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À bord du Biladi de Vivi Navarro (Éditions singulières-2011)


Ce carnet de voyage est le fruit d’une rencontre…Celle de Vivi Navarro, artiste, avec le BILADI et son équipage, au cours des 36 heures d’une traversée de Tanger à Sète, en décembre 2009. Rencontre entre un talent artistique tout entier voué à l’évocation de l’aventure maritime et les talents multiples des Femmes et des Hommes qui servent le BILADI au fil des traversées, hiver comme été, tous marins, tous membres de cette grande famille sans frontières qui arme les navires du Monde.
Le BILADI a une longue et riche histoire. Histoire méditerranéenne, depuis sa mise en service en mai 1980, à Nantes, sous pavillon français, alors qu’il portait déjà un fort beau nom, LIBERTE, et descendait la Loire avant de gagner le golfe de Gascogne pour aller desservir Alger et Tunis au départ de Marseille, sous les couleurs de la SNCM.
Premier passage du détroit de Gibraltar, premier contact avec la Méditerranée, pour vingt trois ans de service, plusieurs milliers de traversées, plusieurs centaines de milliers de passagers portés d’une rive à l’autre.
Avant de changer de propriétaire, en 2003, pour porter les couleurs du Royaume du Maroc et celles de son armateur marocain, la COMARIT, qui lui a redonné vie pour une nouvelle et belle mission de trait d’union entre Tanger et Sète!
Ce carnet de voyage se veut aussi un hommage à ces marins marocains, femmes et hommes venus des quatre coins du Maroc, pour certains d’entre eux ayant couru les mers du globe, pour d’autres ayant connu le "grand métier" de la pêche au large, pour d’autres, enfin, ayant quitté les dunes de Merzouga pour découvrir une autre mer.

Amoureuse de la Mer, de ses vaisseaux et de ses équipages, Vivi Navarro réside à Sète, ville de ses racines, cité portuaire qui lui permet de vivre cette passion et de la conjuguer avec mon métier de peintre embarquée, au plus prés des équipages. Sète étant son port d’attache.
Ses peintures et photographies reflètent un profond respect doublé d’admiration pour les marins, marchands ou guerriers: "La Mer, au-delà de toutes appartenances sociales, raciales, politiques ou religieuses, est un lieu de poésie totale, mais un lieu de perdition et d’errance où la solidarité humaine et l’esprit d’équipage priment sur tout le reste. En Mer on secourt, on sauve, on ne laisse pas un homme se soustraire à l’engloutissement de l’océan. Les amis marins m’invitent à leur bord, je fais de leur vaisseau mon atelier flottant, l’échange est riche, vrai, dans le partage qu’il sous-tend. Je crois à la force des rencontres et à celle des lieux.".
Travailleuse acharnée (peinture, photo, écriture), les carnets de voyages de Vivi Navarro, adaptés à la vie embarquée parlent, font parler les marins, se partagent, décrivent la vie du bord, les escales, les navires, les ailleurs vers lesquels on est littéralement happés.
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Un an autour de l'océan indien d'Antoine Calvino (Phébus-2011)

Un long périple savoureux....

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Journal d'une enfant survivante de May Kham (Les nouveaux auteurs-2011)


