Finaliste du Booker Prize 2007 et de l’IMPAC Dublin Literary Prize 2009, ce roman a pour cadre la ville de Khaufpur (littéralement : la ville de l’horreur), transposition de Bhopal.
Pour ses habitants, il y a clairement un Avant et un Après cette Nuit-là, quand du site de la Kampani (comprendre : le géant chimique américain Union Carbide) s’échappa un énorme nuage de gaz toxique qui fit 20 000 morts et continue, vingt-cinq ans après, à ruiner la santé des survivants.
Car le sol et les rivières de Khaufpur sont devenus toxiques, le lait des jeunes mères est empoisonné, et celles-ci donnent naissance à des enfants difformes et handicapés. Bref, la ville se meurt, mais l’inflexible Kampani s’est toujours refusée à assumer ses responsabilités, autrement dit à indemniser convenablement les victimes de la catastrophe et à assurer la décontamination du site.
Le narrateur de ce roman est un garçon de 19 ans qui s’est rebaptisé lui-même « Animal ». Privé de la station debout, il se déplace à quatre pattes depuis que sa colonne vertébrale s’est déformée sous l’effet des émanations chimiques.
Doté d’une langue bien pendue et d’une intelligence redoutable, "Animal", désormais orphelin, vivote de petites arnaques. C’est par ses yeux, et à travers sa sensibilité extrême, que la lutte de toute une ville pour la reconnaissance de ses droits et de sa dignité est racontée.
Avec "Animal", l’auteur a créé une voix unique, dont la truculence et l’ironie emportent le lecteur dès les premières pages d’un roman bouleversant.
Le 25ème anniversaire de la tragédie de Bhopal sera commémoré le 3 décembre 2009.

Né en Inde, Indra Sinha a fait ses études à Cambridge et vit aujourd’hui en France. Cette nuit-là est son troisième roman. Il y a dix ans, il a lui-même conçu une campagne d’information sur le drame de Bhopal afin de récolter des fonds au profit de ses habitants. Une clinique est née de cette initiative, elle est toujours en activité, et Indra Sinha n’a cessé de veiller à son bon fonctionnement.