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Les Tibétains, Photographies de Marc Riboud et texte d’André Velter (Imprimerie Nationale-2009)



Qu’y a-t-il de si singulier, d’unique, d’irremplaçable dans ce qui perdure en dépit de tout aux environs de Shigatsé, du Mont Kailash ou des rives du Koukonor ?
Sans porter sur le Pays des Neiges un regard de dévot, on perçoit cependant, comme Marc Riboud au premier coup d’oeil, que cette gigantesque contrée ne s’apparente à aucune autre. Soumise depuis plus de cinquante ans à une colonisation féroce, elle résiste aux tentatives d’assimilation, aux entreprises d’extermination comme à la récente et insidieuse politique de submersion ethnique.
Quelques millions de Tibétains défient, sans arme et sans véritable soutien international, la nation la plus peuplée et désormais la plus industrieuse de la planète. Leur défi tient d’ailleurs à peu de choses et reste incompréhensible à ceux qui les régentent : ils continuent d’exister, ils s’acharnent à être les héritiers d’une autre histoire, d’une autre tradition, d’un autre art de penser, de vivre et de mourir.
À l’évidence, ils sont toujours et encore Tibétains et n’entendent pas devenir Chinois.
Cette identité irréductible obéit d’abord à la nature du sol et à la topographie des lieux. Ceux qui ont pris pied dans une telle immensité, qu’ils y aient été conduits par transhumances successives ou par exodes obligés, ont dû s’accorder à ces terres extrêmes et s’inventer des coutumes, des croyances, des rites capables de conjurer les peurs, de maîtriser les parages, d’harmoniser les jours et les heures.
Quand Marc Riboud parcourt le pays de Guésar, de Padmasambhava, de Milarépa, de Tenzing Gyatso, le quatorzième Dalaï Lama, c’est cette fidélité inentamée qui transparaît dans les images qu’il réalise. L’époque n’est plus à la répression aveugle et pas encore au déferlement par millions de civils chinois. La suite de ses photos compose, délicatement et hors de tout pathos, le portrait sensible d’un peuple.
Portrait pris et offert en ce moment indécis, en ce suspens d’après la grande terreur, d’avant la grande invasion. Portrait aux cent portraits, avec rues, sentiers, paysages, bivouacs, horizons, mais toujours proche, d’humanité respectée, de vie recueillie, dévoilée, célébrée.

Marc Riboud est né en 1923 à Lyon.
En 1953, sur l’invitation d’Henri Cartier-Bresson et de Robert Capa, il rentre à Magnum. Ce dernier l'envoie à Londres “pour voir les filles et apprendre l'anglais”. Il n'apprend pas l'anglais mais photographie intensément.
En 1955, via le Moyen-Orient et l'Afghanistan, il se rend par la route en Inde, où il reste un an et d'où il gagne la Chine pour un premier séjour en 1957. Entre 1968 et 1969, il effectue des reportages au Sud ainsi qu’au Nord Vietnam, où il est l’un des rares photographes à pouvoir entrer. Depuis les années 80, il est régulièrement retourné en Orient et en Extrême-Orient et a exposé à Paris, Londres, New York, Beijing, Hong-Kong, Bilbao.
Marc Riboud a publié de nombreux livres, dont les plus connus sont Les trois bannières de la Chine (Robert Laffont), Journal (Denoël), Huang Shan, Les Montagnes célestes (Arthaud), Angkor, Sérénité bouddhique (Imprimerie Nationale), Quarante ans de photographie en Chine (Nathan), Demain Shanghai (Delpire).
La rétrospective publiée en 2004 chez Flammarion et, exposée à la Maison Européenne de la Photographie de Paris, accueillit 100 000 visiteurs. De nombreux musées à travers l’Europe mais aussi aux Etats-Unis et au Japon ont exposé son travail.
Il a reçu plusieurs récompenses.

