Sept mers et treize rivières de Monica Ali (collection 10x18-2006)
Par Alain et Christine Londner, dans Lettres indiennes -# 23 - Fil RSS
Du côté de Brick Lane à Londres
De père bangladais et de mère anglaise, la romancière Monica Ali a trouvé refuge, avec sa famille, en Angleterre, en 1971, fuyant le conflit indopakistanais. Imprégnée d'une double culture, elle met en scène, dans une saga brillante, une femme confrontée à son destin et à ses propres choix. On suit les pérégrinations de Nazneen, une petite fille laissée pour morte à la naissance, mais que l'on retrouve ensuite à Londres dans le quartier de Brick Lane, mariée à Chanu, un gros homme ennuyeux qui pourrait être son père et ne lui laisse guère de choix hors de la soumission dans les tâches ancillaires. Peu à peu, Nazneen va prendre en main son destin.
Tout le roman oscille entre deux pôles, la prédestination et le libre-arbitre. D'un côté, un bébé considéré comme mort-né mais qui va vivre
parce que le Destin en a décidé ainsi. De l'autre, une femme qui prend le contrôle de sa vie et découvre que
dire nonne mène pas nécessairement à la catastrophe.
Il fallait de l'audace pour s'attaquer aux thèmes ancestraux du hasard et de la nécessité. Monica Ali s'en tire avec brio. D'abord parce qu'elle les traite avec une fraîcheur, un sens de l'observation et un humour qui font mouche. Ensuite parce qu'elle connaît ces questions de l'intérieur.
Brick Lane est le nom d'une rue de l'East End, en plein cœur de ce que les Londoniens appellent "Banglatown" - la rue où l'on sert les meilleurs lassi de toute l'Angleterre, et où les "Memsahib" (les Européennes) viennent acheter leur raïta pour leurs dîners exotiques.
Monica Ali ne ressemble guère à l'auteur d'un seul livre, à suivre donc…
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.