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Ivre de Chine, Voyages au coeur de l'Empire de Constantin de Slizewicz (Perrin-2010)

La suite des aventures de Constantin dans l'Empire du Milieu....

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Les après-midi d'un fonctionnaire très déjanté de Upamanyu Chatterjee (Pavillons poche - Robert Laffont-2010)

 
Agastya est un jeune adulte promis à une carrière confortable au sein de l'administration indienne. Les Après-midi d'un fonctionnaire très déjanté c'est l'histoire de sa formation à Madna, province reculée qui a échappé à la modernité, où la vie s'écoule lentement et sans heurts.
Agastya subit son destin tout tracé et c'est avec incrédulité et humour qu'il voit sa vie défiler sous ses yeux. Les remarques acerbes et décalées fusent et l'on rit souvent devant tant d'ironie.
Car déjanté, Agastya l'est, mais ne vous attendez pas à ce que ses après-midi le soient : ils s'écoulent lentement dans sa chambre à regarder le plafond, à fumer et boire avec d'autres fonctionnaires aussi désabusés.
C'est donc une ambiance lourde, lente voire étouffante dans laquelle Upamanyu Chatterjee nous plonge, et bizarrement, on finit par aimer ça. L'auteur nous offre aussi une critique sans appel de l'administration, celle d'hommes imbus d'eux-mêmes, incompétents, bien heureux de s'accrocher à leur confortable poste. Mais Agastya ne veut pas leur ressembler, non pas par intégrité, mais parce qu'il a tout simplement l'ambition d'être heureux, et de maîtriser son destin. Se dessine alors en filigrane le portrait d'une génération tiraillée entre modernité et tradition, et qui, à force de déracinement, peine à trouver son identité.
À travers les tribulations d'Agastya, ce jeune Bengali lettré, parachuté dans l'administration d'une province rurale, Upamanyu Chatterjee signe ici un roman dépaysant, qui nous raconte avec humour (noir) l'Inde d'aujourd'hui et les préoccupations de sa jeunesse, finalement pas si loin des nôtres tout en évoquant les difficultés de l'Inde d'aujourd' hui, son identité, mais aussi les tabous sexuels et une vision assez complète et variée de la vie des fonctionnaires dans les petites villes reculées.

Upamanyu Chatterjee, né en 1959 à Patna (Bihar), habite le plus souvent Delhi.
Oeuvrant à la fois pour l'Etat indien et la littérature de son pays, Upamanyu Chatterjee construit ses ouvrages autour de l'existentialisme, confrontant l'homme à son malaise et à ses peurs. Diplômé de St. Xavier’s School en 1978, il a étudié la littérature anglaise à l’Université de Delhi avant d’entrer à l’I.A.S (Indian Administrative Service, le haut fonctionnariat du service public) en 1983. Il a été nommé directeur du Bureau des langues au Ministère du Développement des Ressources Humaines en 1998.
Son premier livre, English, August : an Indian Story publié en 1988, concerne l'histoire de son pays ; il est adapté en film et réédité plusieurs fois. Son deuxième roman, The Last Burden paru en 1993, retrace la vie d'une famille indienne des classes moyennes à la fin du XXe siècle.
Suivent: Les Mamelles de l'Etat-providence pour lequel il reçoit le Prix de la Sahitya Akademi (Académie nationale des lettres) du roman de langue anglaise et l'humoristique Les Après-midi d'un fonctionnaire déjanté (Robert Laffont-2002) qui brosse un tableau tout à la fois effrayant et cocasse de l'Inde bureaucratisée. En 2007, Upamanyu Chatterjee est invité au Salon du livre, où il présente son dernier né: Nirvana, mode d'emploi (Joëlle Losfeld).
En faisant de son pays le théâtre de ses romans, Upamanyu Chatterjee contribue à faire connaître l'Inde actuelle dans un style soigné et agréable.
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Voyager sans se faire plumer, le guide anti-arnaques de Bernard Pichon, illustrations Mix & Remix (éditions Favre-2010)

un voyageur averti en vaut deux!!!

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Revue Europe n° 974-975: Nicolas Bouvier et Kenneth White (Revue Europe- 2010).


La revue littéraire Europe consacre son numéro de Juin-Juillet aux écrivains voyageurs Nicolas Bouvier et de façon plus restreinte à Kenneth White.
Le premier donne à voir à travers ses oeuvres le monde qu'il a rencontré simplement, en poète. Le second ne cesse de transgresser les frontières géographiques et mentales et fait entendre une parole proche de l'universel.
Daniel Maggetti et Stéphane Pétermann reviennent dans leur introduction, sur le "cas Bouvier", présenté comme l’auteur suisse le plus lu de ces cinquante dernières années dont l’œuvre demeure paradoxalement peu présente dans le domaine académique et critique. Peut-être parce que Nicolas Bouvier donne déjà nombre de clés de lecture dans ces textes qui se suffiraient ainsi à eux-mêmes. Ce numéro espère encourager à un décryptage plus approfondi d’une œuvre que Nicolas Bouvier lui-même, dans Routes et déroutes, présentait comme la "pointe immergée de l’iceberg".
Des années 1960 jusqu'à la fin des années 1980, Nicolas Bouvier (1929-1998) était pour ainsi dire inconnu en dehors du cadre restreint de la Suisse romande où il a eu, dès ses débuts, des lecteurs inconditionnels, et où la qualité de son oeuvre a d'emblée été reconnue. Depuis une vingtaine d'années, le rayonnement de l'auteur de "L'Usage du monde" et du "Poisson-Scorpion" n'a cessé de croître.
Genevois universel, sa passion pour les bibliothèques, les livres et les images n'était pas moindre que son attrait pour la poussière des routes, les couleurs du monde et le genre humain. Écrivain-voyageur, mais d'abord écrivain tout court, et l'égal des plus grands, il eut très tôt l'intuition qu'un voyage se suffit à lui-même et peut se passer de motifs: "On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait".
Bouvier est, désormais, devenu une référence et un point de repère pour de nombreux lecteurs et pour de nouvelles générations d'écrivains.
Plusieurs d'entre eux, à travers 18 contributions dont Bernard Chambaz, Gil Jouanard, Alain Dugrand, François Laut, évoquent ici sa magie sans pareille, sa légèreté de touche, son art infiniment juste du portrait et du paysage, sa rapidité, sa grâce, sa générosité, sa retenue, son humour aussi.
Ces études critiques et lectures approfondies nous invitent enfin à des approches nouvelles qui démontrent à quel point ses écrits offrent un terrain d'enquête fécond.
À noter que le dossier s’ouvre sur des inédits, deux lettres de Nicolas Bouvier à Thierry Vernet, compagnon peintre du périple relaté dans L’Usage du monde. Cette correspondance va paraître cet automne aux Editions Zoé.
La fin de la revue, consacrée à Kenneth White, ne contient que 9 contributions dont 3 textes de K.White lui-même.
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Échanger sa maison, Une nouvelle philosophie du voyage de Pascale Senk et Martin Rubio (Les équateurs-2010)

Une autre façon de voyager....

