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FIN DE PARTIE



Après plus de 43 ans de librairie, dont 22 ans aux “Cinq Continents”, les libraires prennent leur retraite.

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La Presse et les radios locales

Les éditeurs et représentants

Les écrivains-voyageurs, les aventuriers, les dessinateurs et surtout les lecteurs et voyageurs, clients et amis qui nous ont fait confiance

Nous passons le flambeau à une jeune femme dynamique, passionnée de livres et de voyages, Magali Brieussel, à qui nous souhaitons bonne route et réussite.

Début Décembre “La Librairie Les Cinq Continents” deviendra “La Géosphère” ( www.librairiegeosphere.com ).

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N’oubliez pas que le prix du livre est unique: fixé par l’éditeur, le livre est vendu partout au même prix.

Lisez, voyagez, soyez curieux

Encore un grand merci à tous

Christine et Alain
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Le Courrier, la courroie, ta bonne lettre de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet (Zoé – 2017)


Ce titre énigmatique est tiré d’une lettre écrite par Nicolas Bouvier à Thierry Vernet en Octobre 1954 : « Le courrier, la courroie, ta bonne lettre, trois objets de transmission, de communication, qui assurent le fonctionnement, la bonne marche d’une machine qui, sans eux, serait en panne… »
Depuis l’âge du collège, Nicolas Bouvier (1929-1998) et Thierry Vernet (1927-1993) ont rêvé ensemble d’accords majeurs avec le monde, par le voyage et par la création. L’un devient écrivain, l’autre peintre : en mots et en images, ils diront ce que l’on ne peut connaître qu’une fois.
La Correspondance des routes croisées (Zoé), l’ensemble des lettres que Nicolas Bouvier et Thierry Vernet se sont écrites dès le lycée à Genève jusqu’à la parution de L’Usage du monde en 1964 à Paris, a rencontré un vif succès.
Au cœur de cette correspondance, donc, l'Usage du Monde, son élaboration, sa genèse, le travail d'écriture et de peinture, le tout dans une liberté de conception absolue doublée d'une assurance inébranlable. Cette liberté qui sera sans doute pour beaucoup dans l'accueil enthousiaste que le public fait au récit, de nos jours encore.
De Cologny à Paris, de Kaboul à Colombo, de Tokyo à Genève, leur correspondance est un fil tendu entre deux vies mises en commun. Nourrie de l’expérience de la route, elle exprime aussi la beauté d’une aventure humaine, celle d’une amitié sans réserve.
Cette correspondance, exceptionnellement fournie, qui unit les deux compagnons voyageurs, témoigne de cette relation constante, intense et marquée au sceau d'une fidélité sans faille.
Afin d’en rendre l’accès plus large encore à ceux qui découvrent Nicolas Bouvier et ne souhaitent pas se lancer dans un volume complet de correspondance, les éditions Zoé publie, en poche, les lettres que s’écrivent les deux amis dès que leurs routes se séparent, à Kaboul, jusqu’au moment où ils se retrouvent à Ceylan, c’est-à-dire d’Octobre 1954 à Mars 1955. Dès lors, leurs lettres, qui se font « chronique », « journal » ou « récit », sont destinées à combler un manque, à rétablir le contact, à entretenir la relation.
La descente de l’Inde par Nicolas Bouvier, la découverte de Colombo et Galle par Thierry Vernet qui souhaite rejoindre sa fiancée Floristella Stephanie à Galles pour s’y marier, sont racontés dans le cadre de leur forte amitié et de leur stimulation mutuelle pour l'écriture du côté de Nicolas et l'image pour Thierry Vernet.
Vernet arrive le 26 Octobre 1954 à Colombo, où Floristella débarque le 16 Novembre. Ensemble, ils s’installent à Galle, dans le sud de l’île, logeant d’abord dans la famille de Nandadara, un Ceylanais qu’ils ont rencontré dans la capitale, puis à la Guest House du fort de Galle, au 22, Hospital Street. La date du mariage est fixée au 16 Mars 1955. Bouvier a prévu d’y assister et de rester quelques semaines avec le couple. L’enjeu, pour lui, sera de parvenir à temps à Galle pour être le témoin de la cérémonie. La « descente de l’Inde » se fait haletante….
Thierry et Floristella laisseront Nicolas Bouvier seul à Galle à partir d’Avril 1955.
Le cas des lettres de Ceylan (de mai à octobre 1955), passionnantes lorsqu'elles retracent, à son complice, de quoi sont faites ses journées à Galle, est sans doute le plus intéressant, parce que Bouvier les a utilisées pour l’écriture du Poisson-Scorpion, opérant des réécritures à partir des lignes qu’il avait envoyées à Vernet plus de vingt ans auparavant, et qu’il avait demandé à son correspondant de lui restituer dans ce but.
Les lettres de Bouvier à Vernet ne sont donc pas seulement des traces d’événements vécus, ou des sources de renseignements sur le contexte de production de l’œuvre, mais bien une ressource que l’écrivain a employée pour la composition de son œuvre littéraire, à l’instar de carnets de notes ou d’un véritable journal, dont elles ne sont, stylistiquement, pas si éloignées.
On peut dès lors mesurer l’écart qui sépare un texte appartenant à la sphère intime d’un texte plus strictement littéraire, destiné à la publication.
Cet ouvrage est un aperçu du « Making of » de L’Usage du monde de Nicolas Bouvier, l’oeuvre du XXe siècle choisie pour l’agrégation 2018.
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Norilsk de Caryl Ferey (Guerin – 2017)