L'histoire, racontée dans le livre de May Kham, est celle d'une jeune Hmong du Laos, depuis son enfance auprès d'un père général allié des Occidentaux, jusqu'à son exil en France, en passant par les terribles camps de la jungle thaïlandaise, mouroirs à ciel ouvert.
May Kham vit jusqu'à ses 5 ans dans un cadre idyllique (petits palais, résidence secondaire, nurses) avec son père, le général Yang Chau, proche des occidentaux. Elle occupe, dans le coeur de son père, la meilleure place parmi les 35 enfants que le général a eu avec ses trois femmes. Puis c'est la chute du régime politique que soutient ce général et la fuite de ce dernier, que ses femmes et enfants refusent de suivre. May Kham vit son premier abandon tragique, nous ne saurons avec elle qu'en toute fin de livre ce qu'il est devenu et si elle le retrouvera ou non.
C'est alors que sa mère et ses huit enfants sont à leur tour obligés de fuir et vont se retrouver dans l'horreur absolue successivement dans deux camps de prisonniers gardés par les thaïlandais.
May Kham nous raconte sa vie ainsi que celles de ses proches dans ces camps et toutes les difficultés qu’ils peuvent endurer: privation de nourriture, les morts brûlés en plein air, l'absence totale de soins, les enfants obligés de manger des vers de terre, la mort qui rôde (le "mangeur d'âmes" qui poursuivra toute sa vie la narratrice dans ses cauchemars) et l'attente pour chacun d'être accueillis en France ou aux USA.
Bénéficiant, un an après sa mère, d'un départ vers la France où la famille se reconstitue, May Kham aura une nouvelle désillusion près d'Avignon. Toute la famille se trouve être alors les premiers réfugiés d'origine asiatique arrivant dans une ville où les ressortissants gitans, pieds noirs et arabes les ont précédés et où ils sont délaissés par la société Française. C'est alors un deuxième enfer que cette famille va vivre, aidée par les seuls subsides sociaux et le sacrifice de la soeur aînée, Emeraude. C'est le temps du racisme ordinaire des "français" de souche mais aussi des ressortissants gitans ou arabes sur cette famille baptisée de "chinetoques".
Dès lors nous découvrons la chronique quotidienne de cette tribu familiale en exil où la narratrice, passionnée de lecture et élève douée rencontre souvent l'incompréhension chez les siens (la mère lui interdit d'être première de sa classe pour ne pas prendre cette place à un petit français), la violence de ses frères, celle des autres enfants.
"Ce livre est un moyen médiatique pour moi, de parler du peuple hmong du Laos mais également de tous ces petites peuples oubliés. Pour la première fois, une histoire est racontée de façon personnelle et intime, à l'intérieur d'une communauté du silence qui considère la démonstration des émotions et des sentiments comme étant vulgaire, voire interdite. Cette exposition est encore plus choquante lorsqu'elle provient d'une femme. Je n'ai pas voulu heurter la pudeur de ma communauté en écrivant ce livre, mais partager avec les lecteurs, une autre vision du monde et rendre ainsi hommage, à tous ces petits peuples méconnus qui ont fait l'Histoire. C'est mon devoir de désobéissance, mon devoir de survivante."

May Kham, est née il y a trente neuf ans au Laos, arrive en France à huit ans. Aujourd’hui elle est cadre dans le tourisme et mère de famille.
Journal d’une enfant survivante est son premier ouvrage. Elle le porte en elle depuis son enfance comme un hommage aux survivants, aux exilés et aux apatrides
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Paseo Grande d'André Velter (Gallimard-2011)

Un grand poète et voyageur.....

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Mal Tiempo de David Fauquemberg (10x18-2011)


Né en 1973, David Fauquemberg vit dans le Cotentin.
Professeur de philosophie, David Fauquemberg abandonne les tableaux noirs pour se consacrer à l’écriture et aux voyages : Cuba, Australie, Argentine, Laponie, Andalousie, Californie, Europe de l’Est... Il séjourne deux ans en Australie; un périple tragique dans l’ouest de l’île-continent lui inspirera son premier récit, Nullarbor (Folio-2009), récit d'un road trip en autostop au cœur de l’Australie orientale qui lui a valu le premier Prix Nicolas Bouvier en 2007 à Saint Malo.
Entre fiction et récit de voyage, Nullarbor est un éloge à la fuite et à l’évasion qui n’est pas sans évoquer Jack Kerouac et Hemingway, c’est aussi l’histoire d’un cauchemar dans les confins désolés d’une Australie hostile et cruelle, loin des clichés et des cartes postales.
De retour en France, il sera, entre autres, critique de théâtre et auteur de guides chez Gallimard (Cuba, Argentine, Andalousie, Paris, dans la collection "Géoguide").
Écrivain et traducteur, il est également grand reporter pour la revue XXI et le magazine Géo. Depuis 2010, il est membre du jury du Prix Nicolas-Bouvier.
David Fauquemberg revient cette année avec un second roman, Mal Tiempo (Fayard et 10x18), un témoignage percutant sur la dure réalité de Cuba qui nous conte les heurs et souffrances d’un jeune de la rue élevé pour se battre et qui se révèle être un prodige de la boxe; "Cuba, le meilleur de la boxe. Des champions méconnus, éternels amateurs enfermés dans leur île. Je devais accompagner de jeunes espoirs français partis s’endurcir à Pinar del Río. Chaleur caraïbe, sessions d’entraînement intenses, riz-haricots noirs au menu, dortoir collectif... Le stage s’annonçait rude. Très rude. A trente ans, la fin de carrière approchait. Je le pressentais déjà. Claquement des gants sur les sacs, cuir contre cuir. Dans la fournaise du gymnase, j’ai remarqué Yoangel. Catégorie poids lourds. Un prodige. Le tempo, la présence, tout ce qui m’avait manqué. Lui, le paysan d’un pueblo perdu, cet esprit ombrageux traversé par l’antique magie de ses ancêtres Yorubas, réussirait-il l’impossible ? Vaincre, vraiment ? Yoangel Corto ne combattait pas l’adversaire. Il combattait la boxe."
Un récit sur le dépassement de soi, le sacrifice et la rigueur qui lui vaudra le prix Millepages 2009 ainsi que le prix des Hebdos en région en 2010.