André Velter, né le 1er février 1945, partage son activité entre les voyages au long cours (Afghanistan, Inde, Népal, Tibet) et la mise en résonance des poésies du monde entier.
Sur France Culture, il a créé Poésie sur Parole (1987-2008). Il a également animé Agora (de 1995 à 1998), Poésie Studio (de 1997 à 1999) et les Poétiques, enregistrées chaque mois en public au Théâtre du Rond-Point, avec Claude Guerre (de 1995 à 1999).
Les chroniques littéraires d'André Velter dans Le Monde s'attachent surtout à l'Orient.
Il dirige, chez Gallimard, la collection Poésie/Gallimard.
Toute son œuvre poétique est vouée au souffle, à la révolte, à l'amour sauvage, à la jubilation physique et mentale. Résolument attaché à la "voix haute", il tente d'inventer une oralité nouvelle, créant régulièrement avec comédiens et musiciens de vastes polyphonies..
Il a reçu le "Goncourt / Poésie" en 1996. Il est l'auteur d'essais (avec Marie-José Lamothe) : Le Livre de l'outil, Les Outils du corps, Les Bazars de Kaboul, Ladakh-Himalaya. Et de nombreux ouvrages de poésie, avec entres autre : Passage en force, Ouvrir le chant (Le Castor Astral), l'Enfer et les fleurs (Fata Morgana), Du Gange à Zanzibar, Le septième sommet, L'amour extrême, Une autre altitude (ces trois derniers titres étant dédiés à Chantal Mauduit), La vie en dansant, Au Cabaret de l'éphémère, Midi à toutes les portes et Tant de soleils dans le sang (Alphabet de l'espace).



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Le trône du paon de Sujit Saraf (Grasset-2009)

 
Dans le domaine de la littérature, il est une source qui ne tarit pas, c'est l'inspiration des écrivains indiens: l'inventivité indienne jaillit de toutes parts dans les traductions qui nous arrivent en foule.
Comme si le pays de Tagore était aussi celui d'une littérature "émergente" de plus en plus exportée, de plus en plus visible et cela depuis quelques années déjà, puisque notre librairie comme notre site vous présentent régulièrement tous ces écrivains.
Dans cette moisson romanesque abondante (avec notamment Abha Dawesar, Tarun Tejpal, Indrajit Hazra, Indra Sinha, tous parus cet automne), l'un des nouveaux venus se nomme Sujit Saraf avec une saga, une étourdissante comédie humaine où les prodigieux dons de conteur de cet écrivain se révèlent à chaque page.

Nous sommes en 1984, à Delhi. Le matin se lève sur le bazar joyeux et bigarré du plus grand marché de la ville, Chandni Chowk, gigantesque complexe de petites boutiques où il se vend de tout.
Gopal Pandey, marchand de chai, s’éveille en sursaut et s’apprête à ouvrir son échoppe quand il se rend compte que la foule du marché est en émoi … Que se passe-t-il ? Bientôt la rumeur lui parvient : le Premier ministre, Indira Gandhi, vient d’être assassiné.
C’est très vite la confusion : tous s’agitent, courent en tous sens ; il y a ceux qui sont fous de joie en apprenant la mort de la "putain", et ceux qui pleurent leur guide.
Les esprits s’enflamment, les communautés s’affrontent dans un embrasement populaire qui dégénère : les Hindous crient vengeance contre les Sikhs. Dans le chaos, Gopal recueille quelques hommes qui tentent d’échapper à l’émeute – y compris un certain Gyan Singh, dont personne ne sait qu’il est accusé d’être l’assassin d’Indira…
Le roman se déroule en cinq parties, de 1984 à 1998. Des pogroms contre les Sikhs, pourchassés et mis à mort dans Delhi pour venger la mort du Premier ministre au triomphe du BJP, le parti nationaliste hindou qui a fait du refus des Musulmans son cheval de bataille, tout se passe dans le Vieux Delhi, où cohabitent de façon tumultueuse Hindous, Musulmans, Sikhs, Jains et Chrétiens.
Au fil du roman, on suit l'irrésistible ascension de ce vendeur de thé. Et son trouble lorsque, catapulté sur "le trône du paon", au milieu de requins calculateurs et véreux, il découvre un monde en "ismes" - fondamentalisme, communautarisme, libéralisme, analphabétisme- qui achève de l'édifier et de l'effarer.
Les personnages, innombrables (le marque page, qui accompagne le livre, les répertorie afin de s'y retrouver), sont tout de suite en mouvement, le lecteur est happé.
On y croise, de façon à peine voilée, Sonia Gandhi, la "Mamma India" du Parti du Congrès, les nationalistes du BJP, ou Mayawati, "la reine des dalits ", cette intouchable devenue la politicienne la plus riche de l'Inde, des commerçants véreux, des prostituées futées, des intellos opportunistes ou des gavroches au cœur dur.
Le récit est tout entier écrit au présent, comme pour marquer l’éternité de l’Inde. C'est aussi une grinçante initiation à la vie politique dans la première démocratie du monde.
Il y a dans ces pages une dimension rabelaisienne, voire sordide, crapuleuse, qui voisine avec des scènes de merveilleux religieux. On rit beaucoup, autant qu’on se pince le nez ; mais «Mother India» fait tout passer puisque le livre est écrit en son honneur. C’est elle qui transcende les égarements et les peurs de ses fils, quel que soit le Dieu qu’ils vénèrent.

