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Kampuchea de Patrick Deville (Seuil-2011)


C’est le récit d’un voyage le long du fleuve Mékong, effectué entre le procès des leaders khmers rouges à Phnom Penh (2009) et la révolte des chemises rouges en Thaïlande (début 2010).
Tout part, d’une certaine façon, de la découverte, par hasard, des temples d’Angkor par Henri Mouhot en train de poursuivre un papillon. Car la France est très présente. Elle est la puissance coloniale dont de nombreuses traces demeurent. Et Paris est le lieu où quelques jeunes Cambodgiens, vers le milieu du XXe siècle, viennent poursuivre de brillantes études : ils seront les « frères », numérotés par ordre d’importance, qui se retrouveront plus tard à la tête de l’inconcevable mouvement révolutionnaire des khmers rouges arrivés au pouvoir le 17 avril 1975 et qui organiseront une méthodique extermination de tous ceux qui résistent à leur système.
Patrick Deville explore la mémoire de cette tragédie récente, dans le paysage souvent enchanteur du Mékong. La littérature n’est jamais loin, pour le meilleur (Pierre Loti, Malraux, Kessel ou encore Conrad) mais aussi pour le pire (Douch, l’un des hauts dignitaires après Pol Pot, à l’ouverture de son procès, déclame du Vigny).

Grand voyageur, esprit cosmopolite, Patrick Deville est né en 1957.
Après des études de littérature et un CAPES de philosophie, Patrick Deville s'embarque, à l'âge de 25 ans, dans une longue série de voyages au cours desquels il sera amené à écrire et enseigner en Algérie, au Nigéria, au Maroc ou encore à Cuba.
Épisodiquement, sa vocation de romancier rappelle le globe-trotter sur les rives françaises, notamment en 1988 lorsqu'il publie son premier succès critique et commercial, Longue vue.
Le Feu d'artifice (1992), La Femme parfaite (1995) et Ces deux-là (2000), profondément marqués par le style minimaliste de Deville, paraissent eux aussi aux Éditions de Minuit, tandis que l'auteur sillonne les mers du Sud, papillonnant de résidences d'écrivains en festivals littéraires.
En 2001, il pose ses valises à Saint-Nazaire pour prendre la tête de la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs (MEET), où il fonde un prix littéraire latino-américain. Sa passion du voyage transparaît plus que jamais dans une nouvelle vague de romans publiés au Seuil: Pura Vida : vie et mort de William Walker (2004), La Tentation des armes à feu (2006) et Equatoria (2009) qu'il imprègne de la chaleur violente, abrutissante, rongeante de l'Afrique du fleuve Congo.
Patrick Deville clôt avec Kampuchéa sa trilogie de l'exploration des ex-territoires coloniaux, qu'il avait commencée en Amérique centrale avec Pura Vida, et en Afrique avec Equatoria.


Kampuchéa - Patrick Deville par EditionsduSeuil
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Journal à bicyclette de David Byrne (Seuil-2011)

Un autre mode de déplacement....

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Circus 1, romans, récits, varia d'Olivier Rolin (Seuil-2011)


"Un des premiers livres que je me rappelle avoir lu avec ferveur s’appelait Le Grand Cirque, c’était le récit des aventures d’un pilote de la France Libre (dans le même genre héroïque, il y avait aussi un livre anglais sur la bataille de l’Atlantique, La Mer cruelle). Ces lectures originelles disent assez à quelle époque je suis né, sur laquelle s’étendait encore l’ombre de la Seconde Guerre mondiale, et quelle fut la pente martiale de mes premières rêveries. En fin de compte, faute d’être pilote de chasse ou de commander une corvette (plus tard, j’envisageai une carrière de révolutionnaire), je devins écrivain, ce qui est, quoi qu’en aient dit certains, beaucoup moins dangereux".
Olivier Rolin vient de l’horizon politique par son engagement très jeune dans la gauche prolétaire. Il a abordé la littérature avec la même exigence d’absolu, et ses Oeuvres Complètes permettent de retracer dans un premier temps le parcours du politique vers le littéraire, en publiant notamment la presque totalité des articles et reportages signés par l’auteur dans la presse de l’époque ( Libération, Le Figaro, Le Nouvel Observateur etc.).
L’ensemble est présenté par ordre chronologique, et les livres (romans ou récits) sont accompagnés de critiques ou entretiens parus à l’époque, ainsi que de quelques fac-similés de manuscrits.
On trouvera, dans le premier tome, les ouvrages suivants : Phénomène futur (1983), Bar des flots noirs (1987), En Russie (1987), La Havane (1989), Voyage à l’Est (1990), Semaines de Suzanne (1991), L’Invention du monde (1993), Port Soudan ( 1994), Mon Galurin gris (1997), Méroé (1998), accompagnés des articles et entretiens publiés entre 1980 à 1999: " Et voici le résultat, ou au moins une partie : dans ce premier volume, près de vingt ans d’écriture en tout genre. Si j’ai choisi pour titre Circus, au-delà d’une allusion amusée à mes débuts de lecteur, c’est parce que l’idée de cirque me convient assez. Il y a du cercle dans le cirque, et le cercle (ou la spirale) est l’élément à partir de quoi s’engendre ma géométrie littéraire. La Terre est ronde comme une tente de cirque. Et baroque, aussi. Sous l’une comme sur l’autre se produisent acrobates, magiciens, bêtes fauves et dompteurs, clowns, hommes et femmes en maillot scintillant volant entre les agrès : et l’écrivain qui prétend dire le monde (et y échoue, naturellement, tel un jongleur laissant échapper ses balles) aspire à tous ces rôles."

