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Le Talisman, Traduit du malayalam (Inde) par Dominique Vitalyos, de Vaikom Muhammad Basheer (Zulma - 2012)

 
Maître de la nouvelle et du roman court, Basheer nous plonge sans transition dans les parfums et les couleurs de son Kerala natal. Et si son grand sujet est l’amour, c’est à travers les situations les plus cocasses.
Ainsi un militant tenté par le terrorisme se laisse circonvenir par la folle sensualité d’un fantôme jailli de la mer. Un chauve inconsolable succombe au bagou d’un marchand de talismans et découvre par inadvertance les vertus cachées de l’imposture. Une vieille inscription – « Je suis si fatigué, s’il vous plaît, ne me réveillez pas » – à la devanture d’une maison vide, nous apprend combien la solitude est un thème universel.
L’humour mutin évoquant Albert Cohen ou les conteurs yiddish, la cocasserie des dialogues, les trouvailles romanesques, et surtout l’espèce de tutoiement espiègle et tendre pour dire la proximité de ces hommes et de ces femmes sous les saris, les dhotis et les turbans, font de ce Talisman un bonheur de lecture onze fois renouvelé.
Il y a chez ce Maupassant, ce Garcia Marquez indien, une drôlerie sagace, une fantaisie et une liberté de ton parfaitement rayonnantes.
Ce qui est fascinant, dans l’univers de Basheer, c’est qu’on y entre de plain-pied, avec une familiarité et un enthousiasme qu’on a tout de suite envie de faire partager.
Cocasses négociations conjugales, peurs ancestrales tutoyant parfois le fantastique, toute situation est bonne pour l'écrivain qui brosse ici un saisissant portrait de la société indienne. Tour à tour sage et loufoque, curieux comme un beau diable, toujours bienveillant même quand il est ironique, Basheer charme la réalité comme on fait danser les serpents: par la seule musique de sa prose simple et magique.
Il est l’un des écrivains les plus attachants de la littérature indienne contemporaine.

Vaikom Muhammad Basheer (1908-1994) est né à Vaikom, au Kerala (côte sud-ouest de l'Inde). À l'adolescence, il s'échappe de chez ses parents afin de participer au mouvement de lutte pour l'Indépendance de l'Inde.
Il connaît la prison pour ses positions et activités politiques, puis passe de nombreuses années à voyager à travers toute l'Inde, côtoyant sages hindous et mystiques soufis.
Il est l'un des écrivains les plus importants de la littérature malayalam contemporaine. Et l'auteur de très nombreuses nouvelles et plusieurs romans courts dont Grand-père avait un éléphant et Les murs et autres histoires (d'amour), également chez Zulma.
Le gouvernement indien lui a attribué le prestigieux Prix Padmashri en 1982.

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Contes de Birmanie rassemblés par Louis Vossion avec des illustrations d´Amélie Strobino

Birmanie, Birmanie....

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Espíritu Pampa, Sur les chemins des Andes de Sébastien Jallade (Transboreal-2012)


Depuis 2006, Sébastien Jallade s’interroge sans relâche sur le rapport à la mémoire, à l’identité, aux croyances qui ont façonné le Nouveau Monde. Pendant quatre années de marche dans la cordillère des Andes, de Quito à La Paz, il a recueilli la voix des paysans, des mineurs et des artisans, rencontré des victimes du conflit armé avec le Sentier lumineux, filmé les fondateurs d’une radio communautaire dans la vallée de l’Urubamba, étudié l’usage contemporain des chemins préhispaniques.
Plongé dans une grève paysanne ou perdu dans la cordillère de Huayhuash, il a songé à renoncer… Autant de rencontres et de lieux où les croyances se mêlent, où les époques se croisent ou s’ignorent, autant de territoires qui esquissent une réalité originale des Andes, celle de régions écartelées par la géographie et l’histoire. Se dessine au fil des pages un regard sans concession sur nos illusions d’exotisme.