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Nicolas Bouvier, espace et écriture-Collectif (Zoé-2010)

Nicolas Bouvier est parti se frotter à l'Europe et à l'Asie pour les interpréter par l'écriture. Des livres ont jailli de ses voyages, si forts qu'ils ont inspiré nombre de vocations de voyageurs et d'écrivains.
Voyageur-poète, écrivain-musicien, artisan de l'image et du verbe, Nicolas Bouvier incarne dans son oeuvre sa manière d'être au monde. Il résulte de tous les voyages de Nicolas Bouvier et des livres qui les accompagnent un "usage du monde" qui est aussi notre usage du monde, à nous lecteurs.
C'est dans l'esprit d'un Nicolas Bouvier, homme de tous les dialogues, réceptif à la diversité des cultures et des musiques qu'un colloque international, organisé par Hervé Guyader, lui a été consacré à l'université de Brest en avril 2008 avec, faisant suite, ce livre qui se propose de nous faire découvrir les communications prononcées à cette occasion.
La variété des intervenants, qui sont issus d'horizons géographiques et intellectuels différents, donne à lire d'intéressantes contributions.
Avec, notamment, Michel Butor, poète, écrivain et essayiste; Jean-Yves Guéguéniat, grand voyageur où ses longues marches l'ont mené successivement à Saint-Jacques-de-Compostelle, à Jérusalem puis dans les Andes; Nadine Laporte qui a consacré deux ouvrages à Nicolas Bouvier, parus aux éditions Zoé; Gilles Lapouge, essayiste et romancier, qui a bien connu Nicolas Bouvier en tant que pilier historique du festival Étonnants Voyageurs à Saint-Malo; François Laut qui vient d'achever une magnifique première biographie de Nicolas Bouvier, publiée aux éditions Payot; Frédéric Lecloux, photographe de l'agence "VU" qui s'est lancé en compagnie de sa petite famille sur les traces de "L'Usage du monde" en nous offrant un livre superbe d'une écriture photographique mêlant portraits en intérieur, paysages mélancoliques et objets du quotidien. Le livre s'appelle "l'Usure du monde" et est publié aux éditions Le bec en L'air; Ingrid Thobois, romancière, Prix du premier roman en 2007 pour "Le roi d'Afghanistan ne nous a pas mariés" aux éditions Phébus, résultat d'un séjour prolongé à Kaboul à la suite d'une année de nomadisme sur la route de "l'Usage du monde".
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Joseph Kessel : le nomade éternel d'Olivier Weber (Athaud-J'ai Lu-2010)

Portrait d'un grand bourlingueur à la crinière blanche....

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Quand viennent les cyclones d’Anita Nair (Albin Michel-2010)

 
Auteur de livres de cuisine à succès, Meera, la quarantaine, doit avant tout son statut social à son mariage avec Giri, cadre dirigeant d’une multinationale. Lorsqu’il la plaque sèchement au beau milieu d’un brunch branché., elle se retrouve seule à s’occuper de la survie matérielle de sa famille – ses enfants, mais aussi sa mère et sa grand-mère –, et de la Maison bleue, la ruine somptueuse où elle avait vécu avec son mari, de si belles heures.
Elle prend aussi peu à peu conscience du carcan dans lequel l’avait enfermé son rôle d’épouse exemplaire.
L’homme qui la raccompagne chez elle est lui aussi une âme meurtrie. J.A.Krishnamurthy, ou JAK, est un expert international, spécialiste des cyclones. Il s’efforce, comme Mîra, de réunir les pièces du puzzle de sa vie. Chez lui, dans une chambre spécialement équipée, repose Smirtri, sa fille âgée de dix-neuf ans, tombée dans le coma après avoir été attaquée dans des circonstances non élucidées sur la plage d’un village éloigné. Une muraille de silence et de peur entoure l’agression de cette jeune militante féministe, que la police ne peut – ou ne veut – élucider, et JAK ne trouve pas plus d’aide du petit ami de sa fille pour percer le mystère.
Smriti, est sans cesse enfermé dans un combat avec la mémoire, fait des grimaces grotesques et des grognements et grondements comme un animal sauvage.
Son père veille sur elle dans le désespoir et la dévotion et consacre ses journées à la recherche de la vérité insaisissable derrière cette agression.
Les destinées de Meera et JAK se confondent alors. D’une manière aussi fougueuse et inéluctable que la venue d’un cyclone: "J'ai essayé de regarder ce qui se passe quand vous êtes témoin de la dévastation d'un monde parfait, ce qui arrive à mes deux protagonistes", dit Anita Nair.
Renouant avec la veine à la fois sensuelle et engagée de Compartiment pour dames, la romancière Indienne Anita Nair nous plonge dans l’Inde d’aujourd’hui, dont chacun des personnages exprime les multiples facettes et paradoxes.
La beauté vivace et persistante de l’Inde moderne est évoquée avec brio. À mots choisis, elle nous transmet une immense compassion pour ses personnages à travers un regard percutant sur le mariage, la condition de parent, le destin et les relations humaines. Le livre traite aussi de la nature cyclique des événements de notre vie et de la réparation de nos erreurs – à travers les portraits forts et fins de personnages auxquels, parce qu’ils sont loin d’être parfaits, on peut s’identifier.
Le Cyclone, cette dépression violente de la nature devient une métaphore pour les changements radicaux qui frappent notre vie dans ce nouveau roman.
Curieusement pour un auteur qui aime et qui observe la ville avec passion, c'est le premier roman d'Anita Nair qui se passe à Bangalore: "Bangalore représente, à bien des égards, ce que Meera est - calme, imperturbable, gracieuse. Mais en dessous, il y a des déchirures qui apparaissent dans un moment de crise", explique Anita Nair.

