:: Accueil site :: :: Accueil info ::

Cavalier des steppes, À travers les montagnes d’Asie centrale de Nicolas Ducret (Transboréal-2010)


Cavalier émérite amateur de voltige cosaque, Nicolas Ducret s’est lancé le défi de traverser l’Asie centrale à cheval. Parti seul des contreforts de l’Altaï avec un étalon et un hongre de bât, il chemine sur plus de 3 000 kilomètres, franchissant les monts Célestes et les chaînes du Pamir et de l’Hindu Kush. De l’aridité des steppes kazakhes aux riantes montagnes kirghizes, des plateaux tadjiks balayés par le vent aux vallées afghanes baignées de soleil, il s’aventure sur des terres mythiques marquées par les conquêtes successives, et découvre des peuples à la fois généreux, aguerris et libres
En mai 2007, le printemps s’annonce tardivement. Les grandes transhumances ont repris, entraînant familles et troupeaux dans les alpages. Nicolas Ducret, pas encore trentenaire, s’installe chez un Russe dans un petit village à quelques heures d’Oust-Kamenogorsk, au pied des montagnes de l’Altaï, dans le nord du Kazakhstan. En quelques semaines, il rassemble deux chevaux : Tsigane et Musicien des steppes, puis part sur les pistes en direction de Kaboul avec l’ambition de se lancer dans une longue dérive dans laquelle il côtoiera des hommes, traversera des steppes et des montagnes, et peut-être découvrira-t-il alors le cœur de l’empire des steppes.
Il parcourt d’abord les vastes steppes du Kazakhstan, couvertes de folle avoine aux reflets argent qui ondoie et scintille à l’infini. Ensuite la caravane s’enfonce dans les Tian Shan. À plusieurs reprises, elle est arrêtée et contrainte de prendre des voies parallèles. Au son des joueurs de dumbra et du chant des conteurs, sous les cascades de thé et les litres de vodka, le cavalier des steppes partage la vie de ces peuples et écoute leurs histoires mouvementées.
À la fin de l’été, il arrive sur les hauts plateaux du Pamir tadjik qu’il parcourt dans la solitude la plus complète. Ses chevaux intriguent : certains villageois en voient pour la première fois.
Après trois jours de négociation avec les douaniers, il entre en Afghanistan. Le pays n’est pas sûr. Depuis l’été, il a de nouveau plongé dans le chaos, et les enlèvements d’étrangers se multiplient. Les seigneurs de guerre lui délivrent un laissez-passer et un berger accepte de le guider jusqu’à Kaboul. La caravane s’agrandit et reprend la route à travers les vallées isolées de l’Hindu Kush. Les chevaux peinent sur les sentiers de muletiers. La nourriture est rare. Dans les villages où ils se réfugient la nuit, ils rencontrent des hommes, comme sortis d’une autre époque. Au seuil de l’hiver, après six mois de marche, la caravane descend la vallée du Panjshir et entre dans Kaboul. Dans quelques jours, se tient le premier bouzkachi de la saison. Le cavalier venu du Kazakhstan y participe. Et le hurlement des tchopendoz résonne de nouveau dans la plaine de Chamali, là où Ouroz, le tchopendoz des Cavaliers de Joseph Kessel, disputa le « jeu du Roi ».

Né à Nantes en 1980, Nicolas Ducret, diplômé de l’École supérieure de commerce de Dijon, a été auditeur au sein du cabinet de commissariat aux comptes Deloitte. Il prend goût au voyage après une traversée motorisée de l’Europe de l’Est avec ses parents en 1996, puis un tour du monde de 18 000 km à vélo en 2002-2003, voyage durant lequel il parcourt vingt-six pays, sur les cinq continents.
À l’automne 2005, en tant que bénévole, il assiste Jacqueline Ripart lors du festival At-Chabysh, qui vise à réhabiliter le cheval kirghize et les traditions équestres au Kirghizistan.
En Russie, où il étudie, il monte des akhal-téké et, en Inde, visite les élevages de marwari des maharajas du Rajasthan. Dans chacun de ces pays, sa passion du cheval et des cultures équestres le conduit à rassembler une large documentation et à rencontrer les éleveurs, les cavaliers et leurs montures. En 2007, Nicolas Ducret se lance le défi de traverser l’Asie centrale à cheval, du nord-est au sud-ouest. À cette occasion, il réalise un film et commence à écrire le récit de son expédition.
En juin 2008, il traverse l’Atlantique à la voile et, en mars 2009, part au Darfour comme administrateur de Médecins du monde. L’année 2010 le verra repartir au Kazakhstan dont il étudie la constitution étatique et la situation géopolitique.
lu 2410 fois

Les 3 erreurs de ma vie de Chetan Bhagat (Le Cherche-Midi-2010)

Le nouveau roman cinématographique de Chetan Bhagat....