Né à Washington (DC), aux États-Unis, en 1973, avec trois nationalités en poche, Sébastien Jallade est de père français et de mère argentine. De ces années d’enfance hors de France – avec une incursion en Terre de Feu dès l’âge de 17 ans –, il retient l’adage qu’on ne voyage véritablement qu’en multipliant les sédentarités… à l’étranger.
En 1997, devenu journaliste pour des revues spécialisées et des magazines Internet, il multiplie les expériences professionnelles hors d’Europe, notamment en Bolivie, en Argentine et en Égypte. En 2002, il travaille quinze mois au Centre culturel français du Caire. Rentré en France en 2005, il fonde Voix nomades, un des tout premiers sites communautaires de voyageurs.
En 2007, Sébastien Jallade part une première fois sur le Qhapaq Ñan. Pendant six mois, il parcourt 1 200 kilomètres sur la grande route inca et réalise plus de trente heures d’enregistrements de sons et de témoignages au cœur des Andes : prêtres, mineurs, paysans, couturières, peintres… De cette expérience naît un film, Qhapaq Ñan, la voix des Andes, dont il est le coauteur avec Stéphane Pachot.
En 2008 et 2009, Sébastien Jallade poursuit son exploration du Qhapaq Ñan. Seul, il effectue à pied une traversée ouest-est des Andes, reliant le Pacifique aux contreforts de l’Amazonie, jusqu’à la forteresse de Kuelap. Il poursuit ensuite sa marche de Cajamarca à Paria via Cusco et le lac Titicaca, dans un axe nord-sud. À cette occasion, il réalise un inventaire géophotographique du Qhapaq Ñan au Pérou et en Bolivie, en partenariat avec un département de recherche de l’université Paris-VIII.
Au printemps 2009, il publie son premier livre, L’Appel de la route(Transboreal), et, à l’occasion d’un troisième séjour au Pérou, se lance dans la réalisation d’un documentaire sur une radio communautaire andine devenue le porte-drapeau des masses paysannes de la cordillère de Vilcabamba et des communautés indigènes de la vallée du rio Urubamba, en Amazonie.


Aurélia Frey & Sébastien Jallade par emefis
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Rencontre du Lundi 23 Avril 2012

La Librairie les cinq continents et les Éditions Arléa

vous proposent

Une rencontre

Avec

Sébastien ORTIZ

Le Lundi 23 Avril 2012

à 19h00

Centre Lacordaire, 6 Rue des Augustins, Montpellier

Entrée libre



Avec Portraits birmans, Sébastien Ortiz, attaché culturel à l’ambassade de France en Birmanie (aujourd’hui Myanmar) publie son deuxième récit chez Arléa, qui à l’instar du premier, Fantômes à Calcutta (2010), est nourri de son expérience à la fois de diplomate, de spécialiste des civilisations asiatiques, mais aussi d’insatiable curieux de la vie quotidienne.
Tout au long de ces dix-neuf portraits, Sébastien Ortiz nous révèle les mille facettes qui illustrent la vie quotidienne des « vrais gens », et cet éclairage tout à fait nouveau, s’il nous émeut bien souvent, ne manque pas de nous étonner.
Ce qui lie entre elles ces vies, c’est bien sûr l’omniprésence de la Shwedagon, fil rouge incontournable au centre de la ville. Mais aussi, et même si, cette fois, ce n’est pas dit dans le titre, la grande Dame de Rangoun, partout présente, par allusions discrètes.
Et l’on devine qu’elle aussi est nécessaire, aussi indispensable aux habitants de la ville que la grande pagode, ce que confirment les derniers résultats aux élections législatives où Aung San Suu Kyi a été élue députée après quinze ans d'assignation à résidence.

Diplomate, Sébastien Ortiz est actuellement conseiller culturel et de coopération en Birmanie et dirige le centre culturel français de Rangoun.
Il a publié précédemment deux romans chez Gallimard (Tâleb, en 2002, et Mademoiselle Cœur Solitaire, en 2005), ainsi qu’une petite anthologie du voyage à Bali (Le Goût de Bali, Mercure de France, 2005).
Son fabuleux récit sur Calcutta aux éditions Arléa est, à notre grand regret, définitivement épuisé.