Originaire du Kerala, c'est à Madras qu'Anita Nair passe son enfance, avant de voyager à travers l'Angleterre et les Etats-Unis, pour finalement s'installer à Bangalore.
Écrivain au succès international, elle est l’auteur de Compartiment pour dames (2002), couronné par le Prix des lectrices de Elle, Un homme meilleur (2003) et Les neuf visages du coeur (2006). Tous ses livres, jusqu'à la parution du dernier, ont été publiés aux Editions Philippe Picquier.
Elle a déjà commencé des recherches sur son prochain livre, un roman historique basé au 17ème siècle au Kerala.
Anita Nair est traduite en vingt-neuf langues et vit à Bangalore.





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Dictionnaire amoureux des explorateurs de Michel Le Bris (Plon-2003)


Que cherchaient-ils, ceux-là, qui, au fil des siècles, se risquèrent par-delà l'horizon ? Face à l'inconnu, il est deux attitudes qui séparent ceux que l'on rassemble sous le seul nom d'explorateurs: ceux qui le traquent pour l'éradiquer, comme s'ils lui en voulaient et puis ceux qui s'y enfoncent dans l'espoir de s'y perdre et que "l'ailleurs" promis ne se transforme pas en un nouvel "ici". On aura compris vers lesquels vont les préférences de Michel Le Bris, fondateur du Festival Étonnants Voyageurs, qui leur dédie un panthéon.
On savait Michel Le Bris conteur hors pair. Les habits d'encyclopédiste lui vont tout aussi bien. Il le prouve à chacune des 270 entrées de son Dictionnaire amoureux, l'un des meilleurs titres de cette collection. Son secret: une jubilation, un enthousiasme, un appétit à faire le récit d'aventures extraordinaires et à dresser le portrait de "songe-creux, forbans, risque-tout, arpenteurs d'inconnu, rêveurs de royaumes et escrocs chimériques, de leur état flibustiers, savants, missionnaires, marchands, conquistadors, coureurs des bois, écrivains", porteurs d'histoires héroïques, bouleversantes, hilarantes- comme Rob Roy MacGregor qui réussit l'exploit de descendre le canal de Suez en canoë un an avant qu'il soit ouvert, Mary Kingsley, tenante du « christianisme athlétique » qui attaquait les crocodiles à coup d'ombrelle, James Holman et Jacques Arago, assurément les plus grands voyageurs aveugles, Percy Fawcett traquant le secret des Atlantes en pleine Amazonie, ou l'immense Richard Burton, dont le rire satanique nous fascine encore.
Depuis sa prime jeunesse, Le Bris est fasciné par la figure de "l'homme aux semelles de vent". Il a ici l'occasion de réunir les héros de son panthéon imaginaire, de Francis Drake à Nicolas Bouvier, et tous les lieux qui l'enchantent, de l'éphémère Floride huguenote à la terre mythique d'Ophir.