Olivier Rolin est né en 1947. Engagé dans la branche armée de la gauche prolétarienne, Olivier Rolin connaît un passage à vide à la dissolution de l'organisation en 1973. Après plusieurs années de désoeuvrement, il pratique avec modération le métier d'éditeur au Seuil et de journaliste à Libération et au Nouvel Observateur. Mais le besoin de démêler son passé de révolutionnaire le pousse à écrire.
En 1983 paraît son premier roman, Phénomène futur. Bien que le livre traite de l'histoire activiste en général, ce n'est qu'en 2002 qu'il "boucle la boucle" avec Tigre en papier qui contient des éléments plus personnels de son époque maoïste. Entre-temps, il publie plusieurs oeuvres dont les récits de voyage En Russie, et Paysages originels qui paraît dans Le Monde.
Avec Port Soudan, l'auteur se fait connaître du grand public et obtient le Prix Femina en 1993. Dans ce court roman, l'écrivain signe l'ébauche de ce qu'il élaborera plus tard dans Méroé et Tigre en papier (2002, Prix France-Culture): le décalage entre un passé révolutionnaire et le présent aseptisé.
En 2008, il faisait paraître Un chasseur de lions (Seuil) et tout dernièrement Sibérie (Inculte éditions).
L'oeuvre littéraire d'Olivier Rolin traverse l'histoire et la géographie en s'arrêtant sur les révolutions, le capitalisme et le monothéisme.
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En Patagonie avec Michel Houellebecq de Juremir Machado da Silva (CNRS-2011)

Un voyage étonnant en compagnie du Prix Goncourt 2010.....

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Rencontre du Lundi 07 Octobre 2011


La Médiathèque Jules Verne de Saint Jean de Védas programme un café littéraire avec l'écrivain Maxence Fermine.
La librairie les cinq continents s'associe à cette soirée en proposant une sélection d'ouvrages de cet écrivain.
Maxence Fermine est l'auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles. En 1999, il se lance en publiant Neige (Points Seuil) qui est une agréable surprise. Fort de ce premier succès, l'auteur se consacre pleinement à l'écriture. Suivront en 1999, Le Violon noir (Points Seuil), puis en 2000, L'Apiculteur (Le livre de poche), qui reçoit le Prix del Duca et le Prix Murat en 2001. La même année, il co-écrit Sagesses et malices de Confucius le roi sans royaume avec Olivier Besson (Albin Michel).
Véritable bourreau de travail, il enchaîne avec Opium (Le livre de poche) en 2002, Billard blues (Le livre de poche) en 2003. En 2004, il décroche le Prix Europe 1 grâce au roman Amazone (le livre de poche). S'en suit les romans Tango Massaï (Le livre de poche) en 2005 et Le labyrinthe du temps (Le livre de poche) en 2006. En 2007, Maxence Fermine publie Le Tombeau d'étoiles (Le livre de poche) et l'année dernière, nous le recevions pour Le Papillon de Siam (Albin Michel).
Il publie cette année Rhum Caraïbes (Albin Michel), une épopée baroque et envoûtante, empreinte de sensualité et de magie à l’image de ces Caraïbes chatoyantes.

