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prix littéraires 2008

Nous ne pouvons que nous réjouir des prix attribués cette année à Atiq Rahimi (Prix Goncourt), Tierno Monénembo (Prix Renaudot) ou à Jean-Marie Blas de Roblès (Prix Médicis) comme autant d'hommage à cette littérature-monde enfin reconnue par les jurés de ces prix et si justement défendue depuis 20 ans par Michel Le Bris à travers le festival "Étonnants voyageurs" à Saint-Malo.
Sans oublier le Prix Nobel de littérature attribué à Jean-Marie Le Clézio dont les romans et écrits sont une ode à l'Ailleurs.

Syngué Sabour, Pierre de patience de Atiq Rahimi (Ed P.O.L-2008)



En 1984, à 22 ans, Atiq Rahimi était parti à pied de Kaboul pour rejoindre, après neuf jours de marche, l'ambassade française du Pakistan à Islamabad. Il racontait ce périple dans 1000 maisons du rêve et de la terreur (P.O.L, 2002).
Vingt-quatre ans plus tard, c'est la prestigieuse académie des Goncourt qui récompense son premier livre écrit en français, Pierre de patience.
En persan, Syngué sabour est le nom d’une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la détresse de ceux qui se confient à elle. Certains disent même que c’est elle qui est à La Mecque, et autour de quoi tournent les millions de pèlerins. Le jour où elle explosera d’avoir ainsi reçu trop de malheur, ce sera l’Apocalypse.
Mais ici, la Syngué sabour, c’est un homme allongé, comme décérébré après qu’une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Sa femme est auprès de lui. Elle lui en veut de l’avoir sacrifiée à la guerre, de n’avoir jamais résisté à l’appel des armes, d’avoir été un héros, et pour ce résultat : n’être plus, à la suite d’une rixe banale, qu’un légume.
Pourtant elle le soigne, et elle lui parle.
Au compte-gouttes. Puis par flots rageurs. Dans une pièce nue, elle déverse ses mots sur son mari inerte, qui agonise, incapable de répondre. Dehors, où l'on ne sortira jamais, les explosions alternent avec les appels à la prière du mollah. La femme prie aussi, égrène son chapelet, veille à la perfusion, le maintient en vie par ses paroles.
Et tandis que dans les rues les factions s’affrontent, tandis que des soldats pillent et tuent alentour, elle parle, elle dévide sa litanie sans jamais savoir si son mari l’entend et la comprend. Une femme parle pour toutes les femmes. Dans cette oreille géante, gisante, elle se vide de ses colères de femme humiliée, méprisée.
Et c’est à une extraordinaire confession sans retenue, à laquelle nous assistons en témoin muet, se libérant de l’oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu’à révéler d’impensables secrets dans le contexte d’un pays semblable à l’Afghanistan.
Avec ce roman, directement écrit en français, Atiq Rahimi retrouve une forme de réalisme très proche de Terre et cendres avec une écriture qui, sèche et précise, sait aussi devenir par moments lyrique, emportée. Cependant, plus directement que dans ses précédents livres, il décrit avec beaucoup d’audace, la réalité oppressante, au quotidien et plus précisément au quotidien féminin, d’une certaine conception de l’Islam.
Pour Pierre de patience , il s'est inspiré d'une histoire vraie : en novembre 2005, une poétesse afghane est assassinée par son mari. Rahimi se rend au chevet de cet homme qui s'est empoisonné. Il imagine ce que la femme aurait pu lui dire.

Atiq Rahimi est né en 1962 à Kaboul (Afghanistan), il vit et travaille aujourd'hui à Paris. Il a fait ses études au lycée franco-afghan Estiqlal de Kaboul puis à l'université (section littérature).
En 1984, il quitte l'Afghanistan pour le Pakistan à cause de la guerre, puis demande et obtient l'asile politique en France où il passe un doctorat de communication audiovisuelle à la Sorbonne. Il réalise des films documentaires et adapte en 2004 son roman Terre et cendres, qui, présenté au festival de Cannes obtient le prix "Regard sur l'avenir".
Le cinéma l'influence : témoin, l'écriture au scalpel et très visuelle de son quatrième livre.



