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Le collectionneur des Mondes de Llija Trojanow (Buchet-Chastel-2008)

 

Majestueuse invitation au voyage, Le Collectionneur de mondes est une ouverture à l’autre dans ce qu’il a de plus dérangeant et de plus étranger.
Quand il débarque en 1842 dans le Bombay des négociants d’épices et de porto, des marchands d’opium et des courtisanes à la peau de cuivre et aux doigts agiles, Richard Francis Burton est un jeune officier anglais de vingt et un ans à peine... À sa mort en 1890 à Trieste, il est devenu l’aventurier le plus extravagant, le plus énigmatique et le plus captivant du XIXe siècle ; linguiste orientaliste maîtrisant vingt-neuf langues, grand amateur de perversions et de passions humaines, Burton est l’auteur de la traduction originelle (inégalée à ce jour) des Mille et Une Nuits.
Espion et génie du déguisement, il est le premier voyageur occidental à être entré dans La Mecque et Médine. Explorateur téméraire, il remontera les sources du Nil au péril de sa vie.
Un an après son décès, sa veuve, par peur de révélations « trop impies », décide de brûler ses livres et ses carnets. Tandis que tous ces mots s’élèvent en fumée dans le ciel de l’Adriatique, on en voit peu à peu ressusciter les personnages et les lieux arpentés ou hantés par cet homme mystérieux aux mille visages et à la curiosité insatiable : l’Inde, l’Arabie, l’Afrique orientale.
L’écriture sensuelle et poétique d’Ilija Trojanow nous convie à la découverte de l’existence inouïe de Richard Francis Burton ; il nous livre un formidable roman tout à la fois historique et d’aventures, librement inspiré de la vie de l’explorateur.

Ilija Trojanow est né à Sofia, en Bulgarie, en 1965. Il émigre en 1971 en Allemagne mais grandit au Kenya. Dans les pas de Richard Francis Burton, il visite la Tanzanie, étudie l’islam, fait un pèlerinage en Arabie saoudite et passe un an à Bombay avant d’entreprendre un long périple en Inde. Le Collectionneur de mondes, traduit à ce jour en seize langues, immense succès de librairie outre-Rhin (400 000 exemplaires vendus), est le premier roman de Trojanow à paraître en français.

Écoutons l'auteur parler de son cheminement géographique et littéraire qui a abouti à ce livre entre biographie romancée et aventure romanesque.

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Beijing Coma de Ma Jian (Flammarion-2008)

Tienanmen 20 ans après....

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La maîtresse des épices de Chitra Banerjee Divakaruni (Picquier-2002)

Un grand coup de coeur depuis sa parution

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Le petit voyeur de Sonallah Ibrahim (Actes Sud-2008)

 

Le narrateur du dernier roman de Sonallah Ibrahim est un garçon d’une dizaine d’année qui rapporte des scènes de sa vie quotidienne. Nous sommes au Caire, à la fin des années 1940. L’enfant vit seul avec son père, un fonctionnaire à la retraite qui a tout juste les moyens de subvenir à leurs besoins.
Renouant avec l’écriture objectiviste de son premier roman, Étoile d’août, Sonallah Ibrahim décrit le petit appartement à l’entrée d’une impasse, avec son mobilier misérable et les rares objets que possède encore le père, l’école du quartier et les jeux des enfants, le contexte politique, le régime déliquescent de Farouk, la guerre de Palestine (1948).
Le petit garçon déambule à travers les rues du Caire. La richesse des parfums et des couleurs de la ville tranche avec le dénuement de son existence. Il compile les détails, observe goulûment ce qui l’entoure. Car le "petit voyeur", c’est ce jeune narrateur qui voudrait pénétrer les mystères du monde des adultes. Qui aime épier la voisine qui s’épile au sucre, le voisin qui ne rentre pas tous les soirs, qui fait semblant de dormir pour écouter les grandes personnes discuter et qui partage le même lit que son père, dans un minuscule appartement à l’ameublement austère.
Portée par le regard candide de cet enfant, l’écriture précise et imagée offre une grande latitude pour se représenter très précisément ce que fut l’Egypte d’après-guerre.
En restituant au plus près le regard de cet enfant qu’il a été, avec ses peurs, ses angoisses et sa quête inachevée de sens, Sonallah Ibrahim place son lecteur dans la même position et l’oblige à reconstruire avec lui le sens de cette vie, page après page, et donner à son récit une charge émotionnelle exceptionnelle.