Un grand auteur de la Série noire découvre la Russie dans un contexte extrême : une cité minière que l'on dit la plus polluée au monde et à -30°C...
Grand voyageur, Caryl Ferey n'avait pourtant jamais été en Russie. Encore moins en Sibérie. Il n'aime pas le froid. Mais il a dit oui à deux jeunes éditrices.
Et il s'est retrouvé embarqué dans une aventure sans égal : découvrir Norilsk, cité minière, considérée comme la ville la plus polluée du monde, la plus froide, à trois cents kilomètres au-dessus du cercle polaire. Un ancien goulag, fermé aux touristes et aux Russes, accessible uniquement sur autorisation du FSB. Et avec dans son bagage un livre de Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie.
Au retour de ce voyage pas comme les autres, Caryl Ferey livre un récit qui oscille entre l’enquête gonzo et le roman noir au ton très enlevé.
Avec « la Bête », son fidèle compagnon de voyage et incroyable personnage de roman, borgne muni d’un bandeau de pirate, grand buveur d’alcools, s’excitant volontiers dès qu’une femme est dans les parages, et guidés par leur jeune interprète affectueusement rebaptisée Bambi, ils montent sur les toits pour voir l’âcre fumée envahir la ville, écument l’unique bar de la ville, se découvrent de nouveaux amis auprès des mineurs de fond (dont certains se révèlent d’impressionnants artistes photo), recrachent du renne séché et se laissent envahir par l’ambiance émouvante de cette ville où tant d’âmes sacrifiées les entourent intensément.
Norilsk est un livre très drôle, un peu déjanté et franchement caustique. On y retrouve un Caryl Ferey au mieux de sa forme et de son écriture.

Dopé au rock Caryl Ferey se lance à 17 ans dans l’écriture d’une saga "romantico-destroy" : un pavé impubliable, sorte de road-movie à la Mad Max, magnifiant les aventures et les excès de son adolescence bretonne. L’excès est l’un des leitmotiv de sa vie : il en fera l’éloge en 2006 dans un court recueil de textes publié par Gallimard.
Méprisant le "confort bourgeois", avide de mouvement, de rencontres, Caryl Ferey s’embarque sitôt majeur dans un tour du monde qui le conduira en Océanie, sur les traces du grand Brel, autre figure importante de son panthéon personnel.
Il tombe alors amoureux de la Nouvelle-Zélande : le "pays du long nuage blanc" sera dix ans plus tard le décor des deux thrillers au lyrisme brutal et aux dialogues ciselés, Haka (1998, "ressuscité" chez Folio Policier en 2003) et Utu (2004), qui l’imposent dans le milieu du polar français. Loin des clichés édéniques, ces deux romans mettent en scène les durs à cuire Jack Fitzgerald et Paul Osbourne, flics des antipodes, en butte aux relents du passé colonial du pays du "kiwi" et aux violences du libéralisme à tout crin des années 1980.
Après le Prix SNCF du polar français reçu en 2005 pour Utu, Zulu, dont l’action se situe cette fois dans l’Afrique du Sud post-apartheid, lui vaut en 2008 une ribambelle de distinctions : Prix des Lecteurs des Quais du Polar de Lyon, Grand Prix du Roman Noir Français au festival du film policier de Beaune, Prix Nouvel Obs du roman noir, Prix des lectrice du magazine Elle... Une adaptation pour le cinéma est présentée a Cannes en 2013, gros succès.
Caryl Ferey sévit régulièrement sur les ondes : il écrit de nombreuses pièces radiophoniques pour France Culture. En novembre 2008, la station a notamment diffusé en direct sa fiction « Crevasses », une création post-apocalyptique mêlant théâtre, musique, rap et slam, à laquelle ont collaboré la rappeuse Casey et l’écrivain Jean-Bernard Pouy.
Friand d’expérimentations, Caryl Ferey s’est également frotté à Internet, en écrivant le texte de la web-fiction Muti proposé sur le site du Monde lors de la Coupe du Monde de football de 2010 : un véritable roman-feuilleton interactif entrainant l’internaute dans les bas-fonds de Cape Town...
Après Mapuche en 2013, un nouvel opus noir et déjanté sur la communauté indigène Mapuche en France et en Amérique du Sud, il publie une « suite » qui n’est pas une suite mais un prolongement de l’univers sud-américain avec un nouveau polar Condor (Gallimard – 2016), roman engagé entre résistance et poésie, écrit dans une très belle langue, transportant dans une enquête menée à tombeau ouvert dans les grands espaces chiliens…
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Aux sources du Nil, Carnet de voyages en Ouganda et en Éthiopie de Nicolas Jolivot (Elytis – 2017)

Une merveille de carnet de voyage....

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Voyage ordinaire de Christian Garcin, Denis Dailleux, Charles Fréger, Ambroise Tézenas, Jérôme Blin (Le Bec en L’Air – 2017/09) SORTI


Quatre photographes, Charles Fréger, portraitiste des communautés et de leurs signes d'appartenance (Yokainoshima, Actes Sud, 2016) ; Ambroise Tézenas, reconnu pour son travail sur les mutations urbaines et sociétales (Tourisme de la désolation, Actes Sud, 2014) ; Denis Dailleux qui poursuit un travail passionné sur l’Égypte (Mères et fils, Le Bec en l’air, 2015) ; Jérôme Blin, remarqué pour sa série « Les Adolescents » en 2013 et un écrivain, Christian Garcin publié en cette rentrée chez Actes Sud, livrent leur vision du « voyage ordinaire », de New Delhi au Caire.
Chaque jour, partout dans le monde, des voyageurs ordinaires se déplacent à pied, à vélo, à moto, en auto, en métro, en rickshaw… Ils ont inspiré quatre photographes et un écrivain qui interrogent la notion de « voyage ordinaire ».
Charles Fréger poursuit son inventaire des groupes sociaux et religieux en photographiant les rickshaws scolaires de New Delhi.

Ambroise Tézenas trace la route entre Bangalore et Bombay dont il fait émerger l’ordinaire beauté.

Denis Dailleux révèle la banlieue chaotique du Caire avec sa série de « portraits au tuk-tuk ».

Jérôme Blin dessine un Saint-Nazaire nocturne et mystérieux entre docks et lotissements.

Quant à Christian Garcin, avec une nouvelle inédite, il nous transporte dans les rues de Jaipur où il fait d’étranges rencontres…
Un livre de voyage original, qui met en avant les modes de transport quotidiens de différents pays avec 60 photographies en couleurs.