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André Gide ou la tentation nomade de Jean-Claude Perrier (Flammarion-2011)


Cet album se veut une entreprise d’archéologie littéraire, qui revisite la vie et l'œuvre de Gide, si indissolublement liées, à travers un thème qui les sous-tend et les organise toutes deux : le voyage.
Gide ne fut pas un bourlingueur, mais un être en perpétuel mouvement, qui n’avait de cesse, «posé» quelque part, que de repartir ailleurs. Il aimait aussi les maisons, où ce contempteur des familles traditionnelles se retrouvait avec la sienne, d’élection, recomposée selon son cœur. De 1888 (tout premier voyage en Angleterre) à 1950 (voyage d’adieu à l’Italie), on suivra donc Gide à travers ses périples, proches (Italie, Suisse, Allemagne…) ou plus lointains (Afrique du nord, Bassin méditerranéen…).
Avec, en guise de sommets, ses deux grands voyages «politiques» : en Afrique noire et en URSS.
Les voyages sont présentés par zone géographique et par ordre chronologique. Entre chaque chapitre, un «intermède» thématique original : Gide et les maisons, ses compagnons de voyage, les conditions du voyage, les rendez-vous manqués avec certains pays (l’Inde).
L’ouvrage comporte environ 200 illustrations (photos, lettres, documents, manuscrits) dont un grand nombre sont inédites, provenant de diverses collections privées.
Chaque chapitre est éclairé par un texte qui replace le voyage ou la thématique dans son contexte biographique et littéraire. Au début du livre, une chronologie détaillée permet au lecteur de se familiariser avec la somme d’histoires qui va lui être contée.

Né à Paris le 3 février 1957, Jean-Claude Perrier vit entre Paris et la Normandie. Il a fait des études littéraires très classiques.
D’abord professeur de lettres, puis journaliste (il débute au Quotidien de Paris, en 1980), il devient écrivain et éditeur. Depuis l’adolescence, il prend la tangente, pour des voyages de plus en plus long. Sa rencontre décisive avec l’Inde date de vingt-cinq ans.
Journaliste littéraire au Figaro littéraire et à Livres Hebdo, il a publié une histoire du journal Libération, un livre sur le cigare, des anthologies du général De Gaulle et tout récemment un essai sur Saint-Exupéry.
Il est l’auteur d’une petite vingtaine d’ouvrages dont plusieurs d'archéologie littéraire consacrés à Malraux, Saint-Exupéry ou Pierre Loti. On lui doit la publication, en 2002, du Ramier d'André Gide, resté inédit près d'un siècle.
Il dirige également la collection "Domaine indien" au Cherche midi, tout en étant critique rock au Nouvel Observateur, spécialiste de la scène française.
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L'insoumise de Lhassa de Gyaltsen Drolkar (François Bourin-2011)

Encore un témoignage accablant sur l'oppression chinoise au Tibet....

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Rhum caraïbes de Maxence Fermine (Albin Michel-2011)


L’ombre du capitaine Santa-Rosa plane sur ce roman.
Nul ne sait où reposent le pirate et son coffre, de quoi exacerber l’imagination des chasseurs de trésor ! Avant de mourir, il a attiré la malédiction sur ses descendants.
Pourtant, l’un d’entre eux, Aristide Sainte-Rose, touche-à-tout ingénieux, qui a connu mille vies, autant de métiers aussi improbables que peu lucratifs, a fini, contrairement au reste de la famille, par s’enrichir en fabriquant l’or brun, le fameux Rhum Caraïbes qui va faire sa fortune.
Mais un Sainte-Rose peut-il devenir riche ? Une ancienne malédiction semble poursuivre les descendants du sinistre pirate Bonaventure… Et celle-ci n’a pas dit son dernier mot et les enfants d’Aristide vont l’apprendre à leurs dépens. La luxuriance des paysages de la Guadeloupe, ses croyances héritées des anciens esclaves ont inspiré à l’auteur-culte de Neige et d’Opium, une épopée baroque et envoûtante, empreinte de sensualité et de magie à l’image de ces Caraïbes chatoyantes.