Le Roi de Kahel de Tierno Monénembo (Seuil-2008)



Le Prix Renaudot a été attribué à Tierno Monénembo pour Le Roi de Kahel (Le Seuil). Un coup de coeur du Point lors de la 23e Comédie du livre, au printemps dernier pendant laquelle nous avions reçu Tierno sur notre stand.
Tierno Monénembo est un auteur guinéen, né en 1947, dont l'oeuvre romanesque est riche de plusieurs titres (au Seuil). On peut citer à titre d'exemple Les Crapauds-brousse (1979), Un rêve utile (1991), Pelhourino (1995), Les écailles du ciel (1997), L'aîné des orphelins (2000) ou encore Peuls (2004).
La richesse de ses textes rend compte à elle seule du caractère polymorphe du roman se pliant aux exigences de la mutiplicité: les langues se rencontrent, s'entremêlent pour célébrer les remous d'une écriture, instable, jaillissante.
Son dernier livre le roi de Kahel, également au Seuil, nous conte la prodigieuse épopée solitaire d’Olivier de Sanderval, qui voulut se tailler un royaume dans l’actuelle Guinée, au nez et à la barbe des autorités coloniales françaises et des Anglais.
Au début des années 1880, Aimé Victor Olivier, qui deviendra le vicomte de Sanderval, fonde le projet de conquérir à titre privé le Fouta Djalon et d’y faire passer une ligne de chemin de fer. De ce personnage hors du commun, Tierno Monénembo nous propose une foisonnante biographie romancée.
Au cours de ses cinq voyages successifs, Sanderval parvient à gagner la confiance de l’almâmi, le chef suprême de ce royaume théocratique qu’était le Fouta Djalon, qui lui donne le plateau de Kahel et l’autorise à battre monnaie à son effigie. En France, Cloué, ministre de la marine, est plus que sceptique sur ses projets. Gambetta se montre bienveillant.
Mais Sanderval échouera ; il revient à Marseille, sombre dans le mysticisme et meurt dans le dénuement.



Là où les tigres sont chez eux, de Jean Marie Blas de Roblès (Zulma-2008)



Là où les tigres sont chez eux, de Jean Marie Blas de Roblès, est le fruit de dix ans de travail, roman somme qui interroge le genre avec une formidable érudition mise au service d’un sens merveilleux de la narration.
Eléazard von Wogau, le héros inquiet de cette incroyable forêt d’histoires savamment enchevêtrées, est un français, obscur écrivain, vague correspondant de presse domicilié au fond du Nordeste brésilien, dans la ville fantôme d’Alcantara, relique des fastes de l’Empire portugais.
Spécialiste à ses heures de l’encyclopédiste allemand Athanase Kircher, sorte de Vinci de l’époque baroque, on lui adresse un jour à des fins d’édition une fascinante biographie de Kircher écrite en français par un de ses disciples.
Ce manuscrit autographe totalement inédit est l’œuvre, remarquable en tout point malgré certaines invraisemblances, de Caspar Schott, un obscur jésuite allemand.
Commence alors pour Eléazard une enquête à travers les savoirs et les fables qui n’est pas sans incidences sur sa vie privée. Comme si l’extraordinaire plongée dans l’univers baroque d’Athanase Kircher, dont on découvre peu à peu la fantastique quête cachée, se répercutait par anamorphoses dans l’espace et le temps à travers les aventures croisées d’autres personnages, entre autres Elaine, l’ex-épouse du narrateur archéologue en mission improbable en territoire indien, Moéma, sa fille toxicomane, Nelson, jeune gamin infirme des favelas de Pirambu qui fomente une vengeance.
Nous sommes en Amérique, au Brésil, dans le pays des pâmoisons et des démesures. Nous sommes aussi dans la terra incognita d’un roman monstre construit en 32 parties, chacune s’ouvrant sur un chapitre de la biographie inédite d’Athanase Kircher et flanqué de plusieurs récits qui s’entrecroisent et se succèdent sans liens apparents, celui d’Elaine en expédition dans la jungle découvrant une tribu vierge du monde depuis des siècles mais qui use du latin dans ses rituels, de Moéma la jeune fille suicidaire livrée à un affabulateur, du gouverneur diabolique de Maranao.
On songe tour à tour au réalisme magique sud-américain des Borges et Cortázar, aux Italiens Calvino ou Eco, ou encore à Potocki et son Manuscrit trouvé à Saragosse, sans jamais épuiser la réjouissante singularité de ce roman fabuleusement audacieux et drôle.

