Seule sur le Transsibérien, Mille et une vies de Moscou à Vladivostok, Géraldine Dunbar (Transboreal-2010)
Par Alain et Christine Londner, dans Lire et découvrir -# 360 - Fil RSS
une train mythique.......

Contrainte de partir à la suite de la grave crise économique qu’a connue la Russie en août 1998, Géraldine Dunbar y est retournée en 2004 pour réaliser son vieux rêve : voyager à bord du Transsibérien, d’ouest en est et retour.
Le 7 mai 2004, la voyageuse se rend à Moscou et commence son aventure en prenant part à une réunion des anciens combattants de la "Grande Guerre patriotique". Peu après, elle entame sa lente migration vers l’Orient en faisant plusieurs escales. Elle emprunte le Transsibérien ou des trains ordinaires, et effectue un tiers du voyage en 3e classe. Elle arpente les villages de Sibérie, navigue sur le fleuve Ienisseï, découvre la "perle de Sibérie", le lac Baïkal, chevauche dans les steppes de l’île d’Olkhon, visite le temple bouddhiste d’Ivolginskii Datsan à Oulan-Oudé, et enfin s’émerveille devant la baie de Vladivostok, qui passe pour la "San Francisco d’Extrême-Orient".
Elle rentre à nouveau en train.
À bord du "train des trains", dans les gares et les villes où elle fait étape, la jeune voyageuse croise des gens d’horizons divers : cheminots, artistes, vendeurs ambulants, étudiants, militaires, chasseurs et pêcheurs, vétérans, anciens déportés ou nouveaux riches.
Ces rencontres lui permettent de mieux comprendre la société russe, où coexistent deux générations : l’une nostalgique de l’époque soviétique et l’autre plus tournée vers l’Occident. Après 10 000 kilomètres à travers la steppe et la taïga, de l’Oural à l’Amour en passant par les rives du lac Baïkal, l’auteur atteint l’océan Pacifique. Quatre mois d’enchantement, à goûter les zakouskis et le charme des conversations, à contempler l’infini des paysages, à visiter les villes de Sibérie et à vivre au rythme des chefs de wagon pour, enfin, faire siens les mots de Tolstoï : "Est seul vivant celui qui aime."
Née à Londres, en 1972, Géraldine Dunbar est de père sud-africain et de mère française. Elle a passé toute sa jeunesse en Grande-Bretagne, où elle grandit dans un univers artistique : son père est technicien de cinéma, sa mère artiste peintre, son beau-père, Painton Cowen, écrivain et musicien, et sa grand-mère, Pamela May, ballerine au Covent Garden Royal Ballet.
Fascinée dès l’âge de 7 ans par l’immensité de l’Union soviétique, Géraldine Dunbar commence des cours de russe à l’âge de 12 ans et, depuis la France où elle réside à partir de 1990, effectue son premier voyage en Russie en 1992, à 19 ans. En 1994, elle découvre l’aventure en faisant le tour de la Crimée en auto-stop.
Cette même année, elle rencontre Alexandre Soljenitsyne à la gare de Iaroslav à Moscou, de retour dans son pays natal après vingt années d’exil. Septuagénaire, l’ancien forçat, prix Nobel, avait tenu à retrouver sa patrie en train, en traversant ses terres deux mois durant, de Vladivostok à la capitale.
Titulaire d’un DEA d’Études slaves, ancienne élève à la Sorbonne et à Oxford, Géraldine Dunbar multiplie les séjours prolongés en Russie dans les années 1990. Elle débute son activité professionnelle à la BBC, puis devient chargée de clientèle chez Publicis et Mc Cann-Erickson. Elle participe notamment à la première campagne pour Coca-Cola en Russie, à la réflexion stratégique, tout en coordonnant les campagnes TV et radio dans plus de trente pays d’Europe. Elle gère ensuite le budget L’Oréal en Russie, dans un marché en pleine expansion. Après quatre ans d’activité publicitaire, elle se tourne vers l’édition et rejoint en 2000, le département publications de la Walt Disney Company.
Après avoir travaillé à la direction commerciale de l’architecte Jean Nouvel, notamment dans le cadre de la promotion de projets en Russie, Géraldine Dunbar s’est mariée et a donné naissance en 2007 à un petit Tolstoy et à une petite Lily May en 2009. Elle travaille en indépendante dans la communication et le développement pour agences et annonceurs et s’est par ailleurs impliquée dans l’association Enfants du monde – Droits de l’homme, que dirigeait son mari Olivier Mouzay.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.