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Les rendez-vous de l'Inde et du sacré de Dominique Rabotteau et Frédéric Soltan (La Martinière-2007)


 

Membre de l’agence Hoa-Qui, Frédéric Soltan a parcouru l’Inde pendant quinze ans avec sa compagne, Dominique Rabotteau, au contact d’une des plus anciennes civilisations du monde, l’Inde.
L'Inde, vaste sous- continent, a créé une civilisation originale qui a vu naître et se développer les plus grandes religions : l'hindouisme. le bouddhisme. mais également le jaïnisme et le sikhisme.
Cette terre millénaire, où cohabitent les croyances et où se mêlent les cultures, bien qu'aujourd'hui assoiffée de modernisme, reste toujours empreinte de spiritualité. De la naissance à la mort, la vie est ainsi rythmée de rendez-vous avec le sacré. Cette permanence du divin dans le cycle de l'existence constitue la trame de cet ouvrage dans lequel, à travers témoignages et rencontres, on peut suivre la jeunesse et ses rituels initiatiques, les célébrations et les fêtes de l'âge adulte, et enfin les rites de passage vers la mort.
La qualité du travail photographique de Frédéric Soltan restitue à merveille l'univers poétique de ce pays fascinant.
Dominique Rabotteau et Frédéric Soltan ont réalisé près de 80 films, « l'Inde des jours et des hommes », « L'Inde des Dieux et des hommes », « La déesse aux pieds d'argile », « Fortune de mousson », « Les colosses de Malabar etc… », tous ces films ont été diffusés sur les chaînes nationales France 3 et France 5.
Ces films et ces photos sont l'illustration de vraies rencontres avec des hommes et des femmes qui dans leurs tâches quotidiennes, dans leurs créations artistiques, dans leurs fêtes et dans leurs rituels, nous ont aidé à comprendre l'Inde, à en apprécier sa variété et sa vitalité.
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Le maître de l'amour de Samrat Upadhyay (Ed.Mercure de France-200)

Un romancier népalais à découvrir...

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Le charmeur de serpent de Sanjay Nigam (Ed.Philippe Picquier-2005)


Sonolal est un charmeur de serpent pratiquant cet art particulier à l'adresse des touristes, au pied du mausolée d'Humayun, à Delhi. Cela lui permet de faire vivre sa petite famille et d'entretenir avec une prostituée une relation régulière.
Un jour, alors qu'il charme son serpent avec une musique si belle que les dieux dressent l'oreille, son vieux cobra, épuisé, se révolte et l'attaque.
Furieux d'avoir, devant tant de gens, subit cet affront, Sonolal le mord si fort qu'il coupe en deux celui qu'il appelait son "fils".
De cet épisode fondateur vont découler les heurs et malheurs de notre charmeur car s'il devient célèbre par cet acte, il ne peut exercer son métier, mettant en péril le fragile équilibre qu'était sa vie.
À partir de ce moment là, nous allons suivre notre personnage dans ses tribulations tragi-comiques à la recherche, bien sur d'un serpent mais aussi d'une multitude de personnages loufoques qui vont l'aider à surmonter psychologiquement l'événement tragique.
Voilà un roman à la fois charmant, drôle, qui nous fait découvrir le milieu des petites gens de Delhi et celui des charmeurs de serpent que l'on croise régulièrement, au détour d'une rue ou d'un monument, lorsqu'on voyage en Inde.

Sanjay Nigam est originaire de Delhi. Il est professeur de médecine aux États-Unis. Il est l'auteur, également, d'un fort intéressant roman l'homme greffé (Le cherche-Midi-2005).
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Fous de l'Inde de Régis Airault (Ed.Payot-2002)

l'inde rendrait-elle fou?