Né en 1975, Charles Fréger est diplômé des beaux-arts de Rouen. Il se consacre à la représentation poétique et anthropologique des groupes sociaux tels que les sportifs, les écoliers, les militaires, etc. Ses travaux proposent une réflexion sur l'image de la jeunesse contemporaine.
Fondateur du réseau Piece of Cake (www.pocproject.com) et de la maison d’édition POC.


Né à Paris en 1972, Ambroise Tézenas est diplômé de l’Ecole d’Arts Appliqués de Vevey (Suisse) en 1994. Basé à Londres puis Paris, il travaille en tant que photojournaliste pour la presse française et internationale, voyageant à de nombreuses reprises en Asie du Sud Est, en Amérique Centrale et Amérique du Sud.
À partir de 2001, il choisit de se consacrer à la photographie de paysage et commence un travail de longue haleine sur la ville de Pékin alors en pleine mutation à la veille des Jeux Olympiques de 2008.
Son livre Pékin, théâtre du peuple, reçoit le Leica European Publishers Award for Photography en 2006 et lui apporte une reconnaissance internationale.
Publié par plusieurs éditeurs européens et traduit en sept langues, ce projet fut exposé à de nombreuses reprises en Europe et en Asie, notamment au Rencontres d’Arles ou au Kunsthal Museum de Rotterdam.
En 2009, il reçoit le Nikon Story Teller Award lors du PDN Photo Annual (USA) pour ses photographies de Cuba, reportage commandé par le New York Times Magazine dont il est un collaborateur régulier depuis 2007.
Finaliste du Prix de l’Académie des Beaux Arts et nominé au Prix Pictet en 2012, le travail d’Ambroise Tézenas fait partie de nombreuses collections privées à travers le monde ainsi que de la collection publique de la Bibliothèque Nationale de France et du Musée Français de la Photographie de Bièvres.
Sa dernière monographie I was here, tourisme de la désolation qui explore l’intérêt croissant pour les lieux de drames à la lueur du monde contemporain, est publié en 2014 en coédition franco-anglaise chez Actes Sud et Dewi Lewis Publishing.
Représenté par la galerie Mélanie Rio, son travail est régulièrement publié dans la presse internationale dont le New York Times ou le New Yorker et apparait dans plusieurs ouvrages collectifs sur le paysage européen.


Denis Dailleux, né en 1958 à Angers, vit au Caire depuis une quinzaine d’années, une ville qui inspire inlassablement son travail photographique. Artiste représenté par l’agence VU’, la galerie Camera Obscura à Paris et la Galerie 127 à Marrakech, il a reçu de nombreux prix nationaux et internationaux (World Press Photo, Prix Hasselblad).
Il est l’auteur remarqué de plusieurs livres sur l’Égypte : Habibi Cairo. Le Caire mon amour (Filigranes, 1997), Le Caire (Le Chêne, 2001), Fils de rois. Portraits d’Égypte (Gallimard, 2008), Impressions d’Égypte (La Martinière, 2011), Égypte. Les Martyrs de la révolution (Le Bec en l’air, 2014), Mères et fils (Le Bec en l’air, 2014), Ghana (Le Bec en l’air, 2016).
Portraitiste confirmé, il travaille la plupart du temps au format 6 x 6, en couleurs ou en noir et blanc.


Né en 1973, Jérôme Blin vit et travaille à Nantes. Issu du monde paysan, il a travaillé quelques années dans le milieu industriel, avant de devenir photographe.
Il est co-fondateur du collectif de photographes bellavieza, qui oeuvre sur Nantes et sa région depuis 2008. Son travail photographique se développe autour de deux univers qui parfois se rencontrent.
Dans le quotidien et l'intimité de la cellule familiale, ses photographies interrogent la notion de filiation et sont des reflets sensibles pour chacun.
Il aime à mettre en scène et valoriser les "héros ordinaires", il parvient à faire émerger de ces personnes au quotidien « quelconque », une poésie et une singularité forte. Après avoir rendu hommage au monde rural, par son regard délicat et sensible, en photographiant ses parents, ses grands-parents et sa famille en général, il a effectué plusieurs séjours en Chine, au Québec, au Togo, au Sahara Occidental, qui furent l'occasion d'autres explorations photographiques.
Depuis peu, il revient travailler en milieu rural ou dans ces zones péri-urbaines, « ces non-zones » aux abords des grandes métropoles, pour y construire des histoires sensibles peuplées de sa propre histoire, des rencontres qu'il y fait. Sa photographie, alors, navigue entre réel et fiction. Le doux parfum de l'ennui ressort de ces adolescents que l'on croise, ses tableaux révèlent une certaine mélancolie, et de certaines images ou suite d'images, se dégage une tension liée aux lieux, aux objets qui construisent le récit.
Sa série Les adolescents a reçu le Prix du jury des Zooms 2013, a été projetée aux Rencontres d'Arles 2014 et a été exposée à au Japon.
Il a intégré le studio Hans Lucas en juin 2015.

Christian Garcin est né en 1959 à Marseille. Son œuvre, publiée essentiellement chez Gallimard, Stock et Verdier, est constituée de romans qui tissent entre eux de subtils liens narratifs, de recueils de nouvelles, de récits de voyage, de poèmes, d’essais ainsi que quelques livres inclassables (lexiques, évocations littéraires ou picturales…).
Au Bec en l’air, il est l’auteur d’un livre de photographies, Le Minimum visible (2011) et d’un texte qui accompagne les photographies de Yusuf Sevinçli (collection Marseille(s), 2014).
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De la ville à la jungle, une aventure au Pérou de Slovia ROGINSKI (Elytis – 2017/10) SORTI