Écrivain, romancier, philosophe, éditeur, Michel Le Bris est le directeur du Festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs
. Né dans la baie de Morlaix en 1944, il est resté extrêmement attaché à ses terrains d’enfance qu’il évoque longuement dans le très personnel Un hiver en Bretagne (Nil éditions, 1996, Points Seuil) et vit encore aujourd’hui dans la région.
Parallèlement à des études d’économie, Michel Le Bris poursuit à Nanterre des études de philosophie, grâce auxquelles il rencontrera Emmanuel Levinas, qui avec Henry Corbin un peu plus tard, auront une grande influence sur l’évolution de sa réflexion. En 1967, il participe à la naissance du Magazine Littéraire, dans l’équipe rassemblée par Jean-Jacques Brochier, qui comprendra également André Glucksmann et Raymond Bellour et prend la direction du mensuel Jazz Hot, qui jouera un rôle actif dans l’introduction du "free jazz" en France. Dans l’équipe qu’il rassemble alors : Patrice Blanc-Francard qui deviendra célèbre par les Enfants du rock, Philippe Constantin aujourd’hui disparu, grand directeur artistique, dont un prix Constantin de la chanson prolonge la mémoire et bien d'autres.
Mai 1968 jouera dans sa vie un rôle déterminant. Directeur du journal de la Gauche Prolétarienne La Cause du Peuple, il est incarcéré, condamné à huit mois de prison. Jean-Paul Sartre prend sa suite et l’affaire devient alors internationale : on ne peut pas incarcérer Sartre ! À sa sortie, il prend en main le journal J’Accuse lancé par la Gauche prolétarienne et un regroupement d’intellectuels. Dans le comité de rédaction : Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Maurice Clavel, Jean-Luc Godard, André Glucksmann, Jacques-Alain Miller, Jean-Claude Milner, Christian Jambet, Françis Bueb.
S’il quitte rapidement le mouvement mao, il reste étroitement lié avec Maurice Clavel et Jean-Paul Sartre. Il crée avec ce dernier la collection La France Sauvage chez Gallimard, participe activement aux réflexions sur le totalitarisme alors engagées autour de lui.
Il participe à la création du quotidien Libération en 1973. S’il a déjà publié plusieurs livres dont quelques ouvrages dans la collection La France Sauvage (dont Les fous du Larzac en 1975), il fait paraître ce qu’il considère comme son premier vrai livre, L’homme aux semelles de vent, en 1977, premier manifeste pour une littérature aventureuse, qui propose une interprétation radicalement nouvelle du romantisme allemand — réflexion qu’il approfondira dans Le Paradis perdu (Grasset, 1981) et le Journal du romantisme (Skira, 1981), ce dernier ouvrage traduit en cinq langues, couronné par de nombreux prix. Une édition augmentée et intitulée Le défi romantique est parue en 2002 chez Flammarion.
Grand connaisseur de l’histoire de la conquête de l’Ouest, et de l’histoire de l’Amérique en général, Michel Le Bris y a consacré plusieurs ouvrages: un roman, Les flibustiers de la Sonore (Flammarion, J’ai lu, 1998), un récit de voyage, La Porte d’Or (Grasset, 1986), un essai historique, Quand la Californie était française (Le Pré aux clercs, 1999), un Gallimard-Découvertes, La fièvre de l’or, en 1988 et un récit de voyage dans les parcs naturels américains (L’Ouest américain, territoire sauvage, Le Chêne, 2005).
Spécialiste de Stevenson, il lui a consacré une monumentale biographie (Les années bohémiennes, NiL éditions, 1994), un essai (Pour saluer Stevenson, Flammarion, 2000) et a édité chez divers éditeurs la quasi-totalité de son œuvre (dont de nombreux inédits en langue anglaise !) et notamment ses Essais sur l’art de la fiction (Payot Poche, 1992) ainsi qu’une édition de sa correspondance avec Henry James (Une amitié littéraire, Payot Poche, 1994).
Éditeur aux éditions Phébus de la quasi-totalité des grands classiques de la flibuste, il a publié aux éditions Hachette littérature le premier tome de son histoire de la flibuste : D’or, de rêves et de sang (nouvelle édition revue et corrigée en Hachette Pluriel, 2004).
Il a également consacré plusieurs ouvrages à la Bretagne.
Directeur de l’Abbaye de Daoulas de 2000 à 2006, il y organisera de grandes expositions accompagnées d’albums-catalogues publiés aux éditions Hoëbeke.
En 1990, exaspéré par les modes littéraires occupant alors le devant de la scène en France, décidé à défendre l’idée d’une littérature résolument "aventureuse, voyageuse, ouverte sur le monde, soucieuse de le dire", il crée la revue trimestrielle Gulliver, mobilise ses amis écrivains français et étrangers, multiplie les collections (Phébus, Payot, la Table Ronde), lance en France le mouvement des "écrivains voyageurs". Il propose en 1992 le terme de "littérature-monde", fait découvrir Nicolas Bouvier, dont il devient l’éditeur, mais aussi Redmond O’Hanlon, Anita Conti, Ella Maillart, Patrick Leigh Fermor, Norman Lewis, Jonathan Raban, Colin Thubron, Edward Abbey, Peter Matthiessen, des dizaines d’autres — plus de 400 ouvrages édités en l’espace de 15 années !
Il créé cette même année (avec Christian Rolland, Maëtte Chantrel et Jean-Claude Izzo qui sera pendant des années l’attaché de presse de la manifestation) le Festival Étonnants Voyageurs à Saint-Malo. Plusieurs éditions du festival seront par la suite lancées à l’étranger : à Missoula (Montana, USA), Dublin, Sarajevo (avec le Centre André Malraux), Bamako, Port-au-Prince en Haïti, Haïfa.
En 2007, dans le droit fil de l’idée de la littérature défendue par Étonnants Voyageurs, il est, avec Alain Mabanckou, Jean Rouaud et Abdourahmane Waberi à l’initiative du Manifeste pour une Littérature-Monde réunissant quarante-quatre écrivains du monde entier écrivant dans une même langue : le Français. Il dirige avec Jean Rouaud la publication de Pour une Littérature-Monde chez Gallimard regroupant vingt-cinq textes qui prolongent le débat engagé avec le Manifeste.
En septembre 2008, Michel Le Bris publie un formidable roman aux éditions Grasset, La beauté du monde et fin octobre 2008, aux éditions Hoëbeke, un album riche de 140 reproductions : L’esprit d’aventure, N.C. Wyeth consacré à celui qu’il tient pour le plus grand artiste de l’histoire de l’illustration.
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Notre Comédie du livre 2010-Suite et fin

La Comédie du livre s'est achevée.
Le moment est donc venu de remercier tous nos amis lecteurs qui ont pris sur leur temps pour venir dans notre stand, durant ces trois jours, nous aider à recevoir nos invités nombreux.
Merci surtout à nos écrivains, aventuriers, aventurières et peintres-voyageurs pour votre participation.
Ce fut un grand plaisir que de vous recevoir et d'avoir contribué, par votre présence chaleureuse, amicale et littéraire, à la réussite de notre édition 2010.
Nous vous souhaitons de réaliser vos projets d'écriture en cours ou à venir et on espère que nos chemins se croiserons de nouveau un jour ou l'autre.


Et voici en résumé de ces trois jours nos invités en pleine action.....

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Un devin m'a dit de Terziano Terzani (Éditions Intervalles-2010)


"Dans la vie, il se présente toujours une bonne occasion. Le problème, c'est de savoir la reconnaître et parfois ce n'est pas facile. La mienne, par exemple, avait tout l'air d'une malédiction. Un devin m'avait dit : "Attention! En 1993, vous courrez un grand risque, celui de mourir. Cette année-là, ne volez pas, ne prenez jamais l'avion." Cela s'était passé à Hong Kong. J'avais rencontré ce vieux Chinois par hasard. Sur le moment, ces mots m'avaient frappé, évidemment, mais cela ne m'avait pas tracassé. Nous étions au printemps de 1976, et 1993 me semblait encore très loin. Toutefois, je n'avais pas oublié cette échéance. Elle était restée dans mon esprit, un peu comme la date d'un rendez-vous auquel on n'a pas encore décidé si on ira ou non. (...) Je me suis vite retrouvé à la fin de 1992. Que faire? Prendre ce vieux Chinois au sérieux et réorganiser ma vie en tenant compte de son avertissement, ou faire semblant de rien et continuer en me disant : "Au diable les devins et leurs inepties?" (…), et j'ai pensé que la meilleure façon d'affronter cette "prophétie" était de le faire à la mode asiatique : ne pas m'y opposer, mais m'y plier. (....). Et puis, l'idée de ne pas voler pendant une année entière me plaisait beaucoup, surtout comme défi. Prétendre qu'un vieux Chinois de Hong Kong puisse avoir les clefs de mon avenir m'amusait énormément. J'avais l'impression de faire un premier pas sur un terrain inconnu. J'étais curieux de voir où les pas suivants, dans cette même direction, allaient me porter. Tout du moins, ils m'inciteraient, pendant un certain temps, à vivre une vie différente de celle de toujours...."
C'est ainsi que commence le livre de Tiziano Terzani (titre original : "Un indovino mi disse").
Pour cet auteur, correspondant en Asie de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, 1993 devient une année très particulière (durant laquelle la prophétie, en quelque sorte, se réalise) dans une vie déjà assez extraordinaire.
De cette expérience naît un livre hors de l'ordinaire, qui est à la fois un roman d'aventure, un carnet de route, une autobiographie, la narration d'un voyage et un grand reportage. C'est un des plus beaux livres de ces quinze dernières années qu'il m'ai été donné de lire et qui est enfin réédité.
Tiziano Terzani redécouvre les plaisirs de voyager- en train, à pied, en bus, voiture, bateau, à travers les montagnes et outre-mer- re-découvrant la Birmanie, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, la Chine, la Mongolie, le Japon, l'Indonésie, Singapour et la Malaisie. Cette odyssée à travers l'Asie est pleine de révélations et de réflexions sur les évolutions en cours, à ses yeux dramatiques.
L'histoire principale de ce livre n'est pas l'année que l'auteur, a passé à voyager autour de l'Asie sans prendre l'avion mais le voyage métaphorique à la poursuite de ce qui reste de la spiritualité asiatique. Au cours de ce voyage, Terzani emmènera également le lecteur dans le monde des diseurs de bonne aventure.