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Le palais des miroirs de Amitav Ghosh (Ed.du Seuil-2007)


 

À Mandalay, en 1885, alors que le royaume de Birmanie s'écroule, offrant le triste spectacle d'un roi et de sa famille emmenés en exil par les Britanniques, Rajkumar, un orphelin indien de 11 ans, que le destin des pauvres a jeté sur les rives de l'Irrawaddy, prend sa décision: il sera riche et il retrouvera Dolly, la frêle fillette entrevue dans le Palais des miroirs, autre nom du Palais royal, partie avec le Roi et la Reine en Inde comme servante.
Ainsi se nouent les premiers fils d'une prodigieuse saga à la fois historique et familiale qui nous transporte au cœur de nations sur le déclin ou naissantes et qui ont pour nom: la Birmanie, la Malaisie et l'Inde.
Entre amour et souffrance, échec et réussite, guerre et paix, racisme et tolérance, succès et injustice, bravoure et lâcheté, A.Ghosh nous entraîne dans une ronde de sentiments au cœur d'une histoire toujours en mouvement: la colonisation Britannique de la région, les deux guerres mondiales, l'idépendance de l'Inde, et plus proche de nous la dictature en Birmanie.
Mêlant adroitement les personnages de fiction et des personnages réels, cette fresque foisonnante et épique tisse sur trois générations, jusqu'à nos jours, le portrait d'individus tantôt maîtres de leur destin, tantôt victimes de l'Histoire. Elle fait aussi le portrait de ces communautés indiennes qui, tant en Malaisie dans les plantations de caoutchouc qu'en Birmanie dans le commerce du bois, ont participé à l'essor économique de ces pays souvent à leur dépend.
Ce roman est donc aussi un voyage passionnant et réussi dans une région qui mérite toute notre attention car encore méconnue à l'heure actuelle.

Né en 1956 à Calcutta, historien et docteur en anthopologie, Amitav Ghosh vit aujourd’hui aux États-Unis. Également en Points :Les Feux du Bengale(prix Médicis étranger 1990) et Le Chromosome de Calcutta (prix Arthur C. Clarke 1997).
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Un père obéissant de Akhil Sharma (Ed.de l'Olivier-2003)

Un sujet rarement traité....

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La mémoire du corps de Shauna Singh Baldwin (Ed.du Seuil-2002)


 

Née à Montréal en 1962, S.S Baldwin a grandi en Inde et vit actuellement aux Etats-Unis.
Auteur de nouvelles, elle nous livre avec ce premier roman une histoire forte qu'elle situe au Panjab entre 1937 et 1948 (soit de l'Inde indivisée à la partition), au cœur de la communauté Sikh, une des composantes de la nation indienne actuelle.
L'histoire de ce roman est celle d'une jeune beauté de 17 ans, Roop, plutôt docile et ignorante qui se retrouve mariée, comme deuxième épouse, à un riche propriétaire Sikh, Sardarji, ingénieur diplomé d'Oxford. Plein d'ambition, celui-ci pense que le progrès, la modernisation et les valeurs britanniques sont une chance inespérée pour son pays.
Satya, la première épouse est stérile et Roop va prendre conscience, peu à peu, du rôle qu'on lui attribue, celui de faire des enfants. Son apprentissage de la vie sera semé d'embûches: sociale, affective avec son mari, relationnelle avec la première épouse, historique avec la partition.
Ce livre nous fait, avant tout, découvrir la condition de la femme indienne en général mais surtout de la femme Sikh avant l'indépendance. D'abord récit intimiste, le roman relate un quotidien aux rituels chatoyants mais aussi aux codes de vie des plus strictes pour une femme, à cette époque. Et, à mesure que l'histoire de la partition rejoint la saga familiale, le roman devient conte épique, peignant l'exode interminable, les massacres entre communautés et les femmes devenues martyres.
Ce magnifique et foisonnant roman dépeint, avec talent et une belle écriture, l'histoire de l'apprentissage d'une jeune fille, née dans l'ordre ancien et qui, devenue femme, sera confrontée à l'ordre nouveau d'un pays en devenir.
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Africa Trek 1 & 2 de Sonia & Alexandre Poussin (Ed.Pocket-2007)