C’est à un voyage sans concessions, au plus près de l’âme du Pérou, que nous convie Slovia Roginski.
Après avoir effectué un long périple de six mois en Asie du Sud-Est, pour saisir l’architecture des villages traditionnels, la carnettiste-voyageuse décide de s’immerger dans une culture dont elle ignore tout.
Son ambition est de vivre au contact de la population et de comprendre les méthodes de construction de l’habitat ancestral, en évitant toujours les sentiers balisés où le tourisme s’engouffre.
La carnettiste voyage à l’instinct, une boîte d’aquarelle et des feuilles volantes sous le bras. Elle aime prendre le temps d’observer, de s’éloigner. Il lui faut en effet partir explorer les lieux les plus reculés et difficiles d’accès pour découvrir ces maisons fascinantes et des traditions restées authentiques. Le dessin lui ouvre les portes des villages où les habitants lui offrent généreusement l’hospitalité, un repas au coin du feu, ou pourquoi pas de l’alcool de yucca servi dans une carapace de tortue !
Pourtant, rien ne se passera comme prévu. Le voyage la guide vers des chemins escarpés où les tourments seront nombreux. L’aventure est bien au rendez-vous.
De la descente hasardeuse des rivières à l’attaque de loup, des conditions climatiques difficiles dans les hauteurs jusqu’à une expérience chamanique déroutante en forêt tropicale, Slovia Roginski vivra un voyage intense où les rencontres humaines dépassent les frontières linguistiques et culturelles.
Slovia Roginski est une dessinatrice de grand talent alliant rigueur et sensibilité. Elle restitue ici avec crayons et couleurs toute la lumière de cette aventure péruvienne.

En 2012, son diplôme d’architecte d’intérieur de l’école Boulle de Paris en poche, Slovia Roginski part pour 6 mois en Asie du Sud-Est. Elle parcourt Malaisie, Thaïlande, Cambodge, Laos et Vietnam afin d’y étudier les différents habitats traditionnels. C’est avec un regard sensible aux usages qu’elle a tenté de restituer une architecture vernaculaire qui tend à disparaître, remplacée par la tôle ondulée et le béton. De ce voyage, elle a rapporté plus de 200 croquis et aquarelles, rassemblant architecture et habitants, instants de vie et traditions.
Un carnet de voyage a été réalisé à partir de cette expérience, « Au coeur du Laos », publié aux éditions Elytis en 2015. Il plonge le lecteur dans la vie quotidienne du pays et tente de saisir l’âme de ces maisons fascinantes, à l’aide de textes explicatifs, de croquis, de plans ou encore de photographies.
Slovia Roginski a reçu pour ce livre le Prix spécial du jury 2015 au festival du Carnet de Voyage de Clermont-Ferrand, puis le Prix Phileas Fogg de Pessac en 2016.
Installée aujourd’hui à Paris comme architecte d’intérieur, la globe-trotter a poursuivi son exploration des modes de vie en Amérique latine au cours de l’été 2015. Son carnet de croquis en poche, elle a traversé le Pérou et la Bolivie, loin des sentiers battus et dans des environnements contrastés, des hauts plateaux à la forêt amazonienne.
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Trois coqs sur la banquise de Dominique Potard (Paulsen Guerin – 2017)

La suite du "Port de la mer de glace"....

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Tokaido 53, À scooter, sur les traces de Hiroshige de Philippe Delord (Élytis – 2017)


Philippe Delord enfourche son scooter pour nous faire découvrir la mythique route du Tokaido et ses cinquante-trois étapes. Cette Route 66 du Japon qui relie Tokyo – anciennement Edo – à Kyoto serpente au centre du Japon sur près de cinq cents kilomètres.
Pèlerins, nobles et travailleurs journaliers qui empruntaient cette route ont été immortalisés dans deux ouvrages emblématiques de la culture japonaise à l’époque Edo que Philippe Delord emmène avec lui : le livre de Jippensha Ikku, À pied sur le Tôkaidô et le recueil d’estampes de Hiroshige, Les cinquante-trois vues du Tôkaidô.
Le vieux Tokaido est encore très présent dans la mémoire japonaise. Pourtant, sa trace physique se perd aujourd’hui dans le labyrinthe urbain.
Au fil de son voyage, Philippe Delord recherche les traces du vieux Tokaido dans le Japon contemporain, et dessine sur ses carnets les cinquante-trois étapes du trajet. Le carnettiste évoque sa perception du nouveau Tokaido sous forme de dessins réalisés au jour le jour.
Ces dessins accompagnés de textes nous entrainent sur le « chemin d'un monde flottant », entre la mémoire d'un passé qui s'efface et la réalité du Japon d'aujourd'hui. Entre reportage et journal de voyage, ces planches s’assemblent à la manière des meishozue ; ces guides des lieux célèbres illustrés de gravures, très populaires à l’époque Edo.

Philippe Delord est peintre et illustrateur, il travaille et habite à Tours. Il a déjà publié plusieurs ouvrages consacrés à sa région ou à ses voyages.
Carnettiste de grand talent, travaillant essentiellement sur le vif, il a réalisé de nombreux carnets de voyages et expose régulièrement.
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Wilfred Thesiger, Gentleman explorateur de Christophe Migeon (Editions Paulsen - 2017)

La biographie du dernier grand aventurier et explorateur du XXe siècle, sur les traces des dernières civilisations abyssiniennes....

