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Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit. (Éditions des Équateurs-2011) et Ciel mon moujik ! de Sylvain Tesson ( Chiflet & Cie-2011)

Du nouveau du coté de notre ami Sylvain Tesson

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Le choix de Goldie de Roopa Farooki (Gaïa-2011)

 
Le choix de Goldie est un roman mettant en scène trois générations d'une même famille, trois couples constituant cette famille : Henné et Rashid, leur fille Shona et son mari Parvez et les enfants de Shona, un couple de jumeaux, Omar et Sharif.
Le thème principal du livre est sur l'impact que le mensonge et la tromperie peuvent avoir sur une famille.
Tout commence très loin de la Grande-Bretagne. Au Bangladesh, Henné, jeune fille insolente et têtue de 13 ans, s'ennuie ferme à l'école. Elle n'a qu'une hâte, arrêter sa scolarité.
La faisant passé pour une jeune femme de 17 ans, Nadim son père, petit boutiquier, l'offre en mariage à Rashid "Ricky" Karim, le fils aîné d'une riche famille de Calcutta. Dès le soir des noces, Il ne faudra pas longtemps à Rashid pour comprendre qu'il a été dupé et que sa nouvelle femme n'est, non seulement pas la personne cultivée et instruite qu'elle prétendait mais qu'elle est, en plus, mineure et paresseuse.
Mais sa belle famille, une fois la supercherie mise à nue, l'obligera à suivre des cours. Henné, bien décidée à ne pas aller à l'université, fera tout pour rapidement tomber enceinte. Ainsi naîtra Shona, sa petite fille, dont elle se détournera très vite.
Les années passent. Shona grandit au Bangladesh et fait connaissance d'un lointain cousin pakistanais. Coup de foudre. Pour Parvez, elle part étudier à Karachi. Mais le couple doit rester discret. Les jeunes amants fuient le Pakistan pour voler de leurs propres ailes, à Londres. Shona et Parvez y fondent une famille en donnant naissance à Omar et Sharif. Shona est professeur, Parvez restaurateur. Tout semble aller pour le mieux. Mais ce n'est qu'une façade.
Passées l’exaltation d’un nouveau départ et les joies de la vie d’une famille qui s’agrandit, Shona se sent rattrapée par son passé. À l’image de sa mère, elle construit sa vie sur des mensonges, se risque à mener une double vie, jusqu’au jour où les secrets deviennent trop lourds à porter. Même la vitalité de ses jumeaux adolescents — Omar qui brille dans les études, et Sharif qui tombe les filles — ne suffit plus à compenser les non-dits accumulés au fil des années, des générations.
Lors d'un voyage d'affaires à Londres, Rashid, le père de Shona rencontre Veetie Truman. Follement amoureux, il l'épouse, oubliant de lui dire qu'il est déjà marié ailleurs et s'installe avec la femme qu'il aime en Angleterre, mais parfois, il doit rentrer à la maison au Bengladesh, où Henné est restée.
Ce roman est celui des doubles vies, des secrets de famille, des mensonges qui s'accumulent génération après génération. Au fil du roman, on découvre tout cela et c'est cette construction de l'histoire qui nous tient en haleine.

Le choix de Goldie est le premier roman de Roopa Farooki, une auteur britannique de mère bangladaise et de père pakistanais. Elle est née au Pakistan en 1974 et grandit à Londres.
Après des études de philosophie, de politique et d’économie à Oxford, elle travaille un temps dans la publicité.
Depuis 2004, Roopa se consacre à l’écriture. Elle a écrit Le choix de Goldie alors qu'elle était enceinte et rénovait une maison dans le sud-ouest de la France. Depuis, elle a écrit trois autres romans.
Roopa Farooki partage sa vie entre la France et l'Angleterre avec son mari anglo-irlandais et leurs quatre enfants.
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"SÂDHUS, Un voyage initiatique chez les ascètes l'Inde" de Patrick Levy (Pocket-2011)

Rencontres avec les ascètes de l'Inde...