Maxence Fermine est l'auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles. En 1999, il se lance en publiant Neige (Points Seuil) qui est une agréable surprise. Fort de ce premier succès, l'auteur se consacre pleinement à l'écriture.
Toujours en 1999, il dévoile son deuxième roman, Le Violon noir (Points Seuil).
En 2000, il écrit L'Apiculteur (Le livre de poche), qui reçoit le Prix del Duca et le Prix Murat en 2001.
La même année, il co-écrit Sagesses et malices de Confucius le roi sans royaume avec Olivier Besson (Albin Michel).
Véritable bourreau de travail, il enchaîne avec Opium (Le livre de poche) en 2002, Billard blues (Le livre de poche) en 2003. En 2004, il décroche le Prix Europe 1 grâce au roman Amazone (le livre de poche). S'en suit les romans Tango Massaï (Le livre de poche) en 2005 et Le labyrinthe du temps (Le livre de poche) en 2006.
En 2007, Maxence Fermine publie Le Tombeau d'étoiles (Le livre de poche) et l'année dernière, nous le recevions pour Le Papillon de Siam (Albin Michel)
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L'histoire la plus incroyable de notre vie de Chitra Banerjee Divakaruni (Picquier-2011)

 
Un groupe de neuf personnes sont prises au piège dans le sous-sol d'un consulat indien d'une ville américaine non identifiée, après un tremblement de terre. Sept des neuf personnages tentent de se rendre en Inde, tous pour des raisons différentes, deux sont employés du consulat.
Sont présents: un fondamentaliste musulman en colère, un couple marié dont la relation est un naufrage, un vétéran afro-américain de la guerre du Viet-Nam, un patron qui a essayé de tirer profit de son assistant, un assistant sans scrupule, une grand-mère et sa gothique de petite-fille, un jeune Américain d'origine indienne en chemin pour visiter ses parents en Inde.
Avec très peu de nourriture, la montée des eaux dans le sous-sol, la diminution de l'oxygène, et plus d'électricité ou de téléphone, ils commencent à paniquer une fois la réalité de leur situation établit. Alors que le bâtiment s'effondre lentement, la survie devient un problème. Pour passer le temps, chacun est invité à raconter une histoire, une histoire sur "une chose étonnante" qui s'est passée dans leur vie.
Curieusement, le groupe consacre peu de temps de réflexion aux moyens de s'évader. Ils attendent avec une résignation fataliste en écoutant les histoires des autres, très révélatrices de leur moi intérieur. Les neuf histoires sont variées dans le style et l'attitude. Les neuf personnages ont peu en commun, et leurs récits ne sont pas liés.
Ce roman qui se lit d’une traite oscille entre l’angoisse, le récit haletant d’une catastrophe, et le cheminement intérieur de ces êtres aux origines et aux destins si éloignés les uns des autres. Car s’ils sont prisonniers d’un désastre, ils sont aussi des pèlerins spirituels découvrant le pouvoir guérisseur des histoires, et au moment où ils luttent pour leur survie, ils se trouvent des raisons renouvelées de vivre, de partager avec les autres le beau et douloureux miracle de la vie.
Chitra Banerjee Divakaruni a écrit un conte extraordinaire, en rendant l'histoire de chaque personne inoubliable. Elle détaille la détermination étonnante de l'esprit humain, notre capacité à aimer, à désirer, à haïr, à pardonner, à créer et à briser nos stéréotypes.

Née en Inde, Chitra Banerjee Divakaruni quitte son pays natal à l’âge de 19 ans pour aller étudier aux Etats-Unis. Récompensée à de multiples reprises pour ses romans et poèmes, elle est désormais un auteur reconnu dont l’œuvre a été traduite en plus d’une dizaine de langues. Elle assure la présidence d’une association de défense des femmes du Sud-Est asiatique.

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Voir Venise, mourir à Varanasi de Geoff Dyer, traduit de l'anglais par Isabelle D. Philippe (Denöel-2011)

Et si Venise et Varanasi étaient semblables?