Remonter l'Afrique à pied en longeant la vallée du Rift, tel est le défi que se sont lancés Sonia et Alexandre Poussin.
Partis le 1er janvier 2001, ils ont mis plus de trois ans à réaliser leur rêve. De l'Afrique du Sud à Israël en passant par le Zimbabwe, le Mozambique, le Malawi, la Tanzanie, le Kenya, l'Ethiopie, le Soudan ou encore l'Egypte, ils ont parcouru plus de 10 pays sur les traces des premiers hommes. De cette expérience, il en résulte deux livres à succès (Laffont puis Pocket et aujourd'hui un film intitulé "Africa Trek" et un album photographique inédit (Actes Sud).
Les carnets de route d'Africa Trek racontent cette expérience hors du commun, à la découverte d'un continent aux multiples visages. Sonia et Alexandre ont voyagé à l'africaine, à pied le long des pistes, de village en village, et ont dormi chez l'habitant. Cette façon de voyager, lentement, au rythme africain, leur a donné l'occasion de vivre des moments rares, souvent exceptionnels. Ils nous livrent un témoignage précieux, un regard sur l'Afrique loin du funeste triptyque "guérilla/famine /épidémie".
Accueillis par des centaines de familles, ils nous font partager, en quelques heures, quelques jours, le quotidien des Africains, leurs peines, leurs joies.
Mais Africa Trek, c'est aussi un voyage symbolique dans les pas de l'Homme. En suivant la grande fracture du rift, ils ont remonté tout le continent en passant par les berceaux de l'humanité. Du Cap de Bonne Espérance au lac de Tibériade, ils ont rencontré des paléoanthropologues, des archéologues et des ethnologues. Dans les pas des premiers hommes, Alex et Sonia revivent la migration originelle hors du continent africain, trois millions d'années plus tard. Vaste programme !
Parmi les dix pays que vous avez traversés, lequel vous laisse un souvenir impérissable et pour quelles raisons ?
S'il ne fallait qu'en retenir un seul, ce serait la Tanzanie, car il rassemblait peuples et nature dans une belle harmonie. Les Tanzaniens ne mendient pas et ne blâment personne sur leur état. Ils sont dignes. La corruption y est moins forte qu'ailleurs. C'est un pays en paix avec lui-même et la nature y est belle et sauvage.
Que retirez-vous d’une telle expérience ?
Le secret espoir que l'Afrique s'en sortira si l'on peut endiguer la fuite de ses élites, c'est-à-dire si on leur propose un avenir dans leur propre pays, si on contraint les dictateurs à le leur donner et à assurer une alternance démocratique plutôt que de faire des affaires louches avec eux, sur le dos de leurs peuples. L'Europe apporte beaucoup de contre-pouvoirs à ces petits trafics, et c'est bien.
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Une semaine de vacances de Jean-Marc Aubry (Ed.Guérin-2002)

Randonneurs de tous bords ayez pitié de votre guide....

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Comment chier dans les bois de Kathleen Meyer (Ed.Édimontagne-2001)


Voici, sans doute, le titre culte de la mouvance Outdoor aux Etats-Unis. Objectif: Préserver la nature de nos déchets et aider les générations de coureurs des bois qui buttent toujours avec autant de maladresses sur ces questions "au-dessous de la ceinture".
Car Kathleen Meyer parle enfin du secret le mieux partagé du "monde occidental" sur lequel règne un vaste silence: l'impact sur la nature, sur notre santé et sur celle de nos hôtes da la mauvaise gestion de nos matières fécales.
S'adressant au grand public et aux pratiquants (trekkeurs, alpinistes, randonneurs, campeurs, spéléologues), l'auteur nous oblige à prendre conscience du phénomène et à remédier à ce problème épineux grâce à une méthodologie très au point.
Ainsi les techniques décrites dans ce livre représentent une "somme" sur ce domaine top secret. Qu'elles soient invraisemblables, inimaginables, adaptables ou très directement utilisables, toutes marchent et répondent vraiment aux problèmes environnementaux que nous générons avec nos "déchets".
À la fois drôle (la description des mésaventures sont nombreuses) et pédagogique, la sortie de cet éco-guide lève un tabou et nous prépare beaucoup mieux à gérer notre contact à la nature, car faire ses besoins dans la nature relève aussi d'un comportement éthique.
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Le long été de Lorenzo Pestelli (Ed.Zoé-2007)


