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Mes chères tantes de Bulbul Sharma (Éd.Philippe Picquier-2007)


 

Après nous avoir emmenés au cœur des cuisines indiennes dans la colère des aubergines, son premier recueil de nouvelles succulentes, paru en 1999 chez Philippe Picquier, et l'un de nos coup de cœur de la littérature indienne durant ces années, Bulbul Sharma a décidé, pour la première fois, de permettre à ses héroïnes de quitter la maison où les femmes sont souvent confinées et réduites à exercer leurs tâches domestiques.
Occasion dans ce nouveau recueil de huit nouvelles de tracer des portraits comme autant de facettes de la femme indienne avec toujours un humour et une tendresse pour ces mères, épouses, sœurs ou filles à la force de caractère étonnante, force qui leur permet de changer leur destinée et de se libérer du carcan social où elles se trouvent prisonnières.
On retiendra, parmi ces nouvelles deux d'entres elles: La première le pèlerinage de Mayadevi qui raconte le voyage de Mayadevi, une dame de 75 ans, qui décide subitement d'aller à Londres voir un fils parti, il y a très longtemps sans pratiquement donner de ses nouvelles. Nous suivrons les préparatifs du départ, le voyage lui-même et la désillusion de la rencontre avec un fils occidentalisé, marié à une anglaise et éloigné de ses racines.
Grâce à des tirades féroces et percutantes, cette nouvelle montre tout le talent de conteuse de Bulbul Sharma.
La seconde s'appelle une très jeune mariée et raconte l'histoire d'une fillette de 8 ans qui quitte sa maison familiale à la suite d'un mariage arrangé avec un garçon de son âge.
Là encore, la découverte, par Mini, la petite mariée, de la maisonnée de sa belle-famille où elle sera condamnée à finir ses jours, est le prétexte à une critique sociale sans concession mais tout en délicatesse et émotions.
Après donc La Colère des aubergines, Bulbul Sharma et son humour narquois reviennent nous révéler ce qui se cache derrière les regards baissés et les saris aux couleurs chatoyantes. Du grand art.
Née en 1952, Bulbul Sharma est peintre et écrivain. Elle habite Delhi. Elle a publié trois recueils de nouvelles, The perfect Woman, Ager of aubergines and My Sainted aunts. Les deux derniers ont été publiés en français aux Editions Philippe Picquier sous les titres La Colère des aubergines et Mes sacrées tantes.
Bulbul Sharma travaille comme professeur d'arts plastiques auprès d'enfants handicapés. Auteur et illustrateur de A Book of indian birds, elle prépare un livre sur les arbres de l'Inde. Elle a publié également un grand nombre d'ouvrages qui n'ont pas encore été traduits en français.
Cet été, une grande exposition de ses oeuvres aura lieu à Londres.
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Nullabor de David Fauquemberg (Éd.Hoëbeke-2007)