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Maintenant que j'ai 50 ans de Bulbul Sharma, traduit de l'anglais par Mélanie Basnel (Philippe Picquier-2011)

 
Il leur aura fallu cinquante ans. Cinquante ans pour se connaître, découvrir la force et la sérénité qui sont en elles, se libérer du carcan des traditions, comprendre le monde qui les entoure.
Après un demi-siècle d'existence, les femmes des histoires de Bulbul Sharma découvrent avec stupeur que la vie n'est pas telle qu'elles l'avaient toujours imaginée. Passant de la révélation à la rébellion, elles vont apprendre à écouter leurs désirs, s'ouvrir au monde extérieur, et s'épanouir enfin.
Cette fois, il n'est pas question comme à l'habitude, dans ces 7 nouvelles, d'aliments, de cuisine ou d'épices, mais de sentiments et interrogations sur l'avenir de femmes arrivées à la cinquantaine.
On y trouve des histoires comme celle qui découvre un beau matin que son mari l'a quitté pour vivre à Goa avec un autre homme et qui se lance dans l'apprentissage de la salsa, après avoir essayé le yoga comme dérivatif. Il y a Nimmi qui décide de quitter son mari pour réapprendre le goût de la liberté. Ou celle qui découvre, après sa mort, alors qu'elle flotte au-dessus de son village, que son mari qui l'a toujours ignoré, pleure sa disparition.
Pour Bulbul Sharma, à cinquante ans, la vie ne fait que commencer: "Les hommes de ces ménages se sentent encore jeunes. Ils pensent que leur vie est encore devant eux. La femme, en revanche, à l'âge de 50 ans, a passé 30 ans à s'occuper de ses enfants et du foyer, dans un processus d'effacement de ses propres besoins, préférences et ambitions, jusqu'à ce qu'elle se souvienne qu'elle existait. Elle est à un tournant, et ce sentiment se transforme en questionnement: maintenant je dois faire quelque chose pour moi".

Bulbul Sharma publie des nouvelles épicées, agrémentées d’arômes et de piments, qui tout en évoquant la vie quotidienne indienne nous mettent l’eau à la bouche.
Né en 1952 à Delhi où elle habite aujourd’hui, elle est à la fois peintre et écrivain. Elle a publié trois recueils de nouvelles, The perfect Woman, Ager of aubergines and My Sainted aunts. Les deux dernières ont été publiées en français aux Editions Philippe Picquier sous les titres La Colère des aubergines et Mes sacrées tantes.
Bulbul Sharma travaille comme professeur d’arts plastiques auprès d’enfants handicapés. Auteur et illustrateur de A Book of indian birds, elle prépare un livre sur les arbres de l'Inde. Elle a publié également un grand nombre d’ouvrages qui n’ont pas encore été traduits en français.
En été 2007, une grande exposition de ses oeuvres a eu lieu à Londres.
L'un des prochains projets de Bulbul, "cette jeune grand-mère", sera de travailler sur un roman graphique avec sa petite-fille de neuf ans.
Son dernier recueil, paru en Septembre 2010, Mangue amère, place une fois de plus les mets et les plats au coeur de chacune de ses nouvelles colorées, pour dépeindre la vie des femmes indiennes au travers du prisme des saveurs. Leurs histoires intimes s’entremêlent alors aux parfums des recettes traditionnelles.
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Touriste de Julien Blanc-Gras (Au Diable Vauvert-2011)

Dur, dur d'être un touriste!!!

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Ma cabine téléphonique africaine de Lieve Joris (Actes Sud, 2011)


