Épopée védique fondatrice, le Ramayana chante en sept chants et quarante-huit mille vers l’exil de Rama pendant quatorze années dans la forêt où il part en ascète avec son épouse Sita et son frère Laksmana. Lorsque Sita est enlevée par le roi des démons, le redoutable raksasa Ravana qui la tient prisonnière sur l’île de Lanka, les deux princes, à la tête d’une armée composée de singes – parmi lesquels le valeureux Hanuman – et d’ours, déciment les rakasa au cours d’une guerre qui bouleverse l’équilibre du monde. Rama retourne victorieux dans son royaume, où il est accueilli avec ferveur.
Avatar du dieu Visnu, Rama incarne les vertus les plus nobles, il suit le dharma, c’est-à-dire la loi, le destin, l’ordre, cosmique ou moral ; il est respectueux, maître de lui, dévoué, pense et agit pour le bien de tous les êtres. Dans de puissants et émouvants dialogues – avec le brâhmane Jabali ou son frère Bharata lorsqu’ils l’exhortent à accepter le pouvoir, avec son frère Laksmana quand lui-même se décourage ou pleure l’absence de Sita, avec Sita qui s’inquiète de voir Rama exercer la violence contre les raksasa –, Rama rappelle à chacun son devoir, pose les règles de conduite et de vie.
Nourri des enseignements religieux des Veda, d’où sont issus le brahmanisme et l’hindouisme, le Ramayana est considéré comme un texte sacré et, s’il forge toujours la pensée et modèle l’âme et l’esprit de millions d’Indiens, les valeurs qu’il prône s’adressent à tous les hommes.


Cette édition rassemble pour la première fois l’intégralité de l’épopée du Ramayana illustrée par sept cents miniatures indiennes. Dix ans de recherches dans le monde entier ont été nécessaires pour sélectionner les plus belles peintures inspirées de ce texte sacré : un voyage éblouissant au cœur de l’art indien, dans un monde onirique plein de couleurs, de délicatesse et de poésie.
Sept cents miniatures qui accompagnent fidèlement les épisodes du récit, les éclairant par le foisonnement des détails, la luxuriance des paysages, l’expressivité des regards et des attitudes, chaque artiste donnant sa vision particulière de la scène, y introduisant ses propres références culturelles.
Choisies pour leur style, la beauté de la composition, la finesse des traits, la richesse des couleurs ou des ornements, ces miniatures contribuent à magnifier la poésie épique de l’œuvre. Parmi les plus exceptionnelles et les plus inaccessibles, quelques-unes des splendides pages du tout premier manuscrit illustré, commandité par Akbar, aujourd’hui propriété du Maharaja Sawai Man Singh II Museum Trust de Jaipur.


Amina Taha Hussein-Okada, conservateur en chef au musée des Arts asiatiques Guimet à Paris, en charge des arts de l’Inde, offre un commentaire à chacune des miniatures, guidant le lecteur dans la narration et aussi dans la symbolique, la culture et les traditions de l’Inde, tout en affinant le regard sur l’aspect formel de la peinture.
Sa remarquable introduction sur l’illustration du Ramayana dans l’histoire de l’art indien présente les manuscrits les plus importants et les différentes écoles de peinture du XVIe au XIXe siècle.
La préface de B.N. Goswamy, professeur émérite en histoire de l’art a l’université du Punjab, a Chandigarh, grand spécialiste de l’école de peinture Pahari, dévoile la place fondamentale du Ramayana dans la civilisation et la culture indiennes, et l’importance de son message respectueux du dharma.
En évoquant sa propre relation au texte sacré, il nous montre qu’aujourd’hui encore le Ramayana est un compagnon et un guide de chaque instant.
Enfin un appareil critique publié dans un livret à part vient compléter le texte et permet d’approfondir la lecture.
Le livret comprend des notes explicatives, un guide de prononciation du sanscrit, une présentation des chants, une chronologie situant l’émergence des grands rituels brahmaniques et la rédaction du Ramayana, une généalogie des démons, un répertoire des principaux héros, démons, divinités et lieux, ainsi qu’un éclairage sur la religion et les rites hindous.
Cet appareil critique est repris de l'édition de la "Bibliothèque de la Pléiade" (1999), dirigée par Madeleine Biardeau et Marie-Claude Porcher.

Amina Taha Hussein-Okada a participé à la rédaction de L’ABCdaire du Bouddhisme (2000) et de L'art indien - Inde, Sri Lanka et Népal, Asie du Sud-Est (2010), contribué à la remise à jour de L’Art en Inde (Citadelles et Mazenod, 1999) et assuré la direction scientifique et iconographique du Voyage au Cachemire de François Bernier (Carnets des Tropiques, 2009).
Elle a également rédigé deux catalogues portant sur les collections permanentes du musée des Arts asiatiques – Guimet, Sculptures indiennes du Musée Guimet (2000) et L’Inde des Princes, la donation Jean et Krishnâ Riboud (2000, prix de la Fondation Ikuo Hirayama).

1 700 pages
Sept volumes et un livret sous coffret
Poids : 15 Kg , Format : 29 x 27 cm
Prix : 850 € en prix de lancement jusqu’au 31 janvier 2012, 940 € ensuite.