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Rencontre du Mercredi 10 Février 2010



La rencontre du 10 Février, aura pour thème principal la ville de Calcutta.
Nous accueillerons, pour l'occasion Sylvain Savolainen.

Toucher le fond de Calcutta, ce serait approcher la complexité du monde. Depuis trois siècles, Calcutta est une matérialisation de l'histoire de l'Europe et de l'Asie : colonies, avènement du capitalisme, la seconde guerre mondiale, décolonisation, communisme, mouvements de populations, balbutiements de l'humanitaire, religion, arts, science, tout est passé par là, tout a imprimé une trace dans la ville et l’âme de ses habitants.
C’est ce que veut saisir l’objectif de Sylvain Savolainen, Swiss Press Photo du meilleur reportage de l’année en 2007
Évitant les lieux communs de l’exotisme ou du misérabilisme, multipliant les angles de vue, les situations et les thèmes, Sylvain Savolainen se laisse happer par le bouillonnement du lieu et nous propose une traversée de cette ville dont on sort grisé et déboussolé.

Projection numérique et conférence. suivies d'une dédicace du livre (éditions Infolio)

Affiche de la rencontre
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Sourires de Bombay de Jaume Sanllorente (Laffont-2009)

 
Rien ne prédestinait Jaume Sanllorente à pareille métamorphose. Né à Barcelone en 1976, de parents espagnols, étudiant en communication puis journaliste spécialisé dans l'économie et le commerce extérieur, il n avait jamais envisagé de faire carrière dans l'humanitaire. Pas même de s'engager auprès des laissés-pour-compte de sa propre ville.
Pour lui, l'Inde est d abord apparue comme une destination de vacances. Après le traditionnel pèlerinage des touristes occidentaux, le Rajasthan, New Delhi, Bénarès, puis Katmandou, au Népal, il ressent le besoin, inexplicable, de partir à la découverte de Bombay et de ses slums. Le choc qui l'attend sera profond.
Le hasard l'amène à croiser trois enfants sur son chemin : Pooja, Kavita et Priyanka. Vivant dans l'insalubrité la plus révoltante, victimes de la pauvreté et de l'injustice, tous sont promis à la mendicité ou à la prostitution, voire à une mort prématurée: "Je me sentais insulté, offensé, trompé par un monde qui m'avait fait croire que tout se réduisait à des promenades à moto et à de souriantes jeunes filles espagnoles. Si tout se déroulait dans un même théâtre, pourquoi le rideau était-il resté baissé pour moi ? Quelle devait être mon attitude ? Partager les sourires innocents et ignorants de ces enfants, ou les pleurs désespérés de leurs parents ?"
Avant de rentrer en Espagne, il décide de visiter un orphelinat en faillite dans une banlieue lépreuse de la ville. Le sourire des orphelins sera pour lui une révélation : l'ONG Sonrisas de Bombay était née. Jaume Sanllorente allait consacrer sa vie aux enfants de Bombay, et leur offrir un foyer, une éducation et des perspectives d'avenir.
Ce livre raconte son histoire de la façon la plus simple, sans emphase, dans la quotidienneté des décisions, des rires et des larmes. Une lecture dont on sort bouleversé.

Né à Barcelone en 1976, Jaume Sanllorente vit en Inde depuis 2004, année au cours de laquelle il a créé son ONG Sonrisas de Bombay.
Au-delà de l'orphelinat initial, son organisation s'occupe aujourd'hui de tout un complexe éducatif et de projets pour les victimes de la lèpre. Plus de deux mille enfants sont concernés. À un niveau international, il continue de dénoncer la situation que connaissent chaque jour des milliers d enfants dans les rues de la capitale du Maharashtra.

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Le cahier bleu de James A. Levine (Buchet-Chastel-2010)

Au coeur du quartier des enfants prostitués de Bombay...