Voyageur érudit, archéologue de terrain habitué du rivage des Syrtes et des déserts libyques, Jean-Marie Blas de Roblès nous offre, autour de la révélation du génie baroque d’Athanase Kircher, une kyrielle extravagante de portraits contemporains en lice pour la conquête du sens dans un monde forcené et pathétique.
Né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès, puis ballotté en Camargue, à Rouen et dans les Vosges après le rapatriement des Français d’Algérie, Jean-Marie Blas de Roblès passe son adolescence dans le Var.
Études de philosophie à la Sorbonne, d’histoire au Collège de France, régates au long cours en Méditerranée.
En poste au Brésil comme enseignant et directeur de la Maison de la Culture Française à l’Université de Fortaleza, il reçoit le Prix de la nouvelle de l’Académie Française pour son recueil La Mémoire de riz (1982).
Transfert en Chine Populaire : premiers cours sur Sartre et Roland Barthes jamais donnés à l’Université de Tien-Tsin (Tianjin), à la fin de la Révolution Culturelle.
Parution de L’Impudeur des choses, son premier roman (1987).
Après un séjour au Tibet, il rejoint sa nouvelle affectation à l’Université de Palerme en empruntant le Transsibérien.
Un deuxième roman, Le Rituel des dunes, paraît en 1989.
C’est à Taïwan (Alliance Française de Taipei) qu’il commence son troisième roman, Là où les tigres sont chez eux, et abandonne l’enseignement pour se dédier à l’écriture.
Membre de la Mission Archéologique Française en Libye depuis 1986, il a participé chaque été aux fouilles sous-marines d’Apollonia de Cyrénaïque, de Leptis Magna et de Sabratha en Tripolitaine.

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Avant d'aller dormir chez vous d'Antoine de Maximy (Florent Massot-2008)

l'homme à la chemise rouge

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Gandhi Express de Michel Monteaux et Fabrice Gaignault (Buchet-Chastel-2008)

 

Parti à pied de son ashram d’Ahmedabad (Gujarat), M. K. Gandhi, le "fakir à moitié nu", comme aimait l'appeler les anglais, entame le 12 mars 1930 à l’âge de 61 ans la marche du sel longue de 384 Km qui le conduit le 6 avril 1930 à Dandi, village symbolique de l’injuste taxation des Britanniques sur le sel que même les plus pauvres n’avaient pas le droit de ramasser. En brandissant une poignée de ce sel dans la mer, devant les fidèles qui l’avaient suivi, Gandhi brave ainsi le monopole d’état et ouvre la voix de l’indépendance de l'Inde.
Le 11 mars 2008, Fabrice Gaignault et Michel Monteaux, partent à pied de l’ashram d’Ahmedabad dans les pas de Gandhi jusqu’à la plage de Dandi qu’ils atteignent le 28 mars 2008. Hormis 50 kilomètres en voiture, tous les deux ont parcouru la Dandi Yatra, cette route du sel ainsi appelée par les Indiens.
Alliant un style alerte et généreux à un regard insolite que dévoilent de magnifiques photographies, ces deux voyageurs à la recherche des derniers témoins de cette page historique de l’Inde, traversent les bourgades, villages et villes de l’Inde.
Aujourd’hui tout en contraste, à la fois bucolique et polluée, surpeuplée et déserte, sublime et laide, colorée et grise, bruyante et silencieuse, millénaire et ultramoderne, bosseuse et rêveuse, ces villes et villages portent en eux une mémoire toujours à dépoussiérer.
Aussi, ce carnet de voyage reste traversé par une interrogation lancinante : que reste-t-il du Gandhisme aujourd’hui et qui peut encore se réclamer de la non-violence si souvent prônée au xxe siècle ?

