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Devenir indien : La révolution inachevée de la culture et de l'identité de Pavan K.Varma (Actes Sud-2012)

 
Il y a quelques décennies, le monde était découpé en Empires. Au milieu du vingtième siècle, des pays indépendants ont émergé de ces derniers, mais même après des années de libération politique, la liberté culturelle a échappé à ces nations anciennement colonisés comme l'Inde.
Dans ce livre important, Pavan K. Varma, se penche sur les conséquences de l'Empire sur la psyché indienne. Poursuivant le décryptage décapant de la psyché indienne entamé avec Le Défi indien, Pavan K. Varma met ici l'accent sur la nécessité, pour son pays, d'oeuvrer enfin à une émancipation culturelle, que l'affranchissement économique et politique du sous-continent n'a pas réussi à établir, plus de soixante ans après le départ des Britanniques et l'indépendance de l'Inde.
S'appuyant sur l'histoire indienne moderne, des événements contemporains et l'expérience personnelle, il examine comment et pourquoi l'héritage du colonialisme persiste dans la vie quotidienne indienne, affectant la langue, la politique, l'expression créatrice et l'image de soi. Plus de six décennies après l'indépendance, l'anglais demeure la langue la plus puissante en Inde, et est devenu un moyen d'exclusion sociale et économique.
Les arts et la littérature classiques continuent d'être négligés, et la culture populaire est stupidement l'imitation des tendances occidentales.
Convoquant souvenirs familiaux, observations, conversations et archives, Devenir indien, après avoir rappelé de quel mépris, voire de quel effarant racisme, firent preuve nombre d'acteurs historiques de la colonisation britannique, dénonce l'incompréhensible inertie des élites indiennes actuelles face à la confiscation, par un modèle occidental mondialisé et marqué au sceau des valeurs de l'ancien colonisateur, de la créativité plurielle d'un pays en position de jouer un rôle de puissance majeure du XXIe siècle.
Fustigeant la véritable machine à plagier qu'est devenue l'industrie du cinéma de Bollywood, le clonage architectural dont l'Inde est aujourd'hui le complaisant théâtre (Les villes sont parsemées de bâtiments incongrus qui ne doivent rien aux traditions indigènes de l'architecture), l'absence de politique novatrice en matière de gestion du patrimoine ou l'incapacité de l'édition à rendre justice à la diversité linguistique qui caractérise l'Inde, Pavan K. Varma exhorte avec ferveur ses compatriotes à se défaire de leur "amnésie coloniale" pour prendre d'urgence en main leur devenir identitaire, afin, loin de toute tentation xénophobe ou étroitement traditionaliste, de demeurer fidèle à l'exigence du mouvement initié, il y a un siècle, par les combattants de la liberté.
La thèse est convaincante, Pavan K. Varma utilisant un savant mélange d'histoire, de religion et des exemples personnels pour donner cette profondeur au livre.
Un livre lucide, érudit et réfléchi qui est la première histoire populaire de la classe sociale qui a façonné le passé récent de l'Inde et contrôle toujours la clé de son avenir.

Diplomate, essayiste, traducteur, Pavan K. Varma est un passionné multiforme.
Après avoir occupé de nombreuses fonctions au sein du ministère indien des Affaires étrangères, en Inde et à l’étranger, il est aujourd’hui ambassadeur de l’Inde au Bhoutan.
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Rencontre du Vendredi 27 Janvier 2012



La rencontre du 27 Janvier, aura pour thème principal L'Extrême-Orient russe et Vladivostok.
Nous accueillerons, pour l'occasion Cédric Gras.

Né à Saint-Cloud en 1982, Cédric Gras débute ses études de géographie à Paris, avant de les poursuivre à Montréal puis en Inde.
Parallèlement, il s’adonne à sa passion pour l’alpinisme et la marche dans divers massifs montagneux : Andes, Caucase, Népal, Karakoram pakistanais. En 2002, il relie les plaines mongoles au plateau tibétain lors d’un voyage à cheval et à pied.
Quand un accident refroidit ses ardeurs himalayennes en 2006, il découvre la Russie pour sa dernière année de mastère, à Omsk, en Sibérie.
Séduit par l’est de la Fédération, il accepte l’année suivante d’enseigner le français à l’université d’État d’Extrême-Orient de Vladivostok avant, finalement, de rester deux années supplémentaires en tant que volontaire international afin d’y créer l’Alliance française.
De ces années à Vladivostok, il fait aujourd’hui un récit au point de vue riche et personnel sur la réalité de la région, dans un style alerte et profond.
Il est aujourd’hui directeur de l’Alliance française de Donetsk, dans l’Est ukrainien. .

Projection numérique. , suivie d'une dédicace du livre "Vladivostok, entre neige et mousson" (Éditions Phébus).
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