À deux reprises, et durant plus de six mois en 2005 et 2009, Géraldine Bérard et Valérie François ont recueilli le témoignage d’habitantes des confins de la Sibérie.
Sur 8 000 kilomètres, du lac Baïkal à la mer d’Okhotsk, les deux voyageuses partagent bania et vodka dans les hameaux isolés de la taïga, écoutent la vie aventureuse des femmes de géologues ou de chercheurs d’or, partent cueillir baies et champignons avec leurs hôtesses ou découvrent leur face cachée de chanteuse ou de styliste à succès. Elles prennent aussi part à Yssyakh, la grande fête iakoute qui célèbre le solstice d’été. Au cœur d’une nature magnifique ponctuée de villes désolées, les héritières des "petits peuples du Nord" ou des pionniers venus défricher l’immense forêt boréale témoignent des traditions de chasse autochtones, du recul de l’État dans les campagnes, du désespoir des jeunes chômeurs ou de leurs rêves de Sibériennes. Ainsi, Natacha, Galina, Vera et Tatiana opposent à l’isolement et aux coups du sort un humour décapant et préfèrent évoquer, plutôt que l’histoire de la Sibérie, leurs amours, l’avenir de leurs enfants, l’évolution des mentalités et de la société russe.

Née à Kôbe, au Japon, en 1972, Géraldine Bérard grandit en Avignon dans la maison familiale, port d’attache séculaire de générations de voyageurs. Elle passe son enfance et son adolescence à rêver, écoutant ses parents lui raconter les pays où ils ont vécu, fouillant dans les malles déposées par ses ancêtres au gré de leurs allées et venues, feuilletant des livres ou des écrits en langues variées et inconnues.
Son bac en poche, elle n’a aucune idée de ce qu’elle veut faire « quand elle sera grande » mais elle a une certitude : elle doit voir le monde. Après une année sabbatique, elle s’inscrit aux Langues O à Paris. Parmi toutes les langues qui s’offrent à elle, elle choisit le russe : pourquoi pas ?
À l’été 1995, elle passe deux mois à Saint-Pétersbourg, puis un an en 1997-1998, dans le cadre de sa licence de langue. Depuis, dès que l’occasion se présente, pour quelques semaines ou plusieurs mois, entre deux missions d’intérim, elle s’évade, seule ou avec des amis, vers l’Europe, l’Asie, l’Afrique ou l’Amérique du Sud.
De mai à août 2005, elle parcourt avec Valérie François les confins de l’Extrême-Orient russe, de Iakoutsk à Magadan par la route de la Kolyma, pour réaliser des portraits de femmes. Au printemps 2009, les deux reporters sont parties retrouver les figures qui avaient marqué leur projet "Regards de femmes", pour enrichir les portraits qu’elles avaient faits d’elles.
Géraldine Bérard ayant signé à 35 ans son premier CDI et s’étant installée avec son ami à Marseille, on pouvait penser qu’elle avait fini de bouger. Pas encore. Elle voudrait aussi faire le pèlerinage de Compostelle, traverser l’Atlantique en cargo pour perfectionner son tango à Buenos Aires, voir Bénarès, la fête des couleurs et des lumières en Inde, "revoir" Kôbe, mieux connaître la France… Bref, elle n’a pas fini de rêver !

Née à Yvetot en 1969, Valérie François rêve de voyage dès l’adolescence en feuilletant les National Geographic qui remplissent la bibliothèque familiale. Après des études en communication à Paris, elle devient chef de publicité pour la revue Ciel & Espace. Mais, dès qu’elle en a l’occasion, elle s’envole vers d’autres cieux, quoique jamais assez longtemps à son goût.
En 2001, l’appel du voyage devient plus fort que tout et elle décide de réaliser le rêve qui la tenaille : faire un tour du monde. Avec une équipière rencontrée sur un forum d’Aventure du bout du monde, elle s’envole dès l’automne pour un périple de huit mois à travers l’Asie du Sud-Est, la Chine et la Mongolie. Plus qu’un voyage, c’est un véritable tournant dans sa vie. Cette aventure lui forge une personnalité plus décidée, plus sûre de ses choix. Et, au retour, le journalisme s’imposant comme une évidence, elle reprend une formation puis fait un stage au journal La Croix.
De mai à août 2005, elle parcourt avec Géraldine Bérard les confins de l’Extrême-Orient russe.
Valérie François travaille pour le site Internet de La Croix et collabore occasionnellement à d’autres sites du groupe Bayard comme www.phosphore.com ou www.notretemps.com.