Affiche de la rencontre

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Journal des canyons d'Arnaud Devillard (Le Mot et le Reste-2012)

Dans les traces d'Edward Abbey...

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Ce que savent les baleines de Pino Cacucci (Christian Bourgois-2012)


Renouant avec son amour pour le Mexique, pays auquel il a consacré de nombreux ouvrages de fiction ou documentaires, Pino Cacucci s’attache à une partie méconnue de la Californie, qui n’a rien à voir avec San Francisco, les plages de Malibu, ou les studios de cinéma d’Hollywood. Il s’agit de la Basse- Californie, la Californie mexicaine : la plus longue péninsule du monde, presque deux kilomètres de terre entre l’Océan Pacifique et la mer de Cortès, dont la population s’est battue pour conserver son intégrité et son indépendance face à l’avancée des troupes américaines au XVIIIe siècle.
Pino Cacucci est ainsi retourné dans « son » Mexique pour le parcourir et le raconter, du Sud au Nord, de La Paz à la frontière de Tijuana. Il en a tiré ce nouvel ouvrage qui, entre road movie et carnet de voyage, mêle descriptions des paysages exceptionnels (criques marines ou étendues désertiques peuplées de cactus aux formes étranges), anecdotes géographiques et historiques improbables et plaidoyer écologique pour cette région qui le fascine.
Le long de la Carretera Federal 1, il a ainsi rassemblé des histoires de pirates et de trésors ensevelis, de jésuites et de missions abandonnées, d’Indiens et de voyageurs perdus. Sur les traces de Steinbeck, qui y voyagea dans les années 1940, il a redécouvert les légendes des reines et des perles géantes.
Plus encore, son voyage est marqué par la rencontre avec le peuple des baleines qui viennent se reproduire dans ce qu’il appelle leur sanctuaire. Cacucci décrit avec émotion ces mammifères aussi gigantesques que fragiles, effrayants et pourtant si sociables envers les humains. En témoignent les criques dans lesquelles elles se rassemblent comme par enchantement pour jouer avec les bateaux des pêcheurs, un contact avec l’espèce humaine qui se retrouve peu dans le reste du monde.
Les baleines se regroupent en effet par milliers dans ce qui apparaît comme leur dernier refuge. Sans doute parce que le Mexique fut le premier pays, il y a plus de soixante ans, à instaurer des espaces pour protéger ces animaux à l’intelligence mystérieuse. Les baleines le savent, elles ont certainement compris que les hommes sont tous des assassins, mais que dans cette région du monde vit une humanité plus authentique et plus amicale.
Guidé par sa seule fantaisie et son goût pour la rencontre des autochtones, Pino Cacucci propose un récit de voyage et un hymne vibrant à la beauté du Mexique, une défense et illustration de la grandeur méconnue de ce pays.
Il en tire également un plaidoyer pour le respect de la nature plein d’émotion, servi par des descriptions talentueuses.

Pino Cacucci est né en 1955. Depuis près de 25 ans, il vit entre l’Italie et le Mexique.
Il a publié Outland Rock en 1988 et Puerto Escondido en 1990, duquel le réalisateur Gabriele Salvatores a tiré le film homonyme. Outre ses romans, il a aussi écrit Tina (une biographie de Tina Modotti), et publié un livre illustré sur le photographe Gracias México, un carnet de voyage ainsi que le catalogue de l’exposition qui s’est tenue à Parme en 2001 et qui a ensuite tourné dans d’autres villes.
Il est l'auteur, également, d'un très beau récit de voyage Poussières mexicaines édité chez Payot en 1995.
Il est également traducteur de littérature espagnole et latino-américaine (près de 60 textes traduits à ce jour). Il collabore à différentes revues et des journaux. Enfin, il est co-auteur de scripts et scenarii pour le cinéma et de certaines bandes dessinées.
Il a obtenu de nombreux prix littéraires, parmi lesquels deux Pluma de Plata du ministère du tourisme mexicain en 1992 et en 1997, le Prix spécial de Fiesole en 2001, celui de l’Institut Cervantès d’Espagne pour la meilleure traduction en 2002, et en septembre 2007 le Prix Anima Istrantza di Olbia en Sardaigne.
En 2010, pour Ce que savent les baleines, il a obtenu le Prix de littérature d’aventure Emilio Salgari et le Prix de littérature de voyage de la ville de Palestrina.