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À l’auberge de l’Orient, Seule sur les routes d’Asie centrale d'Alice Plane (Transboréal-2011)


Après un voyage de reconnaissance en 2006 en Ouzbékistan, Alice Plane est repartie en janvier 2007 pour six mois, seule – elle n’a alors que 22 ans.
De l’Azerbaïdjan au Kazakhstan, en passant par l’Iran, le Tadjikistan et le Kirghizistan, elle recueille des recettes traditionnelles ; ce faisant, elle découvre les femmes d’Asie centrale dans l’espace où elles sont reines et où les hommes ne pénètrent pas : les cuisines. Elle n’est pourtant ni cuisinière ni gastronome, juste gourmande et infiniment curieuse de mieux connaître les habitants de ces sociétés centrasiatiques et d’y cerner la place des femmes.
Sa qualité de voyageuse, alliée à sa connaissance du russe et à son intérêt pour l’ancienne patrie soviétique, fait d’Alice Plane une authentique baroudeuse que son courage et ses facultés d’observation rattachent à la grande lignée des exploratrices de l’Asie centrale, dans un texte qui livre aussi au lecteur le cheminement personnel d’une jeune femme aux prises avec les réalités déconcertantes de pays différents.

Née à Lille en 1984, Alice Plane grandit dans une famille normale où aucune carte, aucun ancêtre célèbre ni aucune malle poussiéreuse ne lui donne particulièrement le goût du départ. Pas casaniers pour autant, ses parents ch’tis lui font découvrir le Maroc puis l’Équateur en y organisant de grandes randonnées avec leurs amis.
Alice se passionne très jeune pour le théâtre où elle découvre le plaisir de se mettre dans la peau d’autres personnages. Un festival d’improvisation l’amène à Casablanca, des ateliers d’expression corporelle lui font découvrir l’univers des détenus de la prison centrale de Poissy puis, lors de la poursuite de ses études à l’université de Canterbury, en Angleterre, elle n’obtient que des rôles de « méchant » pour cause d’accent français.
Diplômée de l’Institut d’études politiques de Lille (spécialité administration publique), elle choisit d’étudier le russe en cours du soir et obtient ainsi, en 2005, une bourse pour l’institut Pouchkine, à Moscou. Elle découvre là-bas l’ordinaire soviétique d’une ville capitaliste : autoroutes à cinq voies, plaques d’égout frappées de la faucille et du marteau ou corps cireux de Lénine dans son mausolée, mutilés des guerres tchétchènes mendiant sur les quais du métro ou encore vérification de son identité à chaque pas. Après une première impression réfrigérante, elle tombe amoureuse de l’âme russe, des chants empreints de nostalgie, des datchas moscovites, des vodkas bues cul sec.
Sur un marché de la capitale, croisant la route d’un bel Ouzbek vendeur d’épices, elle connaît la révélation de sa prochaine destination.
Gourmande et curieuse, elle décide, après un master de commerce à l’Essec, à Cergy, de prendre une année sabbatique pour fureter dans les cuisines d’Asie centrale.
Un voyage de reconnaissance en 2006 en Ouzbékistan lui ayant permis de rassurer ses proches, elle repart en janvier 2007 pour six mois, seule, avec l’envie de découvrir les femmes d’Asie centrale dans l’espace où elles sont reines : les cuisines. De l’Azerbaïdjan au Kazakhstan, en passant par l’Iran, le Tadjikistan et le Kirghizistan, elle s’intéresse ainsi à leur place dans la société, expérience qu’elle approfondit à travers la rédaction du récit de son voyage.
Elle travaille depuis juillet 2008 pour Ashoka, une ONG qui soutient les entrepreneurs sociaux innovants en France et à travers le monde. Dans ce cadre, elle s’apprête à réaliser une étude d’implantation à Madagascar, d’où, peut-être, elle reviendra avec d’autres récits dans sa besace…
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Marcher, une philosophie de Frédéric Gros (Champs Flammarion- 2011)

En avant route!

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Le jardin d’Hadji Baba de Isabelle Delloye (Héloïse d’Ormesson, 2011)


Figure de la sagesse et de la culture persane, Hadji Baba est un très vieil homme afghan. Reclus dans sa villa à Kaboul, il passe les dernières années de sa vie à enseigner son précieux savoir au petit orphelin qu’il a recueilli, Djon Ali.
À sa mort, le jeune homme quitte le pays pour l’Occident, désireux de s’instruire davantage mais aussi dans l’espoir de trouver une vie plus facile. Un long périple initiatique commence alors pour Djon Ali, de Paris où il devient photographe à succès et rencontre l’amour, à l’Angleterre, la Suisse et les Etats-Unis.
Guidé par des rencontres riches et complexes, il évolue entre ses souvenirs et la découverte du monde occidental, avec en filigrane les déchirures d’un pays somptueux : guerre civile, occupation russe, 11 septembre, extrémisme religieux...
Fabuleuse fresque où se croisent une multitude de personnages, Le Jardin d’Hadji Baba évoque autant le passé culturel de l’Afghanistan que ses maux présents. Entre mémoire et renaissance, deuil et diaspora, l’initiation à la vie de Djon Ali dépeint un pays magnifique, trop souvent réduit à son actualité violente et tragique.