Rencontre animée par Jeanne-Marie Bury

Lectures par le comédien Patrick Vendrin

Vendredi 07 Octobre 2011

à 20h 30

Médiathèque Jules Verne, 21 Rue Auguste Renoir, Saint Jean de Vedas
(Tramway ligne 2: Station Saint Jean de Vedas)

Sur Réservation uniquement au 04 99 51 22 40 à partir du 16 Septembre 2011
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Les savants de Manu Joseph(Philippe Rey-2011)

 
Aujourd’hui, en Inde, on ne dit plus " intouchable " mais dalit. Un mot, toutefois, suffit-il à changer la donne ? Ce n’est pas l’avis d’Ayyan Mani. D’un côté, du sien, une pièce minuscule, partagée avec sa jeune épouse, qui a glissé dans une existence triste à regarder des feuilletons télévisuels, et son fils, habitant dans un chawl, une exécrable cité de la banlieue de Bombay, tandis qu’il exerce un emploi de secrétaire dans un institut de recherche de haut vol où les scientifiques sont des brahmanes et le petit personnel des intouchables.
Il est un des rares chanceux de son quartier à avoir un emploi rémunérateur, cela faisant de lui une sorte de légende dans son quartier, mais il est tout à fait conscient que son statut est en péril.
Aussi ressasse-t-il quelque ressentiment à l'encontre des savants, les " brahmanes " et, avec eux, tous les nantis et leurs femmes inaccessibles, qui le regardent de haut.
Et en particulier son patron et celui de l'institut, Arvind Acharya, un astrophysicien de renommée mondiale, doctorat à Princeton, excentrique et autocratique. Il est né dans le succès parce qu'il possédait " les gènes brahmanes ", et un droit d'accès réservé aux brahmanes. Malgré son âge avancé, il a soif de succès pour son projet favori, une chasse aux organismes étrangers dans la haute atmosphère avec un ballon géant qui lui permettrait d'être candidat au Nobel.
Alors, à l’époque où le petit peuple indien, conscient de sa supériorité numérique, acquiert un pouvoir politique de plus en plus important, Ayyan a une idée.
Son fils, Adi, est brillant. Pourquoi ne pas donner discrètement un coup de pouce au destin, ne pas compenser les injustices de la naissance et du système des castes ? Fort de ce qu’il apprend à l’Institut en écoutant aux portes, Ayyan entretient le mythe d’un petit génie dalit.
Car Ayyan ne veut point se brader, il a conscience de sa valeur et de celle de son fils, Adi (qualifié de petit génie par les autres mais aussi enfant handicapé car sourd d'une oreille).
Comme dans la vraie vie, on oscille dans ce roman entre le sordide, la joie, la légèreté, l'intelligence, la bêtise, la beauté, la laideur mais aussi l'amour, la science, l'ambition et la conscience de classe. C'est la comédie humaine version indienne bien loin de Bollywood, de ses paillettes, de ses chansons, de ses histoires d'amour qui se terminent en véritables contes de fées.
Manu Joseph nous offre là des portraits humains façonnés par les traditions, mais également par des courants plus modernes, plus contemporains, plus occidentaux et donc il y a des télescopages inévitables.
Qui, dans ces chassés-croisés, ces jeux de pouvoir, ces mensonges plus ou moins assumés, remportera la partie ? À coup sûr, le lecteur, emporté par la prose simple et efficace, à l’humour acerbe, d’un romancier indien qui tisse une histoire étonnamment convaincante. Et qui appelle un chat un chat et se moque des faux-semblants de ses compatriotes.
Aussi touchant qu’hilarant, ce choc entre le Bombay d’en haut et le Bombay d’en bas réinvente une veine indienne de subtile comédie humaine.

Manu Joseph est un journaliste indien et un romancier néophyte. Son style allie l'observation de la réalité avec une inclinaison satirique et un horizon culturel important.
Les savants est son premier roman, déjà traduit dans une vingtaine de pays. Il a été remarquablement accueilli par la critique partout.



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Collection attitude! (Guides Bleus-2011)

Une nouvelle collection de guides de civilisation.

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Rencontre du Lundi 03 Octobre 2011



La rencontre du 03 Octobre, aura pour thème principal L'Asie Centrale.
Nous accueillerons, pour l'occasion Alice Plane.