Assistant Réalisateur pour le cinéma, Michel Monteaux quitte Paris pour les États-Unis et s’installe à Los Angeles où il s’établie en tant que photographe. Après quelques années, il crée un studio à Santa Fé, au Nouveau-Mexique, qu’il quittera au milieu des années 90 pour rentrer en France et y continuer son activité photographique. Aujourd’hui il travaille pour la presse ainsi que pour de grandes entreprises qui lui confient portraits et reportages.
Fabrice Gaignault, journaliste et écrivain, est rédacteur en chef Culture du mensuel Marie Claire. Il est notamment l’auteur du Dictionnaire snob de la littérature (Scali, 2007) et de Les égéries sixties (Fayard, 2006).
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San Sombrèro. Le pays des carnavals, des cocktails et des putschs, un Jetlag Travel Guide, par Santo Cilauro, Tom Gleisner et Rob Sitch (Flammarion-2008)


L'ailleurs est semblable au chez-soi, en moins bien. C'est la ligne choisie par Santo Cilauro, Tom Gleisner et Rob Sitch, trois Australiens fêlés pour leur collection "Jetlag Travel Guide". Après nous avoir incités, l'an passé, à découvrir la Molvanie, au cœur des Balkans, les voici qui récidivent avec San Sombrèro.
Attirés par son charme tropical, son style de vie exotique et l'absence totale de traités d'extradition, les touristes sont chaque année plus nombreux à découvrir la magie de San Sombrèro.
Bourré d'avis d'experts, ce guide entièrement remis à jour contient tout ce que le routard avisé doit savoir sur San Sombrero, ce bijou oublié d'Amérique Centrale.
En particulier :
Malgré la chaleur Juin est idéal, pour l'ombre que procurent les nuages de frelons.
Attention aux transports publics, d'abord un peu déroutants : le nom de la ville affiché à l'avant d'un autocar n'indique pas sa destination mais le lieu de naissance du chauffeur.
Sur le bord des routes, on se contentera de barbacoco (barbe à papa fabriquée à partir de cocaïne coloriée), ou de toxico, une des rares boissons au monde servie avec son antidote.
Le sport national, el futebol, se pratique souvent avec un ballon, mais, pour cause de violence endémique, les supporters sont séparés par des douves, des fossés et des barbelés électriques. Il en va de même pour les équipes qui s'affrontent.
La faune est superbe: la tarentule velue des Caraïbes est si poilue qu'elle arbore des dreadlocks.
La drogue est interdite (mais on tolère la possession, pour usage personnel, de 5 kilos).
À Cucaracha City, la capitale, on dit des bus qu'ils font «couleur locale», ce qui signifie que quelqu'un a vomi à l'arrière. Quant aux hôtels, les vieux routards suggèrent de se faire arrêter: une nuit au poste est préférable.
Il convient de savoir que la plupart des San Sombriens vivent comme autrefois: sans électricité, ni déodorant.
On repartira après avoir bu le degobillo, jus de goyave fermenté, également apprécié comme désinfectant pour toilettes, et une dernière bouchée de KFT (Kentucky Fried Toucan).
Entre nostalgie et contre-utopie, ce guide touristique nouveau genre se révèle être un exercice de potache hilarant, voire désopilant. Après ce magnifique guide de San Sombrero, on attend avec impatience les prochains ouvrages de Jetlag: "les Emirats arabes punis", "le Tyranistan", ou encore "la Polynuclésie".
Partir, dit-on, c'est mourir un peu. Avec les gars de Jetlag, c'est rire beaucoup.
Alors partez pour ce "pays que s'il existait pas, faudrait l'inventer", comme disent les auteurs australiens de ce guide.