 

En Juillet 1965, flanqué de sa compagne et de leur deux filles, un paladin qui vient d'atteindre la trentaine et se nomme Lorenzo Pestelli s'apprête à entreprendre un imposant périple duquel émergera ce journal de voyage qu'est Le long été.
Fruit de 4 années de pérégrinations et de deux autres d'intense labeur, ce livre, réédité ce mois-ci, trente ans après sa parution, nous révèle un grand écrivain-voyageur et une inoubliable découverte littéraire.
Tout lecteur de cette œuvre est frappé avant tout par le foisonnement et la variété des registres de son écriture qui aboutissent à une œuvre d'une ampleur et d'un lyrisme à la fois envoûtant et baroque.
Pour mettre en valeur cette prose poétique, L.Pestelli va inventer des formes littéraires qui permettent de moduler, de rythmer les rapports du voyage et de l'écriture: piécettes, poèmes, haikus, scories, stèles, lettres, notes de voyage et notules qui s'articulent en une mise en scène audacieuse: "Je voudrais faire du Long été une sorte d'album musical et figuratif où il serait bon d'incruster même les odeurs, bonnes ou mauvaises, de chaque pays". Chine, Vietnam, Japon, Corée, Cambodge, Thaïlande, Malaisie, Bali, Java, Ceylan, Inde dravidienne, Népal, Tibet, Mer Australe…telles sont les étapes de ce jeu de massacre cruellement ponctué par d'heureuses exclamations tirées du livre des merveilles de Marco Polo.
Car L.Pestelli donne libre cours aux passions qui l'incitent à relever chaque détail et à la colère qui le suffoque. Nul trace de pittoresque, d'humour bon enfant mais plutôt un chant funèbre à la terre profanée, aux plaies qui défigurent, cruellement depuis des décennies déjà, ces latitudes qui l'auront tellement fait rêver: "Je dois tirer parti des immondices et des excréments, des doigts courbés et des tablettes votives. Tout peut servir au poème".
Ce voyage devenu itinéraire expiatoire lui permet de mêler ses thèmes les plus intimes aux affres de peuples menacés dans leur langue, leur culture, leur existence même, désarçonnés par un mal appelé dorénavant mondialisation.
Ce livre, véritable chant d'amour lucide et déchiré nous offre un point de vue des plus singuliers sur l'art du voyage: "Je continue à fuir pour échapper au spectre de la routine; même dans le mouvement perpétuel, la routine me persécute et les peines que j'endure me paraissent vaines. Et alors? Pourquoi me traînerai-je de temple en temple avec, au soir, ce problème de moustiques assoiffés de mon sang dès que le soleil s'effondre derrière l'horizon".

Mort accidentellement en 1977 sur une route marocaine, Lorenzo Pestelli a rejoint Nicolas Bouvier et Bruce Chatwin au panthéon des "étonnants voyageurs" et comme eux a contribué à enrichir cette littérature voyageuse par un style authentique et une vision du monde tout à fait singulière: "À la question: quand avez-vous commencé à voyager? Je ne puis que répondre: dans le ventre de ma mère, je fis déjà quelques beaux voyages et je dois ajouter que je n'ai jamais eu autant de confort pour voyager qu'en ce temps-là! À qui peut se le permettre, je conseille de voyager avant sa naissance!".
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Sylvain Tesson

le prince des aventuriers

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Œuvres complètes de Bruce Chatwin (Grasset-2005)


 