Isabelle Delloye a été successivement professeur de français à Kaboul, vidéaste au Nicaragua, céramiste à San Francisco puis libraire et éditrice à Paris.
De son séjour en Afghanistan, avant l’invasion russe, elle a gardé un souvenir ébloui qui tranche sur les discours convenus sur l’Afghanistan.
Après le très beau Femmes d’Afghanistan réédité chez Phébus en 2002, elle publie un nouveau roman nous contant les tribulations du jeune Djon Ali qui découvre le monde occidental.
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Voyager vers des noms magnifiques de Béatrice Commengé (Éditions Finitudes-2011)

Quelques jolis récits de voyage.....

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Le Cartographe de Guillaume Jan (Intervalles-2011)


Lazare, vingt-cinq ans, accompagne un groupe de rock dans sa tournée européenne. Mais le projet tourne court à Sarajevo et le jeune homme doit se débrouiller seul pour rentrer en France.
Le chemin du retour se révèle plus compliqué que prévu : par distraction, par nonchalance, par curiosité, par l'angoisse du retour aussi – il vit dans un taudis parisien où chaque mois son propriétaire le menace de le jeter dehors si le loyer n'est pas réglé - , cet Ulysse maladroit va se perdre dans les Balkans.
Découvrant les lois du vagabondage, il affronte des tempêtes, croise des âmes perdues et des compagnons providentiels (Drago le Monténégrin, Edmir, le fou du volant, Gjorg, victime d'une vendetta albanaise, Elvis et Eva les musiciens spécialisés dans les mariages entre l'Albanie et la Macédoine, Mira la bulgare au grand coeur, etc), travaille où il peut, dort dehors, voyage en clandestin, embarque sur un vaisseau fantôme.
Au fil de cette errance chaotique, c’est une géographie de l’âme qui commence à se dessiner, sous les pas de Lazare et sur le dos de la carte d’Europe qu’il annote comme un journal intime en pensant à Elena, rencontrée à Paris, lors d'une soirée. Il ne s'est rien passé sauf qu'Elena a décidé de se lover dans les pensées de Lazare comme une obsession sans fin.
Il décide donc de tout noter de son voyage pour le raconter à Elena à qui il repense sans cesse: "Il réfléchit quelques secondes puis sortit sa carte d'Europe et la déplia, à l'envers, sur les genoux. Son verso était vierge, une vaste page blanche de deux mètres de long. Il la contempla longtemps, comme un trésor. Il y avait là assez de place pour écrire un livre entier".
La route se fait alors plus sinueuse à travers Monténégro, Albanie, Macédoine, Bulgarie, Roumanie, Ukraine, les rencontres plus inquiétantes. Le point de non-retour semble inéluctable. Le vagabondage réserve des surprises.
C’est ce que rappelle Guillaume Jan dans son premier roman. Cette errance, souvent mélancolique, tantôt cocasse, est l’occasion de découvrir les aspects méconnus de notre continent.

Guillaume Jan est né en 1973. En 2009, il a publié Le Baobab de Stanley, ballade douce-amère au cœur de l’Afrique.
Il est reporter dans la presse magazine française. Son métier lui a permis d’être chercheur d’or en Guyane, de partager le quotidien des jeunes Irakiens sous l’empire de Saddam Hussein, de slalomer entre les mines à Kaboul, de séjourner dans le charmant village d’Al-Qaida au Yémen, de suivre les enseignements d’un gourou biterrois dans son ashram en Inde, d’infiltrer une filière de concubines en Chine, de jouer au ballon avec l’équipe de foot de Grozny ou au billard avec des gangsters anglais.
Il vit à Paris.
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Aux frontières de l'Europe de Paolo Rumiz (Hoebeke-2011)