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Sur une terre étrangère de Jhumpa Lahiri (laffont-2009)

 
La question de la double culture préoccupe Jhumpa Lahiri, la romancière à deux visages, l'éternelle frontalière, ballottée entre la nostalgie de ses origines indiennes et les réalités de sa patrie d'adoption.
Née à Londres en 1967 de parents bengalis, aujourd'hui installée à New-York, elle a grandi à Rhodes Island, dans une Amérique où elle a dû assumer sa différence avant d'entrer en fanfare sur la scène littéraire: en 2000, elle a reçu le Prix Pulitzer pour un recueil de nouvelles éblouissantes, L'interprète des maladies (Folio-2003). Elle peignait en clair-obscur les tourments des indiens de la diaspora, dont les rêves meurtris se consument comme des bâtons d'encens.
Suivra un premier roman, Un nom pour un autre (10x18-2010), plébiscité tant par le public que par la critique et adapté au cinéma en 2006 par la réalisatrice Mira Nair.
Avec Sur une terre étrangère, auréolé du Prix Frank-O’Connor, récompense internationale la plus prestigieuse dans le domaine de la nouvelle, Jhumpa Lahiri choisit cette fois de s’attacher aux pas des enfants des premiers expatriés indiens en terre américaine, dont elle retraçait le parcours dans L’Interprète des maladies.
Avec un art du récit et une finesse psychologique incomparables, la nouvelliste décrit les affres de cette seconde génération de migrants, en quête d’un monde perdu, confrontée en permanence au décalage entre deux civilisations et au regard de l’autre posé sur soi. Exil et solitude, déracinement et assimilation, mystères de l’identité se trouvent à nouveau au coeur des préoccupations des héros de son troisième livre.
Sur une terre étrangère se compose de 8 nouvelles, divisée en deux sections.
La première section contient cinq courtes histoires distinctes:
Dans la première nouvelle qui donne son titre au livre, une fille d'origine indienne, Ruma, se félicite de la visite surprise de son père, avec une certaine appréhension, dans sa nouvelle maison de Seattle. Ruma est mariée à un américain du nom d'Adam, et ils ont un jeune fils nommé Akash. À tous égards, la jeune famille est un modèle de mariage mixte et, dans le cas de Ruma, d'assimilation culturelle complète. Néanmoins, la visite de son père impose à Ruma de trouver la force pour affronter les inévitables fissures qui apparaissent entre les première et deuxième générations de familles immigrées.
Les quatre autres histoires dans la première section ont des thèmes similaires.
La seconde partie du livre contient trois histoires entrelacées faisant intervenir deux personnages, une femme et un homme, Hema et Kaushik, à différents stades de leur vie.
La première histoire est racontée du point de vue d'Hema, la deuxième, trois années plus tard, du pont de vue de Kaushik, et la troisième, une vingtaine d'années plus tard, des deux points de vue.
Là encore l'histoire, très belle et très maîtrisée, est sans doute la plus réussie du recueil. Le dialogue indirect, entre ces deux personnages, tourne autour des interrogations et problèmes de cette seconde génération indienne née ou non aux États-Unis avec tout ce que cela impose de compromis, de renoncement, d'adaptation à une nouvelle culture tout en préservant celle, bengali, des parents ou grands-parents.
Jhumpa Lahiri mêle son expérience à la description pointilleuse- et férocement ironique- de ce pays où elle est parvenue à s'imposer, malgré les vents contraires. Américaine? Indienne? Peu importe: elle est désormais une grande dame de la littérature et une nouvelliste de premier plan.

