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La colère des aubergines de Bulbul Sharma (Picquier-2002)

Notre meilleure vente en librairie depuis sa parution....

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Portrait de notre librairie sur France 3

Nous avons eu, il y a deux semaines, le plaisir de recevoir une équipe de France 3 Région, pour un portrait en images de notre librairie. Nous remercions donc les journalistes de France 3 pour leur gentillesse et leur professionnalisme.
Et voici le résultat......

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Fantômes à Calcutta de Sébastien Ortiz (Arléa-2009)

 

Une ville-monde où le passé a laissé sa patine sur les façades des vieux palais, où la mémoire fait ressurgir les mille histoires de la colonisation britannique, où le passage du temps appelle plus qu'ailleurs la mélancolie:telle apparaît Calcutta pour Sébastien Ortiz, qui retrouve les lieux où il a vécu dix ans auparavant.
Fantômes à Calcutta est un texte à la croisée de plusieurs genres: carnet de voyage, fiction, roman-photo, anthologie, avec un fil directeur: les fantômes qui hantent Calcutta, ex-capitale de l'Empire britannique des Indes.
Le narrateur entreprend un voyage dans la ville et se confronte au principe de spectralité, qui est l'écho, puissamment mélancolique, du passé dans le présent. Il s'emploie à rechercher les souvenirs du colonisateur anglais : cimetière de Park Street aux tombes rongées par la végétation tropicale, archives poudreuses et improbables, ou anciens palais décatis qui n'hébergent plus que des fantômes.
Il retrouve des visages et des lieux, recueille de multiples histoires de fantômes anglais, lit des textes sur le sujet, s'enfonce plus avant dans l'univers spectral de la ville, jusqu'à entendre la voix de celles et ceux qui ont inscrit leur existence dans cette cité "plus vaste que le monde" et y ont péri.
Dans sa structure, le texte fait écho à l'ambiance lente et méditative de la musique indienne, et notamment le râga Malkauns, qui, selon la légende, aurait la vertu d'attirer les fantômes lorsqu'il est joué à la perfection sept fois de suite.
Loin des stéréotypes généralement attachés à Calcutta, misérabilistes ou pieux, et s'appuyant sur son expérience personnelle, Sébastien Ortiz rend ici hommage à une ville à la profondeur humaine et historique exceptionnelle, nourrie de son glorieux passé, riche aujourd'hui comme hier de vie et de poésie, et qui restera, grâce à sa remarquable force d'âme, une des villes les plus attachantes du monde: "Je m'appelle Calcutta. J'ai bientôt quatre cents ans. Je suis née du Gange qui me traverse et m'irrigue, et colle sa folie de boue contre mes palais. Mes fils et mes filles convergent vers les rives inclinées du fleuve: depuis l'aube jusqu'au crépuscule les nouveaux-nés s'y font baptiser, les femmes s'y baignent pour obtenir fertilité, les ascètes et les eunuques y trempent leur sagesse silencieuse, les mourants s'y purifient avant le Grand Passage. Clippers et steamers chargés d'opium et de thé ont fait jadis ma richesse, mais ils ne viennent plus. Seuls les flots boueux s'écoulent depuis les montagnes et traversent Bhatpara, Chandernagor, Serampur, Chitpur, et ils arrachent chaque fois un peu plus de ma rouille, rabotent un peu davantage mes digues et mes murailles, et un jour viendra où ils m'emporteront toute entière dans l'embouchure où est la jungle, et alors je retournerai au marais d'où je suis sortie."

Sébastien Ortiz a publié, précédemment deux romans chez Gallimard (Taleb, en 2002 et Mademoiselle cœur solitaire, en 2005), ainsi qu'une petite anthologie du voyage à Bali (Le goût de Bali, Mercure de France-2005).
Diplomate, il est actuellement conseiller culturel et de coopération en Birmanie et dirige le centre culturel français de Rangoon.
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Equatoria de Patrick Deville (Seuil-2009)

Le voyage sinueux d'une traversée du continent africain à la hauteur de l'Équateur...

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Confessions d'un thug de Philip Meadows Taylor (Phébus/libretto-2009)

Voyage au pays des adorateurs de Kali

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Qui a tué l'Ayatollah Kanuni? de Naïri Nahapétian (Liana Lévi-2009)