L’esprit, l’âme d’un pays, a fortiori d’un ensemble de pays se choisissant un destin commun ne se donnent jamais mieux à lire que dans les marges, sur les frontières — par ce à quoi ils s’opposent, ou ce dont ils se distinguent.
Fort de cette conviction, Paolo Rumiz a entrepris en 2008 un voyage de 7 000 kilomètres, de l’Océan Arctique à la mer Noire par tous les moyens populaires de déplacement, passant d’un bord à l’autre, depuis Rovaniemi, en Laponie finlandaise jusqu’à Odessa en compagnie de la photographe Monika Bulaj: "Une vraie frontière, avec des barreaux, des barbelés, la police qui fouille tes bagages et contrôle tes papiers avec suspicion : à l’heure où les frontières tombent, où les rideaux de fer se désagrègent et où le “global” atténue le sens de l’ailleurs, j’ai cherché la limite de l’Europe, les confins de l’Union dans la terre des fleuves, des forêts et des lacs où les Juifs sont une grande et douloureuse absence, où nombre de peuples ont été balayés et où affleurent encore les ruines des grands empires. J’ai fait un voyage “vertical” de l’Arctique à la Méditerranée, des pâles terres du Nord aux contrées brûlantes du Minotaure. Un voyage dans l’autre Europe, bâti sur 600 pages de notes, 4 000 photos et des cahiers couverts de dessins. Un voyage en sac à dos et transports en commun – des cars aux fabuleux trains russes. Un voyage avec et parmi les gens, le long d’une route qui s’est tracée d’elle-même, de rencontre en rencontre."
Il traverse des postes de douanes, des grillages, des barrières avec des miradors et des projecteurs, il vit des confiscations de marchandises, des attentes interminables, des arrestations, des rackets, des règlements de compte entre mafieux, des contrôles de visas, mais aussi la générosité des simples gens.
D’Odessa, il prend un improbable ferry pour Constantinople, où il débarque dit-il, non sans mélancolie, avec "comme des barbelés à l’intérieur de moi-même".
Un livre saisissant, lucide et généreux, mêlant le cocasse et le tragique, d’une superbe écriture, hantée par la mélancolie d’une Europe dévastée par trop de guerres. On pense à Magris pour son art de distiller à travers gens et paysages, mais toujours en situation, la mémoire des lieux, à Patrick Leigh Fermor aussi, de ce chef d’œuvre qu’est Le temps des offrandes, qui juste avant la Seconde Guerre mondiale, tandis que montait le nazisme, entreprit un voyage à travers l’Europe qui le conduisit, lui aussi, à Constantinople.

Spécialiste mondialement reconnu de l’Europe des Balkans et du Danube, Paolo Rumiz a suivi la chute du communisme, de la Hongrie à la Roumanie, étudié la montée des populismes en Europe, et couvert tous les conflits nés de l’éclatement de la Yougoslavie pour la Repubblica, où il est grand reporter.
Il collabore également à El Piccolo, quotidien de Trieste. Il a écrit une douzaine de livres, dont beaucoup sont des best-sellers.
Il a reçu en 1993 le Prix Hemingway pour ses textes sur le conflit en Bosnie.
Aux Frontières de l’Europe, qui n’a pas encore été édité en Italie, est son premier livre publié en France, où il raconte son périple à travers l’Europe, jusqu’aux confins de ses territoires.

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La nuit d'ivoire de François Devenne (Actes Sud-2011)

Une histoire au coeur des grandes plaines africaines......

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La fille secrète de Shilpi Somaya Gowda (Mercure de France-2011)