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Cahiers d'Himalaya de Miquel Barceló (Gallimard-Le Promeneur-2012)

Le voyage d'un artiste....

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Le Guide et la Danseuse, Traduit de l’anglais (Inde) par Anne-Cécile Padoux de R. K. Narayan (Zulma-2012)

 
Libéré la veille de prison, Raju s’installe pour la nuit dans un vieux temple abandonné, non loin de Malgudi, cité emblématique née des mille souvenirs de l’auteur. C’est le moment de faire le point sur les errements de son karma.
Plongé dans la rêverie des évocations, il est soudain interpellé par un paysan, naïf et humble, qui croit voir en lui un de ces solitaires surnaturels, swami en méditation. Bon gré mal gré, Raju accepte le rôle qu’on veut lui faire jouer : « L’essentiel en matière de sainteté était, semble-t-il, de tenir des propos mystérieux. »
En alternance avec cette accession obligée à la sagesse, on découvre les aventures passées de Raju-du-chemin-de-fer, guide touristique improvisé, et sa rencontre avec Rosie, affolante beauté à la gestualité de déesse. L’esprit d’entreprise de Raju, devenu son protecteur, projettera Rosie, la femme-serpent, au sommet de la gloire… et du désenchantement.
En arrière-plan d’une fiction aventureuse, le Guide et la Danseuse interroge l’imposture d’un faux gourou devenu sa propre dupe, et scrute avec profondeur et subtilité la destinée humaine sujette aux chimères des passions.
« Je suis arrivé à la conclusion que rien ne peut être caché ou supprimé, c’est comme si on tentait de cacher le soleil avec une ombrelle », déclarera en fin de parcours notre ascète malgré lui, nu et figé comme un héron dans les eaux basses d’une rivière sacrée.
Dans ce chef-d’oeuvre de la littérature de l’Inde du sud, fêté lors de son édition anglaise par Henry Miller ou Graham Greene, R. K. Narayan (1906 - 2001) nous donne à voir, presque à sentir et à toucher, le petit monde de Malgudi, avec une étonnante magie évocatrice et une écriture souple d’un naturel envoûtant.

Romancier et nouvelliste dont le génie évoque l’art minutieux d’un Tchekhov et la force évocatrice d’un Faulkner, R. K. Narayan, disparu voilà tout juste une décennie, est une voix majeure de la littérature universelle du XXe siècle.
Pionier du roman moderne en langue anglaise, né à Madras en 1907, Rasipuram Krishnaswami Narayan a débuté dans le journalisme et a publié son premier roman en 1935 à l'age de 29 ans. Ce n'est que grâce au patronage et à la volonté de Graham Green qui avait pour lui une grande admiration, que Hamish Hamilton finit par accepter de publier ce livre.
Ont suivi une quinzaine d'ouvrages et plus de deux cents nouvelles.
Narayan peint une fresque de l'Inde quotidienne, pauvre mais jamais misérabiliste. Il y décrit les classes moyennes ou les intellectuels avec malice, tendresse et beaucoup d'humour. Ses personnages sont très attachants.
Narayan brille par son capacité à bâtir des histoire simples et à animer des personnages souvent touchants.
Son réalisme, teinté de pessimisme lorsqu’il parle de son pays et de sa culture dont il est profondément pénétré, fait que ses personnages ne sont pas seulement indiens. Ils sont, avant tout, humains. Leur quête permanente d’un sens à donner à la vie confère à cette oeuvre une valeur universelle, confirmée par les nombreuses traductions dont les romans de R.K. Narayan font l’objet.
Lorsque l'on pénètre dans un de ses romans on referme difficilement le livre avant d'en être allé au bout.

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Rencontre du Mardi 03 Avril 2012



La rencontre du 03 Avril, aura pour thème principal le Qhapaq Ñan, le chemin Inca.
Nous accueillerons, pour l'occasion Sébastien Jallade.