Bruce Chatwin est né à Sheffield en 1940. Il est mort en Janvier 1989 à Nice.
Après une enfance itinérante (la guerre et un père marin), il part à 13 ans seul en Suède. À 18 ans, il entre chez Sotheby's où il est surnommé "l'œil", car il ne se trompe jamais sur la rareté ou l'authenticité d'un objet.
Un matin, il se réveille à moitié aveugle. L'ophtalmologue ne décèle aucune anomalie organique et lui conseille d'aller "contempler de plus vastes étendues".
Ce qu'il fit jusqu'à la fin de sa vie, retrouvant la vue, en devenant le chef de file des écrivains-voyageurs, bien que lui-même ait récusé cette étiquette jugée trop réductrice.
Bruce Chatwin n'a cessé de publier essais, récits, romans, photographies, articles ou critiques en s'interrogeant sur le besoin incoercible de l'homme à bouger.
On retiendra, parmi ses nombreux récits: "l'Anatomie de l'errance", "Le Chant de pistes" et "En Patagonie" qui témoignent d'une écriture originale, porteuse d'un véritable humanisme.
On considère, à juste titre, Bruce Chatwin comme l'un des plus grands écrivains-voyageurs de ces dernières années.
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Dix balades à Alger de Philomène Bon et Karine Thomas (Éd.Le bec en l'air-2007)



320 pages pour ce guide de voyage culturel et pratique sur la ville d'Alger.
Les auteurs ont su mêler références historiques et architecturales, citations littéraires, anecdotes et conseils pratiques
De quoi (re)découvrir cette ville.
Dix itinéraires, à pied, sont proposés, détaillés et complets, par quartiers: Bab El-oued, Grande Poste, place des martyrs, littoral, etc..., illustrés par des photographies originales prises par satellite pour les quartiers.
On y trouve, enfin, des lieux incontournables de la ville: hôtels, restaurants ou Musées.

Philomène Bon est née en 1975. Diplomée en philosophie, son parcours concilie la production audiovisuelle, le journalisme et la réalisation documentaire.
Karine Thomas est née en 1972. Après des études d'histoire, elle enseigne à l'université Paris VII puis au lycée Français de New York. Elle est professeur au lycée international d'Alger de 2003 à 2007.
Karine Thomas et Philomène Bon se connaissent depuis l'enfance. Installées entre Alger et Paris, elles ont appris ensemble à parcourir la capitale algérienne qu'elles invitent le lecteur à (re)découvrir et à partager.
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À propos de Calcutta

Un nouveau monde d'Amit Chaudhuri (Philippe Picquier-2007)

 

Amit Chaudhuri était l'invité des rencontres littéraires de "Bombaysers de lille" en Octobre 2006 et faisait partie des 30 invités d'honneur au 27e Salon du livre 2007, qui mettait les Lettres indiennes à l'honneur.
Né à Calcutta en 1962, Amit Chaudhuri a passé son enfance à Bombay, avant d’étudier à Londres, à Oxford et enfin au St. John’s College (Littérature et poésie de langue anglaise) de Cambridge, en tant que boursier de la fondation Harper Wood.
Le prix Betty Trask et le Commonwealth Writers Prize du meilleur premier roman 1992 lui ont été décernés pour Une étrange et sublime adresse, ainsi que plusieurs autres par la suite, dont le prix de la Sahitya Akademi pour le roman de langue anglaise en 2002 (A New World). Il écrit des articles et des critiques littéraires dans divers journaux et magazines, parmi lesquels London Review of Books, Times Literary Supplement et Granta. Il a également produit une anthologie de littérature indienne en anglais et composé un recueil de poésies.