Voici ici rassemblés pour la 1ère fois l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Europe de l'Est, les 3 régions que Lieve Joris a inlassablement parcourues ces trente dernières années. Une écriture sans artifice, un regard bienveillant et toute l'empathie de l'écrivain-voyageuse pour des histoires de la vie de tous les jours. Comme l'ont déjà souligné certains critiques, Lieve Joris confirme ici qu'elle est du calibre d'un Naipaul : 50% voyageur, 50% journaliste, 100% écrivain.
Fidèle à son sens de l’observation, à son besoin d’échanges et à son empathie avec les gens qu’elle interroge, Lieve Joris évoque quelques personnages rencontrés en Afrique, au Proche-Orient, en Europe de l’Est : sous toutes les latitudes, la même obstination à se construire une vie en dépit des aléas économiques ou politiques… “Son emprunt, il ne pouvait pas le rembourser, mais pour la télé et la vidéo de Dick, là, il avait de l’argent. Mais à quoi donc m’étais-je attendue ? Que je pourrais m’approcher de ce moderne Wangrin sans m’empêtrer dans sa toile ? Mon wagonnet était passé et Bina l’avait accroché au train des événements heureux de sa vie.”
Avec l’histoire de Bina, courageux postier malien, débrouillard et opportuniste, qui a fait de Lieve Joris son sponsor et lui a dédié sa cabine téléphonique, s’ouvre une série de récits consacrés à l’Afrique (Mali, Congo, Tanzanie, Sénégal…), au Proche-Orient (Egypte, Syrie) ou à l’Europe de l’Est (Pologne, Hongrie).
Comme toujours chez Lieve Joris, on est frappé par la densité des rencontres. La voyageuse n’est pas en quête de sujets de reportage, mais de compréhension des destins. Toujours hébergée chez l’habitant, elle laisse le temps la rendre familière, dissiper “l’étrangéité” de sa présence. Elle observe, questionne, écoute. Les lieux où elle fait étape sont parfois encore sous le choc de bouleversements violents. La survie, la débrouille ou la magouille sont de règle.
Une attaque des rebelles touareg a forcé le postier Blina à recommencer sa vie ailleurs, l’Etat lui a supprimé son emploi, il tente de tirer profit de son amitié avec Lieve.
Au Congo, l’ancien étudiant en commerce, Salumu, tient un dépôt de marchandises, fait des affaires au gré des opportunités, se déplace sans cesse, s’attarde à une liaison extraconjugale, l’arrivée du nouveau régime de Kabila n’a en rien changé un mode de vie basé sur l’astuce et l’initiative.
Au Caire, une dame de l’ancienne bonne société, ruinée par le régime Nasser, tient pension et préserve quelques habitudes dignes de la belle époque.
En Syrie, l’avocat Ismaîl veut conduire Lieve dans le village de sa famille, mais lui pose un lapin. Elle le comprendra plus tard : être vu en compagnie d’une étrangère aux confins des territoires kurdes pourrait valoir à Ismaïl de graves ennuis.
Partout, les régimes politiques passent ou reviennent, se succèdent et se ressemblent. Partout les fonctionnaires et les porteurs d’uniformes tentent de prélever leur dîme.
Dans la Pologne de Kapuscinski, avec lequel Lieve Joris passe quelque temps, la fonction publique incarne souvent l’ancien ordre communiste, dont on ne sait plus s’il faut le craindre (parce qu’il pourrait revenir) ou le regretter (parce que la situation n’est pas meilleure qu’avant). Pour Kapuscinski, la Pologne n’en finit pas de ne pas surmonter les destructions de la guerre. À Lieve Joris qui le prend à témoin de la précarité, de la pauvreté ou des pénuries en tout genre, il lance avec irritation : “Est-ce qu’on demandait à Sartre pourquoi le métro parisien était sale ?”
Du Sud à l’Est, la voyageuse promène un regard sans préjugés, attentif, attachant, toujours infiniment respectueux de ses interlocuteurs. Elle n’est jamais dupe – mais elle n’est jamais juge. Elle semble nous montrer, par ce recueil, à quel point l’immense majorité des gens qu’elle croise s’ingénient à se construire une vie dans un champ d’obstacles, dispersés sous toutes les latitudes, mais finalement bien peu dissemblables

