, rassemble cinq nouvelles qui prennent, c’est le moins qu’on puisse dire, le contre-pied de ladite devise. En effet, la police y apparaît souvent trop absente et, lorsqu’elle est présente, travaille à préserver ses intérêts plus que ceux des citoyens.
La deuxième partie prend, elle, au pied de la lettre le slogan de Pepsi Cola, Youngistan, en nous plongeant, cinq autres nouvelles durant, au cœur de la jeunesse qui se presse dans la deuxième métropole de l’Inde. Une jeunesse innocente par certains côtés, mais dont les illusions fondent très rapidement face à la réalité du monde dans laquelle elle est plongée.
La troisième partie, Ville emmurée, ville du monde, du nom d’une campagne du Times of India, insiste, tout au long de quatre nouvelles sur les clivages qui existent : clivages issus du système des castes, clivages religieux, clivages entre urbains et ruraux récemment installés.
Ces quatorze histoires courtes recouvrent tout Delhi, des endroits connus comme le Jantar Matar, les Lodhi Gardens, Green Park ou l'Université de Delhi – Campus nord, jusqu’aux quartiers hors des sentiers battus comme Gyan Kunj et Rohini. Elles dessinent une carte alternative de la ville, révélant ses coins les plus sordides et ses promesses illusoires.
Problèmes d’urbanisation, embouteillage, pénurie des ressources, voilà ce qui caractérise la plupart des sujets qui traitent de cette ville cosmopolite où se côtoient des gens venus de tout le pays.
Ce brassage de multiples groupes ethniques et culturels, d’expatriés du monde entier (160 ambassades) est peut-être à l’origine du pourcentage le plus élevé des crimes par rapport à celui des autres villes de l’Inde dépassant le million d’habitants.
Cette anthologie prend à bras le corps une cité chaotique trois fois millénaire où l'opulence et la pauvreté s'affrontent constamment, où les valeurs du vieux monde et la société d'aujourd'hui se livrent une bataille permanente.
Quel terrain de jeux pour ces quatorze écrivains dont la plupart ont été déjà nommés ou récompensés par des prix littéraires ! Avec par ordre d’apparition : Omair Ahmad, Radhika Jha, Tabish Khair, Irwin Allan Sealy, Ruchir Joshi, Nalinaksha Bhattacharya, Meera Nair, Siddharth Chowdhury Mohan Sikka, Palash K. Mehrotra, Hartosh Singh Bal, Hirsh Sawhney, Uday Prakash et Manjula Padmanabhan.

Hirsh Sawhney est journaliste et critique littéraire. Il écrit dans de nombreux journaux, dont The Guardian, Time Out New York, Outlook Traveller, et l'Indian Express. Il s'est installé dans la capitale indienne en 2005, effectuant le chemin inverse de ses parents qui ont émigré à New York dans les années 1960.
Depuis, Hirsh Sawhney partage son temps entre Delhi et Brooklyn tout en travaillant à son premier roman.
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Cyber China de Qiu Xiaolong (Liana Levi, 2012)


L’inspecteur Chen est appelé pour enquêter sur la mort du directeur du bureau de développement immobilier de Shanghai, un dénommé Zhou. L’homme a récemment été la cible d’un vaste mouvement d’internautes dénonçant sur des blogs la corruption de certains hauts fonctionnaires.
Une photo de Zhou en possession d’un paquet de cigarettes d’une marque de luxe, postée par un « cyber citoyen », a suffi pour enflammer la toile. Pour couper court à ce type d’accusation de plus en plus fréquente et sauver la face, le parti multiplie les Shuanggui (emprisonnement illégal des membres gênants).
C’est pendant sa détention que Zhou est mort. Li, le secrétaire du parti, demande à Chen de conclure à un suicide. Tandis que Wei, le coéquipier de l’inspecteur, meurt, dans un accident de voiture…
Chen, plus déterminé que jamais à faire la lumière sur la mort de Zhou, trouve de l’aide auprès de Lianping, une jeune journaliste du journal Wenhui. Zhou aurait-il été tué à cause d’un simple paquet de cigarettes, ou parce qu’il possédait des informations compromettantes sur d’autres hauts dignitaires ?
Cette septième enquête de Chen pointe le ras-le-bol de toute une population face à la corruption et aux ravages d’un système inégalitaire. Pas de coupable unique mais la mise en cause d’un mécanisme de société. Et comme toujours dans les romans de Qiu Xiaolong, autant que l’enquête à proprement parler, ce sont les promenades et les rêveries de l’inspecteur poète, ses discussions avec les vendeurs de rue, son regard sur Shanghai ou la vieille ville de Shaoxing, qui confèrent au récit tout son charme.

C’est cloué au lit par une bronchite, pendant son adolescence à Shanghai, que l’écrivain chinois Qiu Xiaolong découvre la littérature et la poésie américaine ; une passion qui ne le quittera plus pendant toute sa vie.
À partir des années 1960, sa famille connait des jours difficiles en Chine : son père, accusé d’être un capitaliste, est victime de la Garde Rouge. Qiu Xiaolong est lui même périodiquement interdit d’école, mais ce sont les évènements tragiques de la place Tian’anmen en 1989 qui le poussent à quitter définitivement la Chine. Il se dirige alors vers les États-Unis, où il entreprend naturellement des études de littérature anglo-américaine, rédige un thèse sur le poète T.S. Eliot, et rédige ses premiers poèmes en Anglais.
Interdit de séjour en Chine suite à ses prises de position politiques, Qiu Xiaolong commence à enseigner à la Washington University de St-Louis et entame sa carrière littéraire en inventant son personnage phare : l’inspecteur général Chen. En près de dix romans (tous en Points Seuil maintenant), ce policier chinois s’impose comme un témoin des bouleversements économiques et sociaux de la Chine des années 1990.
Cyber China, le dernier roman de Qiu Xiaolong confronte l’inspecteur Chen au monde des Web-dissidents, de plus en plus présents en Chine aujourd’hui. Membre important du parti communiste chinois, le héros s’attaque néanmoins à la nomenklatura corrompue de Pékin, dans des enquêtes toujours bien ficelées.
Malgré sa situation d’exilé, Qiu Xiaolong ne sombre pas dans de l’amertume vis à vis de la Chine. En grand gourmet, il aime ponctuer ses romans de pauses gastronomiques. Avec beaucoup de pittoresque, il parvient à mêler des scènes de la vie quotidienne, de ses petits tracas, des problèmes de transport ou de logement, à des problématiques profondes.
L’inspecteur Chen est ainsi le parfait témoin pour comprendre les grands enjeux politiques et sociaux qui agitent l’Empire du Milieu.

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