 
Ceux qui ont aimé Une bonne épouse indienne vont adorer La fille secrète, également premier roman d’une jeune romancière très douée et qui a remporté un vif succès aux États-Unis.
Au début, deux couples – qu’a priori tout sépare : d’abord Kavita et Jasu, deux paysans indiens très pauvres pour qui la naissance d’une fille est une catastrophe. Une fille ne peut guère travailler aux champs et coûte cher à marier puisqu’il faut la doter.
À la veille de la mousson, dans un village indien éloigné, Kavita donne naissance à une petite fille.
Kavita, déjà en deuil d'une fille, précédente victime d'un infanticide, dans une société qui préfère les nourrissons de sexe masculin, a fait un long voyage jusqu'à Mumbai pour accoucher de son enfant dans la sécurité afin que son mari et sa famille ne détruisent pas ce deuxième enfant de sexe féminin. Elle laisse sa fille, à contrecœur, dans un orphelinat avec un bracelet en argent fin et un souhait: que Asha soit autorisée à vivre, à grandir, et peut-être à avoir une vie meilleure.
C'est une décision qui va hanter son mari et elle pour le reste de leur vie, même après l'arrivée un peu plus tard de leur fils chéri, un petit garçon Vijay, que son mari adore, mais ce fils se révèlera être une énorme déception.
Ensuite, Somer et Khrisman, de l’autre côté de la terre, en Amérique. Elle est américaine, médecin, il est indien, médecin aussi, a échappé au traditionnel mariage arrangé et s’est marié par amour. Mais ils ne peuvent pas avoir d’enfant, ce qui désespère Somer.
Ils vont donc décider d’adopter une petite fille en Inde – bien sûr, ce sera celle de Kavita, à qui ils vont donner amour, excellente éducation, avenir. Mais il ne s’agit pas d’un conte de fées. Kavita n’a jamais oublié son bébé. Et le fils qu’elle aura ensuite ni changera rien. Somer n’a jamais vraiment accepté l’Inde, la vie là-bas, l’envahissante famille indienne, la chaleur, et elle n’y va presque jamais, au grand regret de son mari.
Quant à Asha, si jolie, si gâtée, tant aimée, elle va vouloir un jour connaître ses origines, ses racines et au désespoir de sa mère adoptive, partir en Inde à la recherche de ses parents biologiques.
La fille secrète explore de façon poignante les problèmes de l’identité, de la perte, de la maternité, de l’amour, tout simplement. La quête d’Asha ne sera pas facile.
À 20 ans, Asha obtient une bourse pour écrire pour un journal en Inde. là, elle rencontre la famille de Krishnan et ils lui montrent les richesses de l'Inde dont ils bénéficient. Dans le cadre de sa mission journalistique, cependant, elle questionne les pauvres gens qui vivent dans des bidonvilles et notamment celui de Dharavi à Mumbaï.
Tandis qu'elle est là, elle décide de rechercher ses parents de naissance et se rend compte qu'elle serait très probablement, sans cette adoption, parmi les déchets, les eaux usées et la pauvreté de Dharavi. Elle aspire à remercier ses parents de naissance qui lui ont donnés une vie meilleure. Elle aura bien des obstacles à franchir avant d’atteindre, sinon le but qu’elle s’était fixé, au moins la vérité dont elle avait besoin.
Un premier roman étonnant qui explore le terrain émotionnel de la maternité, la perte de l'identité et de sa culture, vues à travers la vie de deux familles, une Indienne, une Américaine, et la fille qui les lie de manière indélébile entre elles.
C'est, également, un livre magnifiquement écrit qui donne vie aux images, aux sons et aux odeurs de l'Inde.

Shilpi Somaya Gowda est né et a grandi à Toronto de parents qui ont émigré de Mumbai. Elle est titulaire d'un MBA de l'Université de Stanford, et d'un diplome de l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill. En 1991, elle a passé un été en tant que bénévole dans un orphelinat indien, ce qui lui a donné l'idée de son premier roman, La fille secrète. Elle vit actuellement en Californie avec son mari et ses enfants.

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Cités en abîme d'Antonin Potoski (Gallimard-2011)

Un nouveau "sentiment géographique"

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Rencontre du Lundi 18 Avril 2011



La rencontre du 18 Avril, aura pour thème principal l'Inde.
Nous accueillerons, pour l'occasion Amandine et Éric Chapuis.

Jeunes mariés, Amandine et Éric Chapuis décident de partir pour un voyage de noces d’un an afin de vivre pleinement leur engagement. Ils rêvent de l’Inde, qu’ils vont traverser pas à pas, tels des pèlerins, du sud au nord, trouvant le sens de leur marche dans les rencontres au fil du chemin.
De simples sourires en confidences échangées le temps d’un thé, d’un repas ou d’une nuit, ils pénètrent au cœur de ce pays aux mille facettes.
En huit mois de marche et 4.000 Km parcourus, le couple relie, via les rizières du Tamil Nadu et les jungles du Kerala, les plages idylliques de Goa, le désert du Rajasthan puis les plaines du Penjab, enfin les contreforts sauvages de l’Himalaya. Entre ferveur et sagesse, doute et déraison, ce voyage hors du commun a développé en eux le plus précieux des trésors : une foi profonde en la nature humaine.

Projection numérique et conférence. suivies d'une dédicace du livre "Au cœur de l'Inde" (Éditions Transboréal)

Affiche de la rencontre


Teaser par les cinq continents
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