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INTERMÈDE MILITANT ACTE 1 - "à propos d'Amazon, le site"

Face à la déferlante médiatique autour de l'implantation d'une troisième plate-forme d'Amazon en Bourgogne, le Syndicat de la librairie française tient à rappeler quelques données :
. Face aux 150 à 250 emplois permanents réellement créés par Amazon, la vente de livres génère en France plus de 20 000 emplois dont 14 000 dans les seules librairies indépendantes (rapport de branche 2011 I+C) ;
. À proportions égales, la librairie indépendante représente une activité qui génère deux fois plus d'emplois que dans les grandes surfaces culturelles, trois fois plus que dans la grande distribution et, selon les chiffres de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD), 18 fois plus que dans le secteur de la vente en ligne ;
. La librairie est un commerce humain qui mise sur des femmes et des hommes qui aiment les livres, les défendent et les connaissent comme ils connaissent leurs clients « en chair et en os » ;
. pour l'ouverture de sa plate-forme à Châlons-sur-Saône, Amazon a bénéficié d'aides publiques conséquentes alors qu'un rapport sur « l'impact du développement d'Internet sur les finances de l'Etat », disponible sur le site du Sénat, confirme qu'Amazon, en rapatriant l'essentiel de son chiffre d'affaires au Luxembourg (905 M€ sur 930 M€) échappe pratiquement totalement à l'impôt en France. Il s'agit d'une concurrence déloyale au détriment des commerces indépendants et de proximité qui génèrent bien plus d'emplois tout en s'acquittant de leurs obligations légales.
Dernier détail mais pas le moindre, le président du conseil général s’appelle... Arnaud Montebourg.



Acheter en librairie, c'est la meilleure façon de soutenir localement l'emploi, l'économie et la culture.
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Visites du bout du monde


Il y a trois mois nous avons eu la visite de l'Amchi du roi du Mustang.
Heureux de trouver dans nos rayons un livre sur son royaume au coeur du Népal, dans lequel il a reconnu une photographie de sa mère et d'autres du Roi, nous avons pu lui souhaiter paix et bienveillance pour lui et son royaume.

Quelques semaines après ce fut une visite d'un chef de tribu de Papouasie Nouvelle Guinée, venu à l'occasion d'un congrès sur l'ethno-biologie des peuples autochtones.
Belle rencontre encore où entendre la parole de ces peuples, notamment sur l'apport du tourisme dans leur village est fort édifiant et bien loin des réflexions négatives que nous attribuons souvent au tourisme dans ces lieux lointains.
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Les manguiers de Bellavista, aventures mexicaines de Robin Bayley (Arthaud – 2012)


Tout petit, Robin Bayley aimait entendre sa grand-mère lui raconter les histoires extraordinaires de son arrière-grand-père Arthur, parti tenter sa chance au Mexique, au début du XXe siècle.
À la fin du 19ème siècle l'arrière grand-père de Robin, Arthur - ou «Arturo» - Greenhalgh quitte l'Angleterre pour voyager à travers les Amériques. Ses histoires fabuleuses ont été transmises à travers les générations, mais Robin a toujours senti en elles une absence, comme si quelque détail principal était resté inédit. Son désir était si grand de combler ce vide qu'il a vendu son appartement de Londres et a abandonné une carrière médiatique réussie afin de retracer le voyage de son arrière grand-père, à travers les États-Unis, le Guatemala, la Colombie, le Venezuela et enfin le Mexique.
Dans les années 1990, il décide de partir sur les traces de celui qu'il considère comme l'aventurier de la famille. Les indices sont peu nombreux, surtout quand on ne parle pas un mot d'espagnol…
Arrivé à New York, le jeune homme décide donc de se rendre d'abord au Guatemala pour apprendre la langue. Il y reste deux mois, s'éprenant au passage d'une belle femme, avant d'aller en Colombie, à la recherche d'un historien susceptible de l'aider.
Robin entreprend donc d'abord un vrai voyage en Amérique latine, avec tout ce que cela comprend de folies, de superstitions, de dangers et de situations cocasses.
Il cherche les endroits où Arturo aurait voyagé et vécu, déterminé à découvrir le mystère de ce qu'il avait laissé derrière lui. Au long de la route Robin rencontre des sorcières, des trafiquants de drogue, les bas-fonds des villes sud-américaines et l'amour. Il est menacé d'expulsion et doit presque renoncer à sa quête, jusqu'à ce que le coup du destin le pousse à l'ouest du Mexique, vers la découverte de beaucoup, beaucoup plus que ce qu'il aurait pu imaginer.
Dans un village dans l'état mexicain de Nayarit, Robin apprend à connaître le rôle qu'avait joué son arrière grand-père dans la grève de l'usine qui a contribué à déclencher la révolution mexicaine, et les véritables circonstances du départ définitif d'Arturo du pays. Encore plus étonnant est la révélation que toute la population de ce village porte le nom de Greenhalgh. Lorsque Arturo était retourné à une vie tranquille en Angleterre pour rejoindre sa femme, il avait laissé derrière lui au Mexique une maîtresse et une nombreuse descendance, dont la progéniture - un siècle plus tard - avait démultiplié jusqu'à 300 âmes.
La «nouvelle» famille de Robin l'accueille à bras ouverts, le prenant pour la réincarnation de leur ancêtre anglais. Il est rapidement entraîné dans les secrets, les soupçons et les intrigues de la vie du village. Les Greenhalghs mexicains avaient longtemps cru que Arturo était mort sur le Titanic, Robin doit briser cette illusion.
Dans le processus d'élaboration de son histoire familiale, Il constate également que toutes les lettres que Arturo avait furtivement envoyées à son amante, Maria, après son retour en Angleterre, avaient été volées pour l'argent qu'elles contenaient.
À son retour en Angleterre, Robin raconte à sa grand-mère son aventure et ce qu'il a découvert. À l'âge de quatre-vingt ans, elle part avec Robin au Mexique, où elle est accueillie par une fanfare mariachi et tout le village.
Robin Bayley a commencé à écrire Les manguiers de Bellavista en 2004, dix ans après le voyage qu'il a effectué.
Avant qu'il ne commence son voyage dans les années 1990, Robin est allé parler à sa grand-mère. Elle a donné sa bénédiction au projet, à condition qu'il se dépêche pendant qu'elle était encore vivante. Il a finalement terminé l'écriture au début de 2009.
Avant que Robin envoie le manuscrit à son agent, il l'envoya à sa grand-mère, qui le lu deux fois. Elle est décédée la même année, quelques semaines après son 103e anniversaire.
Un récit drôle et émouvant, qui offre à la fois un aperçu authentique de la culture mexicaine et latine et une belle histoire d'humanité.