Sujit Saraf est né dans le Bihar, en Inde, en 1969. Il suit des études à Darjeeling puis à Delhi, où il obtient un diplôme d’ingénieur à l’Institut Indien de Technologie. Il écrit ensuite sa thèse à la prestigieuse université de Berkeley, en Californie. Chercheur scientifique à la NASA pendant quelques années, puis enseignant à l’IIT de Delhi, il est actuellement installé à Palo Alto, en Californie où il mène des travaux de recherche sur les missions spatiales et le contrôle des satellites.
Parallèlement à ses activités scientifiques, Sujit Saraf est directeur artistique d’une compagnie de théâtre et de cinéma, Naatak, près de San Francisco.
Le trône du paon est son premier roman.
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Trois tasses de thé, la mission de paix d'un Américain au Pakistan et en Afghanistan de Greg Mortenson et David Oliver Relin (Glénat-2009)



En 1993, dans les montagnes du Pakistan, l’alpiniste américain Greg Mortenson se perd en descendant du K2, le deuxième plus haut sommet du monde. Il est secouru par les habitants d’un village isolé. Ému par leur accueil et leur dénuement, il promet de revenir pour construire une école.
Trois tasses de thé est l’histoire de cette promesse, de sa réalisation et de la façon dont elle a bouleversé la vie de Mortenson, jusqu’à devenir une mission de paix engageant l’image de l’Amérique tout entière.
Car aujourd’hui, ce sont plus de quatre-vingts écoles que Mortenson et son ONG Central Asia Institute ont bâties entre Pakistan et Afghanistan, avec l’objectif d’offrir, notamment aux filles, une éducation laïque et équilibrée dans ces vallées où les talibans multiplient les écoles coraniques.
Il faut imaginer ce que représente un tel projet dans ces territoires difficiles d’accès, où la route est régulièrement coupée par des éboulements, où les communications ne passent pas, où tout se négocie, du prix du ciment au salaire du maître d’école…
Là-bas, les engagements, ponctués de inch’Allah, se prennent autour d’une tasse de thé : à la première, vous êtes un inconnu, à la deuxième, un ami, à la troisième, vous faites partie de la famille.
Dans un contexte politique et religieux tendu, rendu ultrasensible suite au 11 septembre 2001, l’Américain Mortenson incarne souvent l’ennemi aux yeux des autorités religieuses et d’une population formatée par les préjugés des mollahs. Sur place, il ne peut que constater les dégâts causés par la politique de son pays : les bombardements qui font fuir les populations, créent des camps de réfugiés dans lesquels on recrutera les futurs extrémistes. Sa propre bataille se mène au côté des habitants, avec leur aide, leur amitié, leur soutien, il lutte pour l’éducation et, à terme, pour la paix.
Contre les amalgames, l’étroitesse d’esprit, la peur, la haine, la terreur, il fait fleurir des écoles sur le terreau dans lequel naît habituellement l’extrémisme.

Greg Mortenson, infirmier de formation, est alpiniste par passion, jusqu’à son échec au K2 en 1993. Améliorer les conditions de vie dans ces montagnes du Pakistan et d’Afghanistan, promouvoir la paix à travers l’éducation, et tout spécialement celle des filles, devient la mission de sa vie.
Il dirige aujourd’hui le Central Asia Institute et entre 150 dates de conférence à travers les USA où il remplit des salles de plus de 10.000 personnes, et les quatre mois qu’il passe sur le terrain en Asie Centrale, il lui reste peu de temps à partager avec son épouse et ses deux enfants, dans le Montana.