Née à Londres et descendante d'une famille originaire du Bengale, Jhumpa Lahiri avait 3 ans quand ses parents se sont installés aux Etats-Unis.
Bien qu'ayant grandi aux États-Unis, elle a toujours fait de longs séjours en Inde, en essayant de ne pas perdre de vue, tant dans la littérature que dans la vie, l'identité de sa famille d'origine.
Diplômée en littérature anglaise à la Colombia University de New York, elle a complété ses études avec deux masters d'écriture créative. En 1999, trois de ses nouvelles sont publiées sur la revue "The New Yorker", suscitant aussitôt un grand enthousiasme pour son écriture simple et douce et l'été suivant, elle entre dans la liste des vingt meilleurs jeunes écrivains d'Amérique. Les thèmes de ses livres tournent toujours autour du problème de l'identité et de l'appartenance à une communauté géographique bien précise : "plus je grandis et plus je me rends compte que j'ai assimilé de mes parents la sensation d'être perpétuellement en exil".
En 1999, elle débute avec un recueil de nouvelles : "L'interprète des maladies", avec lequel elle remporte de nombreux prix internationaux : le Pen/Hemingway (1999) et le prestigieux Prix Pulitzer (2000).

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Mémoire de Chine de Xinran (Picquier-2010)



Mémoire de Chine est la confession d'une génération dont l'histoire n'a jamais été racontée. Grands-parents et arrière-grands-parents décrivent avec leurs propres mots - pour la première et peut-être la dernière fois - les transformations qui ont définitivement changé la Chine au cours du siècle passé.
Ce livre est à la fois un voyage à travers le temps et l'espace, et un mémorial dressé à ceux qui ont vécu guerres, insurrections, persécution, invasions, révolutions, famines, modernisation, occidentalisation, et qui ont survécu pour entrer dans le XXIe siècle.
Xinran a parcouru toute la Chine, des métropoles aux provinces les plus reculées. Elle a rencontré une génération chez qui l'idée de culpabilité collective est très profondément ancrée, et pour qui la liberté d'expression est un étrange et dangereux concept. Ils ont parlé de leurs vies, leurs espoirs, leurs peurs et leurs luttes, de ce qu'ils ont vu et ressenti à propos de tous les événements auxquels ils ont assisté.
En donnant voix à une génération oubliée, ce livre révèle l'histoire secrète de la Chine et de son peuple. Comme le dit Xinran, il a pour but "d'aider notre futur à comprendre notre passé".

Xinran est née en 1958 dans une famille fortunée qui sera persécutée pendant la Révolution Culturelle. Elle et son frère sont enlevés, par les Gardes rouges, à leurs parents jugés "réactionnaires" et envoyés dans un orphelinat militaire réservé aux enfants de "chiens à la solde de l’impérialisme", leur maison est brûlée et leurs parents sont emprisonnés pendant sept ans.
À partir de 1983, la Chine a besoin de personnes, pour développer la télévision et la radio, capables de diriger des émissions de débat éducatives tout en s’assurant que les sujets "interdits" sont évités.
On confie à Xinran la production de ces émissions. Mais elle devient, rapidement en 1989, l’animatrice d’une émission de radio, "Mots sur la brise nocturne", diffusée quotidiennement entre 22h00 et minuit où pour la première fois des femmes sont incitées, en direct, à parler de leurs problèmes personnel, familiaux et même sexuels.
Le succès est considérable jusqu'en 1995 malgré l'heure tardive de l'émission ; Xinran voyage alors en Chine et au Tibet, poursuit ses enquêtes mais décide de partir à Londres en 1997.
Après quelques mois de petits boulots, elle obtient d'enseigner à l'Université de Londres et de faire venir son fils âgé de dix ans. Elle rédige alors "Chinoises" (Philippe Picquier-2003) un document stupéfiant sur la condition des femmes en Chine, encouragée par un agent littéraire connu, Toby Eary, qui représentait notamment l'écrivain à succès Amy Tan. Le couple se mariera en 2002.
Le succès de "Chinoises" est mérité : une grande variété de témoignages qui abordent les différents aspects de la vie des femmes y compris la sexualité, le récit d'existences saccagées au nom de l'idéologie ou des traditions, un ton de sympathie sans trop de sentimentalisme, une naïveté qu'on lui a reproché mais qui montre aussi que comme les intellectuels qui suivent la génération "rééduquée" à la campagne, elle connaissait mal la vie de la Chine rurale.
En 2004, elle publie "Funérailles Célestes" (Philippe Picquier), un livre né aussi d'une rencontre avec une Chinoise, qui passa trente ans dans des régions désolées du Tibet à la recherche de son mari médecin militaire, disparu lors des opérations chinoises au Tibet en 1958. Un livre bien différent sur un choc de cultures, dans des conditions de vie extrêmes.
On a critiqué Xinran pour certaines approximations et pour une approche un peu suffisante (postface de Claude B. Levenson). Mais ce regard est celui d'une majorité de Chinois vis-à-vis du Tibet ou des "minorités nationales" en Chine. Au moins Xinran fait-elle preuve d'admiration pour son héroïne et son parcours exceptionnel.
Pendant deux ans (2003-2005), Xinran écrit des chroniques régulières pour le grand quotidien britannique The Guardian ; Elle les publie dans un livre, qui n'est malheureusement pas traduit, "Ce que les Chinois ne mangent pas". C'est un bon document qui détaille les efforts de l'auteur pour dissiper les malentendus, souligner les préjugés européens ou chinois et tenter de combler l'ignorance satisfaite des Européens vis à vis de la Chine et de sa culture.
Elle tient, également, le rôle de conseiller aux relations avec la Chine pour de grandes corporations comme la BBC.
Depuis la publication de son premier livre, un best-seller international, Xinran est connue dans le monde entier.
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Ça n'existe pas l'Amérique de Dominique Falkner (Arléa-2010)