Ses première oeuvres traduites aux éditions Philippe Picquier forment un cycle:
Dans Une étrange et sublime adresse (2004), un jeune Bengali de Bombay retournait passer ses vacances dans sa famille, à Calcutta. Il en partageait la vie et les plaisirs, et aussi une espèce de torpeur mélancolique, ne s'animant que pour faire le portrait des amis, des relations, des voisins, toute une classe moyenne laborieuse et bavarde, dans l'air du temps de l'Inde d'aujourd'hui.
Dans Râga d'après-midi (2005), le narrateur a grandi et se retrouve étudiant à Oxford. Il y découvre le mode de vie à l'occidentale, les rapports différents (sentimentaux surtout) entre les êtres. Et il se souvient de son enfance à Bombay, quand sa mère et son vieux professeur (défunt) lui apprenaient la musique.
Freedom Song (2006), clôt le cycle : le héros se retrouve à Calcutta, de nouveau en famille. Il évoque ses souvenirs d'une jeunesse qui lui paraît déjà lointaine. Mais il se trouve aussi confronté aux problèmes de l'Inde : difficultés économiques, conflits interreligieux.

Dans ce nouveau roman Un nouveau monde, Amit Chaudhuri trace le portrait d'un enseignant d’économie dans une université américaine du Middle West, récemment séparé de sa femme, Jayojit, qui revient à Calcutta pour quelques semaines de vacances avec son fils. Ils partagent l’appartement de ses parents pendant que sur la ville pèse une étouffante chaleur d’été précédant la mousson.
Jayojit panse ses blessures amoureuses en se replongeant dans le monde de son enfance, bavarde avec le voisinage, erre dans la ville endormie sous le soleil de plomb. Le monde extérieur ne livre que ses rumeurs jusqu’à ce que la vie, enfin, reprenne son élan et son cours, la mousson venue.
Le portrait des parents de Jayojit, symbole de la classe moyenne indienne, est fort réussi ainsi que celui de cette ville de Calcutta et de ses habitants à propos desquels on sent poindre, de la part de l'auteur, une certaine ironie et dans le même instant beaucoup de tendresse.
L'écriture de Chaudhuri est extrêmement sensuelle et musicale, ce qui n'est pas un hasard. Comme l'illustre Rabindranath Tagore (un Bengali lui aussi, prix Nobel de littérature en 1913), l'écrivain est également un musicien qui, dans ses concerts, essaie de réaliser une fusion entre la musique indienne traditionnelle et certains courants occidentaux, le jazz, le blues, voire le rock.

Calcutta de Sarnath Banerjee (Ed.Denoël Graphic-2007)

 

La ville de Calcutta, qui sera après la chute de Delhi, à la fin de la dynastie des Moghols, le nouveau centre de la puissance politique et intellectuelle de l’Inde, a donné son nom à un étonnant roman graphique, un genre actuellement très prisé du lectorat indien. Son jeune auteur Sarnath Banerjee s’est fait connaître, il y a trois ans, avec Corridor, chez Denoël également, le premier graphic novel indien, de tous les temps.
Le succès inattendu de ce roman expérimental qui raconte la vie et les mœurs de petites gens à Delhi, a conduit Banerjee a se lancer dans une entreprise plus ambitieuse : donner à voir et à lire sa ville. Une cité cosmopolite où l’auteur s’enorgueillit d’avoir grandi:
Je veux que les gens découvrent ma Calcutta. La vraie. Pas la Calcutta-cliché, symbolisée par Mère Teresa. Ma Calcutta est toujours celle qui brillait quand elle était, avec Londres, la plus grande cité de l’Empire colonial britannique, comparable à Alexandrie ou Hong-Kong. C’est une ville cosmopolite, avec des Européens, des juifs, des Arméniens, des chinois. J’y ai grandi, entouré de vieilles boutiques débordant de livres anciens entassés depuis des dizaines d’années, provenant de toute la culture mondiale. Cela m’a ouvert l’esprit.
Mêlant les influences d’Hergé et de Tardi avec ma manière graphique des comics américains et des mangas japonais, sans oublier l’imagerie de la mythologie indienne, Banerjee met en scène une sombre histoire d’héritage dont les protagonistes vivent à cheval entre Londres, Calcutta et Paris.
L’intrigue a aussi des ramifications avec le Calcutta colonial. Ainsi on y rencontre des personnages hors du commun : un juif errant négociant en aphrodisiaques et amateur de turpitudes de boudoir, un jeune métis londonien au corps de Viking, des barbus excentriques et un mystérieux Digital Dutta, versé dans la nouvelle critique barthienne sans avoir vraiment jamais quitté les rivages de son Bengale natal.
C’est grâce à ce télescopage hilarant et ironique de cultures officielles et officieuses que Banerjee réussit à nous livrer le secret de sa ville. On voit enfin Calcutta telle qu’elle est, plurielle, babylonesque, à mille lieues des stéréotypes véhiculés par les Dominique Lapierre et les religieuses de la congrégation des Missionnaires de la Charité !

