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Retour en Inde de Patrick Boman (Arléa-2009)

 
Grand voyageur, Patrick Boman compte à son actif bien des allers et retours de par le monde.
Avec Retour en Inde, il nous livre les notes prises au cours d’un voyage dans le sous-continent entrepris en 2007, après une longue absence dans le pays, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il a subi des transformations majeures et inédites – mondialisation oblige.
Ce journal détaillé, de Calcutta à Bombay via Chandernagor, Bénarès et Goa, tord le cou à de nombreux clichés, sur la misère inexorable ou au contraire le trop rapide enrichissement, les délocalisations, l’informatisation, les castes, les rapports entre les différents groupes religieux, etc.
L'originalité du texte réside dans les intermèdes, dans le cours du récit, consacrés à une description minutieuse des hôtels où réside notre voyageur. Et le moins que l'on puisse dire est que, malgré une croissance à deux chiffres, l'Inde manque cruellement de haltes salvatrices pour le voyageur en quête d'un prix, d'une hygiène et d'un confort pour le moins raisonnables!
Où l’on verra que "la plus grande démocratie du monde" n’a pas fini de nous étonner ni de bousculer les lieux communs…
Sans faire appel le moins du monde à l’exotisme, avec érudition et un humour toujours aussi "British", Patrick Boman sait déchiffrer pour nous les mystères de l’Inde.

Patrick Boman est né en 1948 à Stockholm, de mère française et de père suédois.
Après avoir été longtemps agriculteur de montagne (tendance baba cool), puis manutentionnaire, caissier de nuit, correcteur d’édition, il est aujourd’hui journaliste technique dans un grand hebdomadaire parisien.
Tout cela entrecoupé de voyages dans plus de 80 pays dont plusieurs fois en Inde.
Ayant écrit des récits de voyage (Le Palais des saveurs accumulées, Trébizonde en hiver, Thé de bœuf, radis de cheval-Éditions Serpent à plumes), des textes humoristiques (Le Voyage cent façons-Éditions Polygraphe 2006), de nombreuses nouvelles et ayant collaboré à un ouvrage sur la langue française et à un autre sur la typographie, Patrick Boman ne pouvait se priver du plaisir de sévir dans le roman policier, avec les aventures de l’inspecteur Peabody, sexagénaire obèse, grand fumeur et libidineux, dans l’Inde de 1900 (l'ensemble chez Philippe Picquier).
Tout dernièrement il faisait paraître un dictionnaire de la pluie (Seuil). Son retour en Inde était donc inévitable…
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Histoire de mes assassins de Tarun J.Tejpal (Buchet-Chastel-2009)

 
Delhi, de nos jours. Un journaliste très en vue, qui pourrait très bien être Tarun J.Tejpal lui-même (voir sa biographie à la fin de l'article), dont la carrière est systématiquement laminée par un gouvernement indien offensé à la suite d'une relation de corruption banale dans les colonnes de son magazine, apprend par un flash d'information qu'il vient d'échapper de justesse à une tentative d'assassinat.
Dans l’ignorance des commanditaires et voyant a priori dans cet attentat une nouvelle manœuvre du gouvernement pour le faire taire, le journaliste/narrateur doit affronter ses meurtriers au tribunal. C'est ainsi que, protégé par une escouade de policiers et une équipe de juristes, l'homme se retrouve face à ses cinq tueurs.
Tout oppose les existences de ces criminels venus des entrailles de l'Inde rurale prêts à frapper pour quelques roupies, à celle de l'homme qu'ils doivent éliminer.
Des avenues de Delhi aux petites bourgades du nord du pays, on découvre les trajectoires violentes de Chaku (le tueur au couteau), Kabir M (l’héritier musulman de la Partition sanglante de 1947), Kaliya (élevé par des dresseurs de serpents), Chini (abandonné enfant dans un train) et Hathoda Tyagi (la brute qui réduit au marteau la cervelle de ses victimes). Chacun a grandi dans une cruauté impitoyable, au milieu d'un environnement innommable, et reflète l'existence désespérée des masses indiennes.
En conférant une imposante stature affective et sociale à ces cinq anonymes perdus dans l’immensité de la population indienne, Tarun J.Tejpal fait de ces assassins les martyrs des grandes failles de l’Inde moderne : les castes, la religion, la langue anglaise, la corruption et la misère…car sont-ils vraiment des assassins potentiels?
Manifestement, aucun d'entre eux ne pourrait avoir orchestré la tentative. Qui, alors, est derrière le complot? Est-ce qu'il y a un complot pour commencer?
Jusqu'à la dernière scène, nous ne saurons pas qui est le véritable commanditaire. La vérité sera révélée à la fin.