Lieve Joris est née en 1953 en Belgique. A 19 ans, elle a choisi de fuir le milieu étouffant de son petit village belge de Neerpelt pour s’en aller courir les routes du monde. Comme jeune fille au-pair, puis grand reporter pour un grand hebdomadaire d’Amsterdam, elle ne cesse de traverser la planète, des Etats-Unis au Caire en passant par Budapest, Damas, Trinidad, le Congo, le Sénégal ou Zanzibar.
Ses modèles d’alors : Ryszard Kapuscinski et V.S. Naipaul.
Mon oncle du Congo puis Les Portes de Damas l’imposent très vite comme un des auteurs vedettes de la collection "Aventures " d’Actes Sud, aux côtés de Théodore Monod, de Cees Nooteboom et d’Adriaan Van Dis.
En 1995, avec La chanteuse de Zanzibar, elle trace le portrait doux-amer de son père spirituel, V.S Naipaul, croise un autre grand des lettres, médaillé à Stockholm lui, Naguib Mahfouz, évoque le monde, et ceux qui l’habitent, avec un talent rare.
En 1999, elle a reçu le Prix de l’Astrolabe-Etonnants Voyageurs pour son récit de voyage à travers l’Afrique de l’Ouest, Mali Blues et autres histoires (Actes Sud), dans lequel on suit notamment le grand bluesman malien Boubakar Traoré.
Trois ans plus tard, retour au source, au Congo, pour constater avec écoeurement dans Danse du léopard les cicatrices infligées au pays par le règne de Mobutu, mais aussi croire en l’espoir que fait naître là-bas l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila.
En France, on perçoit surtout l’attachement de l’oeuvre de Lieve Joris au continent Noir, certains de ses livres (dans les pays du Golfe, en Europe de l’Est...) malheureusement pas traduits en français soulignent un attachement plus large au monde et aux Hommes.
Indifférente aux nationalités, à commencer par la sienne, il y a chez Lieve Joris comme une déraisonnable soif d’englober le monde, de le dire toujours plus grand, en utilisant à plein et avec justesse les outils de la fiction : " En tant que journaliste, je n’ai jamais écrit autrement. Je sais que cela paraît étrange aux Français, qui tiennent beaucoup au clivage entre littérature et journalisme, fiction et véracité. Quand j’avais été invitée au festival “Etonnants voyageurs” pour Les Portes de Damas, un Français s’était levé dans la salle pour dénoncer ma présence à la tribune, en affirmant que j’étais journaliste, pas écrivain ! Ça m’avait fait beaucoup rire. "
En 2009, retour au Congo avec Les hauts-plateaux, mais pour un possible dernier adieu au pays. Les hauts-plateaux a obtenu le Prix Nicolas Bouvier 2009 lors du festival Étonnants Voyageurs.
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Revue Cheval/Chevaux n°6: En cavale avec pour rédacteur en chef Sylvain Tesson (Éditions du Rocher-2011)


Pour cette sixième livraison, la revue "cheval-chevaux" part en voyage.
Sa rédaction en chef a été confiée à un des plus célèbres écrivains-voyageurs de la nouvelle génération : Sylvain Tesson, qui a conçu ce numéro au fond d’une cabane isolée dans la taïga, au bord du lac Baïkal, où il a passé six mois en solitaire. À son retour, il a confié à Gallimard le journal de son ermitage (qui sera publié début Septembre) et remis à Jean-Louis Gouraud, directeur de la revue, l’ensemble des collaborations qui constituent ce sixième numéro de la revue cheval-chevaux
Dans la première partie, on y trouve les signatures de cavaliers voyageurs célèbres dont un certain nombre sont passés par notre librairie : Nicolas Ducret, Clara Arnaud, Sibylle d’Orgeval, Priscilla Telmon et beaucoup d’autres, parmi lesquels on ne sera pas surpris de trouver le poète André Velter.
Une second partie de la revue est consacrée à des sujets variés autour du cheval.

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Les nouvelles du bout du monde, Anthologie présentée par Jean-Pierre Perrin (Hoebeke)

Une réunion d'écrivains-voyageurs prestigieux....

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Le festin indien de Chitrita Banerji (Hoebeke-2011)

 
Un pays ne se révèle jamais mieux que par sa cuisine, l’histoire de ses produits, les cultures qui s’y rattachent — la manière dont il a su magnifier par des plats l’infinie diversité du monde : nous ne mangeons pas seulement des légumes ou une viande, nous mangeons d’abord un imaginaire, des récits, des manières d’être ensemble, des rapports singuliers à la nature. Et l’on montrerait aisément que tous les grands problèmes philosophiques se jouent déjà à notre table.
Chitrita Banerji nous invite à un merveilleux voyage à travers une douzaine de régions du continent indien et plus de trois années sur les routes de l’Inde au hasard des rencontres, des plus simples gargotes dans les villages tribaux aux palais, des échoppes des marchés aux cantines des temples.
Chitrita Banerji élargi son champ d'application aux régions aussi disparates que le Pendjab, le Gujarat et le Kerala, et aussi explore les habitudes alimentaires des différents groupes tels que les Juifs de Cochin, la communauté anglo-indienne de Calcutta et les peuples autochtones tribaux de l'Inde Nord-Est.
On découvrira ici que la civilisation indienne a toujours eu une insatiable, presque enfantine curiosité pour l’étranger et les nouveaux produits qu’il amenait avec lui et c’est pourquoi elle propose une telle variété de cuisines distinctes, formées par les vagues successives d’arrivées, d’invasions, de conquêtes et d’assimilations où se croisent les influences des Perses, des anciennes tribus aryennes, des Juifs du Moyen Orient, des Mongols, des Arabes, des Européens aussi, chacun apportant des techniques nouvelles, trouvant du coup de nouvelles manières d’associer l’infinité variété des épices, des graines, du safran à la moutarde, aux légumes, aux céréales, aux poissons qu’ils découvraient.
Récit d’aventures humaines, de découvertes, conjuguant l’humour et la poésie par la grâce d’une prose qui vous met l’eau à la bouche à chaque page, avec un art subtil, tout de légèreté, de faire ressurgir, à travers l’histoire de ses produits, l’histoire même de l’Inde, ce livre est une merveille !
Qui sans y paraître nous fait découvrir un pays en pleine mutation, et pose quelques questions : que signifie « l’authenticité » à une époque de grandes migrations, de flux incessants de populations, quel sens peut avoir la « tradition » dans un pays dont l’histoire même est celle d’un perpétuel métissage et dont pourtant l’identité est extrêmement forte ? Tous les enjeux des temps présents, dans les plus simples des plats…
La tradition culinaire du pays se dévoile à nos yeux avec ses richesses, son éclectisme, et son raffinement, que Chitrita Banerji décrit avec un plaisir bien visible.
La littérature de voyage à son meilleur, où la saveur des mots exalte la saveur des mets.
Un festin de couleurs, de saveurs et d’épices qui donne envie de se mettre à table !

