
En 1985, le géographe et alpiniste,
Éric Julien entreprend une expédition dans les montagnes de Colombie. C'est là qu'il découvre les Indiens Kogis : victime d'un oedème pulmonaire, le jeune homme est sauvé par cette peuplade qui le soigne avec des plantes et des connaissances d'un autre temps.
De retour à Paris, il découvre que ces Indiens sont les derniers héritiers des grandes cultures précolombiennes.
Revenu dix ans plus tard sur les lieux de son expédition avec l'idée d'aider les Kogis à retrouver leurs terres ancestrales et à s'inventer un avenir qui leur soit propre, il doit faire face à de multiples difficultés (narcotrafiquants, guérillas, etc.) pour rejoindre, confinée dans de secrètes montagnes, une société qui a su préserver une grande beauté dans ses rapports avec la nature.
Peu à peu, la confiance s'installe.
Éric Julien se lance alors, avec Gentil Cruz, son " frère " colombien, dans un pari fou : rendre leurs terres aux Kogis et les accompagner dans le réveil de leur culture.
En 1997, Eric Julien crée l'association
Tchendukua " Ici et Ailleurs " qui, depuis la France, rachète et restitue aux Indiens Kogis leurs terres. En échange, il reçoit un cadeau d'une grande subtilité : la philosophie des Kogis, qui révèle une connaissance intime des écosystèmes.
Trois ans après la parution de son premier livre,
Le Chemin des Neuf mondes (Albin Michel-2001), il est retourné sur les territoires kogis et la chance lui a de nouveau souri : des cités de pierre revoient le jour ; des terres reprennent vie ; des rituels sacrés sont réinstaurés ; des objets précolombiens, récupérés auprès des pilleurs de tombes, sont rachetés et restitués aux autorités spirituelles de la communauté, les Mamus.
Là-bas, une mémoire reprend vie, un peuple retrouve espoir, une guérison s'accomplit. Et, pas à pas, un chemin se rouvre qui interroge notre monde et révèle une philosophie à même d'éclairer les impasses de notre temps.
En 2004 paraît chez le même éditeur:
"Kogis, le réveil d'une société précolombienne"
Aujourd’hui, près de 1 500 ha de terres ont été rachetés et restitués aux membres de la communauté Kogi. Sur ces terres, plus de 300 personnes se sont réinstallées, faisant revivre leur culture.
Ce nouveau livre n’a pas strictement pour objet les Indiens Kogis, en particulier leurs pensées ou leur mode de vie, mais plus la frontière qui sépare deux mondes : celui d’une tradition millénaire, basée sur une relation intime au vivant ; celui de notre modernité toujours plus rapide, efficace et englobante.
C’est l’occasion de découvrir qu’il existe des sociétés sans pauvres, où la solidarité est une réalité quotidienne et partagée, dont la finalité est de maintenir l’équilibre : équilibre de soi avec soi, de soi avec les autres et de soi avec le monde. Des sociétés qui luttent “pied à pied”, pour ne pas perdre leur mémoire. Celle-ci, disent-ils, est comme les yeux faits pour voir : si elle se perd, tout devient obscur.