Téhéran, juin 2005, veille de l’élection de Mahmoud Ahmadinejad.
Le héros de Qui a tué l'ayatollah Kanuni? est un jeune reporter, Narek Djamshid, né en Iran de parents ayant activement milité contre le régime du Shah, et qui a grandi en exil à Paris. Sa mère, d'origine arménienne, est morte en Iran dans des circonstances mal élucidées. Quant à son père, qui est lui persan, il tient un magasin de photos à Paris et a rompu tout lien avec son pays d'origine et son passé.
Narek Djamshid retourne donc pour la première fois en Iran, à quelques semaines de l'élection présidentielle, en quête d'un bon reportage pour un journal mineur. Mais il est aussi à la recherche de son passé. À peine arrivé à Téhéran, il est pris en charge par une amie de sa mère, Leïla Tabihi, militante "féministe islamique" qui envisage de se présenter à l'élection, si du moins le Conseil des gardiens de la Constitution l'y autorise. En vain.
En attendant, Leïla Tabihi a obtenu un rendez-vous avec l'ayatollah Kanuni, un juge tout-puissant qui préside depuis 25 ans à la répression des opposants iraniens, auprès de qui elle entend plaider la cause d'un certain nombre de prisonniers. Elle emmène Narek avec elle au Palais de justice, mais à leur arrivée, ils découvrent l'ayatollah assassiné dans son bureau.
S’agit-il d’une revanche des Moudjahedin du peuple? Ou bien est-ce un nouveau règlement de comptes entre mollahs? S'agit-il d'une affaire privée, politique, financière ? Car les ayatollahs se livrent une lutte sans merci pour la direction des fondations pieuses qui gèrent, prétendument au profit du peuple, l'ancienne fortune du Shah.
Le troisième personnage de cette histoire est Mirza Mozaffar, ancien politicien, homme public en déclin, mais membre toujours fringuant de la jet set de Téhéran et Don juan infatigable malgré une femme très charmante et peut-être diabolique.
Le roman nous fait découvrir que les mollahs sont des hommes d’affaires comme les autres, mais aussi que la boisson préférée de la jeunesse iranienne est le Parsi Cola! Il permet, également, de revenir sur la période sanglante qui a marqué l’instauration de la République islamique. Narek éclaircira ainsi les circonstances de la mort de sa propre mère, au lendemain de la révolution de 1979. Enfin, en filigrane, sont évoquées les raisons de la victoire de l'actuel président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Contrairement aux romans de Qiu Xiaolong (chez le même éditeur dans la même collection) où la critique sociale et l'intrigue policière sont menées de concert, Naîri Nahapétian, en privilégiant la description très réussie de la société iranienne, en oublie un peu les règles du roman policier, nous laissant sur notre faim quant à l'intrigue elle-même.
Malgré cela Qui a tué l'ayatollah Kanuni? reste un roman très instructif, particulièrement en ce début d'année 2009, à quelques mois de l'élection présidentielle iranienne qui doit désigner le successeur de Mahmoud Ahmadinejad en juin prochain.

Naïri Nahapétian est née en 1970 en Iran, pays qu’elle a quitté après la révolution islamique. Journaliste free-lance durant quelques années, elle a fait de nombreux reportages en Iran pour de nombreux journaux. Elle travaille actuellement pour Alternatives économiques, et a publié un essai intitulé L’Usine à vingt ans, Les Petits matins, 2006.
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Chârulatâ de Rabindranath Tagore (Zulma-2009)

 

Entourée de domestiques, maintenue dans la désinvolture de l'enfance, Chârulatâ s'ennuie.
Son mari confie à son cousin Amal, étudiant qu'il héberge, le soin de la distraire par des cours particuliers. Traditionnellement acceptée dans la société indienne, cette intimité avec le jeune homme prend peu à peu un tour passionné. Ensemble ils partagent leur envie d'écrire sans être lus.
Pendant ce temps, le naïf et probe Bhupati affronte l'adversité, on le spolie, son beau-frère en tête. Il lui faut déposer le bilan.
Amal part en Angleterre étudier le droit et manifestera dès lors à Chârulatâ tous les signes de la désaffection. La très exclusive Chârulatâ découvre l'ampleur de sa passion pour le jeune homme, tandis que son mari, rendu par la force des choses au gynécée, mais ignorant encore l'étendue de sa défaveur, se met pour lui plaire à lire de la littérature et à écrire.
Tagore montre admirablement l'évolution des sentiments et, de facto, la transformation des rapports: de l'enjouement gracieux de Chârulatâ à la passion dévoratrice, puis au désenchantement dans son "temple de chagrin", de l'insouciance du jeune homme jusqu'à sa découverte fascinée et manoeuvrière des sentiments qu'il inspire.
Chârulatâ scandalisera la bonne société bengalie à sa parution, au tout début du XXème siècle.
On admire aujourd'hui, outre une lucide critique des moeurs, la très subtile tension érotique dans la peinture de personnages qui se cherchent avec autant d'innocence que de perversité, et, plus singulièrement, les rapports clandestins rarement explorés, entre séduction et littérature.

Poète, romancier, dramaturge, musicien, acteur et peintre, Rabindranath Tagore (1861-1941) obtient le Prix Nobel de littérature en 1913. Il a lutté pour l'indépendance de l'Inde, contre la partition du Bengale, et a soutenu le mouvement de Gandhi. Trois de ces romans reflètent la complexité de la vie intellectuelle et politique du Bengale, région phare de l'Inde dans les années trente: La maison et le monde, Gora et Quatre chapitres, son dernier roman écrit en 1934.
Tagore avait 39 ans quand il écrivit Chârulatâ. Plusieurs de ses biographes ont vu dans ce court roman le souvenir des relations que le jeune Rabindranath avait eues avec la femme d'une de ses frères aînés. Elle n'avait que sept ans de plus que son beau-frère dont elle partageait les goûts littéraires. Elle se suicida à l'âge de 25 ans, quelque mois seulement après le mariage du poète.
Après Quatre chapitres (Zulma-2004), Chârulatâ est le deuxième roman inédit de Tagore traduit en français par France Bhattacharya. Satyajit Ray en réalisa un chef-d'oeuvre cinématographique en 1964.
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