Au fil de trois années de voyage le long du Qhapaq Ñan, le réseau des chemins précolombiens qui sillonne la cordillère des Andes, Sébastien Jallade s’interroge sans relâche sur le rapport à la mémoire, à l’identité, aux croyances qui ont bouleversé et continuent de façonner le Nouveau Monde.
C'est dans la cordillère des Andes, de Quito à La Paz, qu'il a recueilli la voix des paysans, des mineurs et des artisans, rencontré des victimes du conflit armé avec le Sentier lumineux, étudié l’usage contemporain des chemins préhispaniques.
Autant de rencontres et de lieux où les croyances se mêlent, où les époques se croisent ou s’ignorent, autant de territoires qui esquissent une réalité originale des Andes, celle de régions écartelées par la géographie et l’histoire. .

Projection du film "Qhapaq Ñan, La voix des Andes", suivi d'une dédicace du livre "Espiritu Pampa" (Éditions Transboreal)

Affiche de la rencontre

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Espaces Sauvages de Jim Fergus (Le Cherche Midi, 2011)


Comment être en même temps un amoureux de la nature sauvage, un citoyen soucieux de l’environnement et un chasseur dans la plus pure tradition américaine ? C’est en partie pour répondre à cette question mais surtout pour réaliser un rêve d’enfant que Jim Fergus a décidé, au début des années 1990, à l'aube de sa quarantième année, de parcourir le continent nord-américain comme le faisaient les anciens indiens nomades à la poursuite du gibier. Il a ainsi sillonné les Interstates et les dirt-roads d’une vingtaine d’États, avec un truck aménagé, ses fusils, son chien Sweetzer, ses manuels de chasse et ses guides de la faune et de la flore.
La nostalgie de la grande prairie perdue pointe parfois dans ce récit à travers les déserts, les champs, les marais et les forêts du pays. Fergus qui avoue "n'être qu'un tireur moyen dans ses meilleurs jours" y convoque des compagnons de route, imaginaires ou réels, de Tourgueniev, fine gâchette, à George Bird Evans, "le maître vivant de la littérature cynégétique américaine" ou l'écrivain Richard Ford, "prédateur efficace", ou encore Jim Harrison, tous réunis par un même amour fervent des espaces sauvages.
Jim Fergus fait remonter ce goût des grands espaces à son enfance. Ce natif du Midwest garde en mémoire les transhumances estivales effectuées en famille de Chicago vers le Montana ou le Wyoming où son père aimait pêcher la truite.
On y retrouve le talent incomparable de conteur de Jim Fergus, qui a fait le succès de ses romans, mais surtout son extrême sensibilité, sa passion immense des animaux, des gens simples et de la terre. Plus qu’un récit de voyage ou qu’un simple carnet de chasse, ce livre époustouflant en forme de balade sauvage nous permet d’atteindre à l’essence même de ce qui a fait la grandeur de la littérature.