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La sélection d’Aravind Adiga, Traduit par Annick Le Goyat (Buchet Chastel – 2017)

 
Si seulement une douzaine de pays jouent ce jeu, et seulement cinq d'entre eux le jouent bien dans le monde, scotchant un milliard de personnes devant leur poste de télévision pour suivre la coupe du monde, le cricket est, bien sûr, une excellente façon d'écrire sur les rêves brisés, à la fois personnels et nationaux, des indiens.
En tant que tel, il n'est pas nécessaire de connaître le jeu pour apprécier ce roman finement raconté par Aravind Adiga, Booker Price 2008 pour le Tigre Blanc (10x18).
Le lecteur appréciera donc le ton de l'auteur à travers tout le roman : sombre, mordant et tranchant.
Les fils de Mohan, Radha Krishna et Manjunath, âgés de 14 et 13 ans lorsque le roman s'ouvre, sont destinés à devenir des sportifs exceptionnels.
Pour Mohan Kumar, un pauvre vendeur de chutney d'un village misérable du Karnataka, qui a rejoint la marée humaine cherchant sa fortune à Mumbai, le cricket est, pour ses fils, la meilleure porte d’entrée pour se hisser socialement.
Mohan Kumar et ses fils vivent toujours dans le bidonville de Dahisar où ils ont atterri en arrivant à Mumbai mais sans la mère des garçons qui a disparu. Sa véritable aspiration, cependant, est de faire de ses fils les deux meilleurs batteurs du monde. Il étudie et élabore des théories - alternativement ingénieuses et excentriques - sur tous les aspects de l'éducation mentale, technique et physique des joueurs de cricket en supervisant tous les moments de la vie de ses fils, examinant leurs parties génitales chaque semaine et veillant à l'application d'un régime de formation qui comprend la marche comme un canard et éviter le sucre, les filles et le rasage, car Mohan Kumar est déterminé à ce que ses garçons gagnent une place parmi l'équipe d'élite de Mumbai.
Manjunath Kumar est le plus jeune des fils de Mohan Kumar. Il sait qu'il est bon au cricket, sans doute meilleur que son frère aîné Radha Krishna qui vient d'intégrer les "Jeunes Lions". Mais Manju est un garçon intelligent, passionné par les sciences et qui rêve de devenir médecin légiste, un métier qu'il a découvert dans sa série préférée "Les Experts".
Alors que Manju est en classe de huitième, il est à son tour découvert par un recruteur. Ce dernier reste pourtant sceptique à investir sur un deuxième Kumar car les chances pour deux frères de devenir de très grands joueurs ne sont pas assurées, d'autant que ce sont les fils d'un homme plutôt excentrique. Pourtant, dès que le jeu de Manju est remarqué et qu'il explose les records, il commence sérieusement à faire de l'ombre à Radha.
Mais leur spectaculaire ascension et le combat qu’ils mènent pour s’extraire de leur condition va radicalement basculer lorsque Manju se lie avec une autre jeune star du cricket, grand concurrent de son frère, Javed Ansari, un bon musulman d'une famille aisée qui choisit de s'éloigner du cricket et veut que Manju le suive. L'attrait de Manju pour Javed, et sa conscience des barrières entre eux, est subtilement et souvent étonnamment exploré.
Il semble courageux et important d'aborder le sujet de l'homosexualité non seulement dans le sport, mais dans le contexte du code pénal indien, qui, comme le cricket, est un héritage de la domination britannique. Aravind Adiga écrit avec émotion sur la confusion de l'adolescent au sujet de la reconnaissance de son orientation sexuelle et des réponses - condamnation, abus, sympathie condescendante – qu’elle provoque.
Alors que l’adolescence et les mues qui l’accompagnent questionnent l’identité et les aspirations des deux garçons, le lecteur les observent avancer, dans un perpétuel mouvement de balancier : ils gagnent du terrain, en perdent, sous le joug d’un père honni qui alimente chez eux un désir de vengeance sans fin.
La Sélection est le quatrième roman d'Aravind Adiga. À travers ce roman, l’écrivain nous transporte une nouvelle fois à Mumbai mais cette fois-ci en nous faisant découvrir le monde du cricket, côté face mais surtout côté pile.
C’est un grand roman d’apprentissage, mais aussi un grand roman sur l’Inde, vue et comprise à travers le prisme de ce sport étonnant qui façonne les gloires nationales et les destins universitaires de ses rares élus, véritable miroir des aspirations et des limites d’une société en pleine transition.
On y retrouve le sens de la saga et de la profusion qui avait tant séduit dans Le Tigre Blanc, la rage d’avancer, de sortir de la pauvreté à tout prix – le tout conté avec un lyrisme teinté de drôlerie, un réalisme aussi et un sens du baroque qui font toute la saveur d’un texte qu’on ne lâche pas.
Aravind Adiga a souvent été comparé, notamment avec Le dernier homme de la tour (10x18), à Charles Dickens, mais La Sélection rappelle un romancier victorien très différent: Thomas Hardy.

Fils de médecin, né à Chennai (anciennement Madras) en 1974, Aravind Adiga grandit à Mangalore. En 1991, sa famille émigre à Sidney, il possède toujours la double nationalité. Il suit des études d’agriculture en Nouvelle-Galles du Sud avant de se rediriger vers des études de littérature anglaise à New-York puis à Oxford, au Magdalen College que fréquenta Oscar Wilde.
Pourtant c’est comme journaliste financier qu’Aravind Adiga commence sa carrière. Collaborateur du Financial Times, The Independant, The Wall Street Journal entre autres…
Embauché ensuite comme correspondant en Asie du Sud par TIME, il y reste trois ans avant de devenir journaliste indépendant et de profiter de cette liberté pour se lancer dans l’écriture de son premier roman, Le Tigre blanc, lauréat du Man Booker Prize en 2008.
En Inde, le roman fait scandale. Aravind Adiga dérange, et on le lui fait savoir. A la question de ses origines aisées, supposées lui interdire d’écrire sur ce qu’il ne connaît pas, les classes pauvres du pays, il répond avec beaucoup de sens : « Je ne crois pas qu’un romancier ait à écrire seulement sur ses expériences personnelles. Oui, je suis le fils d’un médecin, oui, j’ai reçu une éducation rigoureuse et formelle, mais selon moi le défi du romancier c’est d’écrire sur les gens qui sont totalement différents ».
Il est le cinquième auteur indien à remporter le prix après Salman Rushdie, Arundhati Roy, Kiran Desai et V.S. Naipaul.
Aravind Adiga signe ici son quatrième ouvrage, après Le Tigre blanc, Les Ombres de Kittur et Le dernier homme de la tour, tous chez Buchet Chastel et en 10x18.
Chef de file de la jeune littérature indienne, il vit aujourd’hui à Bombay.
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Dans le désert de Julien Blanc-Gras (Au Diable Vauvert – 2017/09)