Nicolas Richard, Santo Cilauro, Tom Gleisner et Rob Sitch font partie du Working Dog, le plus célèbre groupe satirique australien.
Si Jetlag Publishing est désormais une entreprise multinationale employant près de 300 personnes dans le monde, Santo, Tom et Rob restent fidèles à leur éthique des débuts: tous les bénéfices sont pour eux.
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Collection "Petite philosophie du voyage (Transboréal-2008)

 

Donner à lire de courts textes à caractère à la fois subjectif et théorique qui, reposant sur l'expérience d'hommes et de femmes de terrain, offrent des axes de réflexion dans trois domaines: naturel (l'environnement et notre planète); personnel (l'épanouissement et le bien-être); spirituel (une plus grande communion avec le monde): tel est l'objectif de cette nouvelle collection au titre évocateur "Petite philosophie du voyage", proposée par l'un de nos éditeurs préférés, Transboreal, qui édite, depuis longtemps déjà, les récits des grands voyageurs et aventuriers de notre temps.
Les sujets permettent d'aborder, au rythme de six titres par semestre, des aspects variés du voyage.
Les 6 premiers titres abordent des éléments de réflexion à propos de la rencontre et de la vie en société: Le Goût de la politesse, Petit précis des bonnes manières à l’usage du vaste monde de Bertrand Buffon; les joies de la marche: L’Ivresse de la marche, Petit manifeste en faveur du voyage à pied d'Émeric Fisset; l'enseignement de l'alpinisme: L’Euphorie des cimes, Petites considérations sur la montagne et le dépassement de soi d'Anne-Laure Boch; la sagesse du désert et des régions extrêmes: Le Murmure des dunes, Petit éloge du désert de Jean-Pierre Valentin; la poésie des trains: La Poésie du rail, Petite apologie du voyage en train de Baptiste Roux ou encore la figure d'animaux emblématiques: Le Cantique de l’ours, Petit plaidoyer pour le frère sauvage de l’homme de Stephan Carbonnaux.
Dans chacun de ces livres l'itinérance et le nomadisme, la relation à l'autre et à l'étranger sont abordés également.
De présentation élégante, cette collection donne la parole à des auteurs passionnés qui livrent la quintessence de leurs pensées et de leurs émotions sur un sujet. Leur curiosité les a en effet amenés à vivre et à explorer un milieu, qu'il soit géographique, social ou géographique. De la pratique d'un sport, de la fréquentation d'un territoire, de l'étude d'un animal ou d'un art, de leur assiduité au thème exposé, ils ont tiré une "petite philosophie" dont ils livrent les clés au lecteur.
Les prochains titres: l'aquarelle, les arts martiaux, la pêche à la mouche, la vodka, le voyage à cheval.
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L'homme greffé de Sanjay Nigam (le livre de Poche-2008)

Par l'auteur du "charmeur de serpent"

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Un chemin de promesses d'Édouard et Mathilde Cortès (XO-2008)

Quand l'amour est le moteur de la marche....

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Qui comme Ulysse de Georges Flipo (Anne Carrière-2008)



À ceux dont le passeport n’a jamais le temps de moisir dans un tiroir comme aux sédentaires invétérés, Georges Flipo propose quinze nouvelles de voyage, et plus précisément de voyageurs qui ont pour cadre l’Asie (Inde, Thaïlande, et autres), l’Amérique du Sud (Équateur, Pérou, Argentine), l’Afrique (Tunisie), l’Europe (Italie, Espagne)... et même la France, des continents que l’auteur a souvent parcourus.
Pas de longues descriptions de panoramas, ni de folklorisme, mais de prenantes histoires qui emmènent le voyageur – et le lecteur – un peu plus loin que prévu. Dans un cadre toujours différent, chaque personnage se révélera en allant au-delà de ses limites. Limites de ses souvenirs pour l’une, de ses préjugés pour l’autre. Tel autre ira aux confins de sa morale, de sa méchanceté ou de son cynisme. Telle autre encore à la poursuite de son rêve d’adolescente.
Le style est fluide, le rythme enlevé, les portraits brossés en rapides petites touches. Le ton oscille entre l’émotion et l’humour parfois acide. Quinze nouvelles qui feront leur chemin dans la littérature de voyage.

