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Nicolas Bouvier

le père-fondateur du "travel writing" moderne

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Au nord du Monde de Claude Villers (Ed.Denoël-2006)


 

Claude Villers a une conception bien à lui du voyage:il n'aime que les trains et les bateaux à vapeur qui sillonnent le Monde à petite vitesse.
Et l'un de ses périples favoris consiste à embarquer à Bergen, au sud de la Norvège, sur un vieux navire de l'Hurtigruten, la compagnie dont les express côtiers, depuis le 19è, relient entre eux, les ports, les villes et les fjords, jusqu'à Kirkenes, en Laponie.
Auteur éclectique, Claude Villers a publié une vingtaine de livres, dont plusieurs récits de voyage. Le voici qui nous embarque, au nord du monde. Son livre est le compte-rendu d'une de ses pérégrinations hivernales où il joue à la fois les Tintin intrépides et les Capitaine Haddock hédonistes.
En sa compagnie, on cabote du sud au nord du nord avec quelques escales savoureuses: Tromsö, Hammerfest, la grande ville la plus au nord du monde, plus de 10.000 âmes.
Claude Villers a de la patte et de la plume, le coup d'œil aussi: à chaque escale, il nous livre quelques jolis instantanés sans compter ces longues heures sur la passerelle, en compagnie du commandant, à contempler la mer qu'en homme libre il chérira toujours.
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Indiennes de Mahasweta Devi (Ed.Actes Sud-2004)


 

Dans ces six nouvelles, cet écrivain majeur des lettres indiennes fait passer son engagement en faveur des oubliés de l’histoire et de la société en proposant de magnifiques portraits de femmes.
Nous sommes bien loin de l’Inde rêvée, des saris flottants, des sourires radieux et des récits enveloppés dans une langue fleurie, mais la fascination est là. Mahasweta Devi, au fil de ces singulières histoires qu’elle conduit de manière énergique, ironique et parfois violente, tient au bout de sa plume plus que des portraits : elle se fait porte-voix pour toutes celles que leur rang écrase ou que des pratiques obscurantistes condamnent. “Rudali, les pleureuses”,“Dhauli”, “La chasse”, “Draupadi”, “Celle qui donnait le sein” et “La statue” mettent en scène des femmes de castes et d’origines différentes qui témoignent toutes de la position subalterne du sujet féminin dans la société indienne et sont victimes d’une oppression que l’auteur dénonce vigoureusement.
Alors que les castes articulent les rapports humains et sociaux, des cloisons encore plus restreintes enserrent les femmes. Captives de règles auxquelles elles ne peuvent échapper, chacune compose selon son tempérament.
Violentes et dérangeantes, ces singulières histoires sont contées sans sentimentalisme ni misérabilisme. L’écriture se met à l’écart de la fioriture, privilégiant une langue directe à l’ironie acérée qui est d’une redoutable efficacité pour l’exposition des tensions sociales.Une franchise et une crudité de ton qui mettent en valeur ces voix solitaires, ignorées par les livres d’histoire et les médias.

Mahasweta Devi est née le 14 janvier 1926 à Dacca, capitale de l’actuel Bangladesh, dans une famille de lettrés et d’artistes.
Mariée à vingt et un ans, elle exerce divers métiers allant du commerce de savons à l’emploi à la Poste indienne. Ayant repris ses études, elle devient enseignante d’anglais dans une petite université de Calcutta.
De 1956 à 1965, elle publie une vingtaine de titres de fiction, romans, nouvelles ou écrits pour enfants. Elle divorce en 1961 et, de 1966 à 1975, ne publie que neuf ouvrages. Femme de conviction et de terrain, elle partage son temps entre l’action militante et l’écriture Mahaswheta Devi compte aujourd’hui parmi les auteurs les plus lus en Inde. Elle a publié à ce jour une soixantaine de romans et recueils de nouvelles et jouit enfin d’une notoriété internationale désormais croissante.
Actes Sud a déjà publié en 2001 son plus célèbre roman La Mère du 1084.
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India Now,nouvelles visions de l'Inde contemporaine-Collectif (Textuel-2007)

De retour des rencontres photographiques d'Arles 2007

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Le moghol blanc de William Dalrymple (Ed.Noir sur Blanc-2005)


 