Julien Blanc-Gras au pays de l’or noir

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La Colère de Kurathi Amman de Meena Kandasamy (Plon – 2017)

 
Comment transformer un drame en fiction ? Pourquoi écrire sur une tuerie qui a eu lieu il y a plus de quarante ans en Inde et sur ses quarante-quatre victimes oubliées par l’histoire ?
L'histoire a été inspirée par un massacre réel à Kilvenmani, un village du district de Tanjore dans le Tamil Nadu. Le 25 décembre 1968, 44 femmes et enfants ont été assassinés par des propriétaires de castes supérieures, pour avoir participé à une grève organisée par les communistes pour améliorer les salaires et les droits fondamentaux des travailleurs agricoles dalits.
À l'époque, l'idéologie marxiste gagnait en popularité parmi les dalits ou les intouchables privés de droits, qui travaillaient dans les rizières dans des conditions brutales. La révolution verte a également commencé à modifier irrévocablement la production alimentaire, à stimuler les récoltes mais à obliger les agriculteurs à dépendre des engrais toxiques vendus par les sociétés américaines.
Dans la version fictionnelle de cette tragédie, qui s'appuie sur des documents historiques et des interviews de survivants, les travailleurs agricoles sont en grève après que les propriétaires ont tué un leader populaire communiste. Ceux-ci essaient de les intimider au travail: ils imposent des amendes débilitantes, utilisent la police pour les intimider et agressent sauvagement les femmes dalit. Mais les gens affamés du village de Kilvenmani sont résolus dans leurs revendications pour la justice.
Alors les propriétaires envoient une escouade d’hommes de mains pour attaquer Kilvenmani, regroupant des dizaines de villageois dans une seule hutte et y mettent le feu. Pendant ce temps, beaucoup de villageois qui ont perdu des proches dans le massacre sont envoyés en prison.
Le roman ne plonge pas dans les mondes intérieurs des personnages ni ne possède de protagoniste réel. Mais Meena Kandasamy, une poétesse acclamée par la critique, essaie d'immortaliser l'histoire de la lutte d'une communauté entière.
À travers les voix aussi diverses que celles des intouchables ou des propriétaires terriens, l’auteure décrit ce massacre, se plaçant sous le patronage de l’irascible déesse Kurathi Amman.
Au-delà de l’émotion et de la colère provoquées par ces faits, l’auteure pose la question de la fiction et de ses limites en n’hésitant pas à malmener son lecteur.
C’est aussi un roman sur le processus de narration de ces événements. Le livre est divisé en quatre chapitres et dans les deux premiers, «Situation» et «Sols fertiles», l'auteure traite des différentes façons de raconter un récit.
Meena Kandasamy (en supposant que le narrateur et l'auteur soient les mêmes) réfléchit sur ses choix narratifs au fur et à mesure qu'ils se font, s'adresse directement à ses lecteurs pour les informer qu'ils n'obtiendront pas ce qu’ils espèrent. Parfois, elle parodie le style de la propagande d'un côté ou de l'autre du conflit entre les propriétaires et les ouvriers exploités.
Dans la seconde moitié du livre, les chapitres "Champ de bataille" et "Lieu de sépulture" forment un compte rendu puissant des événements, aidé par une écriture lyrique et sans concession.
Ce roman tendu, entre rage contenue, lyrisme et humour grinçant, nous donne un aperçu des forces qui ont contribué à la création de l’Inde moderne.
Un roman coup de poing dans sa forme comme dans son témoignage par la nouvelle voix forte de la littérature indienne.

Meena Kandasamy (né en 1984) est une poétesse, un écrivain de fiction, une traductrice et une militante indienne basée à Chennai (Tamil Nadu) en Inde. La plupart de ses œuvres sont centrées sur le féminisme et le mouvement anti-castes.
À partir de 2013, Meena a publié deux recueils de poésies, Touch (2006) et Mme Militancy (2010). Deux de ses poèmes ont remporté des distinctions dans les compétitions de poésie en Inde.
De 2001 à 2002, elle a édité The Dalit, un magazine bi-mensuel anglais alternatif du Dalit Media Network.
Elle a également représenté l'Inde au programme d'écriture internationale de l'Université de l'Iowa.
Outre ses œuvres littéraires, elle parle de diverses questions politiques contemporaines liées à la caste, à la corruption, à la violence et aux droits des femmes. Elle a une présence influente et régulière dans les médias sociaux, grâce à ses outils Facebook et Twitter, qu’elle utilise comme plate-forme politique. Elle écrit également, occasionnellement, des articles pour Outlook India et The Hindu.
Mais devenir le visage féministe de la protestation indienne peut avoir ses inconvénients notamment être victime de menaces explicites.
Ces menaces ont renforcé la conviction, de Meena Kandasamy selon laquelle la violence joue un rôle social «universel» en Inde, malgré sa réputation de pacifisme: « Le propriétaire pense qu'il va discipliner les Dalits. Le père pense qu'il discipline l'enfant désobéissant. Le mari pense qu'il discipline la femme déviante. La violence devient une action pour le bien général, pour enseigner. »
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Métamorphoses de l’Inde depuis 1947 de Emmanuel Derville (Ateliers Henri Dougier – 2017)

De l’indépendance en 1947 au géant économique de 2017, quels changements majeurs l’Inde a-t-elle vécus ?