Lire la suite

lu 2084 fois

Le dernier roi d'Angkor de Jean-Luc Coatalem (Grasset-2010)


Qui est ce garçon asiatique surnommé Bouk et qui, le dimanche à la maison Boissier, apparaît comme par enchantement dans cette paisible famille française ? Un prince déchu, un parent caché ou, tout simplement, un orphelin arraché au Cambodge en guerre ?
Une amitié se noue alors entre lui et le narrateur, dans un sentiment tissé de fascination, de trouble et de crainte. D’autant que Bouk sait entretenir son mystère et qu’un silence prudent l’entoure. La famille ne compte-t-elle pas aussi quelques anciens coloniaux rentrés d’Indochine? Enfin, le garçon disparaît brusquement et, selon la légende, s’en retourne à Angkor pour se cacher.
Des années plus tard, au terme d’une crise personnelle, le narrateur part à sa recherche, en France et au Cambodge. Que reste-t-il de ces années heureuses qui passèrent comme un songe et dont la grande maison Boissier, à Viroflay, fût le théatre? Que pèse la trace d’un enfant devant les ruines majestueuses des empires khmers? Quel était surtout son secret à jamais perdu ?
Avec ce roman ému, écrit à vif, Jean-Luc Coatalem, dont on sait la passion pour l’Asie, signe son ouvrage le plus intime. Un voyage au loin qui se double d’un voyage au fond de soi.
Sur le motif de l’Asie mystérieuse, du Cambodge des Khmères et d’Angkor, Jean-Luc Coatalem a écrit son meilleur roman, le plus personnel, le plus sincère aussi, comme un adieu au frère qu’il n’a pas eu.

D'origine bretonne, Jean-Luc Coatalem est né à Paris en 1959.
Les obligations de son père, officier dans le Génie, l'initient très tôt aux voyages vers les contrées lointaines. Malgré les onze déménagements et les quatorze changements d'écoles imposés par les mutations paternelles, son enfance en Polynésie et son adolescence à Madagascar lui ont donné le goût de l'ailleurs.
Le retour en métropole est difficile. Que ce soit à Montpellier, Metz ou encore Angers, il se sent "décalé". En 1980, il s'installe à Paris et s'inscrit en fac de Lettres. Mais la sédentarité ne lui correspond pas. Après un passage chez Bordas, puis chez Hachette, il est embauché, pour un an et demi, chez Air France et renoue avec les voyages.
Au fil de ses périples, il écrit pour Le Figaro Magazine, Vogue puis Grands reportages. En 1999, il rejoint le magazine Géo dans lequel il communique sa passion des voyages. En 1992, il avait été l'un des signataires, sous l'égide de Michel le Bris, du Manifeste pour une littérature voyageuse.
Par métier et par plaisir, il a parcouru près de soixante-dix pays, de Terre-Neuve au Pôle Sud, de la Chine au Paraguay, tour à tour à pied, à cheval, en bateau, en canoë, en ballon et même en ULM.
Il est l'auteur chez Grasset, de Villa Zaouche (1994, Prix Cino del Duca), Tout est factice (1995), Mission au Paraguay (1996), Le Fils du Fakir (1998), de Je suis dans les mers du Sud (Prix des Deux-Magots, 2001), de La Consolation des voyages et, récemment, de Il faut se quitter déjà.
lu 1822 fois

Le Papillon de Siam de Maxence Fermine (Albin Michel-2010)

Une belle biographie romancée...