Robin Bayley vit à Londres. Il a travaillé dans la publicité, avant de partir pour ce périple initiatique, dont il mettra 5 ans à écrire le récit. Sa mère étant d'origine française, il parle couramment notre langue.
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La vie sexuelle des cannibales de Maarten Troost (Hoebeke - 2012)


On s’amuse ferme en découvrant l’histoire vraie de ces deux années de séjour, aussi épouvantables qu’hilarantes, aux îles Kiribati, petite nation perdue au fin fond du Pacifique Sud – qui pourrait bien être le pire endroit du monde.
À vingt-six ans, Maarten Troost – qui s’ingéniait à différer son entrée dans la vie active en accumulant les diplômes universitaires inutiles, avant d’enchaîner les boulots intérimaires – décide de partir pour Tarawa, un lointain atoll du Pacifique, capitale de la république des Kiribati. L’idée de tout laisser tomber et de s’en aller au bout du monde paraît d’un romantisme échevelé à ce jeune homme déboussolé, mais incapable de tenir en place. Comme quoi, tout le monde peut se tromper.
Découvrant que Tarawa n’est pas l’île paradisiaque dont il rêvait mais un espace délaissé depuis le départ des colons Britanniques en 1979, il y côtoie la pollution, le manque de nourriture, et les problèmes sanitaires.
La vie sexuelle des cannibales retrace l’épopée désopilante qui commence dès que Troost découvre que Tarawa n’est pas le paradis tropical dont il rêvait. Passant d’une mésaventure cocasse à la suivante, il doit faire face à une chaleur inexorable et étouffante, à tout un assortiment de bactéries meurtrières, à une mer polluée, à des poissons toxiques – le tout dans un pays où la seule musique que l’on peut entendre, à des kilomètres à la ronde, n’est autre que « La Macarena ».
Avec son amie, la vaillante Sylvia, ils vont passer leurs deux années à se battre contre des fonctionnaires gouvernementaux incompétents, contre toutes sortes de créatures d’une taille inquiétante, contre les caprices de l’électricité locale et contre des choix alimentaires plus que limités (sans parler de la consternante « crise de la bière »); et à s’accommoder, aussi, d’un étrange assortiment de personnalités du cru, parmi lesquelles figurent « Semi-Fredo », dont les facultés mentales ont été quelque peu diminués par les abus de substances variées, et le poète lauréat autoproclamé du pays (un Britannique plus porté sur les verres, petits et grands, que sur les vers).
Avec La vie sexuelle des cannibales, Maarten Troost nous offre un des récits de voyage les plus originaux et les plus drôles de ces dernières années – un récit qui permettra au lecteur de mieux apprécier certains produits courants de la vie moderne, le café, les douches à volonté ou la presse à scandale, par exemple. Et qui pour une fois le laissera soulagé d’avoir vécu cette aventure par procuration.
En Robinson Crusoé des temps modernes, Maarten Troost dévoile avec férocité l’envers des clichés de carte postale.