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La légende des montagnes qui naviguent de Paolo Rumiz (Arthaud – 2017)


Huit mille kilomètres au fil des Alpes et des Apennins, cette colonne vertébrale de l'Europe. Paolo Rumiz nous embarque pour un voyage au long cours entre le printemps 2003 et l’été 2006.
De la baie de Kvarner en Croatie jusqu'au Capo Sud italien, il chevauche les deux grands ensembles montagneux de l'Europe, passant par les Balkans, la France, la Suisse et bien sûr l'Italie.
Parti de la mer, il arrive à la mer. Son récit vogue sur les cols et sommets dont les flancs plongent dans les ondes.
Rumiz, devenu capitaine, nous élève vers ces montagnes qui naviguent. Il nous fait découvrir des vallées sans électricité, des gares de chemin de fer habitées par des mouflons, des bornes routières de légende, des bivouacs sous la pluie au fond de cavernes ; et puis des curés braconniers, des gardiens de refuge, des chanteurs à la recherche de leurs racines comme Francesco Guccini ou Vinicio Capossela.
Des rencontres aussi avec l’alpiniste Walter Bonatti, les écrivains Ryszard Kapuscinski et Mario Rigoni-Stern, des politiques tels que Jörg Haider, précurseur des populismes européens.
Ce voyage, il le parcourt à bord d’un merveilleux véhicule de l’après-guerre, la Tipolino, la même qu’avait déjà utilisé Nicolas Bouvier lors de son périple conté dans l’Usage du monde. Comme lui, Paolo Rumiz voyage lentement, fuyant la plaine, les centres commerciaux, les autoroutes, les goûts et les modes de vie approuvés par la mondialisation et bien trop homogénéisés.
La légende des montagnes qui naviguent est aussi une analyse géographique, culturelle et sociologique de la péninsule italienne.

Paolo Rumiz est originaire de Trieste, l'ancien port de la marine austro-hongroise.
Les Triestins sont les derniers spécimens d'une civilisation engloutie, la Mitteleuropa, et d'une ville d'écrivains, de langues italienne, slovène, allemande, hébraïque: Umberto Saba, Italo Svevo, Boris Pahor, et aujourd'hui Claudio Magris. L'auteur du magnifique Danube est le voisin de Paolo Rumiz. Ils se croisent le soir, lorsque Magris sort son chien.
Trieste est une ville de province, mais elle a longtemps été le "sismographe de l'Europe". Paolo Rumiz en a ressenti les secousses. Il est né le 20 décembre 1947, le jour où la région fut coupée en deux zones pour stopper l'appétit de Tito. Le même jour, soixante ans plus tard, les accords de Schengen abolissaient les frontières intérieures. Paolo Rumiz ne s'en est pas remis, il a perdu ses marques. A ses yeux, elles garantissent les différences et sont une invitation au voyage.
Paolo Rumiz est atteint, chaque année, d'un étrange syndrome, l'inquiétude migratoire : « Chaque printemps, chaque automne, lorsque les couleurs et les odeurs changent, je suis saisi par une furieuse envie de partir. J'éprouve la même fébrilité que les canards de Sibérie, lorsqu'ils font leur toilette en ébouriffant leurs plumes, avant de filer vers le Grand Nord. Peut-être est-ce une nostalgie nomadique immémoriale? »
Paolo Rumiz est considéré comme un des plus grands écrivains italiens contemporains. Journaliste vedette à la Répubblica, il arpente l’Europe dont il a parcouru toutes les frontières, de l’Arctique à la mer Noire (Aux frontières de l'Europe – Folio, 2011). Reporter de guerre, il a traversé les Balkans ; écrivain-voyageur, il a franchi les montagnes à l’Ombre d’Hannibal (Folio, 2013), descendu le cours du Pô (Hoebëke, 2014) et a séjourné plusieurs mois sur une île de l’Adriatique (Le Phare, voyage immobile, Hoebëke, 2015).
Rumiz est l’auteur d’une douzaine de livres, tous best-sellers mondiaux.

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L'ascension du Mont Blanc de Ludovic Escande (Éditions Allary – 2017)


Ludovic Escande est plus habitué aux salons littéraires qu’aux bivouacs en haute montagne. Éditeur de profession (chez Gallimard, collection Blanche et directeur de L'Arpenteur), il rêvait depuis l'enfance de gravir le mont Blanc. Rêve impossible pensait-il.
Un soir (nous sommes au printemps 2014), il confie à son ami Sylvain Tesson qu’il traverse une période difficile alors qu’il est en pleine procédure de divorce. L’écrivain lui lance : « Mon cher Ludovic, on va t’emmener au sommet du Mont Blanc ! ».
Guidé par Sylvain Tesson (c’était avant sa chute) et Jean-Christophe Rufin, deux amis écrivains de longues dates, l'éditeur novice va ainsi effectuer l'ascension d'un sommet légendaire via la voie du Goûter, périlleuse pour un débutant. Mais c’est le plus court chemin pour retrouver goût au bonheur.
Entre temps, deux amis de Sylvain vont les rejoindre : le grimpeur Daniel Du Lac, montpelliérain, champion du monde d’escalade en 2007 et 2008, guide de haute montagne de part le monde et Christophe Raylat des éditions Guérin.
Ludovic Escande n’a jamais pratiqué l’alpinisme et souffre du vertige, de crises d’angoisse prononcées et de biens d’autres maux : « Je fume un paquet de cigarettes par jour, je m’endors grâce aux somnifères, je calme mes angoisses avec des anxiolytiques et je bois plus que de raison ».
Pourtant il accepte, sans réfléchir. S’il veut atteindre le toit de l’Europe, il devra affronter les glaciers à pic, les parois vertigineuses, la haute altitude et le manque d’oxygène.
Pari réussi malgré de dures et éprouvantes épreuves…
Mais Ludovic Escande n’en a pas fini avec les hauteurs car le récit se termine en haut des tours de Notre-Dame-de-Paris, après une escalade à 3h du matin, en compagnie de Sylvain Tesson, l’homme-araignée dont il trace un portrait attachant tout au long de ce périple.
Avec sincérité et humour, Ludovic Escande raconte cette folle ascension qui est aussi et surtout une formidable aventure amicale, littéraire et spirituelle.