 
David Fauquemberg et Éliane Bouvier

David Fauquemberg a reçu, au dernier festival "Étonnants voyageurs" à Saint-Malo, le premier prix Nicolas Bouvier, décerné par un jury composé, entre autres, d'André Velter et Gilles Lapouge, pour son livre Nullarbor aux éditions Hoëbeke.
Une consécration vite arrivée, pour un auteur français de 34 ans dont le livre, son premier, est sorti il y a à peine deux mois. Cette rapidité tranche avec le temps que David Fauquemberg a mis pour écrire son récit: six ans pour accoucher d'un livre rugueux aux dialogues cinématographiques et à l'écriture ciselée, parfois lapidaire. "J'ai écrit aussitôt en rentrant d'Australie, parce que j'avais besoin de donner du sens à ce tourbillon par lequel je m'étais laissé déborder. Comme un boxer qui aurait baissé sa garde au troisième round et voudrait comprendre comment il est arrivé KO au cinquième."
Normalien dans une autre vie, prof de philo le temps d'une unique rentrée avant de tout envoyer balader pour s'en aller promener, traducteur et auteur de guides de voyage, il dit avoir organisé sa vie autour du voyage. Un crapahuteur pédestre qui, depuis l'âge de vingt ans et une traversée de l'Atlantique à la voile et en solitaire, a pris le large et la tangente, pour aller au contact du monde et de ses citoyens.
Laponie, Californie, Andalousie, Patagonie, Cuba (sur quoi il est en train d'écrire son deuxième livre), sont ses terres d'élection. Ou encore l'Australie profonde, dont il a sillonné durant deux ans, en 1998-1999, chemin après chemin, mangrove après mangrove, le Grand Ouest baigné par l'océan Indien: " J'ai grandi dans le bocage normand, et ce n'est pas un hasard si je vais là où l'horizon va plus loin qu'à cent mètres. Je voyage parce que je recherche cet abandon, cette friction avec le monde. Pas pour me trouver, mais pour m'oublier."
Son livre est réaliste parce qu'il est dru, physique, viril. Nullarbor est un livre organique, dont la nature, hostile, est sans doute le personnage principal: un pays désertique, âpre, où les hommes sont aussi brutaux que leur environnement. À l'image de ces cow-boys éméchés dont la seule distraction est de cogner sur l'étranger de passage. Pas de chance, Fauquemberg a beau être normalien et guitariste de jazz et de flamenco, il a aussi pratiqué la boxe : la castagne ne lui fait pas peur. À l'image aussi de ces pêcheurs en haute mer de Fremantle, chez qui il s'engage comme mousse pour une campagne : quinze jours de tempête, d'horreur, de barbarie, sans même une minute de cette "fraternité virile" qu'a chantée, entre autres, Hemingway.
La fraternité, David Fauquemberg la trouvera auprès de familles aborigènes, les Bardi, pêcheurs de crabes dans la mangrove, de poissons depuis la terre ferme. Un peuple si longtemps opprimé, interdit de culture, nié par les autorités fédérales, qui a su malgré tout préserver son intégrité, ses rites, son imaginaire, ses traditions. Adopté par le vieux sage Augustus, qui tente de lui apprendre à pêcher, le jeune Français, surnommé Napoléon, se sent enfin bien, apaisé, chez lui. Mais, au pays des grands crocodiles, le bonheur ne saurait être que de courte durée.
Au fil de ces pages, où alternent descriptions fort réussies, épisodes dramatiques ou cocasses, on peine à croire que David Fauquemberg ait pu vivre tout ça pour de vrai.
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Les pintades à Téhéran de Delphine Minoui (Ed.Jacob Duvernet-2007)

Une autre vision de l'Iran

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le goût de l'Inde et le goût des villes de l'Inde sous la direction de Jean-Claude Perrier (Mercure de France-2007)


 

Né à Paris le 3 février 1957, Jean-Claude Perrier vit entre Paris et la Normandie. Il a fait des études littéraires très classiques. D’abord professeur de lettres, puis journaliste (il débute au Quotidien de Paris, en 1980), il devient écrivain et éditeur. Depuis l’adolescence, il prend la tangente, pour des voyages de plus en plus long.
Sa rencontre décisive avec l’Inde date de vingt-cinq ans.
Journaliste littéraire au Figaro littéraire et à Livres Hebdo, il a publié une histoire du journal Libération, un livre sur le cigare, des anthologies du général De Gaulle. Il est l’auteur d’une petite vingtaine d’ouvrages et dirige la collection Domaine indien au Cherche midi.
Il est également à l'origine des anthologies littéraires et voyageuses consacrées à l'Inde dans la collection "le goût de..." au Mercure De France.
L'Inde, sans avoir jamais renoncé à ses cinq mille ans d'histoire, de religion et de traditions, fait partie intégrante de notre univers culturel, politique et économique. Comprendre l'Inde du XXIe siècle, c'est donc (re)découvrir le Râmâyana, Le Mahâbhârata, le bouddhisme, le Gange, les castes, la médecine ayurvédique, les exploits des sâdhu, les mélos de Bollywood.
Voyage donc en compagnie de Henri Michaux, Amitav Ghosh, Dominique Fernandez, Raj Rao, Rabindranath Tagore, Catherine Clément, Anoushka Shankar, Pankaj Mishra, Sarah Dars, Arundhati Roy, Pierre Loti, Nicolas Bouvier, Salman Rushdie, Pier Paolo Pasolini, Kushwant Singh et bien d'autres.
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De soie et de sang de Qiu Xiaolong (Liana lévi-2007)