Écrivain des grands espaces, de la plaine du Mississippi aux hauts plateaux du Colorado, Jim Fergus découvre à ses 16 ans la culture cheyenne lors d’un voyage dans le Midwest en voiture avec ses parents. Marqué profondément par la culture amérindienne, il développe une fascination profonde pour l’état du Colorado, et ses espaces.
Après le décès brutal de ses parents, il choisit cette région pour y faire ses études. Ce n’est cependant qu’à trente ans, après plusieurs années d’errance qu’il décide de s’y installer durablement, pour se consacrer à l’écriture.
Jim Fergus choisit ainsi la petite ville de Rand et ses 13 habitants comme point d’attache. Il se passionne alors pour la chasse, la marche et l’exploration de ces territoires sauvages. En observateur amoureux de la nature, il fait découvrir au lecteur des détails fins, et aiguise notre regard sur le monde : "s’il vous arrive de traverser une vaste et ancienne forêt de trembles et d’y regarder de près, vous remarquerez plusieurs choses : un, les hauts troncs élancés à l’écorce blanche qui ont survécu sont vraiment beaux. Ils ondulent avec grâce à la moindre brise et leur lourd feuillage cherche le soleil au sommet. Deux, beaucoup d’arbres sont en train de mourir. (...) Trois, rien d’autre ou presque ne pousse sur ce sol".
C’est au cours de ses longues promenades qu’il se prend aussi au jeu de l’écriture journalistique, et devient correspondant pour plusieurs magazines américains comme Newsweek, Esquire sportmen ou encore Outdoor Life. La rencontre de personnalités comme Jim Harrison et Robert Redford l’encourage finalement à proposer ses manuscrits de romans à des maisons d’édition.
Avec ses deux premiers romans, Mille Femmes Blanches et La Fille Sauvage, inspirés de faits historiques peu connus, Jim Fergus conquiert immédiatement le public américain et européen.
On retrouve dans le regard des personnages de Jim Fergus le respect et l’inébranlable admiration qu’il porte aux cultures amérindiennes, respectueuses de l’homme autant que de la nature. Marquée par son émerveillement adolescent, son écriture est une ode aux terres indiennes, à leur immensité indomptée et sauvage.
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Contes des sages de Mongolie de Patrick Fischmann et G.Mend.Ooyo (Seuil-2012)

Une Mongolie inédite et attendue.....

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Il faudra repartir, voyages inédits de Nicolas Bouvier (Payot-2012)