David Oliver Relin est journaliste et grand voyageur. Ses écrits ont été salués par plus de quarante prix aux USA. Quand il rencontre Greg Mortenson, il est séduit par le personnage et ses engagements, et décide de l’aider à écrire son histoire.
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Cette nuit-là d'Indra Sinha (Albin Michel-2009)

Le roman du drame écologique indien

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Calcutta de Sylvain Savolainen (photographie) et Jean-Claude Carrière (Infolio-2009)

 

Toucher le fond de Calcutta, ce serait approcher la complexité du monde. Depuis trois siècles, Calcutta est une matérialisation de l'histoire de l'Europe et de l'Asie : colonies, avènement du capitalisme, guerres mondiales, décolonisation, communisme, mouvements de populations, balbutiements de l'humanitaire, religion, arts, science, tout est passé par là, tout a imprimé une trace dans la ville et l’âme de ses habitants.
C’est ce que veut saisir l’objectif de Sylvain Savolainen. Évitant les lieux communs de l’exotisme ou du misérabilisme, multipliant les angles de vue, les situations et les thèmes, il se laisse happer par le bouillonnement du lieu. De cette traversée, le lecteur sort grisé, déboussolé, comme ployant sous le poids de la ville.
Mais il ne saurait être question de l’abandonner devant une masse d’images s’enchaînant en vrac, en le laissant y chercher un fil hypothétique.
Un guide l’accompagne tout au long du parcours.
Ce guide, c’est Jean-Claude Carrière. Son commentaire prend la forme de légendes approfondies, de brefs articles ou chapitres qui prolongent les images et leur ajoutent le contrepoint de réflexions, de repères historiques et culturels, d’anecdotes personnelles. On aboutit à un livre surprenant, multiple, appelant une lecture non-linéaire. Comme dans un puzzle, chaque bribe restitue une partie de la présence, de la respiration même de Calcutta.

Né le 5 février 1972 en Suisse, Sylvain Savolainen a commencé son activité de photographe et de reporter après une coopération humanitaire à Calcutta. Représenté aujourd’hui par les agences Cosmos, à Paris, et Grazia Neri, à Milan, son travail est régulièrement publié par les grands journaux et magazines de la presse internationale. En 2007, un reportage qu’il réalise en Sierra Leone remporte le Swiss Press Photo du meilleur reportage de l'année à l'étranger.
Parallèlement, il effectue des documentaires et des reportages pour la Radio Suisse Romande, France Inter et France Culture.

Né en 1931 dans une famille de viticulteurs languedociens, Jean-Claude Carrière publie à 26 ans son premier roman, Lézard. À la même époque, il rencontre Pierre Etaix et Jacques Tati avec qui il co-signe des courts et des longs métrages.
Son talent s’exprime à travers tous les genres littéraires, du roman à l’essai en passant par l’écriture de scénarios – pour Luis Bunuel, Louis Malle, Jean-Luc Godard, Milos Forman, Jean-Paul Rappeneau ou Volker Schlondorff.
Parallèlement, il poursuit une carrière de dramaturge et adaptateur, aux côtés entre autres de Jean-Louis Barrault et Peter Brook.
Celui que Bunuel appelait le petit paysan qui s’émerveille de tout est aussi un grand voyageur qui a parcouru l’Inde pendant vingt ans. Il a rapporté de ce long voyage un Dictionnaire amoureux de l’Inde et un livre d’entretiens avec le dalaï-lama, La force du bouddhisme.
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Le roi du cinéma d'Indrajit Hazra (Le Cherche Midi-2009)

Une plongée dans les début du cinema indien....

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Rencontre du Mardi 03 Novembre 2009

À l’initiative de Daniel Bedos, Directeur du Printemps des Comédiens, la M.J.C-Centre André Malraux accueille les premiers "cafés de la diversité".
Il s’agit de rassembler autour d’un auteur étranger ou d’un thème, des comédiens, des musiciens et des danseurs et ouvrir avec le public un dialogue autour d’un oeuvre.
La librairie "les cinq continents" s'associe à cette opération en proposant, à chaque rencontre, une sélection d'ouvrages autour de l'auteur (ou du thème) choisi.