Né à Florence en 1938, Tiziano Terzani a été pendant près de trente ans le correspondant en Asie, de plusieurs journaux européens, dont Der Spiegel et le Corriere della Sera , où il se retrouva pris dans les grands événements de son temps: la guerre du Vietnam et la chute de Saigon en 1975 (dont il écrira un livre qui, traduit en vietnamien, sera le livre de référence dans les écoles vietnamiennes); l’ouverture de la Chine après la mort de Mao (où aucun étranger n’avait pu pénétrer depuis 1949) avec un long séjour en Chine qui pris fin en 1984 lorsque Terzani est arrêté pour "activités contre-révolutionnaires", puis expulsé. L'expérience intense de la Chine, et son dénouement dramatique, donne lieu à un livre, publié simultanément en Italie, les États-Unis et la Grande-Bretagne; la chute de l’Empire Soviétique où, en août 1991, alors en Sibérie avec une expédition soviéto-chinoise, il apprend la tentative de coup d'Etat anti-Gorbatchev et décide d'aller à Moscou. Le long voyage devient alors Goodnight, M. Lénine (1992), qui représente un témoignage clé dans l'effondrement direct de l'empire soviétique.
Il vécut longtemps en Asie, demeurant chaque fois plusieurs années dans chaque pays : Hong-Kong, le Cambodge, le Vietnam, la Chine, le Japon, la Thaïlande, et enfin l’Inde où, de grand reporter, il devint une sorte d’écrivain voyageur, écrivant des articles de plus en plus longs.
Profondément influencé par la spiritualité indienne, un séjour solitaire dans l’Himalaya lui permit de vivre, dans la paix, le cancer dont il était atteint en acceptant l’idée de sa mort prochaine. Abandonnant définitivement son métier de journaliste, il se retira dans une maison isolée dans les montagnes en Italie, pour méditer, vivre là ses derniers jours dans le silence, ne recevant plus personne exceptés Angela, sa femme, et leurs deux enfants : Folco et Saskia.
Quelques mois avant sa disparition, Tiziano avait envoyé un télégramme à Folco. Très affaibli et sentant la fin proche, il lui proposait de le rejoindre pour répondre aux questions que celui-ci aurait envie de lui poser sur son parcours d’homme, de journaliste, de père : "Un dialogue entre un père et un fils, un livre testament que tu devras ensuite mettre en forme".
Folco répondit à l’appel et un livre, fruit de leurs conversations, enregistrées et retranscrites, paraît en 2008: La fin est mon commencement: un père raconte à son fils le grand voyage de la vie (Ed. des Arènes, et Ed.Intervalles) qui ressort dans la collection Points Seuil en même temps que cette réédition.

Tiziano Terzani avait vingt ans en 1958, c’est l’époque des grands bouleversements sociaux et de la décolonisation. Ce qui le motive alors est de chercher une alternative au monde occidental : une société qui ne soit pas fondée sur les critères du profit, de l’argent, et qu’il espère découvrir en Asie.
Il lui faudra treize ans pour s’installer dans cette région en tant que correspondant avec en poche sa carte toute fraîche de journaliste professionnel, obtenue sans être passé par une école, après un parcours des plus atypiques.
Pour Tiziano, le métier de journaliste est une véritable mission consistant à informer, et former l’opinion des gens, en racontant ce qu’il voit et entend, au delà des faits événementiels, vérifier systématiquement la véracité de ce qu’on lui dit et rester à distance du pouvoir, quel qu’il soit.
Dans chacun des pays traversés, il apprendra la langue locale, fera des rencontres et se fera des amis, s’immergeant dans leur culture, sillonnera le pays comme il en aura envie, se rendant dans des lieux interdits aux étrangers et écrira des articles en toute liberté, surtout en Chine.
C’est au Japon où il se retrouve après la Chine, que se déclenche une crise profonde pour cet homme non seulement marqué par l’échec du communisme comme solution pour résoudre les problèmes de l’humanité mais aussi par ce qu’il découvre au Japon, c'est-à-dire tout le contraire de ce qu’il cherchait : la copie conforme la plus sophistiquée du système occidental.
À travers son métier, Tiziano en est venu à réfléchir sur la politique, les motivations sous-jacentes des guerres, sur le progrès et enfin la nature. C’est le fruit de ces réflexions qui le pousse progressivement à arrêter le journalisme. Il cesse d’abord d’écrire des papiers politiques, la politique pour lui n’offrant aucune solution, tout comme les révolutions et les guerres, parce que tout recommence, parce qu’au fond de tout ça il y a la nature de l’homme, et l’homme n’est pas devenu meilleur pour autant : "Pense à l’histoire de l’humanité et aux progrès matériels que l’homme a accomplis. Il a allongé sa durée de vie, il est allé sur la Lune. Mais en vérité, il n’a fait aucun progrès sur la voie spirituelle... Il a peur de tout, il se sent en insécurité, il ne sait pas qui il est".
Violence, égoïsme, individualisme, consumérisme, ignorance, il s’agit bien là d’un phénomène d’appauvrissement progressif de la civilisation. Et pourtant, Tiziano refuse de concevoir ce constat comme une fatalité : "Je pense que la grande bataille de notre avenir sera la bataille contre l’économie qui domine nos vies. Changeons nos critères et nos valeurs.Tant que des valeurs telles que la curiosité, le goût de l’autre, de sa différence, le courage, l’honnêteté, l’amitié, auront un impact dans le coeur de l’homme, elles seront le garde-fou de la civilisation".
Tiziano Terzani n’a de cesse de revenir sur l’importance capitale de la connaissance de l’Histoire pour comprendre le fonctionnement du monde et les événements actuels et ne pas se laisser endormir par les discours politiques et l’approximation de plus en plus fréquente des événements du monde relaté dans la presse.
Après la polémique qui l’a opposé à Oriana Fallaci en 2002, et qui a vu Terzani défendre avec ardeur le dialogue des cultures en vue de parvenir à la paix entre Nord et Sud, entre orient et occident, son œuvre est devenue un véritable phénomène de société en Italie.
Le journaliste et écrivain italien est mort à 65 ans, en Orsigna dans la province de Pistoia en Juillet 2004. Il a demandé que sur sa tombe soit inscrit sous son seul nom, le mot "voyageur".
Le Prix Terzani, créé en sa mémoire, récompense depuis 2004 l’auteur d’une œuvre (essai, reportage littéraire ou roman) qui traite des relations interculturelles, du choc ou dialogue des cultures, en particulier entre orient et occident.