Georges Flipo est nouvelliste pour la radio (Radio-France, France Bleu). Il a publié deux recueils : La Diablada (Éditions Anne Carrière, 2004 ; prix du Scribe) et L’Étage de Dieu (Jordan, 2007 ; Prix Découverte d’un écrivain du Nord-Pas-de-Calais, décerné par Le Furet du Nord), ainsi qu’un roman, Le Vertige des auteurs (Le Castor astral, 2007), finaliste du grand prix de l’Humour noir.
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Birmanie voyage intérieur de Tiane Doan Na Champassak (photographies) et Ma Thanegi (texte)/ (Le Bec en l'air-2008)

 

La collection "collateral", à laquelle appartient ce livre, a pour objectif de croiser littérature et photographie contemporaines en partant du constat que le texte est l'image comme l'image est texte. Ce qui compte, c'est le rapport entre ces deux écritures, le point de tension que la mise en page va révéler. C'est aussi de faire se rencontrer un écrivain et un photographe et d'établir un dialogue entre leurs créations.
Ce livre, gai et profond, est le récit d’un voyage en bus, pèlerinage de dix-huit jours qui conduit l’auteur à travers son pays natal, le Myanmar, plus connu en Occident sous le nom de Birmanie.
Ma Thanegi dépeint avec humour le mode de vie traditionnel du Birman «ordinaire» qu’anime une dévotion profonde au bouddhisme, mêlée d’étonnantes superstitions.
Birmanie, voyage intérieur pose un regard quotidien sur un pays encore peu connu, si ce n’est à travers le prisme de la dictature militaire ou des récentes catastrophes.
Les photographies en noir et blanc de Tiane Doan Na Champassak prolongent ce récit qu’elles rejoignent souvent dans une approche franche et sobre, pleine d’humanité, tout en rappelant certains aspects d’une réalité sociale et politique qui ne peuvent être tus.

Née au Myanmar, Ma Thanegi vit à Rangoon. Peintre, elle est également journaliste indépendante pour le Myanmar Times et Enchanting Myanmar. Impliquée dans les soulèvements de 1988 en tant qu’assistante d’Aung San Suu Kyi (prix Nobel de la Paix 1991), Ma Thanegi a été emprisonnée de 1989 à 1992. L’idée de ce livre est née dans sa cellule. S’éloignant de la stratégie isolationniste d’Aung San Suu Kyi, pour laquelle elle garde une grande estime, Ma Thanegi pense que le temps est venu d’être plus «évolutionnaire» que «révolutionnaire».

Né en France en 1973, Tiane Doan na Champassak a grandi en Espagne et au Maroc avant de s’installer au Québec où il intègre le Dawson Institute of Photography de Montréal. Membre de l’Agence Vu’ depuis 1999, ses photographies paraissent dans Stern, Géo, National Géographic, Elle… Ses reportages sur le sida en Inde, sur le transsexualisme en Asie du Sud-Est ont été primés à plusieurs reprises (Fondation Jean-Luc Lagardère, prix Villa Médicis hors les murs, prix Portfolio photographique de la SCAM, festival Visa pour l’image…). Auteur de le Sexe des Anges (La Martinière, 2003), il restitue ici un travail réalisé au cours de cinq longs séjours au Myanmar.
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À propos du Bhoutan

Le Pays du "Bonheur National Brut"

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Lac Baïkal, visions de coureurs de Taïga de Sylvain Tesson et Thomas Goisque (Transboréal-2008)



Quatre amis, Sibylle D'Orgeval (réalisatrice), Bertrand de Miollis (illustrateur), Thomas Goisque (photographe) et Sylvain Tesson, ont quitté Irkoutsk au début du mois de Mars 2005 pour accomplir une circumambulation du lac Baïkal, par voie de glace, en longeant au plus près ses 2.000 kilomètres de rives couvertes de taïga.
Ils pilotaient des side-cars russes de marque Oural, un modèle soviétique des années 1940. Chaque jour ils ont roulé sur la laque vive balayée par les rafales du sama, vent descendu des montagnes. Un camion d'intendance de marque Waz les accompagnait, chargé de pièces détachées et de bouteilles de Mouton-Cadet. Le vin permettait d'adoucir la morsure du froid et de briser la glace lors des rencontres avec les Russes qui vivent dans des cabanes au bord du lac.
Puis lors de l'été 2007, Sylvain et Thomas entame une nouvelle circumambulation, en barque à moteur cette fois, chargée de 250 litres d'essence et de 20 litres de vodka Standard.
Ce qui intéressait nos voyageurs, au-delà de l'expédition motorisée, était de rencontrer des habitants des isbas et des villages en bordure du lac Baïkal. Pour cela ils ont exploré en chaque saison toutes les facettes de ce lieu magique : à pied, en bateau ou en side-car, ils ont arpenté les forêts qui bordent ses rives, sillonné ses eaux limpides, roulé sur la glace étincelante qui le couvre en hiver.
Séduits par la chaleur du peuple des cabanes, ils témoignent du retour des Russes à la vie des bois, du renouveau de l’Église orthodoxe et des croyances animistes, mais aussi de la nostalgie qu’éprouvent certains riverains envers la période soviétique.
Parmi eux, quelques-uns ont décidé de leur plein gré de quitter les villes pour s'installer dans la nature. C'est le recours aux forêts à la mode slave, un phénomène qui s'amplifie dans la Russie nouvelle. Ces ermites post-modernes ont choisi de tourner le dos à la laideur du siècle et se sont reclus derrière le rideau de la taïga, persuadés que la solution aux malheurs du monde n'est pas d'essayer d'en changer le cours par l'idéologie mais de réussir à le fuir le plus esthétiquement possible. Ce ne sont pas les derniers trappeurs, ce sont les nouveaux Dersou Ouzala.