Mardi 03 Novembre 2009 à 19h00

AMADOU HAMPATE BA ET LA CULTURE PEULE

 

Durée : 1h15 (lecture- spectacle)
Entrée: 6€

Avec :

Ursula Baumgardt : Chercheur au CNRS et spécialiste des cultures peules
Yves Ferry : comédien lecteur
Constant Ouedraogo : musicien burkinabé joueur de kora
Aïssatou Abdou : danseuse
Projection documentaire : « little Sénégal » de Rachid Bouchareb

Amadou Hampaté Bâ est né en 1901 à Bandiagara, au Mali. Il est originaire d'une famille aristocratique peule. Écrivain, historien, philosophe, ethnologue, poète et conteur, Amadou Hampâté Bâ est une haute figure de la culture et de la sagesse africaines. Issu d'une famille peule influente, il reçut dans sa jeunesse, outre sa formation scolaire, une éducation religieuse et morale traditionnelle. Parallèlement à cette carrière, l'auteur de la désormais célèbre phrase : «En Afrique, un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle» a joué un rôle fondamental dans la sauvegarde et la promotion des trésors de la tradition orale peule en menant une série de recherches à caractère religieux, ethnologique et littéraire.
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Notre Mer de Blaise Hofmann (éditions de l'Aire-2009)

le nouveau récit du Prix Nicolas Bouvier 2008

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À l'assaut du Khili-Khili | William. E. Bowman (Rivages-2009)



les Britanniques ont une capacité incroyable à se moquer de leurs propres faiblesses, et c'est ce qu' À l'assaut du Khili-Khili montre.
On connaît I'Everest et l'Annapurna, mais qui sait que le plus haut sommet du monde est en fait le Khili-Khili ? Découvert pendant la Seconde Guerre mondiale par des aviateurs alliés qui estimèrent son altitude à plus de 13 000 mètres, il fut l'objet d'une première mission de reconnaissance britannique en 1947, emmenée par le valeureux Totter. Son rapport d'expédition décrivait le Khili-Khili comme un sommet extrêmement difficile, voire périlleux, mais dont l'ascension n'était pas totalement impossible.
C'est donc une équipe de sept hommes, sept montagnards aguerris, qui se lance alors dans l'aventure.
Outre le chef de l'expédition, qui nous narrera cette épopée, on y trouve un guide (perpétuellement perdu), un médecin (perpétuellement malade), un interprète (perpétuellement incompris des autochtones) et un cuisinier (à la cuisine si désastreuse que l'équipe tente de le laisser derrière lui sur la montagne), tous grands amateurs de spiritueux, ainsi que trois mille porteurs yogistanais fortement portés sur la renégociation de leurs prestations et d'une énergie hors normes!
Aucun membre du groupe semble être effectivement apte à jouer son rôle dans l'expédition, et le leader de celle-ci semble particulièrement peu au courant de ce qui se passe autour de lui sauf quand il s'intéresse à la vie personnelle de ses équipiers.
Aussi une grande partie de l'humour vient du contraste entre l'optimisme stoïque du chef d'expédition et les désastres qu'il décrit.
À l'assaut du Khili-Khili, on l'aura compris, passe à la moulinette de l'absurde tous les poncifs héroïques du récit d'expédition en montagne, avec une efficacité rarement égalée dans l'art de la parodie.
Encore un de ces chef-d'oeuvres méconnus de l'humour anglais comme si Sir Edmund Hillary avait rencontré les Monty Python.

Écrit dans les années 50 par un ingénieur des chemins de fer sans prétention qui a mené une vie tranquille et modeste, cet éclair de génie aurait facilement pu rester inconnu s'il n'avait été découvert et défendu par Bill Bryson, merveilleux écrivain et autre grand spécialiste de l'humour britannique.
Ingénieur de profession et alpiniste amateur, William Ernest Bowman (1911-1985) est l'auteur de deux romans parodiques, À l'assaut du Khili-Khili et L'Expédition du poisson parlant, à paraître dans la même collection.
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