On s’amuse ferme en découvrant l’histoire vraie de ces deux années de séjour, aussi épouvantables qu’hilarantes, aux îles Kiribati, petite nation perdue au fin fond du Pacifique Sud – qui pourrait bien être le pire endroit du monde.
À vingt-six ans, Maarten Troost – qui s’ingéniait à différer son entrée dans la vie active en accumulant les diplômes universitaires inutiles, avant d’enchaîner les boulots intérimaires – décide de partir pour Tarawa, un lointain atoll du Pacifique, capitale de la république des Kiribati. L’idée de tout laisser tomber et de s’en aller au bout du monde paraît d’un romantisme échevelé à ce jeune homme déboussolé, mais incapable de tenir en place. Comme quoi, tout le monde peut se tromper.
Découvrant que Tarawa n’est pas l’île paradisiaque dont il rêvait mais un espace délaissé depuis le départ des colons Britanniques en 1979, il y côtoie la pollution, le manque de nourriture, et les problèmes sanitaires.
La vie sexuelle des cannibales retrace l’épopée désopilante qui commence dès que Troost découvre que Tarawa n’est pas le paradis tropical dont il rêvait. Passant d’une mésaventure cocasse à la suivante, il doit faire face à une chaleur inexorable et étouffante, à tout un assortiment de bactéries meurtrières, à une mer polluée, à des poissons toxiques – le tout dans un pays où la seule musique que l’on peut entendre, à des kilomètres à la ronde, n’est autre que « La Macarena ».
Avec son amie, la vaillante Sylvia, ils vont passer leurs deux années à se battre contre des fonctionnaires gouvernementaux incompétents, contre toutes sortes de créatures d’une taille inquiétante, contre les caprices de l’électricité locale et contre des choix alimentaires plus que limités (sans parler de la consternante « crise de la bière »); et à s’accommoder, aussi, d’un étrange assortiment de personnalités du cru, parmi lesquelles figurent « Semi-Fredo », dont les facultés mentales ont été quelque peu diminués par les abus de substances variées, et le poète lauréat autoproclamé du pays (un Britannique plus porté sur les verres, petits et grands, que sur les vers).
Avec La vie sexuelle des cannibales, Maarten Troost nous offre un des récits de voyage les plus originaux et les plus drôles de ces dernières années – un récit qui permettra au lecteur de mieux apprécier certains produits courants de la vie moderne, le café, les douches à volonté ou la presse à scandale, par exemple. Et qui pour une fois le laissera soulagé d’avoir vécu cette aventure par procuration.
En Robinson Crusoé des temps modernes, Maarten Troost dévoile avec férocité l’envers des clichés de carte postale.

Maarten Troost, voyageur frénétique et écrivain original, retranscrit dans ses ouvrages l’expérience d’un touriste pas comme les autres : des histoires rocambolesques qui entraînent le lecteur de périples exotiques en mésaventures réjouissantes. Partageant ses découvertes en toute subjectivité, armé d’un humour décapant, il prend le temps dans chaque lieu d’approcher les habitants et de les connaître, pour retranscrire au plus près leur mode de vie et leur pensée.
Avec beaucoup d’autodérision, il révèle ses travers de voyageur occidental et balaye les images préconçues. Au gré de ses tribulations, les pays prennent vie et leurs richesses se dévoilent. On découvre par exemple la Chine dans son dernier livre Lost in Planet China sous les traits d’un centre mondial émergent, fascinant et intriguant, de la mégapole de Beijing au désert de Gobi et aux sommets du Tibet, loin des a priori européens.
Très jeune, son parcours personnel lui insuffle le goût de l’aventure. Né aux Pays-Bas en 1969, il voyage pour rendre visite à son grand père à Prague, puis sa famille déménage au Canada et aux États-Unis où il poursuit des études dans le domaine des relations internationales. Partagé entre les États-Unis et le Vieux Continent où habite son père, il explore, émerveillé, l’est de l’Europe, de la Pologne à la Turquie.
Maarten Troost a écrit des essais pour l’Atlantic Monthly, le Washington Post et pour le Prague Post alors qu’il était étudiant. Après plusieurs petits boulots décevants, le voyage lui paraît la meilleure alternative à un travail qu’il considère comme ennuyeux et une vie un peu trop tranquille.
C’est ainsi qu’à 26 ans, il prend la décision de suivre sa femme à Kiribati, une petite île du Pacifique Sud où il passera deux ans. De cette expérience, il tire un premier roman hilarant, Sex life of the Cannibals (La vie sexuelle des cannibales)