Après avoir passé son enfance à Calcutta, Chitrita Banerji part à vingt ans faire ses études à Harvard. A la suite de son premier mariage, elle vit sept ans au Bangladesh. Elle habite aujourd’hui à Cambridge (Massachusetts).
Couverte de prix en Inde et aux Etats-Unis, elle est principalement connue pour son travail sur la gastronomie, l’histoire et la culture du Bengladesh, et pour ses nombreuses traductions depuis le bengali. Elle est considérée comme la plus importante autorité mondiale sur l'alimentation bengali et auteur de plusieurs ouvrages classiques de la cuisine bengali.
Elle s’est imposée tout à la fois comme écrivain-voyageur et historienne de la cuisine mondialement reconnue. Festin indien est aujourd’hui un best-seller, tant aux Etats-Unis qu’en Angleterre.
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Chroniques de l'Occident Nomade d'Aude Seigne (Zoé-2011)

Le Prix Nicolas Bouvier 2011

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Notre Comédie du livre 2011- Portraits d'écrivains sous notre tente nomade

Et voici les premières images de nos chers écrivains venus nombreux à l'invitation de notre librairie.
Mais rien n'aurait pu se faire sans le concours, avant les trois jours de rencontres, de l'équipe administrative de l'Association "Coeur de livres" qui a préparé et planifié la venue de nos auteurs, sans la ville de Montpellier qui les a reçus avec passion et sans les nombreux(ses) lecteurs-bénévoles qui sont venus, durant les trois jours, sur notre stand pour veiller au bien-être de ceux-ci.
Merci encore à toutes et à tous.
Rendez-vous l'année prochaine.


COMÉDIE DU LIVRE 2011-LES INVITÉS par LESCINQCONTINENTS
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Le plaisir ne saurait attendre de Tishani Doshi (Buchet Chastel-2011)