Gourmande et curieuse, Alice Plane décide, après un master de commerce à l’Essec, de prendre une année sabbatique pour fureter dans les cuisines d’Asie centrale.
Un voyage de reconnaissance en 2006 en Ouzbékistan lui ayant permis de rassurer ses proches, elle repart en janvier 2007 pour six mois, seule, avec l’envie de découvrir les femmes d’Asie centrale dans l’espace où elles sont reines : les cuisines.
De l’Azerbaïdjan au Kazakhstan, en passant par l’Iran, le Tadjikistan et le Kirghizistan, elle s’intéresse ainsi à leur place dans la société, expérience qu’elle approfondit à travers la rédaction du récit de son voyage.

Projection numérique et conférence. suivies d'une dédicace du livre "À l’auberge de l’Orient"" (Éditions Transboréal)

Affiche de la rencontre
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Les ombres de Kittur d'Aravind Adiga (Buchet-Chastel-2011)

 
Kittur est une petite ville imaginaire de l’Inde du sud située sur la côte du Karnataka – entre Goa et Calicut - dont l’auteur du Tigre blanc fait le théâtre de ses dernières histoires non pas un roman mais un recueil de nouvelles.
Les deux premières pages du livre présentent une carte dessinée de cette ville afin que le lecteur puisse avoir une représentation d'une ville typique de l'Inde.
Chaque nouvelle commence d'ailleurs avec une vignette de voyage - une promenade d'une journée autour d'une section différente de Kittur - qui introduit un quartier de la ville. Avec ses castes supérieures et inférieures, ses religions multiples, ses immigrés tamouls, ses enfants des rues, ses rikshawallahs, ses fonctionnaires corrompus, ses bidonvilles et ses manoirs, ses écoles privées et ses usines, Kittur contient l’Inde tout entière.
On y croise quatorze destinées attachantes, puissantes, envoûtantes, qui incarnent les mêmes enjeux terribles de castes, de classe et de pouvoir que dans Le tigre blanc. Quatorze personnages émouvants, que l’injustice et la misère obligent à accepter l’inéluctable, et dont on suit les épreuves entre 1984 et 1991, années marquantes de l’assassinat d’Indira Gandhi et de son fils Rajiv.
On rencontre au détour de ces pages, Ziauddin, un de ces garçons faméliques qui hantent toutes les gares de l'Inde, Ramakrishna Xerox, arrêté pour vente illégale de photocopies des Versets Sataniques, Shankara, qui fait exploser une bombe dans son école jésuite, Abbasi, propriétaire musulman d'un atelier de confection qui résiste aux pressions des fonctionnaires corrompus, Soumya, petite fille d'un ouvrier en bâtiment que son père envoie à l'autre bout de la ville chercher sa dose d'héroïne, George D'Souza, le jardinier catholique de Madame Gomes, qui peine à établir la juste distance entre maîtresse et serviteur, Murali, le brahmane devenu communiste qui a laissé la vie passer, etc.
Les personnages d'Adiga affrontent la vie avec la croyance fataliste que rien ne changera jamais pour eux. Ils sont coincés dans un cycle d'où ils ne pourront jamais s'échapper. Certains sont en colère, certains se sont résignés, et quelques-uns ont bon espoir d'un changement. Mais le personnage principal, à travers toutes les histoires, c'est l'Inde, dans toutes ses tripes et sa gloire.
Aravind Adiga est un romancier qui tire son inspiration de l'Inde des inégalités et des écrivains réalistes du XIXème français, Zola et Maupassant notamment. Récompensé en décembre 2008, par le Booker Price, Le Tigre blanc s’appuyait sur la correspondance fictive d'un entrepreneur de Bangalore avec le Premier ministre chinois, pour dénoncer l’envers d’un miracle économique indien miné par le chantage, le crime et la corruption. L’auteur continue avec ce livre, même si il a été écrit avant le Tigre blanc, d’y dénoncer la mauvaise gouvernance, les structures sociales écrasantes et la bureaucratie viciée qui génèrent l’avidité et anéantissent l’aspiration des citoyens au progrès individuel.
L'authenticité des observations d'Aravind Adiga brille tout au long du livre.
L'auteur a également organisé à la fin du livre, un glossaire qui donne la signification de certaines expressions utilisées en Inde ainsi que quelques explications sur la culture indienne.

Aravind Adiga est né à Chennai en 1974.
Il a été couronné par le prestigieux Booker Prize en 2008 pour Le Tigre blanc traduit en trente-cinq langues,
Romancier avant tout, il écrit aussi pour le New Yorker, le Financial Times et le Sunday Times. Il vit à Bombay.
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