 

Le personnage fétiche de Qiu Xiaolong, l'inspecteur Chen Cao, dont c'est ici la cinquième aventure, est une des créations les plus originales du roman policier contemporain.
Flic intègre, mais pas trop tout de même, il ne pourrait survivre sans quelques compromissions et a besoin d'amis haut placés. Il s'efforce de louvoyer dans les méandres d'une société autoritaire et corrompue où les nouveaux riches étalent un luxe extravagant, où les trafics prospèrent tandis que la police a pour fonction essentielle non pas de faire régner l'ordre, mais de permettre au pays d'afficher une image honorable aux yeux de l'étranger.
Fin lettré et fin gastronome, Chen passe beaucoup de temps à table. Dans ce socialisme à la chinoise, cette société où la misère côtoie la richesse la plus arrogante, Chen Cao s'efforce tant bien que mal d'incarner la probité.
Dans De Soie et de sang, Chen Cao est chargé d'enquêter sur une affaire de spéculation immobilière. Pour redorer son blason, le gouvernement a décidé de faire un exemple en sacrifiant un M. Gros-Sous particulièrement véreux. Mais Chen Cao se doute bien que l'affaire est délicate, que ce n'est pas un procès qui viendra à bout de la corruption généralisée et que la collusion est telle, entre gangsters et hommes politiques, qu'il pourrait bien, s'il fait trop de zèle, servir de fusible dans cette histoire. Comme il peut difficilement refuser un ordre émanant directement du parti, il s'invente un alibi pour ne pas se voir confier l'affaire : un stage de formation littéraire auprès d'un érudit.
Mais à peine s'est-il éloigné de ses activités professionnelles qu'éclate la première affaire de meurtres en série qu'ait connue Shanghaï. De jeunes femmes sont retrouvées mortes à intervalles réguliers dans des lieux publics très fréquentés. Elles portent toutes pour seul vêtement un quipao rouge : une robe fourreau très moulante d'origine mandchoue, qui remonte à l'époque des Qing, dernière dynastie impériale. Pendant la Révolution culturelle, cette robe a également été le symbole honni de l'élégance bourgeoise, et il faudra remonter aux exactions du passé, notamment la période noire de la révolution culturelle, pour débrouiller le mystère.
Né en 1953 à Shanghai, Qiu vit son père stigmatisé comme ennemi du peuple parce qu'il avait créé une petite entreprise (ce que tout Chinois est invité à faire aujourd'hui). Il fut interdit d'école pendant plusieurs années et apprit l'anglais par lui-même avant de se passionner pour T.S. Eliot. Titulaire d'une bourse américaine, il se trouvait dans le Missouri, à Saint Louis, ville natale du poète, lors de la répression des manifestations de la place Tienanmen, en 1989. Par solidarité avec les étudiants chinois, il décida de récolter des fonds en vendant sur le campus de l'université des rouleaux de printemps de sa fabrication. Un poète aux fourneaux : l'image enchante une équipe de télévision qui passait par là.
La publicité intempestive que lui vaut le reportage lui attire de nouveaux ennuis avec les autorités chinoises : Qiu Xiaolong décide de s'établir aux Etats-Unis, où il enseigne depuis la littérature à la Washington University de Saint Louis.
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Kamtchatka, au paradis des ours et des volcans de Julie Boch et Émeric Fisset (Transboréal-2014)

Une balade en Extrême-Orient russe

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