
Voyageurs, ils devinrent écrivains... Écrivains, ils se firent voyageurs, Les uns - Loti, Conrad, Segalen ou Bouvier - partent au bout du monde pour courir après les rêves nés de leurs lectures d'enfance ; les autres - Kipling, London, Kessel, Cendrars, Kerouac, ou Chatwin - prennent la route pour nourrir leurs pages blanches. Les arpenteurs d'océans - Slocum, Kavvadias ou Moitessier -, de déserts - Thesiger - et de cimes enneigées - Alexandra David-Neel - font leurs les propos de Stevenson :
« Je ne voyage pas pour aller quelque part, mais pour voyager. Je voyage pour le plaisir du voyage. » Quant aux plumitifs en herbe - Cendrars, Simenon ou Gary -, ils proclament, à l'instar de Kerouac :
« Écrire est mon boulot... Alors il faut que je bouge ! » .
Les bourlingueurs finissent, pour combler leurs poches vides, par coucher sur le papier le récit de leur périple ; les romanciers, en devenir, commencent par écrire, puis, quand l'imagination leur fait défaut, partent se confronter au monde pour s'en inspirer. Curieux infatigables, la plupart notent les épreuves qu'ils endurent, les rencontres qui les bouleversent et les belles histoires glanées ici ou là. Le voyage les transforme, ils décrivent leur métamorphose, cet autre qui naît en eux. De retour, ces vagabonds retracent, souvent en les magnifiant, les aventures qu'ils ont vécues.
Tous - sans se préoccuper de savoir s'ils sont voyageurs avant d'être écrivains, ou l'inverse - entendent dire le monde, transmettre leur passion pour la littérature d'aventure, et inciter leurs lecteurs à boucler leur sac pour emprunter leurs pas.
Deux regrets cependant dans ce magnifique ouvrage.
D'abord un oubli étonnant, celui d'Ella Maillart.
Ensuite
Laurent Maréchaux, dans un dernier chapitre, en guise de conclusion: "Être écrivain voyageur au XXIème siècle", semble estimer que, de nos jours, les écrivains voyageurs seraient en voie d'extinction.
Si Laurent Maréchaux cite tout de même Colin Thubron et Kenneth White pour les étrangers et Michel Le Bris, Jean Rolin et Sylvain Tesson pour les français, il en oublie un grand nombre.
Ceux-ci occupent une place de choix, dans notre librairie à savoir: Paul Theroux, Lieve Joris, Naipaul et Tarquin Hall pour les étrangers, et en France, Olivier Germain-Thomas, Christian Garcin, Olivier Rolin, Patrick Deville et Jean-Luc Coatalem qui offrent tous, à ceux qui fréquentent encore notre librairie, de grands plaisirs de lectures et d'évasion.
D’abord, il a rêvé d’être torero. Finalement, il est devenu apprenti révolutionnaire, puis forestier dans le grand nord américain, compagnon de route des moudjahidins afghans, et, écrivain baroudeur.
Né en 1952 à Nogent-sur-Marne,
Laurent Maréchaux, diplômé de Sciences-Po Paris, est écrivain.
Il parcourt le monde et les océans en quête de rencontres insolites et d’inspiration, arpentant ceux-ci d’Est en Ouest, passant par le Cap Horn, les côtes africaines et les montagnes d’Orient. Après s’être initié aux affaires et avoir fréquenté le monde de la publicité, il décide de se consacrer à l’écriture et au voyage.
En 2005, il publie son premier roman,
Les sept peurs (Le Dilettante), un récit largement autobiographique, dans lequel le narrateur, Babour, se remémore son passé et ses années "torero", "militantes", "spaghetti", "Appalaches", "moudjahidin", "fric", "Horn".
Son second ouvrage,
Le fils du dragon, paraît en 2006. Très remarqué par la critique, ce roman d’aventure et de mer, où la route d’Arthur Rimbaud croise celle de Joseph Conrad, reçoit le
Prix Écume de Mer, décerné par la Fédération Nationale du Mérite Maritime et de la Médaille d'Honneur des Marins.
Bijoux de familles (Le Dilettante) est publié en 2008 ; l’auteur y retrace, à partir de 1907, la saga d’une famille d’émigrés russes blancs à travers le globe et l’histoire tumultueuse du XXe siècle (révolution russe, première guerre mondiale, résistance dès 1940, puis déportation, guerres d’Indochine et d’Algérie, conflit afghan). Une fresque désabusée et joyeuse qui mélange exploits héroïques et affres sexuelles et s’attarde sur la part d'ombre qui ne cesse de hanter, génération après génération, les descendants Ivanov.
Sa fascination pour les hors la loi et les chemins de traverse l’amène à s’intéresser aux "assoiffés de liberté". Dans un livre illustré publié chez Arthaud, intitulé
Hors la loi - Anarchistes, illégalistes, as de la gâchette....ils ont choisi la liberté, il dresse à travers 42 biographies de rebelles connus et méconnus - au rang desquels figurent Villon, Mandrin, Olivier Misson - le pirate philosophe -, Calamity Jane, Butch Cassidy, Rimbaud, Henri de Monfreid, Marius Jacob, Phoolan Devi ou Bonnie and Clyde -, une fresque historique, du VIIéme siécle à nos jours, des "Robins des bois au grand cœur". L’auteur rend hommage à ces personnages de la lumière et de l’ombre qui ont enfiévré son imaginaire.
Écrivain-voyageur adepte du récit narratif, Laurent Maréchaux contribue régulièrement à différentes revues (
le Journal des lointains,
Impur ou
XXI)