Un road movie contemporain....

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Un voyage au Japon d'Antoine Piazza (Éditions du Rouergue-2010)



Cinquième livre d'Antoine Piazza, Un voyage au Japon s'affranchît une nouvelle fois de toute notion de genre.
Récit de voyage, bien sûr, mais bien plus que cela. C'est par la singularité de son écriture, une nouvelle fois, que Piazza fait entendre sa différence.
En février 2007, Antoine Piazza s'embarque pour le Japon, avec deux sacoches pour bagages à main et, en soute, son vélo. Objectif: sillonner l'île de Shikoku, la plus petite des quatre grandes îles de l'archipel, mais aussi la plus sauvage.
En choisissant le Japon, le vélo et l'hiver, il tient là assez de difficultés pour faire de ce voyage une expérience unique. Soi-disant, on ne décrirait bien que ce que l'on connaît. Antoine Piazza ne connaît pas le Japon, mais se découvre d'emblée une intimité avec le ciel, les villages, la pluie, les montagnes de cette île rurale du Pacifique, aux côtes sauvages.
Ce voyage au Japon est donc un récit de voyage, et dans le même temps, non. Le genre, le registre, ne conditionnent pas sa démarche d'auteur. Ce qu'il cherche avant tout, c'est à rendre tangible sa perception d'un monde, comme il a pu le faire dans ses précédents livres, avec la minutie de l'observateur attentif, parfois impitoyable.
Ce voyage est d'abord celui de toutes les contraintes (contraintes de langue, de climat, d'étrangeté, de solitude). Le Japon est loin, les hivers y sont froids, les habitants n'y parlent (presque) pas anglais et communiquer est quasi impossible. Et pourtant, "il se passe quelque chose". Dans le même temps, cette virée qu'il n'avait pas préparée autrement qu'en prenant son billet d'avion, en empaquetant son vélo, fait remonter de la mémoire d'autres virées tout aussi extrêmes, en Irlande, Finlande, Écosse ou même dans les Pyrénées.
Maintenant qu'il se trouve à l'autre bout du monde, elles prennent une valeur nouvelle et, comme n'importe quel événement du passé, se révèlent par l'écriture. Ces expéditions à vélo, qui relèvent de l'errance plus que du sport, de l'aventure intérieure et non du circuit touristique, tirent aussi leur singularité de l'ampleur, toujours aussi remarquablement classique, de la langue d'Antoine Piazza.