Dans la grande famille des écrivains voyageurs, il y a le clan très fermé des pèlerins érudits. Non contents d'arpenter le vaste monde, ils en explorent aussi les bibliothèques.
Écrivain et journaliste britannique, nourri d'une solide culture médiévale, William Dalrymple fouille ainsi l'Orient depuis une vingtaine d'années, chassant les âmes et les mystères, se glissant dans le secret des archives et des mémoires parce qu'hier est toujours dans aujourd'hui.
William Dalrymple a reçu le prix de l'Astrolabe 2005 à Saint-Malo pour l'âge de Kali, paru chez le même éditeur.
Là, loin de tout exotisme, c'était une Inde extrême, dans son quotidien comme dans ses mythes, qui se dévoilait à travers une succession de reportages.
Il nous propose cette fois un voyage sous forme d'enquête dans l'Inde du 18è siècle, reconstituant le destin du Major Kirkpatrick (1764-1805), Lord résident de la compagnie des Indes à Hyderabad.
C'est quand il traite du sous-continent indien que Dalrymple est le plus à l'aise. A force d'y vivre et de s'y perdre dans ses labyrinthes, il en a acquis une connaissance à la fois encyclopédique et intime.C'est dans ce cadre qu'il s'intéresse aux amours de cet homme jeune, 36 ans, et d'une adolescente de 14 ans, déterminée, dont le père était premier ministre du Nizam, le souverain du Deccan.
L'histoire, reconstituée à partir d'un volumineux courrier retrouvé après des recherches en Angleterre, en Inde, est diablement plus romanesque que bien des fictions. Mais son principal attrait est qu'elle revisite complètement la colonisation britannique. Elle nous la montre moins austère, moins guidée par le seul profit et plus libertine, voire dépravée qu'elle semblait l'être. Elle nous plonge dans l'univers des Moghols blancs, ces aristocrates anglais qui «se sont faits indigènes», comme on disait alors, se laissant peu à peu dévorer par l'Inde indo-musulmane comme par une superbe plante carnivore. Beaucoup finiront mal. Car, s'il y a d'un côté les délices des palais, la volupté de la vie, la beauté des femmes, il y a de l'autre la maladie, la déchéance et la mort.
Ces "Moghols" venus de la froide Angleterre auront aimé à la folie leur patrie d'adoption au point de s'opposer parfois aux intérêts de Londres.
À travers ce portrait historique, économique et religieux de l'Inde, W.Dalrymple continue l'exploration de ce sous-continent en reconstituant une tapisserie de personnages européens (Anglais et Français) et de grandes familles musulmanes d'Hyderabad au moment où l'Angleterre prenait définitivement en main le devenir de cette partie du Monde et cela jusqu'à l'indépendance du pays.
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Berlin-Moscou, un voyage à pied de Wolfgang Büscher (Ed.l'Esprit des péninsules-2005)


 

Journaliste à Geo, Die Welt, Die Zeit, Wolfgang Büscher (né en 1951), nous propose ce périple de 3 mois vers Moscou, à travers l'interminable plaine orientale: Allemagne, Pologne, Bélarus et Russie.
Avec un sac à dos réduit et l'esprit plein de livres, l'auteur a choisi l'itinéraire qu'empruntèrent bien des conquérants, Napoléon ou l'armée allemande... Berlin-Moscou, un pas après l'autre, presque 3 000 kilomètres en quatre-vingt-deux jours, avec au ventre une quête lancinante : Où commence l'Est ? A Berlin, Grodno, Minsk?
Berlin-Moscou, un voyage à pied est un récit de voyage dans la pure tradition littéraire de fameux bourlingueurs, écrivains- voyageurs comme Nicolas Bouvier ou Bruce Chatwin. Magnifiquement traduit de l'allemand par la romancière Cécile Wajsbrot, cet ouvrage raconte des histoires d'aujourd'hui, d'anonymes - Büscher parle de survivants - et convoque la « grande histoire », la guerrière de 39 ou la lamineuse communiste.
Pour son périple, Büscher emporte sur son dos l'essentiel : un seul vêtement de rechange, une carte de crédit, son beau stylo plume, des carnets Moleskine (encore vierges) - ceux-là mêmes que son maître Bruce Chatwin gardait dans sa poche...
Aux réflexes du marcheur solitaire, à la poésie qu'ont les paysages, s'allient les récits, ceux des rencontres faites sur le chemin (ici un curé en tee-shirt Versace, là un mafieux déguisé en James Dean, ou encore un mystique, qui lit de mauvais livres américains et soigne des arbres qui saignent) où les histoires d'hier se télescopent avec celles d'aujourd'hui avec des points communs: pays déchirés entre soviétiques et nazis, frontières chamboulées, destins tragiques, épiques ou sournois.
Et il marche, ignore la pluie, la faim, les ampoules, toujours au pied droit, jamais le gauche, sa puanteur, ignore presque son corps. Alors, pour tenir le défi, la cadence, il compte ses pas lorsque trop de lassitude le guette et se dicte une loi : Ne te retourne pas. Va plus loin, même si tu ne comprends pas. Tu comprendras demain.
Pendant que le corps se bat avec l'été, l'histoire et la politique poursuivent leur travail, écrivant le roman de la grande Europe. Un livre passionnant, sobre et intense à la fois.
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Les vigies du Nil de Olivier Bonnel (Lonely Planet-2007)

le Nil, fleuve mythique

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Vacances indiennes de William Sutcliffe (10x18-2005)

Une satire décapante so british

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Tamas de Bisham Sahni (Gallimard-2007)


 

Bhisham Sahni publia en 1972 ce roman qui fit polémique: il y racontait les violences intercommunautaires qui allaient mettre l'Inde à feu et à sang, avant son indépendance.
Né en 1915 à Rawalpindi, dans une partie du raj britannique qui allait devenir le Pakistan après la partition de 1947, Bisham Sahni est l'auteur de cinq romans, de recueil de nouvelles et pièces de théâtres. Il est mort en 2003 à New-York.

Tamas qui veut dire ténèbre en hindi, se situe au Pendjab. Il raconte l'histoire d'une petite ville où hindous, musulmans, sikhs vivent en harmonie sous l'autorité d'un administrateur britannique amoureux de l'Inde.
Et puis un jour, un sacrilège infâme va mettre le feu au poudre: une carcasse de cochon est déposé sur les marches de la Grande Mosquée, commandité par un provocateur musulman fanatique.
Dès lors, émeutes, massacres, vengeances vont se succéder entre musulmans et sikhs. La folie durera quelques jours jusqu'à ce que les vieux sages des différentes communautés ramènent le calme dans cette ville. Un calme bien précaire…
Tamas est un livre sur l'intolérance et les rejets imbéciles. Il est aussi une microanalyse de la partition à l'échelle d'un lieu-dit.
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BOMBAY-MUMBAI, Panorama littéraire provisoire

Entre fureur et tendresse...

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