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Seule sur le Transsibérien, Mille et une vies de Moscou à Vladivostok, Géraldine Dunbar (Transboreal-2010)

une train mythique.......

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Notre Comédie du livre 2010-Dernière minute bis


Victor Kathémo sera parmi nous à l'occasion de la sortie de son roman aux éditions Myriapode " Naître ou ne pas naïtre noir".

Victor Kathémo est né à Bukavu dans la région des Grands lacs d’Afrique.
Très tôt, Victor Kathémo s’intéresse à l’art dramatique et à la poésie. Sans passion, juste pour s’assurer un avenir confortable, il passe au Burundi une maîtrise en sciences économiques. Il qualifiera un jour le "blabla" des enseignants de l’écho comique.
Après un court passage au Benin où "son âme a failli être vendue au Port des esclaves", il s’installe dans le nord de la France : "Pays de ma renaissance au forceps qui m’a laissé un traumatisme incurable, dira-t-il".
Il adaptera au théâtre des romans qu’il interprétera en solo. Il créera un café-théâtre qu’il dirigera pendant plusieurs années avant de changer d’orientation professionnelle et de s’installer dans le Sud-ouest. Il est passionné par l’architecture baroque et les statues qui ornent les places romaines.
Il n’aime pas les romans autobiographiques qu’il qualifie de « litanies auto-bio-graphie-queues ». Parodiant un artiste célèbre, il déclare souvent, non sans un sourire au coin des lèvres, que sa vie est « un carrefour où débouchent toutes les rues en sens interdit ».
Son hymne est la chanson Higt Hopes tiré de l’album : Division bell de Pink Floyd
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Sibériennes, Voyage aux confins de la taïga, Géraldine Bérard & Valérie François (Transboréal-2010)


À deux reprises, et durant plus de six mois en 2005 et 2009, Géraldine Bérard et Valérie François ont recueilli le témoignage d’habitantes des confins de la Sibérie.
Sur 8 000 kilomètres, du lac Baïkal à la mer d’Okhotsk, les deux voyageuses partagent bania et vodka dans les hameaux isolés de la taïga, écoutent la vie aventureuse des femmes de géologues ou de chercheurs d’or, partent cueillir baies et champignons avec leurs hôtesses ou découvrent leur face cachée de chanteuse ou de styliste à succès. Elles prennent aussi part à Yssyakh, la grande fête iakoute qui célèbre le solstice d’été. Au cœur d’une nature magnifique ponctuée de villes désolées, les héritières des "petits peuples du Nord" ou des pionniers venus défricher l’immense forêt boréale témoignent des traditions de chasse autochtones, du recul de l’État dans les campagnes, du désespoir des jeunes chômeurs ou de leurs rêves de Sibériennes. Ainsi, Natacha, Galina, Vera et Tatiana opposent à l’isolement et aux coups du sort un humour décapant et préfèrent évoquer, plutôt que l’histoire de la Sibérie, leurs amours, l’avenir de leurs enfants, l’évolution des mentalités et de la société russe.

Née à Kôbe, au Japon, en 1972, Géraldine Bérard grandit en Avignon dans la maison familiale, port d’attache séculaire de générations de voyageurs. Elle passe son enfance et son adolescence à rêver, écoutant ses parents lui raconter les pays où ils ont vécu, fouillant dans les malles déposées par ses ancêtres au gré de leurs allées et venues, feuilletant des livres ou des écrits en langues variées et inconnues.
Son bac en poche, elle n’a aucune idée de ce qu’elle veut faire « quand elle sera grande » mais elle a une certitude : elle doit voir le monde. Après une année sabbatique, elle s’inscrit aux Langues O à Paris. Parmi toutes les langues qui s’offrent à elle, elle choisit le russe : pourquoi pas ?
À l’été 1995, elle passe deux mois à Saint-Pétersbourg, puis un an en 1997-1998, dans le cadre de sa licence de langue. Depuis, dès que l’occasion se présente, pour quelques semaines ou plusieurs mois, entre deux missions d’intérim, elle s’évade, seule ou avec des amis, vers l’Europe, l’Asie, l’Afrique ou l’Amérique du Sud.
De mai à août 2005, elle parcourt avec Valérie François les confins de l’Extrême-Orient russe, de Iakoutsk à Magadan par la route de la Kolyma, pour réaliser des portraits de femmes. Au printemps 2009, les deux reporters sont parties retrouver les figures qui avaient marqué leur projet "Regards de femmes", pour enrichir les portraits qu’elles avaient faits d’elles.
Géraldine Bérard ayant signé à 35 ans son premier CDI et s’étant installée avec son ami à Marseille, on pouvait penser qu’elle avait fini de bouger. Pas encore. Elle voudrait aussi faire le pèlerinage de Compostelle, traverser l’Atlantique en cargo pour perfectionner son tango à Buenos Aires, voir Bénarès, la fête des couleurs et des lumières en Inde, "revoir" Kôbe, mieux connaître la France… Bref, elle n’a pas fini de rêver !