Né en 1957, Antoine Piazza vit à Sète où il est enseignant. Tous ces romans sont publiés aux éditions du Rouergue. Remarqué en 1999 pour son premier livre, "Roman fleuve" et surtout en 2006 pour "Les Ronces", Antoine Piazza exerce l'écriture en marge de son métier d'instituteur à Sète. Ancien étudiant en lettres et en histoire, il débute sa carrière d'enseignant dans les années 1980 en Afrique auprès d'expatriés, une expérience racontée dans "La Route de Tassiga" en 2008.
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L'Inde de A à Z d'Olivier Da Lage et Nina Da Lage (André Versailles-2010)

Un Abécédaire de l'Inde

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Le regard de l'Inde de V.S. Naipaul (Grasset-2010)

 
Comme souvent chez Naipaul, tout commence dans un théâtre d’ombres pour, peu à peu, s’éclaircir sous la lumière brûlante de la vérité.
"Je connais mon père et ma mère, mais je ne peux aller au-delà. Mon ascendance est brouillée" dit le descendant de cette obscurité, le fils d’immigrants indiens recrutés à partir des années 1860 dans l’Uttar Pradesh pour aboutir dans cette petite île poussiéreuse et dénuée d’histoires qu’est Trinidad.
Nul dans sa famille n’y a de mémoire ni collective ni individuelle mais chacun porte en lui une trace de l’Inde mythique, même s’il ne la connaît pas : "Pour ces gens, l’Inde, le passé, avaient été balayés, comme le présent –Trinidad était en passe de l’être."
Aussi ce bref récit peut-il prendre sa place parmi les livres indiens de Naipaul, les essais objectifs ou les romans inquiets, du reportage grouillant qu’était L’Inde (India : a million mutines now, 1990) jusqu’à son discours du Nobel sur la connaissance par l’écriture.
Dépassant le cadre familial, abandonnant les silhouettes fragiles d’une famille déracinée, le voici décrivant les premières années de Ghandi, "petit homme émacié, la tête rasée, de grandes oreilles", un réfractaire aux clans, un pacifiste guerrier, un visionnaire qui veut réformer l’Inde "immobile, décrépite, cruelle.". Mais l’Inde était-elle réformable ?
Peut-on s’arracher à sa condition ? Peut-on gagner une place dans le monde ? Comment aller de la périphérie vers le centre ? Et au prix de quel sacrifice ?
"Le monde est ce qu’il est" disait Naipaul, et il n’a de cesse de poser les mêmes questions, sans jamais accepter la sécurité des réponses.