Des textes inédits de Nicolas Bouvier (1929-1998), réunis par François Laut et rédigés en des pays sur lesquels il n'a rien publié de son vivant : telles sont les pépites de ces archives sur près d'un demi-siècle.
En 1948, le jeune homme de dix-huit ans écrit son premier récit de voyage, le plus ancien qui nous soit connu, entre Genève et Copenhague, rempli d'illusions qu'il veut "rendre réelles"; en 1992, l'écrivain reconnu sillonne les routes néo-zélandaises, à la fois fourbu et émerveillé.
Entre le premier voyage de 1948 en Laponie à dix-neuf ans et le dernier à soixante-trois ans en Nouvelle-Zélande, Nicolas Bouvier a vécu et réalisé ses illusions, c'est-à-dire accompli ses rêves; il a voyagé, écrit, été enfin reconnu.
Entre ces deux pôles, on divaguera en sa compagnie: on le suivra en 4 CV dans une tournée de film-conférences en France et en Afrique du nord (1957-1958); on se promènera en locomotive à Java et on séjournera à Bali dans un hôtel de junkies (1970); on l'accompagnera en car, avec un groupe de touristes, en Chine (1986); on fera du tourisme au Canada (1991) avant la Nouvelle-Zélande (1992).
Autant de voyages initiatiques aux divers âges de la vie.
L'intérêt des textes est aussi bien dans ces régions ignorées de l'œuvre que dans les multiples facettes qu'ils montrent de l'homme à travers cet abrégé de sa vie qu'est un voyage.
À l'aube de l'été 1948, Nicolas Bouvier va partir aussi loin qu'il peut, jusqu'en Laponie, accompagné de deux personnes plus âgées, et sous la houlette amicale d'un homme d'affaires qui a la confiance des parents, une grosse voiture et des intérêts là-bas.
Il rapportera de Scandinavie, outre le plaisir pur d'avoir avancé "libre et sans but", des choses plein les bras: une paire de bottes Lapones, des manuscrits, des croquis et lettres des parents et amis.
Bariolé de perceptions (paysages pluvieux, féeriques), empreint d'influences poétiques, le récit semble voler, le ravissement montant en chemin.
Nicolas Bouvier arrive en Algérie en pleine guerre, cinq mois après le putsch du 13 Mai à Alger. Visitant Oran entre ses conférences, Bouvier saute dans un bus ou se perd à pied, décrit les lieux, fait parler les gens. Le climat est plus serein dans le Maroc indépendant.
En 1963 paraît à Genève "L'usage du monde". Un succès d'estime en Suisse, un échec complet en France.
Nicolas Bouvier suit de loin ces vicissitudes car il s'est embarqué en famille pour le Japon où il séjournera jusqu'en 1966 pour honorer la commande d'un livre illustré par sa propre iconographie (Japon, 1970). Cet atlas personnel lui vaut une reconnaissance dans son pays et la possibilité de retourner sur l'archipel en 1970 comme artiste invité du pavillon Suisse de l'exposition universelle d'Osaka.
À l'issue de celle-ci, Nicolas Bouvier fait un périple en Corée du Sud avec son épouse en Juin et un autre, seul, en Thaïlande et en Indonésie en Août.
Il aborde une République Indonésienne où la vie politique est étouffée par le pouvoir personnel du général Suharto. Le genevois fait souvent allusion à cette situation, mais il n'a comme projet que la balade en solitaire et la recherche des correspondances avec cette autre île chaude, qui l'avait piégé seul et mal portant, quinze ans plus tôt: Ceylan.
Il va très vite aimer l'Indonésie, reléguant au fond de lui les sortilèges sri-lankais, qui attendront encore.
Deux cahiers, quarante feuillets au total pour raconter un voyage de trois semaines avec journal, poème, dessins, notes économiques, historiques ou musicales. En 1984, c'est le début de la série de voyages organisés, en Chine, pour un groupe de quinze clients privilégiés, par l'agence lausannoise "l'Atelier du voyage".
Le premier dans les lieux désirés: Urumqui, Turfan, Dunhuang. Le deuxième avec Éliane à l'hiver 1985-1986: Pékin, Xian, Chengdu, Kunming, Hong-Kong. Le troisième, enfin, en Juillet 1986: même parcours que le précédent mais à contresens et plus long, vingt jours contre quinze.
Nicolas Bouvier est revenu de Chine avec une sciatique. Le journal fait défiler dans ses miroirs le peuple chinois, et, d'étape en étape, si les soucis de santé lui donnent un tour pitoyable et compassionnel, l'humour sait toujours y alléger la douleur.
Le tournant de la décennie suivante se confond avec les années nord-américaines de Nicolas Bouvier en même temps qu'avec sa renommée. Il va être invité dans le nouveau monde surtout au Canada, six fois entre Juin 1990 et Octobre 1995 dont à trois reprises à "l'International festival of Authors de Harbourfront de Toronto" notamment en Octobre 1991 en compagnie de très grands écrivains.
Une année plus tard, dans l'hémisphère Sud, Nicolas Bouvier entame une quinzaine de jours de tournée en Juillet 1992 entre la Nouvelle-Zélande (Wellington, Auckland) et l'Australie (Sydney).
Ce recueil offre une profondeur historique remarquable (des terrains vagues de Hambourg en 1948 aux cafés pieds-noirs d'Oran en 1958, de la pauvreté indonésienne de 1970 aux mutations des campagnes chinoises en 1986) et un espace géographique planétaire (des forêts de l'ouest canadien aux volcans néo-zélandais) avec des textes qui mettent en lumière le charme d'un Nicolas Bouvier où scintille çà et là, par brillants éclats, le Nicolas Bouvier écrivain.
La brièveté des notations, les feuilles de route, l'absence de relecture et de projet littéraire rendent particulièrement attachantes ces pages, qui s’adressent aux lecteurs-voyageurs comme à tous les amateurs de l’auteur genevois, dans lesquelles transparaît tout le talent de Bouvier, portraitiste et observateur hors pair, mais également reporter, historien, ethnographe, conférencier, photographe, poète.

François Laut, qui a choisi et présenté ces textes, a publié en 2008 chez Payot une biographie très remarquée : Nicolas Bouvier. L’oeil qui écrit (rééditée en 2010 dans la « Petite Bibliothèque Payot / Voyageurs »).
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Le Grand Jeu de Peter Hopkirk (Nevicata-2012)

Le récit captivant d'une guerre larvée entre grandes puissances occidentales....