Histoire de mes Assassins est, par sa construction, un roman à plusieurs niveaux, à la fois incisif et souvent drôle.
Tarun J.Tejpal va et vient entre l'histoire de chaque personne suspectée et la propre histoire du protagoniste.
Chaque histoire parle d'un personnage, né quelque part dans l'intérieur du pays, dans l'Haryana, au Pendjab, en Uttar Pradesh, au Bihar et raconte comment les chemins, qu'ils ont pris volontairement ou non, les ont amenés là où ils sont. Chacun des personnages a une histoire choquante concernant son enfance: ils ont été influencés par les circonstances ou conduits à devenir des tueurs endurcis, entretenus par des criminels professionnels pour certains ou utilisés comme des pions au bon moment pour d'autres.
Tarun J.Tejpal enquête sur les codes inexorables du pouvoir et des richesses qui propulsent les sociétés ce qui fait de ce roman un superbe traité sur l'Inde contemporaine, un conte dévastateur et un saisissant récit sur l'utilisation et l'abus de pouvoir dans l'Inde moderne.
Tarun J.Tejpal excelle, en bon narrateur, à faire voir les lieux et les personnages et décrire le tout avec beaucoup d'intensité afin de faire ressentir à son lecteur tout ce que ses personnages vivent dans leur chair et leur âme. Et en ce sens le récit de la vie d'Hathoda Tyagi est, sans aucun doute, le plus réussi.
Il transforme ainsi cette histoire en un pamphlet sur le sexe, la corruption et la pauvreté où il n'épargne personne parmi l'élite mais aussi parmi les gens qui servent cette élite qu'elle soit politique ou économique.
Les policiers, les escrocs, les anciens du village, les journalistes, les investisseurs de capital-risque, les hommes d'affaires, les avocats, les enfants des rues, les prostituées - personne n'échappe à la plume de cet écrivain qui utilise ses personnages parfois comme un caricaturiste, d'autres fois comme un poète.
Pourtant, l'accent est mis sur les pauvres des badlands qui semblent avoir été mis sur cette terre pour être utilisé, puis jeté.
Laissons à Altaf Tyrewala, romancier indien, auteur du superbe roman "Aucun dieu en vue" paru chez Actes Sud, résumer très bien ce livre: "Un classique instantané ... beaucoup, beaucoup mieux que tout ce que j'ai jamais lu par un auteur indien."

Journaliste, critique littéraire, essayiste et éditeur depuis plus de vingt-deux ans, Tarun J.Tejpal est très admiré en Inde.
Né en 1963, il a suivi enfant son père, officier dans l’armée, un peu partout en Inde au gré de ses affectations. Après des études d’économie à l’université de Chandigarh, il a travaillé en tant que journaliste pour les hebdomadaires India Today, puis Outlook à la fondation duquel il participa. Il fonda également avec Sanjeev Saith la maison d’édition IndiaInk qui la première publia Arundathi Roy.
Tarun J.Tejpal a souligné le défi que représente les publications qu'il anime: intéresser la minorité aisée en Inde aux conditions de vie de la majorité de la population, qui se débat encore dans la misère, sans profiter de la croissance économique ni participer véritablement au jeu démocratique.
En 2000, Tarun J.Tejpal décide de lancer un site d’investigation sur Internet, Tehelka.com: "Je trouvais que le journalisme avait perdu de son agressivité, explique-t-il. Or, le rôle de cette profession dans une démocratie, c’est bien de dénoncer les abus de pouvoir et de biens sociaux".
En 2001, un article sur le trafic d’armes et les pots-de-vin publié sur le site Internet contraint le chef du Bharatyia Janata Party et le ministre de la Défense à démissionner. À la suite de "l’opération West Point", Tarun J.Tejpal doit se battre pendant trois ans contre les attaques répétées d’un gouvernement furieux que Tehelka ait révélé le scandale.
Même au pire moment de la crise, lorsque les bureaux du journal ferment faute de moyens, que le personnel passe de 125 à trois salariés, qu’un de ses journalistes est emprisonné, qu’il est lui-même obligé de se barricader chez lui pour assurer sa sécurité, le rédacteur en chef affirme n’avoir jamais songé à lâcher prise. Reporters sans frontières aura alors l’occasion de dénoncer plusieurs fois cet incroyable harcèlement judiciaire.
Tehelka réapparaît le 29 janvier 2004, cette fois sous la forme d’un journal papier. Le revirement est stratégique : "Un journal est un vrai outil de lutte. Un site Internet n’est pas assez accessible", justifie Tejpal. Le combat des derniers mois ayant vidé les caisses, c’est grâce aux souscriptions des lecteurs fidèles que le projet peut voir le jour.
Le journal tire aujourd’hui à 100 000 exemplaires : bien qu’infime au regard de la population indienne, le lectorat continue d’augmenter. Le choix de l’anglais n’est pas étranger à la diffusion réduite du titre. Alors pourquoi avoir choisi la langue des élites? "Nous sommes du côté des pauvres, des faibles. Mais nous pensons que pour pouvoir agir pour eux, il faut peser sur ceux qui prennent les décisions. Or qui sont-ils, sinon ceux qui lisent les journaux anglophones".
Tarun J.Tejpal annonce néanmoins la création prochaine d’une version en hindi, et dans la foulée, le lancement d’un site Internet dans la même langue.
L’expérience qu’il a vécue ces cinq dernières années est une référence pour la profession, et pas seulement en Inde.
Les mois d’épreuves par lesquels le père de Tehelka est passé lui auront tout de même permis d’écrire son premier roman : "Loin de Chandigarh" (Buchet-Chastel, 2005), rédigé en seize mois, au pire de la tempête: "Je le portais en moi depuis vingt ans", affirme le romancier. C’est dans l’écriture de cette oeuvre littéraire que Tejpal a trouvé la force de se relancer dans la bataille de l’information.
Finaliste pour le Prix Femina en 2005, l’ouvrage a été salué par la critique et a créé un véritable événement littéraire dans le Monde et principalement en France où il a été lu, depuis sa parution, par trois cent mille lecteurs.
Tarun J.Tejpal a été distingué par Business Week, en 2009, comme l’une des cinquante personnalités les plus importantes d’Asie.
Il vit actuellement à New Delhi avec sa femme et leurs deux filles.
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L'homme qui exauce les vœux de Tarquin Hall (10x18-2009)