Vidiadhar Surajprasad Naipaul est né en 1932 à Chaguanas, près de Port of Spain à Trinidad, dans une famille de descendants d'immigrants originaires du nord de l'Inde. Son grand-père était coupeur de canne, son père journaliste et écrivain.
À l'âge de 18 ans, Naipaul se rend en Angleterre où il obtient une licence ès lettres en 1953, après des études au University College d'Oxford. Depuis, il réside en Angleterre (à Wiltshire près de Stonehenge, depuis les années 70) mais il consacre aussi beaucoup de temps à des voyages en Asie, en Afrique et en Amérique. À l'exception de quelques années au milieu des années 50 où il est journaliste free-lance pour la BBC, il s'adonne entièrement à son métier d'écrivain.
Les romans et nouvelles constituent la majeure partie de sa production mais il publie aussi des récits documentaires. Naipaul est un écrivain vraiment cosmopolite, ce qu'il explique par son manque de racines : la pauvreté culturelle et spirituelle de Trinidad l'afflige, l'Inde lui est devenue étrangère et il lui est impossible d'adhérer aux valeurs traditionnelles de l'ancienne puissance coloniale anglaise.
L'action de ses premiers romans se déroule dans un cadre antillais. Quelques années après la parution de son premier roman Le Masseur mystique en 1957 (Grassset-2010)), Naipaul publie une œuvre considérée par de nombreux critiques comme l'une de ses meilleures : le roman biographique Une maison pour Monsieur Biswas en 1961 (Gallimard-1985) où le protagoniste emprunte les traits du père de l'écrivain.
Après l'énorme succès d'Une maison pour Monsieur Biswas, Naipaul étend les perspectives géographiques et sociales de son activité littéraire. Il traite avec un pessimisme grandissant les effets pervers du colonialisme et du nouveau nationalisme dans le Tiers-Monde, dans, par exemple, Guérilleros en 1975 (Albin Michel-2000) et À la courbe du fleuve en 1979 (Albin Michel-2000). Les critiques ont comparé ce dernier roman planté dans un cadre africain à Au cœur de la nuit de Joseph Conrad.
Dans ses récits de voyage et ses documentaires, Naipaul relate ses impressions d'Inde, pays natal de ses parents, dans, par exemple, L'Inde : un million de révoltes en 1990 (non disponible actuellement). et donne également une analyse critique de l'intégrisme musulman dans les pays non arabes tels que l'Indonésie, l'Iran, la Malaisie et le Pakistan dans Crépuscule sur l'Islam en 1981 (non disponible), et dans Jusqu'au bout de la foi en 1998 (non disponible).
Les romans L'énigme de l'arrivée en 1987 (Bourgois-1991) et Un chemin dans le monde en 1994 (non disponible) sont largement autobiographiques. Dans L'énigme de l'arrivée, l'écrivain raconte comment un domaine du sud de l'Angleterre et son propriétaire, après une carrière coloniale et souffrant d'une dégénérescence, déclinent lentement vers l'anéantissement final. Récit mêlant fiction, mémoires et narration historique, Un chemin dans le monde comprend neuf nouvelles indépendantes mais partageant une thématique où les traditions antillaises et indiennes se fondent avec la culture que découvre l'auteur quand il s'installe en Angleterre à l'âge de 18 ans.
V.S. Naipaul reçut plusieurs prix littéraires, dont le Prix Booker en 1971 et le T.S. Eliot Award for Creative Writing en 1986. Docteur honoris causa au St Andrew's College, à Columbia University, aux universités de Cambridge, de Londres et d'Oxford, il fut anobli par la reine Elisabeth en 1990 et fut lauréat du Prix Nobel de littérature en 2001.



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Rencontre du Mardi 19 Janvier 2010

À l’initiative de Daniel Bedos, Directeur du Printemps des Comédiens, la M.J.C-Centre André Malraux accueille les premiers "cafés de la diversité".
Il s’agit de rassembler autour d’un auteur étranger ou d’un thème, des comédiens, des musiciens et des danseurs et ouvrir avec le public un dialogue autour d’un oeuvre.
La librairie "les cinq continents" s'associe à cette opération en proposant, à chaque rencontre, une sélection d'ouvrages autour de l'auteur (ou du thème) choisi.

Mardi 19 Janvier 2010 à 19h00

TANGO LITTÉRAIRE

Durée : 1h15 (lecture- spectacle)
Entrée: 6€
(Billeterie ouverte à la M.J.C à partir du 04 Janvier 2010 au 04.67.02.99.40)

Avec :

Diego Petersen : Professeur de littérature argentine et de civilisation hispano-américaine
Jacky Flouest : Bandonéoniste
Betty Jorge et Roberto Romanelli : Danseurs de tango

Cette soirée illustrera le dialogue qui s’établit, au fil du temps, entre le tango chanté et la littérature argentine. Retrouver la voix de l’autre à travers l’emprunt, la citation, les références aux textes de tango a été la volonté de nombreux auteurs argentins pendant la période 1960-1980. Utilisant des vers et des extraits des chansons les plus emblématiques de Carlos Gardel, Enrique Santos Discépolo, Homero Manzi, les romanciers comme Julio Cortázar, Manuel Puig ou Daniel Moyano, ainsi que les poètes, comme Juan Gelman, ont réussi à réconcilier le savant et le populaire, le local et l’universel, afin de rendre «commune» une parole que les événements politiques, sociaux et économiques tendaient à séparer.

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