La caméra sur l'épaule, Christophe Raylat va suivre deux jours durant l'ascension de la joyeuse cordée recueillant les témoignages émouvants de ces auteurs en quête de hauteurs...
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Les huit montagnes de Paolo Cognetti (Stock – 2017)


Il y a une filiation naturelle entre Le garçon sauvage : carnet de montagne (Zoé, 2016) qui reparaît en 10/18, la chronique d’une retraite volontaire dans un chalet d’alpage du Val d’Aoste qui nous avait tellement enthousiasmés (une excellente raison pour recevoir Paolo Cognetti en Mai 2016), et Les huit montagnes, roman d’initiation situé lui aussi dans ce coin des Alpes et qui célèbre à travers des souvenirs à la première personne, la montagne et les montagnards.
L'histoire se déroule des années 80 à nos jours.
L'ouvrage de Paolo Cognetti relate l'histoire de Pietro, un jeune garçon solitaire et rebelle. Il vit à Milan avec sa mère, qui travaille comme conseillère sanitaire en banlieue, et son père, chimiste. Des parents unis par une passion commune, fondatrice: les montagnes, où ils se sont rencontrés et mariés.
L’été de ses 11 ans, ses parents louent une maison à Grana, dans le Val d’Aoste, la vallée que surplombe le majestueux Mont Rose. Là-bas, Pietro se lie d’amitié avec Bruno, un jeune vacher, qui n'a jamais quitté ces hauteurs et qui l’initie aux secrets de la montagne. Tous deux parcourent inlassablement les alpages, forêts et chemins escarpés, explorant les maisons abandonnées et les sentiers secrets de la montagne. Des marches source d’une indéfectible amitié, reprise à l'âge adulte, après une longue interruption d'une bonne quinzaine d'années, sans qu'elle ait rien perdu de sa ferveur ni de son intensité.
Cette parenthèse estivale est aussi l’occasion de découvrir une autre facette de son père : homme taciturne et colérique à Milan, celui-ci se transforme en père attentionné et montagnard passionné dès qu’il franchit le col du Grenon.
À 16 ans, Pietro passe un dernier été à Grana avant de prendre ses distances avec son père, Bruno et la montagne pour aller chercher d'autres montagnes et d'autres défis à travers le monde.
C'est après la mort de son père, qui lui a légué un terrain dans la montagne, que Pietro construira une maison traditionnelle en compagnie de Bruno devenu maçon. L'occasion pour lui de marcher et grimper dans les traces de ce père qu'il va redécouvrir au gré de ses pérégrinations dans ces belles montagnes du Val d'Aoste.
Ce texte d’inspiration autobiographique, hymne à l’amitié et à la nature, nous plonge au cœur de la montagne, personnage à part entière, devenue refuge pour ceux qui rejettent le monde moderne.
Dans une langue à la fois lyrique, précise, poétique, évocatrice et dépouillée, Paolo Cognetti mêle l’intime à l’universel et signe un magnifique roman d’apprentissage et de filiation qui touchera le cœur de tous ceux qui, un jour, ont cherché leur place dans le monde.
Un texte aussi beau que ceux de Mario Rigoni Stern, à qui on pense en le lisant et dont Paolo Cognetti parle avec ferveur, souvent, dans ses interventions publiques.

Né en 1978 à Milan, Paolo Cognetti est un des plus prometteurs représentants de la nouvelle génération d’écrivains italiens.
Après des études de mathématiques, il s’oriente vers le cinéma et produit plusieurs documentaires littéraires et sociologiques. C’est en 2004 qu’il se tourne résolument vers l’écriture et publie son premier recueil de nouvelles : Manuale per ragazze di successo.
Souvent parti en vadrouille, le jeune Milanais a deux points de chutes favoris, pourtant très différents : Aoste et ses montagnes, où il aime passer de longues périodes loin de la vie urbaine et de la modernité, et New-York, décor final de son premier roman et ville à laquelle il a consacré un guide et un récit de fiction.
Paru en italien en 2012 et finaliste du prestigieux Prix Strega, Sofia s’habille toujours en noir est publié en France par les éditions Liana Levi en 2013. Au cours de dix chapitres qui sont autant d’instantanés autonomes de la vie de Sofia et de son entourage, l’écrivain joue avec son lecteur en changeant systématiquement de point de vue, l’invitant à suivre cette femme complexe, angoissée et fascinante, dressant également le portrait contrasté de l’Italie des 30 dernières années.
Le garçon sauvage : carnet de montagne aux éditions Zoé est résultat de l’une de ces fuites en montagne qui ponctuent la vie de l’auteur. Paolo Cognetti, 30 ans, étouffe dans le quotidien stressant de la vie milanaise, et décide de s’échapper : paysages de printemps, sommets enneigés, solitude méditative et rencontres de montagne constituent les étapes de ce court récit et nous invitent à une évasion bienvenue, une respiration d’une grande beauté.
Pour les italianophones impatients, Paolo Cognetti a récemment publié un art poétique de la nouvelle, une réflexion sur l’acte d’écriture: A pesca nelle pozze più.

Un jury de 400 jeunes âgés de 16 à 18 ans a décerné le Strega Giovani, l’équivalent italien du Goncourt des lycéens au livre Les huits montagnes de Paolo Cognetti en Juin dernier, suivi du prestigieux Prix Strega, l’équivalent du Goncourt en Italie, le 6 juillet. Un sans faute pour ce magnifique livre.
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LES RENCONTRES DE NOS AUTEURS À LA COMÉDIE DU LIVRE 2017 - ALEXANDRE KAUFFMANN

POUR "STUPÉFIANTS" (FLAMMARION)

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LES RENCONTRES DE NOS AUTEURS À LA COMÉDIE DU LIVRE 2017 - CÉDRIC GRAS

POUR "LA MER DES COSMONAUTES" (PAULSEN)

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LES RENCONTRES DE NOS AUTEURS À LA COMÉDIE DU LIVRE 2017 - CLAIRE MARCA ET OURIDA NEKKACHE

POUR "ALGERIE GOURMANDE" (LA MARTINIÈRE)

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LES RENCONTRES DE NOS AUTEURS À LA COMÉDIE DU LIVRE 2017 - ELISA SHUA DUSAPIN

POUR "UN HIVER À SOKCHO" (ZOÉ)

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