 
Tout a commencé en août 1968 quand Babo Patel avec ses cheveux bouclés et ses belles dents fut le premier membre d’une famille jaïn de Madras à prendre l’avion pour Londres afin de parfaire son éducation. Le matin de son départ, Prem Kumar, son père qui avait, cette nuit-là, fait le seul rêve de sa vie, un rêve où toute sa famille s’était perdue, aurait pourtant dû sentir venir le grabuge…
Mais Babo est déjà loin ! Dans un appartement de Finchley Road, il fait l’amour avec frénésie à Sian Jones dont il est tombé fou amoureux à la vue de sa robe mini toute blanche et du ruban rouge dans sa chevelure auburn de belle Galloise, oublieux du mariage arrangé qui l’attend en Inde. Au grand dam de Trishala, sa mère, qui feint l’accident cardiaque pour le faire rentrer. Ce que Babo apprécie moyennement… en faisant savoir qu’il épousera Sian quoiqu’il arrive, en dépit de toute tradition et de toute convention.
L'amour qui unit Babo et Sian est la voie sur laquelle le récit se développe, en les plaçant comme personnages principaux, avec les parents de Babo, sa grand-mère Ba et plus tard, leurs filles Mayuri et Bean, résultat d'une union de deux personnes différentes, de religions, de races, de cultures et de pays.
Ba, en particulier, est un personnage remarquable. C'est une veuve vivant à Anjar, habitée d'une aura de sagesse éternelle, et qui vit entourée par les femmes du village et un eunuque. Elle a également le pouvoir de "sentir" l'avenir et incarne la figure centrale pour toute la famille Patel: tout le monde se tourne vers elle pour tout type de problème.
De nombreux thèmes sont explorés à travers la vie des Patel: l'amour, les questions raciales et la question de l'identité, l'acceptation sociale, l'innocence perdue, la mort, les ajustements auxquels nous devons faire face quand un être aimé prend une autre direction, de façon inattendue, laissant un vide insupportable, et la patience.
Le plaisir ne saurait attendre, inspiré par l’histoire des parents de l’auteur, est la chronique chatoyante, à la fois légère et grave, tendre et inhabituelle d’une famille indo-galloise bruyante et chamarrée, en Inde, sur quatre générations. Et ce, pendant qu’ailleurs les Beatles triomphent puis se déchirent, que le prince Charles et Diana se découvrent, qu’Indira Gandhi tombe sous les balles de son garde du corps sikh et que Madras devient Chennai.
Le langage merveilleux de Tishani Doshi et son esprit joyeux créent un monde fictionnel où les sons de la souffrance se convertissent en sons d’amour et de mariage.
Tishani Doshi a si bien réussi le tour de force de capturer par une écriture poétique, lyrique et vive, les excentricités et les calamités de ce drôle de clan que Salman Rushdie et Roddy Doyle ont chaleureusement acclamé ce roman exceptionnel.

Tishani Doshi, est née en 1976 et vit à Chennai, anciennement Madras (Tamil Nadu).
Le curriculum vitae tortueux de cette jeune écrivain indienne le démontre : Tishani Doshi est une touche-à-tout. Quittant à 18 ans la ville de Madras où elle a grandi, elle suit des études de Business Administration aux Etats-Unis au Queens College (New York) et à la John Hopkins University (Baltimore). En 1999, elle déménage à Londres où elle travaille comme assistante du service publicité du fameux magazine de mode Harper’s & Queen.
Vite lassée de sa vie londonienne, elle réalise que "le confort, c’est la stagnation". Elle décide alors de regagner l’Inde avec le projet vague de se reconvertir en monitrice de plongée.
Une rencontre imprévue la fait encore bifurquer : Chandralekha, figure iconoclaste et grande chorégraphe indienne, la prend sous son aile. Tishani Doshi commence ainsi à 26 ans une improbable carrière de danseuse. Parallèlement, elle fait du journalisme en freelance, balayant des sujets aussi divers que les identités transgenres ou le cricket, sport qui la passionne.
L’écriture n’est toutefois jamais absente de ce parcours sinueux. Séduite aux Etats-Unis par la littérature du Sud, Tishani Doshi s’inscrit aux séminaires d’écriture de l’Université Johns Hopkins de Baltimore.
C’est par la poésie que la jeune femme entre en littérature. En 2006, elle remporte le Prix All-India Poetry avec son poème, The Day We Went to the Sea. Elle publie la même année un recueil de poésie, Countries of the Body, qui lui permet de remporter le prestigieux Forward Prize for Best First Collection. Le jury parle alors d’un auteur « prêt à prendre des risques, en quête d’une poésie sensuelle, engagée sur le plan émotionnel et passionnel ».
Son premier roman, Le plaisir ne saurait attendre, est né du souvenir d’une découverte d’enfance dans une cache secrète: la correspondance amoureuse de ses parents. Dans ces dizaines de lettres échangées, dans les années 60, entre sa mère, galloise, et son père indien, Tishani Doshi a trouvé le point de départ d’une saga familiale tendre et pleine d’humour. Influencée notamment par Salman Rushdie, qui salue "un roman captivant, délicieux", Tishani Doshi, apporte sa touche de fraîcheur aux conventions du roman post-colonial indien.
Publiée dans différents journaux, magazines et revues littéraires, Tishani Doshi travaille actuellement à la biographie du joueur de cricket sri-lankais Muttiah Muralitharan et prépare un second recueil de poésie.



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