Photographe indépendant depuis 1995, Thomas Goisque n’a eu de cesse de collaborer avec le Figaro Magazine, notamment en 2002 dans le cadre de l’ambitieux projet "Portes d’Afrique", mais aussi à de multiples reprises en Asie du Sud-Est, comme en Irak et au Chili.
Dans le cadre de ces sujets, Thomas Goisque a souvent retrouvé Sylvain Tesson, qu’il a photographié dans les pas des évadés du Goulag ou le long de l’oléoduc transcaucasien, ou bien voyagé en compagnie de l’illustrateur Bertrand de Miollis, qu’il avait connu à bord de la jonque Sao Mai.
On peut ainsi être un homme du large, prêt à partir à tout instant à l’autre bout du monde, et un homme du port, fidèle à ses amis et à ses proches.

Né à Paris en 1972, Sylvain Tesson découvre l’aventure lors d’une randonnée à VTT en Islande puis d’une expédition spéléologique à Bornéo en 1991. Depuis, il a accompli un tour du monde à vélo avec Alexandre Poussin alors qu’ils terminaient leurs études de géographie (On a roulé sur la terre-Pocket). En 1997, ensemble, ils ont traversé à pied l’Himalaya, du Bhoutan au Tadjikistan, en six mois (La Marche dans le ciel-Pocket et Himalaya,visions de marcheurs des cîmes-Transboréal).
Depuis, Sylvain Tesson a parcouru l’Asie centrale à cheval, d’Almaty à la mer d’Aral, en compagnie de Priscilla Telmon (La chevauchée des steppes-Laffont et Carnets des steppes-Glénat), et a participé à une tentative d’inventaire du patrimoine archéologique afghan à l’automne 2001 (Paris-Kaboul-Hoebeke).
Parti de Yakoutie en juin 2003, Sylvain Tesson a rallié à pied, à cheval et à vélo le golfe du Bengale sur les traces du Polonais Slavomir Rawicz qui, en 1941, se serait évadé d’un camp du Goulag soviétique (L'axe du loup-Pocket et Sous l'étoile de la liberté-Arthaud).
Un temps co-présentateur de l’émission « Montagnes » sur France 3, Sylvain Tesson a donné des centaines de conférences sur l’Himalaya et l’Asie centrale, et est l’auteur d’innombrables articles dans Paris-Match, Trek Magazine, Cheval Magazine, Animan, Le Figaro, Le Figaro Magazine, Grands Reportages et GEO.
Outre ses voyages, il pratique l’escalade, y compris des monuments de Paris et d’autres villes d’Europe.
À l’été 2006, il est reparti, pour longer à pied l’oléoduc transcaucasien (Éloge de l'énergie vagabonde-Éditions des Équateurs et L'or noir des steppes-Arthaud).
Il est, également l'auteur de deux recueils de nouvelles (Nouvelles de l'Est et Les jardins d'Allah-Phébus), d'un essai (Petit traité sur l'immensité du monde- Pocket) et tout dernièrement d'un recueil d'aphorismes aux Éditions des Équateurs.
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