San Sombrèro. Le pays des carnavals, des cocktails et des putschs, un Jetlag Travel Guide, par Santo Cilauro, Tom Gleisner et Rob Sitch (Flammarion-2008)
Par Alain et Christine Londner, mardi 18 novembre 2008 à 15:08.
L'ailleurs est semblable au chez-soi, en moins bien. C'est la ligne choisie par Santo Cilauro, Tom Gleisner et Rob Sitch, trois Australiens fêlés pour leur collection "Jetlag Travel Guide". Après nous avoir incités, l'an passé, à découvrir la Molvanie, au cœur des Balkans, les voici qui récidivent avec San Sombrèro.
Attirés par son charme tropical, son style de vie exotique et l'absence totale de traités d'extradition, les touristes sont chaque année plus nombreux à découvrir la magie de San Sombrèro.
Bourré d'avis d'experts, ce guide entièrement remis à jour contient tout ce que le routard avisé doit savoir sur San Sombrero, ce bijou oublié d'Amérique Centrale.
En particulier :
Malgré la chaleur Juin est idéal, pour l'ombre que procurent les nuages de frelons.
Attention aux transports publics, d'abord un peu déroutants : le nom de la ville affiché à l'avant d'un autocar n'indique pas sa destination mais le lieu de naissance du chauffeur.
Sur le bord des routes, on se contentera de barbacoco (barbe à papa fabriquée à partir de cocaïne coloriée), ou de toxico, une des rares boissons au monde servie avec son antidote.
Le sport national, el futebol, se pratique souvent avec un ballon, mais, pour cause de violence endémique, les supporters sont séparés par des douves, des fossés et des barbelés électriques. Il en va de même pour les équipes qui s'affrontent.
La faune est superbe: la tarentule velue des Caraïbes est si poilue qu'elle arbore des dreadlocks.
La drogue est interdite (mais on tolère la possession, pour usage personnel, de 5 kilos).
À Cucaracha City, la capitale, on dit des bus qu'ils font «couleur locale», ce qui signifie que quelqu'un a vomi à l'arrière. Quant aux hôtels, les vieux routards suggèrent de se faire arrêter: une nuit au poste est préférable.
Il convient de savoir que la plupart des San Sombriens vivent comme autrefois: sans électricité, ni déodorant.
On repartira après avoir bu le degobillo, jus de goyave fermenté, également apprécié comme désinfectant pour toilettes, et une dernière bouchée de KFT (Kentucky Fried Toucan).
Entre nostalgie et contre-utopie, ce guide touristique nouveau genre se révèle être un exercice de potache hilarant, voire désopilant. Après ce magnifique guide de San Sombrero, on attend avec impatience les prochains ouvrages de Jetlag: "les Emirats arabes punis", "le Tyranistan", ou encore "la Polynuclésie".
Partir, dit-on, c'est mourir un peu. Avec les gars de Jetlag, c'est rire beaucoup.
Alors partez pour ce "pays que s'il existait pas, faudrait l'inventer", comme disent les auteurs australiens de ce guide.
Nicolas Richard, Santo Cilauro, Tom Gleisner et Rob Sitch font partie du Working Dog, le plus célèbre groupe satirique australien.
Si Jetlag Publishing est désormais une entreprise multinationale employant près de 300 personnes dans le monde, Santo, Tom et Rob restent fidèles à leur éthique des débuts: tous les bénéfices sont pour eux.
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