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No Man Iceland, une famille et un tandem à la rencontre des peuples cachés d'Islande de Damien Artero (Arthaud-2012)


PLANETE.D est le nom donné à la vie aventureuse « cyclopède » de Delphine et Damien Artero, un jeune couple dynamique et sensible, d’abord parti plus de deux ans pour un tour de la planète sur Buzzz leur tandem, et désormais versé dans les périples cyclistes, avec leur fille Lirio.
Ces Voyageurs-Vidéastes ont développé un art de vivre singulier sur les routes du monde, le Vélo Vidéo Volontariat. Le concept est simple : parcourir la planète à tandem, réaliser des films d’aventure et des documentaires gratuits pour et sur des ONG.
L'Islande. Il y a des paysages surnaturels, une nature active, sans complaisance, bouillonnante et souvent agressive, une population tout à la fois réservée et serviable, moderne et traditionnelle, amoureuse de son patrimoine aussi. Il y a aussi le défi de parcourir et de traverser ce pays de feu, de glace et d'intempéries à la force du mollet avec un bébé de 9 mois dans la remorque, en autonomie complète ; et les rêves, les fantasmes de tout un peuple qui font naître sous leurs yeux illuminés les créatures d'un autre monde. Il y a tout ça dans ce livre, sans oublier, bien sûr, l'humour jubilatoire et décalé qui fait aussi la spécificité de Damien Artero.

Né à Vernon en 1978, Damien Artero a cassé son premier vélo à 8 ans, lu son premier Jules Verne à 10, son dernier livre d’aventure à 14, et mis la main sur la caméra de son père – à son insu – quand il avait tout juste 17 ans et déjà plus assez peur des aînés.
Pour autant, il ignorait alors qu’il était destiné à faire des images et le tour de la Terre à vélo. Après une enfance en Normandie, des études irréprochables mais sans éclat à Grenoble, Damien a vécu en Allemagne, pédalé en Islande, marché au Pérou et en Bolivie, et fait du stop en Écosse, en Irlande et en Espagne. Un projet a fini par prendre forme : celle d’un tandem, enfourché avec sa compagne Delphine Million.
Pendant deux ans et demi, la cadence a mené le binôme par quatre continents, à la rencontre de personnes et de projets humanitaires de toutes les saveurs. Après une courte pause sédentaire, occupée à monter la maison de production PlanèteD, les roues de Buzz, leur tandem, les ont menés en Islande avec leur fille Lirio.
« Dans la vie », Damien subsiste de ses livres et de ses films, qu’il présente en France et à l’étranger, lors de festivals et de projections-débats. Il raconte ses histoires avec verve, dérision et humour. Il s’attache entre autres à montrer comment, avec peu, on a le droit de voir grand. Comment, avec bonne volonté et débrouillardise, tous les rêves sont accessibles. D’une nature compréhensive mais rebelle, Damien n’a de cesse de remettre en question sa personne et les dogmes sociaux au contact desquels il évolue.

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Une vie de pintade à Moscou de Madeleine Leroyer sous la direction de Layla Demay et Laure Watrin (Calman-Levy)

Moscou, ville branchée!

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Kavita Daswani à Montpellier

Kavita Daswani était à Montpellier hier à l'invitation de notre librairie et avec le soutien de son éditeur Bernard de Fallois.
Son séjour de 4 jours en France, alors qu'elle venait de Los Angeles où elle réside maintenant, fut bien court et très fatiguant mais elle n'a pas hésité à accepter notre invitation, ce dont nous la remercions vivement.
Accompagnée de Philippine Cruse, son ange gardien durant son séjour, nous avons découvert une écrivain brillante, charmante et pleine d'humour.

Durant la rencontre qui a suivi, Kavita qui s'exprimait en français (elle a vécu autrefois deux années à Paris) a ravi un public acquis à la culture indienne.
Au cours d'un dîner fort apprécié où l'Inde, son terrain d'écriture et les États-Unis, sa nouvelle terre d'exploration, furent évoqués, nous avons pu apprécier sa gentillesse, sa curiosité et ses passions.
Une grosse journée de promotion l'attend encore à Paris avant qu'elle ne retourne à Los Angeles demain.
Nous espérons la revoir bientôt en France et attendons le prochain roman avec impatience.

KAVITA DASWANI À MONTPELLIER par LESCINQCONTINENTS
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