:: Accueil site :: :: Accueil info ::

Notre librairie dans son environnement

Dresser le portrait de la Rue Jacques Cœur à Montpellier: telle est la mission que la chaîne de télévision locale "7L" a eu la bonne idée de confier à Jean Cahn.
Occasion pour nous de vous présenter, chers lecteurs, le lieu où la librairie est installée, au cœur de la ville, occasion également d'en apprendre plus sur le personnage historique qui donna son nom à cette rue et de revoir notre librairie sous un angle différent.

lu 1103 fois

Petits crimes dans un âge d'abondance de Kneale Matthew (10x18-2009)

Dans la tradition d'un humour anglais jubilatoire!

Lire la suite

lu 1242 fois

Le ventre de Naples de Valeria Parrella (Seuil-2009)



Comment vivre envers et contre tout dans une ville prise entre les tentacules de la corruption et de la Camorra?
Les six nouvelles de Valeria Parrella tentent de donner quelques recettes.
Ce sont six portraits, six voix dont cinq féminines, à la fois passionnées et désenchantées. Six manières de raconter la difficulté de vivre et d'aimer dans une ville comme Naples aujourd'hui, décrite avec ironie et passion par une plume, qui mêle vitalité, précision et sensualité.
Les personnages évoluent dans des milieux sociaux divers, et chacun lutte à sa façon, élaborant des techniques de survie pour affronter les petits ennuis de tous les jours qui dérivent du chômage, de la corruption et de tous les fléaux d'une criminalité diffuse.
Dans chaque nouvelle, l'auteur affronte un thème lourd et difficile comme peuvent l'être l'éducation, la corruption politique, le trafic de drogue, mais elle les traite à l'échelle microscopique qui est celle de la rue, de l'immeuble, de la famille. Et tout en racontant le ventre de Naples dans son aspect actuel, tout en suivant des parcours ou des destins de personnages radicalement napolitains, ces nouvelles nous disent beaucoup sur l'état du monde industriel, sur ses plaies et ses déséquilibres.
Les personnages, malgré la rapidité du tempo propre au genre de la nouvelle, sont toujours et d'entrée de jeu puissamment présents, vivants, dotés d'une psychologie complexe où bien et mal cherchent leurs contours.
Ainsi, grâce à son écriture sèche et précise, rapide et capable de brusques accès d'une ironie irrésistible, Valeria Parella rend à la fois la vitalité et l'effort que représente le quotidien napolitain.
Ces nouvelles sont en quelque sorte l'envers du décor de Gomorra: on n'y parle jamais directement de Camorra mais du quotidien napolitain toujours soumis aux conditions de cette organisation mafieuse.

Valeria Parella est née en 1974 à Naples où elle vit et travaille.
C'est une des voix les plus novatrices de la littérature italienne, une de celles qui se sont emparées des réalités les plus sombres et de la violence qui traverse le pays, pour renouer un lien avec la politique et la société.
Elle renouvelle en cela une très belle tradition napolitaine qui raconte la ville, la vie quotidienne avec tous ses ennuis et ses ressources inespérées.
lu 1636 fois

Le livre de Rachel d'Esther David (Héloïse d'Ormesson-2009)

 

À Danda, près de Bombay, Rachel est la dernière représentante d’une communauté juive établie depuis deux mille ans: les Bene Israël.
Pendant des années, Rachel a vécu seule dans sa maison au bord de la mer. Son mari, Aaron, n'est plus, ses enfants ont émigré en Israël ainsi que les Bene Israël qui vivaient à proximité. C'est cette solitude qui l'aide à la régularité de sa routine.
Elle repose sur deux piliers: la synagogue de son village et la préparation des recettes traditionnelles judéo-indiennes.
Bien que ses enfants soient en Israël, elle veut rester dans ce pays où son mari est enterré. Son identité juive lui est précieuse, même si Israël est pour elle une terre inconnue. Elle parle marathi, porte des saris traditionnels et est parfois présentée par ses voisins comme une brahmane.
Elle chante même, à l'occasion, un bhajan à l'enfant Moïse flottant dans le bassin du Nil, adapté d'un bhajan sur Krishna.
La synagogue, où elle a été mariée, est désormais à sa charge et, chaque vendredi, au début du sabbat juif, elle ouvre son cadenas rouillé, balaye et nettoie ce lieu, en espérant qu'il deviendra, de nouveau, le théâtre de rassemblements communautaires.
Aujourd'hui, la synagogue n'est plus qu'un monument, pire une relique, maintenue en vie par la foi de Rachel.
Lorsque des promoteurs cherchent à acheter la synagogue et ses terrains alentour pour un projet immobilier, Rachel décide de se battre, de façon plutôt inattendue, pour protéger ce monument de sa foi et le seul lien qui la relie à l'héritage juif de ses ancêtres.
Secondée par un ancien ami de sa fille, devenu avocat, elle empêchera que disparaisse ce qui fait le sel de sa vie.
La meilleure partie du livre est, cependant, la recette traditionnelle qui ouvre chaque chapitre du roman: : curry masala, poulet kesari, patates tilkout, tchaï, etc…qui, à la fois, fait resurgir les saveurs du passé et joue un rôle primordial dans le déroulement du roman.
Ce qui n'est pas sans rappeler un autre roman, best-seller de notre librairie depuis sa parution: la colère des aubergines de Bulbul Sharma (Picquier-2002) où les recettes étaient l'un des personnages essentiels du roman.
Esther David détaille la recette et nous donne, par des petites notes, la signification culinaire et religieuse de chaque élément accompagnant celle-ci. Les recettes sont, en quelque sorte, un merveilleux exemple de la façon dont les Bene Israël ont intégré les épices et traditions culinaires de leur pays d'adoption, tout en conservant leur propre identité.
Le livre de Rachel est ainsi à la fois la découverte d'une cuisine judéo-indienne savoureuse, le portrait d'une femme sans compromis et la chronique d'une communauté unique.
Il est aussi un excellent manuel de cuisine qui vous fera passer des mots au fourneau!
D'ailleurs le livre de Rachel a reçu le Prix Eugénie Brazier, prix du roman et essai gourmand 2009.

Esther David est née en 1945 à Ahmedabad. Elle vient de la communauté juive Bene Israël, en Inde. Elle a grandi à Ahmedabad, où son père, Joshua a fondé le Zoo d'Ahmedabad.
Sculpteuse, peintre et historienne de l’art, elle enseigne ces deux disciplines depuis 1966 dans des écoles de mode et d’architecture.
Elle collabore à The Times of India. Elle commence à écrire dans les années 90 et publie son premier roman The walled city (La ville en ses murs, Picquier, 1998), suivi par un second recueil de nouvelles By the Sabarmati, puis un roman The book of Esther (Penguin India, 2002).
Elle écrit en anglais et en gujarati, en mettant souvent l'accent sur l'histoire et la culture de la communauté juive en Inde, cherchant à s'approprier la part juive de son identité, et cette quête, ce questionnement émaillent son oeuvre littéraire.
Elle travaille actuellement pour le développement de l'art dans les zones défavorisées en Gujarat. Elle a un fils et une fille et elle est mariée à un architecte français.
lu 2093 fois