Original et prometteur, Sarnath Banerjee est l'un des rares jeunes auteurs indien reconnu, de bande dessinée. Avant de lancer sa carrière, Sarnath Banerjee quitte sa profession de biochimiste et devient provisoirement réalisateur de documentaires, soaps indiens, films dramatiques, puis monteur et producteur. Puis il étudie l'art et la communication au Goldsmith College de Londres.
Revenu en Inde, il trace des storyboards et illustre des romans pour différents écrivains avant de proposer ses compétences en bande dessinée, spécialisée dans le roman graphique, discipline totalement nouvelle. Mais dans son pays, la chose n'est guère aisée et Sarnath Banerjee rencontre plus souvent des portes qui se ferment et des sourires condescendants. À deux pas d'abandonner, il est sauvé par la bourse Macarthur, qui lui permet de faire aboutir son projet : arpenter sous les formes graphiques tous les mythes sexuels indiens... vaste sujet !
Trois ans plus tard, en 2004, paraît Corridor dans son pays. Succès et nouvelle parution en Europe cette fois. En 2006, Sarnath Banerjee est même invité au Angoulême. On le retrouve également en 2007 au Salon du livre, où il contribue à la diffusion de la culture indienne sous toutes ses formes littéraires.

Bengal Hot de Sarah Dars (Ed.Philippe Picquier-2007)

 

Quatre personnes meurent en même temps. Hôte de la famille d'éditeurs ainsi éprouvée, le brahmane Doc, envoûté par le charme vénéneux de Calcutta, séduit par l’humour des intellectuels du cru, et troublé par le magnétisme des femmes bengalis, laisserait volontiers les policiers démêler seuls cette affaire. Or, différentes étrangetés l'incitent à s'intéresser quand même au mystère de "l'épouvantable nuit".

Sarah Dars quitte pour la première fois le sud de l'Inde pour nous faire découvrir la ville de Calcutta. Toujours aussi brillante dans l'art de décrire les villes où se passent ses intrigues, Sarah Dars continue, à travers les aventures de son personnage, à nous faire visiter l'Inde et sa culture et principalement les villes indiennes pour lesquelles elle a une tendresse particulière.
Peut-être l'un des meilleurs de la série par l'originalité des personnages traités, par une description de la ville de Calcutta loin des images, négatives ou réductionnistes, colportées par certains auteurs français et par le personnage du brahmane Doc, érudit, coquin et délicat.

Sarah Dars fait des études de Lettres puis de langues et civilisations orientales (grec, russe, mongol), suivies d'un séjour en ex-Union soviétique et en Mongolie. À son retour, elle publie au Seuil La Petite Planète Mongolie (1979). Elle part pour le Koweit comme professeur de français et voyage en Irak, Iran, Afghanistan, Pakistan et Inde.
Après la découverte de l'Inde, elle ne cesse de sillonner le pays en tous sens. Peu à peu, les séjours touristiques alternent avec des séjours d'étude (sanskrit, philosophie, religion, mythologie).
Un certain goût pour la littérature policière et un goût certain pour l'Inde et les Indiens lui inspirent le personnage de Doc, un brahmane médecin et détective malgré lui. À ce jour, sont parus aux Editions Philippe Picquier sept romans policiers avec Doc comme héros.
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Nouvelles du Bengale (Magellan et Cie-2007)