Née à Yvetot en 1969, Valérie François rêve de voyage dès l’adolescence en feuilletant les National Geographic qui remplissent la bibliothèque familiale. Après des études en communication à Paris, elle devient chef de publicité pour la revue Ciel & Espace. Mais, dès qu’elle en a l’occasion, elle s’envole vers d’autres cieux, quoique jamais assez longtemps à son goût.
En 2001, l’appel du voyage devient plus fort que tout et elle décide de réaliser le rêve qui la tenaille : faire un tour du monde. Avec une équipière rencontrée sur un forum d’Aventure du bout du monde, elle s’envole dès l’automne pour un périple de huit mois à travers l’Asie du Sud-Est, la Chine et la Mongolie. Plus qu’un voyage, c’est un véritable tournant dans sa vie. Cette aventure lui forge une personnalité plus décidée, plus sûre de ses choix. Et, au retour, le journalisme s’imposant comme une évidence, elle reprend une formation puis fait un stage au journal La Croix.
De mai à août 2005, elle parcourt avec Géraldine Bérard les confins de l’Extrême-Orient russe.
Valérie François travaille pour le site Internet de La Croix et collabore occasionnellement à d’autres sites du groupe Bayard comme www.phosphore.com ou www.notretemps.com.
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Neuf vies, à la recherche du sacré dans l'Inde d'aujourd'hui de William Dalrymple (Éditions Noir sur Blanc-2010)

Un portrait de la grande diversité des traditions religieuses de l'Inde....

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L'ombre de la route de la soie de Colin Thubron (Gallimard/ Folio-2010)


Colin Thubron a osé un extraordinaire voyage, unique et périlleux, qui nous entraîne sur les onze mille kilomètres de la Route de la Soie.
Il part de Xian, au coeur de la Chine, où repose l’Empereur jaune, père mythique de la Chine, pour aller jusqu’à Antioche, au bord de la Méditerranée turque, à deux pas de la Syrie. Il commence par traverser le Nord-ouest de la Chine et, des deux itinéraires possibles de la Route de la Soie - l’un par le Nord, doté du chemin de fer ; l’autre au Sud, infiniment difficile et quasi impraticable par endroits -, il choisit ce dernier et longe le mortel désert du Taklamakan jusqu’à Kashgar.
Mais l’étonnant est aussi ailleurs : dans l’extraordinaire talent de cet écrivain qui voyage. Colin Thubron a l’audace et l’endurance d’un baroudeur, la finesse d’observation d’un vieux routard, mais aussi le regard alerte de l’homme cultivé, très informé. À quoi s’ajoute une sensibilité et une force d’expression inspirée. Sa langue est d’une pureté et d’une puissance d’évocation rares. Il voyage à la dure, vit au rythme des hasards et des rencontres, d’autant mieux qu’il parle chinois et russe. Un grand souffle anime son récit.
La chaleur implacable, la poussière, le sable qui vole partout, la sauvagerie et la désolation du désert, la dignité de ruines qui parlent d’un passé glorieux, la luxuriance des oasis d’Asie centrale, l’air limpide des montagnes, les villes grouillantes, les villages d’un autre siècle, les rencontres de hasard : tout devient palpable.
Colin Thubron ne se contente pas de tracer la fresque d’un passé riche et bigarré, il explore le présent bien vivant qui a émergé de ce creuset. Au gré des rencontres, des silences, des conversations, il nous fait entrevoir la réalité actuelle des citoyens de la nouvelle Chine, avec leurs rêves neufs d’enrichissement et un quotidien pas toujours à la hauteur ; le paradoxe des peuples d’Asie centrale qui partagent le même fond culturel et religieux mais qui sont éparpillés entre des pays différents. On les découvre tiraillés entre anciennes et nouvelles allégeances, avec pour certains, la tentation du pan-islamisme.
À l’image de cette Route de la Soie qu’il nous révèle, Colin Thubron est peut-être un vrai passeur. En témoigne la belle relation de son extraordinaire voyage, son septième en quarante ans passés à courir les mondes, qui fait d’ores et déjà figure de référence. Un classique de demain.

Colin Thubron, membre de la Royal Society of Literature et Commander of the British Empire, est l’un des derniers gentlemen travellers. Lointain descendant de John Dryden (l’auteur anglais le plus influent du 17ème siècle) il naît le 14 juin 1939 à Londres. Étudiant au prestigieux Eton College, il travaille ensuite comme éditeur entre Londres et New-York puis comme réalisateur pour la télévision en Turquie, au Japon et au Maroc.
Ses premiers récits de voyage publiés à la fin des années 1960 se situent principalement au Moyen-Orient. De la Syrie au Liban en passant par Israël, Colin Thubron se fait déjà une spécialité d’explorer ces mondes que l’Occident connaît mal et, parfois, craint. "Mes récits de voyage naissent de ma curiosité pour ces mondes que ma génération trouve menaçants : la Chine, la Russie, le monde islamique… (et peut-être avais-je aussi le désir de les rendre plus humains, de les comprendre). Mes romans, à l’inverse, semblent naître en réaction à cette démarche d’ouverture et provenir d’envies et d’attentes plus personnelles, plus profondes : ils sont souvent situés dans des endroits clos (prison, asile psychiatrique ou même l’esprit d’un amnésique). Mon écriture balance entre ces deux genres".
Très vite son style brillant, dense et élégant le place parmi les grands auteurs de sa génération. Il se lie d’amitié avec Bruce Chatwin et est intronisé à la Royal Society of Litterature en 1969.
Dans les années 1980, Colin Thubron s’intéresse aux grands empires de l’Est, et publie deux ouvrages considérés d’emblée comme des chefs-d’œuvre : en 1983, Les Russes (Payot, 1991) un voyage dans l’URSS de Brejnev et en 1987, Derrière la Grande Muraille (Payot, 1991) qui reçoit le Thomas Cook Travel Book Award. Il parcourra encore l’Asie, de ce qu’Alexandre Soljénitsyne appelait l’Archipel du Goulag en Sibérie jusqu’aux montagnes afghanes, menant une réflexion poussée sur l’éclatement de l’URSS.
Colin Thubron s’inscrit dans une tradition littéraire anglaise qui remonte aux écrivains voyageurs anglais de l’époque élisabéthaine. Extrêmement documenté, il prépare toujours méticuleusement ses voyages. L’histoire des lieux, leur géographie, les us et coutumes. Il va jusqu’à apprendre une langue nouvelle lorsque c’est nécessaire (Mandarin ou Russe) et même ses connaissances en botanique sont impressionnantes. C’est que, selon lui l’histoire, la géographie, les constructions humaines et les peuples entretiennent des relations totalement intimes.
Ses récits s’attachent donc à montrer comment l’Histoire peut façonner les peuples et les paysages. S’il est un arpenteur de mondes hors pair, il est aussi l’explorateur des relations humaines, de la mémoire, et n’a de cesse de mesurer la distance qui sépare l’idéal du réel.
Poursuivi par le KGB à Kiev, en position inconfortable dans un bain avec un nabab chinois ou presque contraint de vendre ses jeans à un géant russe qui rentre à grand peine dedans, Colin Thubron sait faire passer dans ses récits toute l’âme du voyage, le comique ou le ridicule des rencontres lorsque deux mondes nouveaux se rapprochent pour la première fois, la solitude ou le découragement ressentis sur la route, la peur, jusqu’à craindre pour sa vie.
Sorti en 2006 en Angleterre, son dernier livre, L’Ombre de la Route de la Soie (Hoebeke collection Etonnants Voyageurs, 2008) revient sur huit mois de voyage au long des 11000 kilomètres de la Route de la Soie, depuis la Chine jusqu’au port d’Antioche en Turquie.
Le prestigieux Times a tout récemment classé Colin Thurbon parmi les 50 meilleurs écrivains anglais d’après-guerre.