Maarten Troost, voyageur frénétique et écrivain original, retranscrit dans ses ouvrages l’expérience d’un touriste pas comme les autres : des histoires rocambolesques qui entraînent le lecteur de périples exotiques en mésaventures réjouissantes. Partageant ses découvertes en toute subjectivité, armé d’un humour décapant, il prend le temps dans chaque lieu d’approcher les habitants et de les connaître, pour retranscrire au plus près leur mode de vie et leur pensée.
Avec beaucoup d’autodérision, il révèle ses travers de voyageur occidental et balaye les images préconçues. Au gré de ses tribulations, les pays prennent vie et leurs richesses se dévoilent. On découvre par exemple la Chine dans son dernier livre Lost in Planet China sous les traits d’un centre mondial émergent, fascinant et intriguant, de la mégapole de Beijing au désert de Gobi et aux sommets du Tibet, loin des a priori européens.
Très jeune, son parcours personnel lui insuffle le goût de l’aventure. Né aux Pays-Bas en 1969, il voyage pour rendre visite à son grand père à Prague, puis sa famille déménage au Canada et aux États-Unis où il poursuit des études dans le domaine des relations internationales. Partagé entre les États-Unis et le Vieux Continent où habite son père, il explore, émerveillé, l’est de l’Europe, de la Pologne à la Turquie.
Maarten Troost a écrit des essais pour l’Atlantic Monthly, le Washington Post et pour le Prague Post alors qu’il était étudiant. Après plusieurs petits boulots décevants, le voyage lui paraît la meilleure alternative à un travail qu’il considère comme ennuyeux et une vie un peu trop tranquille.
C’est ainsi qu’à 26 ans, il prend la décision de suivre sa femme à Kiribati, une petite île du Pacifique Sud où il passera deux ans. De cette expérience, il tire un premier roman hilarant, Sex life of the Cannibals (La vie sexuelle des cannibales)
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Mapuche de Caryl Ferey (Gallimard - 2012)


Jana est mapuche, fille d’un peuple sur lequel on a tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd’hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires dans la friche de son ancien mentor et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne.
Rubén Calderon, aussi est rescapé - un des rares "subversifs" à être sorti vivant des geôles clandestines de l’École de mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune sœur. Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie.
Détective pour le compte des Mères de la place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants disparus adoptés lors de la dictature de Videla, et leurs bourreaux... Rien a priori ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Mais un cadavre est retrouvé dans le port de la Boca, celui d’un travesti, "Luz", qui tapine sur les docks avec "Paula", la seule amie de la sculptrice.
De son côté, Rubén enquête sur la disparition d’une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d’un des hommes d’affaire les plus influents du pays. Malgré la politique des Droits de l’Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des oppresseurs rôdent toujours en Argentine. Eux et l’ombre des carabiniers, qui ont expulsé la communauté de Jana de ses terres ancestrales...

L’idole du romancier Caryl Ferey n’est pas un homme de lettres : c’est Joe Strummer, le mythique leader des Clash, dont le punk contestataire a bercé son adolescence. Un "modèle d’éthique" dont il envie l’intransigeance et la droiture morale et avec lequel il partage une véritable rage, palpable dans chacun de ses polars.
Dopé au rock Caryl Ferey se lance à 17 ans dans l’écriture d’une saga " romantico-destroy " : un pavé impubliable, sorte de road-movie à la Mad Max, magnifiant les aventures et les excès de son adolescence bretonne. L’excès est l’un des leitmotiv de sa vie : il en fera l’éloge en 2006 dans un court recueil de textes publié par Gallimard.
Méprisant le "confort bourgeois", avide de mouvement, de rencontres, Caryl Ferey s’embarque sitôt majeur dans un tour du monde qui le conduira en Océanie, sur les traces du grand Brel, autre figure importante de son panthéon personnel.
Il tombe alors amoureux de la Nouvelle-Zélande : le "pays du long nuage blanc" sera dix ans plus tard le décor des deux thrillers au lyrisme brutal et aux dialogues ciselés, Haka (1998, "ressuscité" chez Folio Policier en 2003) et Utu (2004), qui l’imposent dans le milieu du polar français. Loin des clichés édéniques, ces deux romans mettent en scène les durs à cuire Jack Fitzgerald et Paul Osbourne, flics des antipodes, en butte aux relents du passé colonial du pays du "kiwi" et aux violences du libéralisme à tout crin des années 1980.
Après le Prix SNCF du polar français reçu en 2005 pour Utu, Zulu, dont l’action se situe cette fois dans l’Afrique du Sud post-apartheid, lui vaut en 2008 une ribambelle de distinctions : Prix des Lecteurs des Quais du Polar de Lyon, Grand Prix du Roman Noir Français au festival du film policier de Beaune, Prix Nouvel Obs du roman noir, Prix des lectrice du magazine Elle... Une adaptation pour le cinéma est actuellement en projet.
En attendant son prochain polar, qu’il compte ancrer en terre argentine, Caryl Ferey sévit régulièrement sur les ondes : il écrit de nombreuses pièces radiophoniques pour France Culture. En novembre 2008, la station a notamment diffusé en direct sa fiction « Crevasses », une création post-apocalyptique mêlant théâtre, musique, rap et slam, à laquelle ont collaboré la rappeuse Casey et l’écrivain Jean-Bernard Pouy. Friand d’expérimentations, Caryl Ferey s’est également frotté à Internet, en écrivant le texte de la web-fiction Muti proposé sur le site du Monde lors de la Coupe du Monde de football de 2010 : un véritable roman-feuilleton interactif entrainant l’internaute dans les bas-fonds de Cape Town...

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