Né en 1937 au Caire, Sonallah Ibrahim a fait des études de journalisme. Arrêté avec des centaines d'autres militants de la gauche égyptienne en 1959, il ne fut libéré qu'en 1964. Journaliste en Egypte puis à Berlin, il est également l'auteur de romans scientifiques pour les jeunes. Il vit au Caire. En France ont déjà été publiés Étoile d'août (Sindbad, 1987) et, chez Actes Sud, Le Comité (1992), Cette odeur-là (1992), Les Années de Zeth (1993), Charaf ou l'Honneur (1999), Warda (2002).
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Les liens de sang de Ceridwen Dovey (Héloïse d'Ormesson-2008)

Un premier roman étonnant

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Le tigre blanc de Aravind Adiga (Buchet-Chastel-2008)


 

Le roman a pour cadre une série de lettres que Balram Halwai, le personnage principal, adresse au Premier ministre chinois à la veille de sa visite officielle en Inde, dans lesquelles il raconte son histoire.
Ses lettres sont une sorte de confession. Balram raconte comment il est devenu, à l'endroit où il est maintenant, un entrepreneur prospère à Bangalore, capitale de l'Inde high-tech au Karnataka et aussi un homme recherché par la police…
Balram est né dans le nord de l'Inde, dans l'état du Bihar, l'état, sans doute, le plus pauvre de l'Inde, dans un trou appelé Laxmangarh où son père, un tireur de rickshaw, est mort de la tuberculose. Ses parents ne se sont même pas donnés la peine de lui donner un nom: il suffit de l'appeler "munna" (garçon). Il vit dans un village aux conditions quasi féodales, cela signifie que tout est contrôlé par un très petit nombre de familles de propriétaires puissantes.
En fait, ce garçon est remarqué par l’un de ses professeurs, impressionné par son intelligence aussi rare que ce félin exceptionnel qu'est le tigre blanc. L'inspecteur promet d'obtenir une bourse et une bonne scolarité pour le jeune garçon.
Mais, peu de temps après, il est sorti de l'école, par sa famille, trop pauvre pour lui permettre de terminer sa scolarité, et placé dans une de ces innombrables petites échoppes de thé qui essaiment le long des routes du pays.
Balram met de l'argent de côté afin de prendre des leçons de conduite, ce qu'il considère comme une grande chance - et qui s'avère en être une, quand il obtient une place de chauffeur pour Mr.Ashok, fils d'un gros propriétaire local, dans ce village et finalement à Delhi, loin de sa famille. En plus d'être chauffeur, Balram acceptent des fonctions subalternes de plus en plus humiliantes et qui nourrissent son ressentiment: le nettoyage de la maison de son maître, aller chercher des bouteilles d'alcool pour lui mais aussi être forcé par son maître à accepter la responsabilité juridique de la mort d'un enfant renversé, par la voiture de service, que conduisait Miss Ashok, ivre, ce soir-là.
Et tandis qu'il conduit, au volant de sa Honda City, M. Ashok et Pinky Madam, de centres commerciaux rutilants en banques avenantes, d’hôtels de luxe en restaurants à la mode, Balram se rend compte des nouvelles immenses richesses et multiples opportunités qui l'entourent et lui rappellent qu'il ne pourra jamais faire partie de cette Inde prospère et rutilante du 21e siècle. L’autre Inde, cependant, celle des trente-six millions et quatre dieux, celle des castes, des cafards, des taudis, des embouteillages monstres, des affamés, des éclopés et des laissés-pour-compte de la "Shining India", finit par avoir raison de son honnêteté. Car, de serviteur fidèle, Balram basculera dans le vol, le meurtre et pour finir... dans l’Entreprise.
Ce crime innommable sera celui de son maître afin de mettre la main sur les énormes sommes d'argent que celui-ci transporte dans sa voiture afin de corrompre des fonctionnaires.

Des villages sordides des berges du Gange au nouvel eldorado sudiste et high-tech de Bangalore, le tigre blanc nous raconte la vie et le destin d'un des laissés pour compte du miracle économique indien qui fascine tant l'occident, à travers un conte moderne, amoral, cynique, irrévérencieux mais profondément attachant, écrit au scalpel.
Le Tigre blanc est, aussi, beaucoup plus qu'une simple critique sociale. L'Inde se révèle comme une nation profondément viciée. Et Balram est un antihéros complexe: vain, droit, et prêt à sacrifier quoi que ce soit, même sa famille, pour lancer sa propre entreprise.
Le roman dresse également le portrait d'une Inde corrompue lors des élections locales, ou dans la description effrayante du système scolaire, où l'enseignant vole l'argent du programme alimentaire des enfants et vend les uniformes sans que personne ne dénonce cela, parce que son salaire n'a pas été versé depuis six mois et que c'est tout simplement la manière dont le système fonctionne.

Aravind Adiga lui-même est né dans le sud de l'Inde en 1974 et y a vécu jusqu'à l'âge de 15 ans, au moment de son départ pour l'Angleterre, puis l'Australie et enfin New York avant de retourner dans son pays d'origine en 2003 comme correspondant pour le magazine Time. Il a été surpris de redécouvrir la réalité des classes inférieures: "Même dans la classe moyenne à Delhi, les gens ont trois ou quatre domestiques: un chauffeur, un cuisinier, quelqu'un pour s'occuper de vos enfants", explique Adiga. "Après mon retour, je suis allé dans un magasin d'alcool et ce fut une révélation. J'ai constaté que j'étais le seul gars qui achetait du whisky pour moi-même, tous les autres étaient des serviteurs qui venaient acheter pour quelqu'un d'autre". Aravind Adiga vit actuellement à Bombay.

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