Lire la suite

lu 3349 fois

La Nuit aux étoiles de Shobhaa Dé (Actes Sud-2010)

 
Bollywood est une image emblématique de l'Inde, sans doute la plus universellement connue mais derrière cette image il y a bien des zones d'ombres.
Venue du Sud de l’Inde jusqu’à Bombay pour y devenir actrice, la ravissante Aasha Rani voit à présent son étoile briller au firmament du ciel de Bollywood. Star de cinéma adulée, son parcours a pourtant commencé sous d’assez sordides auspices : célèbre producteur de films à Madras, son père a quitté sa famille pour une lolita, abandonnant ses deux filles aux mains de leur mère, femme ambitieuse et intrigante. Celle-ci n’a pas tardé à pousser Aasha, alors âgée de quinze ans à peine, dans le lit de divers producteurs, distributeurs et acteurs influents, avec l’espoir de lui faire obtenir le rôle susceptible de lancer sa carrière.
Comment la jeune fille pourrait-elle, en effet, faire exception à la règle qui veut qu’en Inde – où les vedettes du septième art sont vénérées à l’image de véritables dieux – innombrables sont les jeunes gens qui rêvent d’entrer au panthéon de Bollywood ? Hélas pour elle, après avoir glorieusement franchi le seuil d’un faux royaume aussi convoité qu’il est cruel à ses sujets, Aasha commet la tragique erreur de tomber amoureuse.
À travers l’émouvant destin d’une jeune femme, La Nuit aux étoiles révèle la brutale réalité qui se cache bien souvent derrière le luxe tapageur du cinéma indien, peuplé d’individus peu recommandables – jusqu’à la propre soeur de l’héroïne, qui, jalouse du succès de son aînée, s’emploie à devenir sa pire ennemie.
Invitation à pénétrer dans les coulisses d’un monde régi par l’ambition et la corruption, ce roman, qu’illumine le personnage d’une jeune femme en lutte pour tenter, dans l’adversité, de rester elle-même et de conserver sa part d’innocence et de liberté, se mue, au rythme d’un récit captivant, en une dénonciation subversive des mythologies destructrices qui gouvernent le monde contemporain.
Ce que confirme Shobhaa Dé: "Pendant douze ans, j'ai été la rédactrice en chef du premier magazine indien consacré au cinéma : "Stardust". Ce poste d'observation privilégié m'a permis de pénétrer dans l'univers névrotique de Bollywood. J'aurais pu raconter d'autres histoires. J'ai choisi celle d'Aasha Rani, tour à tour vulnérable et manipulatrice, parce qu'elle m'a semblé particulièrement intéressante à raconter. C'est avant tout une histoire de sexe et de survie à Bollywood".
Shobhaa Dé, romancière engagée et traduite dans le monde entier, figure médiatique incontournable en Inde, signe ici un grand roman populaire sur les coulisses de Bollywood.

Shobhaa Dé est auteur de 14 ouvrages dont 7 romans qui ont tous été des best-sellers. Ancien mannequin, elle a fondé et dirigé trois magazines dont l’un consacré au cinéma.
Quatre de ses ouvrages (Starry Nights ; Socialite Evenings ; Sultry Days et Second Thoughts) sont au programme de l’Université de Londres. Une grande partie de son œuvre s’étudie en littérature comparée dans les universités de l’Inde et à l’étranger. À son œuvre, ont été consacrés deux essais, une centaine de mémoires universitaires ainsi que d’innombrables articles parus en revues. Lauréate de plusieurs prix pour ses écrits dans la presse, Shobhaa Dé fait autorité en matière de culture populaire. Elle est aussi une commentatrice très écoutée sur les questions sociales et féministes. Ses livres ont été traduits et publiés dans de nombreuses langues, en Inde (hindi, punjabi, marathi etc.) et en dehors de l’Inde (Etats -Unis, Royaume Uni, Allemagne, Espagne, Italie, Hongrie, Turquie etc..). Elle est aujourd’hui l’un des chroniqueurs, les plus lus en Inde.
Chacun de ses quatorze livres, consacrés au couple, à la sexualité, à l'émancipation des femmes, a fait scandale et s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires. À 57 ans, la belle Shobhaa Dé est une star.
Son premier roman, publié en 1991, évoquait une femme qui veut divorcer non pas parce que son mari la bat, mais juste parce qu'elle s'ennuie. Tollé général ! Le dernier, réquisitoire contre les hommes égoïstes, immatures, soumis à leur mère et incapables de satisfaire leur épouse, a carrément généré des bagarres lors de séances de signature: "Notre société a un pied dans le Moyen Age, un autre dans le XXIe siècle. Mais elle a davantage évolué en dix ans que durant plusieurs siècles", affirme-t-elle.
Presse écrite, télévision, Shobhaa est présente là où il faut être. Chroniqueuse régulière du Times of India, elle est connue pour ne jamais mâcher ses mots. Qu’elle s’exprime sur les femmes, le sexe ou la politique, pour Shobhaa, un chat est un chat.
Que ses romans et sa prose choquent, déplaisent, que les critiques aiguisent leurs arguments, de parution en parution, le succès est toujours au rendez-vous.
Parce que le talent de Shobhaa, c’est avant tout de savoir s’adresser, de savoir toucher, un très large public de lecteurs. En particulier de lectrices.
Les sources d’inspiration : le présent, l’actualité. Shobhaa est une grande lectrice des faits-divers dans les journaux mais aussi une grande observatrice quand elle se promène dans la rue. Ce qui est important, c’est, à travers le roman, de faire progresser les mentalités. Et elle est persuadée d’y parvenir.
Icône de la culture populaire en Inde, Shobhaa Dé y est appréciée non seulement en tant qu’écrivain mais aussi en tant que femme ayant su anticiper les profonds changements de la société actuelle, allant même jusqu’à participer activement à ces derniers. Elle fait désormais autorité en matière de questions de société dont celles qui ont trait à la condition des femmes.
À l'heure actuelle, elle est écrivain et chroniqueur indépendant pour plusieurs journaux et magazines, fait partie des éditorialistes les plus lus en Inde et constitue une figure incontournable de la scène médiatique.
Elle vit avec son second mari, Dilip De et leurs six enfants, dans Cuffe Parade, Mumbai.