Six monstres sacrés de la littérature bengalie

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En vol au-dessus de l'Inde de Nicolas Chorier (La Martinière-2007)


 

Nicolas Chorier a eu l'autorisation très rarement accordée de photographier l'Inde vue du ciel.
Cet ouvrage, le résultat de ces 10 années de voyage en Inde, rassemble les meilleures images du photographe vues depuis son cerf-volant: le Taj Mahal, les rivages du Kerala, Fatehpur Sikri, les temples de Khajuraho, les palaces du Rajasthan, des éléphants se baignant dans la rivière Periyar.
Pour accompagner ses clichés, Nicolas Chorier raconte son odyssée: La photographie par cerf-volant permet d'aller à la rencontre des gens, le cerf-volant est une véritable tradition en Inde; sa manière de photographier: Tout d'abord, je choisis un endroit propice, en général il s'agit de sites dégagés sans fil électrique. En ville, ça peut-être une place. Je fais décoller mon cerf-volant et je le fais voler tout seul jusqu'à 30 ou 40 mètres. Une fois que je le sens bien posé sur le vent, j'accroche la nacelle avec l'appareil photo et je redonne du fil à l'ensemble jusqu'à ce que l'appareil photo ait atteint l'altitude souhaitée. Une radio-commande dirige la nacelle, et je peux faire tourner l'appareil sur 360° et l'incliner jusqu'à 90 degrés. J'ai aussi un petit retour vidéo sur un moniteur. L'idée, c'est de faire des prises de vue à basse altitude, communément entre 5 et 200 mètres, quelques dizaines de mètres donnent souvent les résultats les plus intéressants; et ses expériences: Contrairement à un shooting depuis un hélico, où l'on ne fait que passer, là, c'est 1 ou 2 jours de travail à chaque fois. Chaque photo a une histoire ou est associée à des rencontres et à de la sueur. Je donne de moi pour chaque image.
À mi-chemin entre terre et ciel, ses photographies portent un regard poétique, intime et original sur cette Inde éternelle souvent photographiée mais ici revisitée d'un œil complètement nouveau. Un voyage inattendu au gré des vents à quelques dizaines de mètres au-dessus du sol.

Né en 1962, N.C est l'un des protagonistes de la photographie aérienne par cerf-volant. Depuis une dizaine d'années, il utilise cette technique dans le domaine de la recherche agronomique, de l'archéologie, du tourisme et des documentaires sur la vie sauvage. N.C a photographié l'Inde, le Brésil, la Malaisie, le laos, l'Ouzbékistan. Il a participé à des projets primés par l'Unesco. Son travail a fait l'objet de plusieurs expositions à travers le Monde.
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Rencontre du 21 Novembre 2007



La rencontre du 21 Novembre aura pour thème un voyage au pays des Nénetses de Sibérie.
Nous accueillerons, pour l'occasion Astrid Wendlandt.

Les Nénetses, le deuxième plus grand peuple autochtone de Russie, sont les plus grands éleveurs de rennes au monde et figurent parmi les derniers peuples du Grand Nord à avoir conservé leur mode de vie ancestral.
Astrid Wendlandt s’intéresse aux peuples du nord de la Sibérie depuis 2001. Journaliste pour l’agence Reuters à Paris, passionnée par la Russie, elle consacre tous ses loisirs à l’Arctique et passe depuis 2005 un mois par an chez les Nénetses, éleveurs du nord de l’Oural. En vue de l’écriture d’un livre, elle examine l’impact de l’explosion de l’industrie du gaz sur leur vie quotidienne. Elle se penche aussi sur d’autres menaces : le réchauffement climatique, les évangélistes baptistes, les braconniers russes et autres envahisseurs.

Projection numérique et conférence.

Affiche de la rencontre

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