Une nouvelle série dans l'univers du polar indien.

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L'Inde en héritage d'Abbha Dawesar (Héloïse D'Ormesson-2009)

 
Dans Babyji, le livre qui l'a lancée, paru chez Héloïse d'Ormesson en 2007 puis en 10x18 en 2009, Abbha Dawesar traitait, pour la première fois dans la littérature indienne moderne, de l'homosexualité féminine, à travers les amours torrides d'une lycéenne dans les années 90, comme autant de symboles d'une certain mal-être d'une génération prise entre ses traditions et l'inévitable évolution des mœurs.
Après un second roman Dernier été à Paris en 2008, Abbha Dawesar revient aujourd'hui à l'Inde d'aujourd'hui avec ses problèmes colossaux de corruption, de développement et d'équité dans la redistribution des richesses.
L'inde en héritage dépeint une pléiade de personnages, une capitale, des quartiers et des banlieues, sans jamais les nommer.
Comme pour mieux refuser tout exotisme, ses personnages eux-mêmes ne sont appelés que Père, Mère, L'enfant, Grand-père ou par des surnoms, en général, peu flatteurs: Camé raté (un cousin qui se drogue), Prout, Paria, Potiche ou Six-doigts (une tante assez ignoble et son sale gamin de voyou, Cousin, membre d'une organisation anti-musulmane), ou encore Trafiquant, pour un escroc de haut vol, père illégitime et dont la famille se résoudra à accepter son argent (sale) pour organiser le mariage somptueux de sa fille secrète.
Et pourtant, au sein de cette famille assez atroce (depuis le Grand-père, un vieil égoïste qui tyrannise ses enfants et dont la plupart aimeraient bien qu'il meure vite afin de toucher leur part d'héritage), Père et Mère, un couple de jeunes médecins, sont des gens honnêtes, travailleurs, et dévoués aux autres.
Notamment à leur fils, L'enfant, souffreteux, claustrophobe et chétif qui ramasse toutes les maladies, mais compense sa faiblesse physique par une belle intelligence.
Il s'intéresse à tout, apprend la médecine rien qu'en regardant faire, en écoutant à travers la mince paroi du cabinet chaque patient venu consulté et en questionnant ses parents. Eux souhaiteraient qu'il devienne médecin mais lui ne veut pas, se réservant le droit de choisir son avenir.
Toute l'histoire du roman est vue du point de vue de ce petit garçon. Elle est écrite au présent et permet à Abbha Dawesar, dans une prose épurée, de dépeindre les tribulations quotidiennes d'une famille, avec un inégalable sens du détail: afin d'acquérir un nouveau local pour ouvrir un cabinet médical, nous suivons les parents de L'enfant dans leurs démarches lors de leurs visites chez un directeur de banque, des policiers, un architecte et un astrologue que consulte souvent le Père, même s'il reste réticent à cette pratique.
Le récit est entrecoupé d'inquiétantes histoires d'enfants kidnappés et assassinés pour vols d'organes, et de plusieurs cas de brutalités policières à l'égard de pauvres du bidonville du quartier à proximité de la petite maison.
Une grande partie de l'histoire tourne, également, autour de l'utilisation des toilettes de la famille de L'enfant, complètement hors d'usage, métaphore, sans doute, de ce qui est cassé dans le pays.
Par cercles concentriques, de la sphère privée à la sphère publique, Abbha Dawesar nous conduit au cœur de la réalité indienne.
L'inde est malade. Drogues, rapts d'enfants ou corruption étatique sont le lot quotidien des habitants de la Ville. Le roman explore, également, de manière décapante la complexité des relations familiales en décrivant une famille indienne. Il y a la rivalité, la jalousie, la haine qui s'entrechoquent inexorablement: la famille peut étouffer les désirs personnels des individus qui la composent. Elle peut également renforcer son soutien à un individu en période de détresse. Il y a une tension constante entre ces rôles et nous voyons les parents du garçon, tenter de réguler ces tensions.
Dans ce monde sombre que dépeint Abbha Dawesar, L'enfant peut-être considéré comme une projection de la jeunesse indienne, une jeunesse qui est à même de changer les choses si elle le souhaite!
L'Inde en héritage est un roman impitoyable sur la société indienne, qui révèle au lecteur, au-delà de la fiction, ses maux endémiques: corruption, inégalité sociale et religieuse, terrorisme, discrimination, précarité matérielle, népotisme, carences des infrastructures, systèmes de santé et d'éducation encore trop sinistrés, violence à l'égard des défavorisés.