lu 2074 fois

Nous ne sommes pas des fleurs, Deux siècles de combats féministes en Inde de Martine Van Woerkens (Albin Michel-2010)

Du féminisme indien...

Lire la suite

lu 3142 fois

Tibet, Tibétains de Claude B. Levenson (Glénat-2010)


Un portrait en texte et en image du peuple tibétain, de sa culture et du pays par une des plus grandes spécialistes du Tibet, biographe du dalaï-lama. Tout, ou presque, a déjà été dit sur le Tibet, terre d'altitude nimbée de légende et sur les Tibétains, peuple en sursis depuis plus de 60 ans, et pourtant beaucoup reste à ajouter à leur propos. Un peuple, un regard - l'un comme l'autre - change au fil du temps, et se retourner sur le passé pour scruter l'avenir ébauche un chemin sur lequel nous emmène Claude B. Levenson.
Le regard se pose tout d'abord sur ce paysage à nul autre pareil, surnommé "le toit du monde", qui pose une empreinte et façonne à sa manière ceux qui l'habitent et le parcourent. Leçon magistrale et silencieuse d'humilité devant l'immensité : terre, homme et spiritualité sont ici intimement mêlés. Le voyage emprunte de nombreux détours : à l'intérieur, dans un pays fidèle aux traditions et à son chef spirituel mais de plus en plus lourdement occupé, défiguré ; à l'extérieur, en divers recoins d'une communauté éclatée ; et avec comme fanal, sur la voie du milieu, une silhouette devenue à beaucoup familière, celle d'un moine naguère dieu-roi maître de tous les pouvoirs dans un monde à part, redevenu pèlerin sur la terre par la force d'une volonté autoritaire qui a suffi à effacer les sentiers ancestraux de la recherche de la connaissance et de la sagesse.
Claude B. Levenson nous offre un beau jeu de miroirs ou de mémoires par-delà l'Himalaya où le dernier mot revient toujours à la lumière.

Orientaliste et slavisante de formation, Claude B. Levenson a été, par ses activités d’interprète, de traductrice, puis de journaliste à la découverte et à la rencontre des autres au gré d’escales professionnelles multiples dans le monde.
Une attirance particulière l’a menée en Inde et son Himalaya, en attendant que le Tibet s’ouvre enfin à sa curiosité en 1984. Traductrice et biographe du dalaï-lama (Le Seigneur du Lotus blanc, 1987), elle a maintenant choisi l’arme de la parole et de l’écrit pour soutenir la lutte du peuple tibétain et la défense de sa culture.
Elle en est à ce titre et au fil de ses ouvrages : Ainsi parle le dalaï-lama (1991); Les Symboles du bouddhisme tibétain (Assouline-1996) ; Kailash, joyau des neiges (Olizane-1996), Le Dalaï-lama, naissance d’un destin (1998), La Messagère du Tibet (Picquier-2001) ; Tibet, otage de la Chine (Picquier-2004) ; L’An prochain à Lhassa (Picquier-2006) ; Tibet : la question qui dérange (Albin Michel-2008), un témoin privilégié.
lu 1831 fois