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Mes seuls dieux de Anjana Appachana (Zulma-2010)

De bien belles nouvelles indiennes...

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Salaam London de Tarquin Hall (Gallimard Folio-2010)


Tarquin Hall rentre en Angleterre après dix années de journalisme en Afrique, Amérique, Asie, Moyen Orient, dont trois en Inde comme reporter pour l’Associated Presss. Sans grandes ressources, il perd vite ses illusions d’une vie tranquille dans l’ouest de Londres, les quartiers chics de son enfance. “Mon pauvre ami !” s’écrie un agent immobilier : “Mais avec votre budget vous n’y loueriez pas une boîte à chaussures !”
Et c’est ainsi, qu’il va se retrouver dans les pires bas-fonds de Londres, là même où Jack London écrivit le “Peuple de l’abîme” là aussi où son père lui avait interdit, enfant, de mettre les pieds : l’East End...
Lui qui était rentré en Angleterre parce qu’à force de courir le monde, et vivre dans d’autres cultures que la sienne, il avait ressenti le besoin de retrouver ses racines ! Le pauvre, en fait de “vraie” Angleterre, va être servi.
Rien n’a changé à Brick Lane, depuis Jack London, et même, probablement depuis William Shakespeare qui y vécut : crime, drogue, prostitution, misère. Ici, depuis des siècles se sont pressés les malheureux qui débarquaient sur les docks crasseux, huguenots français, Irlandais chassés de leur île par la famine, anarchistes, déclassés de toute sorte, juifs fuyant par milliers les pogroms du XIXème siècle, et maintenant réfugiés du Bengladesh, Afghans, Irakiens, Kurdes, Indiens, Somalis, Kosovars - le monde entier, en somme...
Il fera face.
Avec son expérience de globe-trotter, et une solide dose d’humour, mais aussi de tendresse.
Ce qui nous vaut un récit savoureux, passionnant, oscillant sans cesse entre tragique et comique, des scènes mémorables, et une épatante galerie de portraits. Mr Ali “ the ultimate cockney muslim” le genre de propriétaire qui revient avec un parapluie quand on lui fait remarquer que la salle de bains n’a plus de toit, Sadie Cohen, la vieille dame juive gardant le souvenir de tous les siens rescapés des pogroms, son voisin Kosovar avec lequel il partage à Noël une oie dérobée dans un parc voisin, les maris bengladis enfermant leurs femmes à double tour - en fait tous emprisonnés chacun à leur manière, par leur peur du monde extérieur. La misère mais aussi la gaité, la solidarité, les couleurs, les odeurs, les marchés grouillant de vie où l’on peut acheter des mangues pour moins chers qu’en Inde.
Et se produit peu à peu le miracle - de comprendre qu’il est bel et bien en Angleterre, dans ce tohu-bohu bigarré, que la plupart des habitants de Brick Lane partiront peu à peu vers les autres quartiers, devenus anglais à leur manière, comme des centaines de milliers d’autres avant eux le firent au fil des siècles...

Journaliste et écrivain, Tarquin Hall est un globe-trotter frénétique, un reporter né. Il a passé dix ans à l'étranger, dont trois ans en Inde comme reporter pour Associated Press, mais aussi en Afrique, en Asie du sud, et aux Etats-Unis.
Tarquin Hall vit aujourd’hui entre Londres et Delhi en Inde.
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Notre Comédie du livre 2010-Dernière minute


Géraldine Berard sera parmi nous à l'occasion de la sortie de son récit de voyage aux éditions Transboreal " Sibériennes, Voyage aux confins de la taïga".

Née en 1972 à Kobé, Géraldine Berard est contaminée très tôt par le mystère qui entoure les paquetages laissés par ses ancêtres voyageurs dans le grenier de la maison familiale d’Avignon. Elle attrape définitivement le virus du voyage lors d’un premier séjour de 2 mois à Saint-Pétersbourg en 1995. Elle y étudie un an en 1997-1998, dans le cadre de sa licence de russe à l’Institut des Langues et Civilisations Orientales.
Une fois sa licence obtenue, elle parcourt le monde (continent eurasien dont 9 mois en Russie en 2001, Afrique, Amérique du Sud) entre deux missions d’intérim qui lui permettent d’évoluer dans des univers différents : banque, import-export, location de voiture avec chauffeurs.
En 2001, elle rencontre Valérie François sur un forum de voyages. Elles décident de découvrir la Iakoutie et la région de Magadan ensemble. Après un premier séjour de 4 mois en été 2005, elles y retournent 2 mois en hiver 2009 afin de retrouver les femmes qui ont ponctué leur premier voyage. Elles viennent de publier le récit de ces aventures aux Editions Transboréal.
Géraldine Berard vit actuellement à Marseille où elle travaille chez un expert en assurance maritime, essentiellement avec l’Afrique de l’Ouest.
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En Sibérie de Colin Thubron (Hoebeke-2010)

le nouveau Prix Nicolas Bouvier 2010

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