Née en 1974 à Delhi, Abbha Dawesar est diplômée de philosophie d'Harvard.
Reconnue comme l'égérie de la jeune génération indienne, à la sortie de son premier roman, Abbha Davesar a été élue "personnalité de l'année" par India 's Femina et Times Out.
Elle vit aujourd'hui entre Delhi, New York et Paris.
Babyji, son premier roman, est en cours d'adaptation cinématographique.
L'Inde en héritage, sorti en Inde début 2009, a immédiatement été encensé par la critique et est rapidement entrée sur la liste des best-sellers indiens.


Entretien avec Abha Dawesar "L'Inde en héritage" envoyée par Les Cinq Continents
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Une nouvelle agence de tourisme consacrée à la photographie

 
Une fois n'est pas coutume, nous vous parlerons d'une agence de voyages, créée par un ami, consacrée à l'art photographique sous toutes ses formes.
"Voyage Passion Photo", telle est son nom, est la création d'un tour-opérateur photographique associé à un collectif d'artistes et de photographes professionnels.
Elle organise des stages et voyages photographiques pour tout public et tous les prix. Elle propose actuellement un stage photo découverte de 4h30 sur Montpellier et Paris, un week-end photo en France sur des sites sélectionnés pour leurs intérêts photographiques et culturels avec un gros plus: possibilité de venir en famille ou encore un voyage photographique à l'étranger et notamment au Japon, prochain voyage organisé en Novembre à l'automne Japonais avec visite d'un des plus grands Matsuri du japon "Festival traditionnel Japonais".
Pour les stages de Montpellier les dates sont les 8 et 21 Aout. Pour de plus amples informations sur les autres dates et les prix de: la magie de la nuit.

Nous vous reparlerons plus tard de ce voyage au Japon que nous accompagnerons d'une sélection d'ouvrages à lire afin de se familiariser avec cette culture. Mais vous pouvez, dès à présent, découvrir ce voyage intitulé: Tokyo Inside.

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Tokyo Sanpo, Promenades à Tôkyô de Florent Chavouet (Picquier-2009)



Voici un guide de voyage dans Tokyo qui ne ressemble à aucun autre puisqu'il s'agit d'un carnet de voyage.
Florent Chavouet nous propose de partir à la découverte de Tokyo, le nez au ras du trottoir et l’œil à l’affût, arpenter le bitume à hauteur d’homme et saisir les instants fugitifs, saugrenus et si caractéristiques dans leur étrangeté de la capitale du Japon. Avec pour seuls outils et compagnons les plus fidèles, une bicyclette, une chaise pliante de pêcheur, et bien sûr des crayons de couleur.
Chaque chapitre s’organise autour d’un quartier, avec sa carte, aux architectures plutôt délirantes, ses lieux, ses habitants croqués avec délice.
Un humour décapant et un coup de crayon talentueux qui nous entraînent dans un Tokyo surprenant au gré d’une humeur vagabonde et d’un esprit curieux.

Florent Chavouet est né en 1980. Tokyo Sanpo est son premier livre.
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Le passage du col d'Alain Nadaud (Albin Michel-2009)

Un voyage au Tibet....

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