À bord du Biladi de Vivi Navarro (Éditions singulières-2011)
Par Alain et Christine Londner, samedi 30 avril 2011 à 10:53.

Ce carnet de voyage est le fruit d’une rencontre…Celle de Vivi Navarro, artiste, avec le BILADI et son équipage, au cours des 36 heures d’une traversée de Tanger à Sète, en décembre 2009. Rencontre entre un talent artistique tout entier voué à l’évocation de l’aventure maritime et les talents multiples des Femmes et des Hommes qui servent le BILADI au fil des traversées, hiver comme été, tous marins, tous membres de cette grande famille sans frontières qui arme les navires du Monde.
Le BILADI a une longue et riche histoire. Histoire méditerranéenne, depuis sa mise en service en mai 1980, à Nantes, sous pavillon français, alors qu’il portait déjà un fort beau nom, LIBERTE, et descendait la Loire avant de gagner le golfe de Gascogne pour aller desservir Alger et Tunis au départ de Marseille, sous les couleurs de la SNCM.
Premier passage du détroit de Gibraltar, premier contact avec la Méditerranée, pour vingt trois ans de service, plusieurs milliers de traversées, plusieurs centaines de milliers de passagers portés d’une rive à l’autre.
Avant de changer de propriétaire, en 2003, pour porter les couleurs du Royaume du Maroc et celles de son armateur marocain, la COMARIT, qui lui a redonné vie pour une nouvelle et belle mission de trait d’union entre Tanger et Sète!
Ce carnet de voyage se veut aussi un hommage à ces marins marocains, femmes et hommes venus des quatre coins du Maroc, pour certains d’entre eux ayant couru les mers du globe, pour d’autres ayant connu le "grand métier" de la pêche au large, pour d’autres, enfin, ayant quitté les dunes de Merzouga pour découvrir une autre mer.
Amoureuse de la Mer, de ses vaisseaux et de ses équipages, Vivi Navarro réside à Sète, ville de ses racines, cité portuaire qui lui permet de vivre cette passion et de la conjuguer avec mon métier de peintre embarquée, au plus prés des équipages. Sète étant son port d’attache.
Ses peintures et photographies reflètent un profond respect doublé d’admiration pour les marins, marchands ou guerriers: "La Mer, au-delà de toutes appartenances sociales, raciales, politiques ou religieuses, est un lieu de poésie totale, mais un lieu de perdition et d’errance où la solidarité humaine et l’esprit d’équipage priment sur tout le reste. En Mer on secourt, on sauve, on ne laisse pas un homme se soustraire à l’engloutissement de l’océan. Les amis marins m’invitent à leur bord, je fais de leur vaisseau mon atelier flottant, l’échange est riche, vrai, dans le partage qu’il sous-tend. Je crois à la force des rencontres et à celle des lieux.".
Travailleuse acharnée (peinture, photo, écriture), les carnets de voyages de Vivi Navarro, adaptés à la vie embarquée parlent, font parler les marins, se partagent, décrivent la vie du bord, les escales, les navires, les ailleurs vers lesquels on est littéralement happés.
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